‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 140 sur 187 · PARTIE II, CnAPITRB VIII · texte numérisé non relu

PARTIE II, CnAPITRB VIII

nerveux eomme dans tout l'univers, prend les caractères de la force nerveuse par les modifications introduites dans la disposition relative de ces molécules, par l'organisation de la substance nerveuse. La structure différente des fibres nerveuses, et surtout celle de leur origine et de leur extrémité, telle que l'anatomie microscopique commence déjà à nous la dévoiler, peut expliquer pourquoi le changement moléculaire du nerf qui constitue son état d'excitabilité est moins rapide dans le système ganglionnaire que dans les autres nerfs , pourquoi il y a des nerfs dans lesquels l'excitabilité ne se propage que dans un certain sens.

Le fluide nerveux est dans cette hypothèse ce que nous supposons être la chaleur, l'électricité et la lumière, c'est-à-dire un mouvement vibratoire particulier de l'éther.

Résumons encore en peu de mots ces vues hypothétiques. Il y a dans tous les points du système nerveux, comme dans tous les corps de l'univers, de l'éther répandu, qui peut avoir un arrangement particulier dans ce système, comme nous l'admettons dans certains corps cristallisés. Lorsque les molécules organiques du nerf sont dérangées par une cause quelconque, l'éther, ou plus proprement le fluide nerveux, y est mis dans un certain mouvement , lequel, arrivé au cerveau , prodmit la sensation, parvenu aux muscles, détermine la contraction. Ce dérangement peut être produit par le courant électrique, par les autres agents stimulants, chaleur, action chimique et mé-

canique, comme il l'est naturellement par la volonté : cette propagation sera empêchée par une altération quelconque dans la structure du nerf; la propagation du courant du fluide nerveux généré par le dérangement matériel ou par la volonté, se fera suivant des lois différentes, en raison de l'organisation du nerf.

Si je ne craignais pas de montrer trop de confiance dans mes idées , j'oserais dire que l'hypothèse que je viens d'exposer, pour expliquer les fonctions du système nerveux, est d'accord avec toutes les hypothèses reçues dans la physique moderne.

Je répondrai donc maintenant que le courant électrique, dans son action sur les nerfs, n'agit qu'en mettant en jeu la force du système nerveux ou le fiuide nerveux.

Nous allons tachera présent enfin de nous expliquer les lois de l'action du courant électrique sur les nerfs.

Admettons que le courant électrique qui parcourt un nerf dans sa longueur détermine un dérangement dans le sens de ce courant, comme les expériences de Porret et de Becquerel nous le prouvent; admettons encore que ce dérangement est accompagné de mouvements vibratoires du iluide nerveux, qui se propage jusqu'aux extrémités du nerf, parallèlement au sens du dérangement organique. Ce courant du fluide nerveux produit la sensation , s'il est dirigé des extrémités vers le cerveau ; il produit, au contraire, la contraction , s'il est dirigé du cerveau aux extrémités.

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