‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 154 sur 187 · ÉTUDE DE L'ORGANE ÉLECTRIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE DE L'ORGANE ÉLECTRIQUE

que je me suis formée de la structure de ces cnveveloppes se fonde sur des faits si yagues, si décousus que j'ose à peine l'exposer. Je pense donc que des fibres très-minces et aponévrotiques, qui par leur extrémité sont unies à l'enveloppe aponévrotique générale, se détachent par exemple de l'enveloppe aponévrotique de la partie dorsale, vont, en ligne oblique, s'unir à l'enveloppe aponévrotique de la face opposée ou du ventre ; que ces fibres sont disposées de manière à former autant de cloisons, par leur intersection sur un même plan , et que ces cloisons limitent à leur tour les espaces ou cellules destinées à contenir chacun des prismes ou colonnes. Avec la loupe, et même à œil nu, on peut voir quelques-unes de ces fibres, plus grosses que les autres, et qui n'appartiennent pas aux prismes. Je peuse pourtant que chaque prisme a en outre une enveloppe partielle et mince de la même nature de celui qui lie entre eux tous les diaphragmes de chaque prisme , ou petite colonne : et cette idée m'est venue depuis que j'ai observé que si l'on déchire avec force et vitesse un organe électrique d'une torpille morte depuis peu, maisdéjà saisie par la roideur cadavérique, on voit plusieurs prismes rester presque entiers et isolés de chaque coté, sans qu'aucune des grosses fibres aponévrotiques ci-dessus indiquées apparaisse sur eux , lesquelles fibres toutefois sont souvent visibles sur les faces des prismes circonvoisins. (Juoi qu'il en soit de la structure de la trame générale de l'organe, doiit l'existence ne peut se nier, il est certain que chaque

l>fc LA TORPILLE , LHAMTKL 111. 287

prisme a une tunique propre qui le sépare de la lunique du prisme voisin, puisque c'est entre les deux luniquesquelcs gros trônes nerveux s'insinuentetquc passent les ramifications vasculaires. — Et comme la trame générale formée par les libres transverses annexées à l'enveloppe commune sert , pour ainsi dire, à donner la forme à l'organe , à lui donner de la consistance et à tenir les prismes dans le rapport nécessaire, chaque prisme a sa luuique particulière, laquelle tient eu situation les diaphragmes et forme le prisme même par la réunion de ces diaphragmes.

Le nombre des faces des prismes est ordinairement de six, quoiqu'il ne soit pas toujours constant. Et comme ces faces sont probablement produites par la compression que les prismes exercent réciproquement les uns contre les autres, ou comprend aisément que \ ers les bords de l'organe où la compression manque d'un coté, le nombre des faces doit être plus petit et doit varier, et que l'extension ainsi que la forme de ces prismes doit devenir moins régulière. La hauteur des prismes n'est pas non plus égale dans un même organe. Ceux du centre et ceux situés le plus près des branchies sont plus longs, ceux de la périphérie externe sont les plus courts. Et tandis que les prismes du centre sont tous parfaitement verticaux, ceux de la partie externe placés en contact des parties qui environnent l'organe sont un peu inclinés ou courbes.

Le nombre des prismes dans chaque organe, si l'on en croit Huuter et Délie Chiajc , est de 470. Et sui- \aut ce dernier zootomiste, ce nombre est toujours le

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