PARTIE I, CHAPITBK XVI
dans une masse liquide que nous avons déjà exposées. 11 est très-probable que le gymnote est averti par son instinct de la disposition qu'il doit donner à son corps , afin de rendre la décharge plus ou moins intense. 11 faut encore ajouter que la sensation que le gymnote doit éprouver par la portion de la décharge qui le traverse, ne peut manquer de l'instruire de la nature conductrice des corps qui l'irritent et qui l'environnent. H est bien évident que cette portion de la décharge , traversant le poisson • électrique , doit être infiniment plus grande lorsqu'il se trouve dans l'air que quand il est dans l'eau. Ce n'est donc pas par hasard que les animaux électriques sont tous des poissons. L'observation suivante, qui a été faite encore par Faraday, sur le gymnote , me semble bien prouver la vérité de ces conclusions théoriques. Quand le gymnote est touché et serré avec les mains, il donne toujours un grand nombre de décharges consécutives; mais si, au contraire, on le touche avec des corps mauvais conducteurs, ou bien avec des conducteurs isolés, le gymnote ne donne plus alors qu'une ou deux décharges qui paraissent plus faibles en ayant les mains plongées dans l'eau que les décharges ordinaires. On dirait que le gymnote , sachant n'être pas louché par des corps à travers lesquels sa décharge puisse être transmise, ne la donne pas ou bien la donne plus faible. J'ai fait bien des fois cette même observation sur la torpille, et il me semble plus juste do dire que lorsque ces animaux sont touchés par des
corps cobibents, ils éprouvent une sensation plus forte par la portion de la décharge qui passe par leur corps et que, par cette sensation, ils sont conduits à ne plus continuer les décharges. J'ajouterai enfin que tous les phénomènes du courant électrique ont été obtenus par Faraday sur le gymnote. Ainsi, faisant passer la décharge du gymnote par un fil métallique, tourné en spirale, dans l'intérieur de laquelle on avait mis des aiguilles d'acier, on obtint l'aimantation de ces aiguilles dans la direction voulue par la direction de la décharge de la tête à la queue du poisson. Faraday a également obtenu la décomposition chimique en employant l iodure de potassium, et la direction du courant a été également prouvée par la position dans laquelle se sont développés les éléments de* cette solution relativement aux extrémités de ranimai. Enfin , on a obtenu l'étincelle électrique en introduisant, dans le circuit, une spirale électro-magnétique , qui avait dans son intérieur un cylindre de fer doux.