‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 39 sur 187 · PARTIE I, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

PARTIE I, CHAPITRE V

musculaire d'un des éléments doit toucher la face interne de l'élément à côté; les deux extrémités de la pile (fig. 14) seront d'une part l'intérieur du muscle , de l'autre la surface. Une fois cette pile étendue sur la planche , il n'y a plus qu'à plonger les deux lames du galvanomètre dans les cavités extrêmes. En fermant le circuit d'une pile de cinq éléments, j'ai obtenu 28° de déviation; avec deux éléments, j'avais 10° dirigés toujours dans le même sens, c'est-à-dire de l'intérieur du muscle à la surface dans la pile. J'ai pris des tanches vivantes, et après leur avoir arraché la peau , j'ai coupé de longues tranches musculaires le long du dos, en ayant soin de n'en pas déchirer la surface. Ensuite j'ai coupé ces tranches en morceaux, que j'ai disposés en pile , exactement de la même manière qu'avec les muscles des grenouilles et des anguilles. Une pile de quatre éléments de muscles de tanche, m'a donné 12°, et une de deux éléments m'a donné 5° ou 6°. La direction du courant était toujours de l'intérieur du muscle à la surface dans la pile.

J'ai tué des pigeons, et avec des tranches des muscles pectoraux convenablement coupés, j'ai formé une pile de huit éléments. Cette pile m'a donné 14% et le courant a toujours été dirigé de l'intérieur du muscle à la surface dans la pile. Deux éléments m'ont donné de 2° à 3°, et quatre éléments de G° à 7°, constamment dans le même sens. Des cuisses de pigeon, convenablement préparées et disposées en pile , m'ont toujours donné ce même résultat.

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J'ai encore composé une pile , avec des morceaux musculaires obtenus en coupant à moitié des cœurs de pigeons; le courant obtenu a toujours été dirigé de l'intérieur du muscle à la surface dans la pile, et son intensité a été toujours proportionnelle au nombre des éléments.

Je crois inutile de prolonger ici la description d'un plus grand nombre d'expériences faites avec des muscles de boeuf, de brebis , de poulet et d'autres animaux à sang chaud.

Toutes ces expériences, sans exception aucune, conduisent à conclure que toutes les fois que l'intérieur d'un muscle d'un animal quelconque ré-, cemment tué, est, à l'aide d'un corps conducteur, mis en contact avec la surface de ce muscle, il s'établit un courant électrique qui est toujours dirigé dans le muscle de son intérieur à la surface. Ce courant, dont l'intensité est variable avec des muscles de différents animaux , augmente proportionnellement au nombre des éléments musculaires qui sont disposés en pile.

Je m'arrête un instant sur ce résultat fondamental. Le courant obtenu dans les circonstances dont j'ai parlé, peut-il être dû à une circonstance indépendante de l'action, quelle qu'elle soit, entre la surface du muscle et son intérieur ?

Certainement , si l'expérience est bien faite et si l'on opère de la manière que j'ai décrite, on nepeutpas attribuer les signes du courant obtenu aux lames du galvanomètre. On se rappelle, qu'avant de fer-

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