PARTIE I, CHAPITRE XVI
Faraday a lâché de comparer la secousse du gymnote d'une force moyenne, à celle d une batterie de Leyde chargée â saturation : il a conclu , de ses recherches, qu'on pouvait regarder cette décharge du gymnote comme égale à celle d'une batterie de quinze bouteilles qui avaient en total 3 500 pouces anglais carrés de surface cohibcnte armée; avec ces données , et en réfléchissant au grand nombre de coups électriques que le gymnote lance l'un à la suite de l'autre dans un très-court intervalle do temps , on n'est plus surpris des effets produits par la décharge du gymnote, et que M. de Humboldt nous a décrits d'une manière si brillante.-
Faraday se livre , â ce propos, à une foule de considérations très-ingénieuses sur les effets différents que le gymnote produit, par sa décharge électrique , sur les corps qui sont plongés â ses côtés, suivant la manière dont il dispose son corps. C'est ainsi que la même décharge électrique produira un effet différent suivant que son corps est droit ou concave, ou convexe, vis-à-vis des corps qui sont plongés près do lui. Lorsque le gymnote se courbe de manière à entourer le corps entièrement plongé, ce corps se trouve envahi par une plus grande portion du courant, et c'est effectivement ainsi que le poisson en agit pour étourdir et pour attraper sa proie. il est inutile de dire que, pour un corps qui toucherait par deux points la tête et la queue du gymnote, sur une même face latérale , la portion du courant qui passerait par ce corps serait, au contraire, moindre lors-
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que l'animal est courbé vers les poiuts touchés que quand il est droit. On conçoit encore très-aisément comment le gymnote, avec une décharge constante , peut produire des effets différents et proportionnels à la grandeur du poisson qu'il veut tuer par sa décharge. La portion du courant du gymnote, qui traverse le corps entièrement plongé près de lui, est d'autant plus grande que le volume de ce corps remplace une portion plus grande du liquide environnant.
Faraday décrit avec détail la manière dont le gymnote, qu'il a étudié dernièrement, s'y preuait pour tuer sa proie. Cette manière est si conforme aux principes théoriques de la décharge du poisson électrique qu'il est bon de rapporter l'observation faite par Faraday. Un poisson vivant, qui avait à peu près 5 pouces de longueur, fut jeté dans l'eau où était le gymnote : à l'instant celui-ci se courba autour du poisson de manière à former un circuit dans lequel le poisson était compris et dont la position était un diamètre transversal de ce circuit. Le coup électrique ne tarda pas, et le poisson , comme frappé de la foudre , resta sans mouvement. Le gymnote roda un peu autour de sa proie, en ayant l'air de la regarder, puis il l'avala. Un autre poisson , plus petit que le précédent, fut mis avec le gymnote ; ce poisson montra à peine quelques signes de vie et fut avalé aussitôt. La forme du circuit que le gymnote décrivit, dans ce cas, autour de sa proie, semblait dévoiler l'intention qu'il avait eue d'augmenter la force de sa décharge , eu conséquence des lois de cette décharge