‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 49 sur 187 · PARTIE 1, CHAIMTHK VI · texte numérisé non relu

PARTIE 1, CHAIMTHK VI

leurs nerfs, tandis que les muscles de l'autre pile en étaient privés. Je n'ai jamais obtenu aucun signe de courant différentiel supérieur à trois ou quatre degrés avec des piles ainsi préparées. J'ai vérifié ce même résultat sur les muscles des cuisses de pigeon.

Le courant musculaire ne varie donc ni dans sa direction , ni dans son intensité lorsqu'on altère l'intégrité du système nerveux moteur et sensorial.

L'expérience suivante prouvera cette conséquence encore plus évidemment. J'ai introduit dans la moelle épinière de six grenouilles, et précisément dans les dernières vertèbres, un fer rouge; les six grenouilles ont immédiatement perdu tous les mouvements et toute la sensibilité de leurs membres inférieurs. J'ai laissé ces six grenouilles avec six autres qu'on n'avait pas touchées, dans un grand bocal de verre, à la température de 8° à 1 0°. Après quatre jours, les six grenouilles auxquelles on avait brûlé la moelle épinière, n'avaient rien gagné dans leurs membres inférieurs. J'ai préparé rapidement les douze grenouilles et j'ai composé deux piles, chacune de douze éléments (1); une de ces piles était composée de muscles appartenant aux grenouilles

(4) Avec dottte grenouilles , on peut certainement préparer quarante-huit demi-cuisses, mais il vaut toujours mieux ne faire les ex-* périences qu'avec les demi-cuisses prises du côté des jambes. Les demi-cuisses du côté du bassin ne présentent jamais la surface du muscle aussi nette que celle des demi-cuisses du côté des jambes.

paralysées, et l'autre de muselés pris sur les grenouilles qui n'avaient rien souffert. En opposant ces deux piles, j'ai trouvé un courant différentiel de 16° à 18°, dans le sens de la pile composée avec les muscles de9 grenouilles paralysées. Cette pile donnait un courant de 50° à 55° , et l'autre un courant de 42° à 45°, Les muscles des grenouilles auxquelles la moelle épinière avait été brûlée étaient très-sensiblemcnt plus rouges que les muscles des grenouilles ordinaires.

L'intégrité du svstème nerveux moteur et sensorial d'un muscle est donc tout à fait sans inlluence sur l'intensité du courant musculaire et sur sa direction.

J'ai préparé une solution aqueuse d'extrait d'opium et une autre d'extrait alcoolique de noix vomique. Pour dissoudre les alcaloïdes en plus grande quantité, j'ai ajouté à l'eau quelques gouttes d'acide hydrochlorique. J'ai introduit dans l'estomac d'un certain nombre de grenouilles de dix à douze gouttes d'une de ces deux solutions. Dans différentes expériences , j'ai employé tantôt l'une de ces solutions, tantôt l'autre. Quelque temps après, les grenouilles commencent à s'assoupir, on les voit fixées dans une certaine position , et il n'est pas rare que plusieurs d'entre eHes entrent en contraction au plus léger mouvement qu'on fait autour d'elles. J'ai composé deux piles de demi-cuisses de grenouilles et je les ai opposées l une à l'autre. Les éléments d'une de ces piles étaient pris sur des grenouilles

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