‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 121 sur 187 · PARTIE II, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAPITRE IV

courant par un nerf affaiblissait son excitabilité , et cela d'autant plus rapidement que ce courant est plus intense.

Marianini a fait aussi l'observation importante que sur les grenouilles ou sur les autres animaux vivants, le phénomène des alternatives est réduit au seul affaiblissement de l'action du courant , dirigée dans un certain sens sur les nerfs, et à un renforcement de cette action pour le courant dirigé en sens •contraire. C'est ainsi qu'après avoir prolongé , pendant trois heures , le passage du courant par une . grenouille , elle peut encore se contracter, quoique très-faiblement, par ce même courant; mais si on renverse sa direction, on trouve que les cou tractions sont plus fortes, et, en le laissant passer dans ce sens jusqu'à ce que ces contractions soient affaiblies, on trouve qu'en le renversant les contractions ont, de nouveau , une plus grande énergie.

11 y a donc dans la grenouille, et dans tout animal vivant, une force qui lutte continuellement 601111*0 la propriété dont le courant est doué d'affaiblir l'excitabilité du nerf qu'il parcourt dans un sens donné. C'est cette force qui est capable, dans l'animal vivant, de rétablir l'excitabilité perdue par le nerf pourvu qu'on le laisse, pendant un certain temps, sans le tourmenter avec le courant. Des expériences de Marianini ont bien prouvé cette vérité. En effet, en laissant en repos durant cinq ou six minutes une grenouille vivante, qu'on avait tourmentée assez longtemps avec un courant de vingt à trente couples ,

et en la soumettant de nouveau au même courant dirigé dans le même sens, on obtient des contractions aussi fortes que les premières. Le repos produit donc sur l'animal vivant qui a été soumis au passage du courant, et dont les nerfs ont perdu par là leur excitabilité , le repos, dis-jc, produit le même effet que le passage du courant dans un sens contraire.

La grenouille employée dans toutes les expériences que nous avons rapportées, a été toujours disposée de manière que le courant parcourait dans le même temps ses nerfs et ses muscles. Mais il n'est pas difficile de prouver que le phénomène des alternatives voltianes a lieu également , et selon les mêmes lois , lorsqu'on agit seulement sur le nerf avec le courant. J'ajouterai de plus que c'est uniquement par l'action du courant sur le nerf que le phénomène des alternatives se produit. Kn effet , en faisant passer un courant électrique sur un morceau de substance musculaire, privée le plus possible de tout filament nerveux, on ne trouve jamais, en renversant la position des extrémités de la pile appliquées sur cette substance, que la contraction qui avait disparu reparaisse par ce renversement. 11 faut toujours, pour que cela ait lieu, recourir à un courant plus fort, et dans ce cas, on ne gagne rien en changeant la direction du courant.

Pour observer le phénomène des alternatives voltianes, en agissant avec le courant sur les nerfs, il faut préparer la grenouille comme nous l avons déjà

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