PARTIE II, CHAPITRE VIII
nerveux, qu'on n'ait pas trop prolongé sur lui le passage du courant ou l'action de certains agents stimulants.
La chaleur, une action mécanique ou chimique, peuvent, comme le courant électrique, éveiller l'excitabilité du nerf et produire ainsi la contraction et la sensation. Conclurons-nous de là que ces actions chimiques, mécaniques, calorifiques, agissent sur les nerfs, transformées en courant électrique, qui seul serait doué du pouvoir d'exciter un nerf?
Rien ne prouve que les actions stimulantes que nous avons nommées, lorsqu'elles sont appliquées sur des points du système nerveux, produisent un courant électrique : nous pouvons aussi bien l'admettre que le nief ; et quand noua voudrions supposer cela avec un certain degré de probabilité, nous ne pourrions le faire que pour la chaleur et pour les alcalis, mais aucune analogie ne nous le permettrait pour l'action mécanique. Quel est le corps qui, étant coupé, peut par cela seul développer un courant électrique? Pourquoi l'action chimique de certains acides ne suffit-elle pas à exciter un nerf, comme l'action semblable dos alcalis, qui pourtant doit comme celle-ci dégager de l'électricité ?
Quel est le corps analogue à un nerf qui , étant échauffé, produit des phénomènes thermo-électriques?
Après touteela, j'ajouterai que, puisque nous avons prouvé que la force inconnue du système nerveux n'est pas le courant électrique, rien ne nous conduit
à conclure que l'action des corps stimulants, chaleur, action chimique ou mécanique, produit un courant électrique appliqué sur les nerfs.
Concluons donc avec Muller, et comme je l'ai dit dans mon Essai sur les phénomènes électriques des animaux, que le courant électrique qui traverse dans certaines conditions un nerf y détermine ce même changement qui y est produit par la force inconnue du système nerveux, lorsqu'il est excité ou par des actions extérieures ou par l'acte de la volonté.
11 me semble pourtant naturel et juste d'admettre que ce changement amené dans la disposition des organes élémentaires du nerf, soit par un acte de la volonté, soit par le courant électrique et par les autres agents stimulants, est accompagné dans tous les cas, d'une espèce de courant de la force inconnue du système nerveux. Cette force que je représenterai par 1 ether, afin d'expliquer par une seule hypothèse tous les phénomènes des corps impondérables et l'analogie de la force nerveuse avec ces corps, cette force, dis-je, consisterait dans un mouvement particulier de l'éther.
Tous les savants sont d'accord maintenant sur l'impossibilité d'expliquer la vitesse immense de la propagation de la lumière, de la chaleur rayonnante, de l'électricité, sans recourir à un mouvement vibratoire. La force inconnue du système nerveux ne se propage pas moins rapidement que les impondérables que nous avons nommés.
L'éther, répandu dans tous les points du système