PARTIE II, CHAPITRE IV
tracter le membre qui est parcouru par le courant inverse. En enlevant tout de suite l'arc qu'on avait introduit, il u y a aucune contraction dans la grenouille. On peut renouveler plusieurs fois cette expérience , et toujours avec le même résultat. Si la grenouille a été trop affaiblie par le passage du courant , on peut obtenir les phénomènes que nous avons décrits en interrompant tout à fait le circuit et en le fermant un instant après. Pour s'assurer encore mieux que les nerfs des deux membres de la grenouille sont devenus différemment excitables , il faut disposer la grenouille autrement, en la plongeant par ses nerfs dans un verre , et par ses deux pattes dans un second verre. Alors, en y faisant passer un courant , on voit un seul des membres se contracter tantôt au commencement, tantôt à l'interruption, suivant que le courant est direct ou inverse* Dans les deux cas , le membre qui se contracte est toujours celui qui a été parcouru par le courant inverse dans la première expérience. Lorsque la grenouille est parvenue, par le passage du courant, à n'avoir plus qu'un de ses membres capable de se contracter, il faut renverser la direction du courant, de manière qu'il soit direct pour le membre qui était parcouru par le courant inverse, et vice versa pour l'autre. On obtient alors, en continuant le passage du courant pour un certain temps , que le membre qui n'était plus capable de se contracter le devient de nouveau , tandis que cette propriété cesse pour l'autre. C'est encore , dans ce cas, le membre parcouru par le cou-
rant inverse, qui a gagné davantage au renversement du courant , et qui est resté plus excitable que l'autre. C'est toujours le phénomène des alternatives, dans lesquelles on a introduit la différence dans la perte qu'éprouve l'excitabilité du nerf, par le passage du courant , suivant sa direction, relativement à la ramification du nerf.
J'ai souvent vu se reproduire trois ou quatre fois de suite , sur la même grenouille, le phénomène des alternatives que nous venons d'étudier. On ne peut conserver le moindre doute sur l'exactitude de cette double conclusion : 1°. le passage du courant électrique à travers un nerf en affaiblit l'excitabilité d'une manière différente, suivant sa direction; 2°. le passage du courant direct rend le nerf moins excitable par ce courant même que le passage du courant inverse.
Nous avons étudié jusqu'ici l'influence exercée sur l'excitabilité du nerf par le passage d'un courant électrique continu ; il nous reste à voir quelle est cette influence, lorsque ce courant est au contraire interrompu plusieurs fois de suite, de manière à en renouveler le passage à de très-courts intervalles de temps.
On peut faire cette expérience très-facilement, en fixant une grenouille préparée sur une planche, avec de petits clous. On lie une des extrémités de la pile à un de ces clous, et on tient l'autre extrémité avec la main , de manière à toucher un autre clou plusieurs fois de suite, en fermant et en ouvrant ainsi le circuit. Nobili a étudié le premier les plié-