PARTIE I, CHAPITRE VU
' verts au contact du nerf. Ces signes ne continuent que pendant très-peu de temps.
En plongeant une grenouille dans une solution de sel marin avant de la soumettre à l'expérience*, on augmente les signes de son courant au galvanomètre.
Galvani avait déjà observé qu'avec cette immersion on rend les contractions propres plus fortes, et l'on parv ient à les obtenir avec des grenouilles qui , naturellement, ne les montraient pas.
J'ai toujours vérifié ces résultats.
J'ai tout à fait enlevé le cœur à des grenouilles, j'en ai fait couler le sang , et après quelque temps je les ai préparées de la manière ordinaire. Les contractions propres étaient très-faibles dans ces grenouilles, et quelquefois elles manquaient tout à fait; aussi les signes du courant propre au galvanomètre sont dans ces grenouilles plus faibles qu'ils ne le sont dans des grenouilles préparées à la manière ordinaire.
J'ai préparé des grenouilles prises de convulsions excitées par l'extrait de noix vomique introduit dans l'estomac. Avec ces grenouilles on a les signes du courant au galvanomètre , mais plus faibles qu'à l'ordinaire; les contractions propres sont également plus rares et plus difficiles à obtenir. J'ai toujours observé que les contractions propres manquent ou sont beaucoup plus rares si Ton opère sur la grenouille prise dans cet état tétanique où elle se trouve quelquefois aussitôt après avoir été préparée.
1 fO DES PHÉNOMÈNES BUSCTKO- PHYSIOLOGIQUES.
Galvani avait déjà observé ce phénomène.
J'ai introduit une grosse et robuste grenouille dans lo gaz hydrogène sulfuré , et je l'ai retirée lorsqu'elle donnait à peine quelques signes de vie. Préparée dans cet éjat , elle n'a pas donné les contractions propres, et les signes au galvanomètre ont été à peine seusibles. Je ferai observer que cette grenouille se contractait encore sous le courant d'un couple de zinc et platine. J'ai confirmé ce résultat en opérant avec des piles de grenouilles que j'ai tuées dans l'hydrogène sulfuré.
J'ai pratiqué sur six grenouilles une blessure dans les muscles de leurs cuisses; j'ai laissé ces grenouilles en repos pendant trente heures, et je les ai alors préparées. Les muscles de la cuisse étaient rouges et remplis de sang : un médecin les aurait dits engorgés. Toutes ces grenouilles me donnèrent, au galvanomètre, des signes plus forts qu'à l'ordinaire , et des contractions propres plus vives. Pour bien confirmer ce résultat, j'ai construit deux piles, une de six grenouilles ordinaires , l'autre de six grenouilles qui avaient leurs membres engorgés de sang. Les douze grenouilles avaient été tenues dans le même récipient, et préparées en même temps. J'ai obtenu des deux piles un courant différentiel de 3° à 4° dans le sens des grenouilles dont les muscles étaient engorgés de sang. En cherchant séparément le courant de chacune des deux piles, j'ai trouvé la même différence. Pour obtenir ces résultats , que j'ai confirmés par d'autres expériences, il faut que l'incision soit telle