PARTIE I, CHAPITRE VII
qu elle ne puisse pas priver ranimai de sang. On doit aussi avoir soin de ne pas mettre les grenouilles blessées dans l'eau ; car, dans ce cas, on ne réussit pas à obtenir l'engorgement. Pour prouver que les contractions propres varient dans ces grenouilles, comme les signes de leur courant au galvanomètre, je rapporterai que dans une expérience comparative faite avec quatre grenouilles à l'état naturel , et avec quatre dont les muscles étaient rouges , j'ai observé que toutes ces dernières montraient des contractions propres, tandis qu'une seule des quatre autres les donnait. J'ai vu aussi plusieurs fois des grenouilles dont une des cuisses était engorgée de sang, donner des contractions avec cette seule cuisse.
11 me reste à parler de l'influence du froid sur le couraut propre de la grenouille. J'ai préparé sur une grenouille vivante les nerfs lombaires, et, après avoir enlevé la peau de ses jambes, j'ai pu, en les repliant sur les nerfs, obtenir les contractions propres. Avec le galvanomètre, j'ai également obtenu la déviation ordinaire; j'ai entouré cette grenouille de glace, et, après quelques minutes , je n'avais plus les contractions propres, et la déviation était devenue bien moindre. En retirant la grenouille de la glace et en la mettant dans de l'eau de + 1 5° à + 20°, j'obtenais de nouveau les contractions propres et les signes au galvanomètre. On peut reproduire plusieurs fois sur les mêmes individus cette même observation. J'ai étudié également l'action du froid sur le courant propre, eu composant des piles avec un certain
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nombre de grenouilles refroidies pendant un eerlain temps. Voici les résultats d'une des expériences que j'ai tentées sur ce sujet : deux piles composées chacune de dix jambes de grenouilles , ont été opposées l'une à l'autre, et m'ont donné 1 5° de courant différentiel. Les dix jambes qui composaient une de ces piles avaient été prises sur des grenouilles qu'on avait laissées pendant une heure dans l'eau froide à + 2°; les jambes de l'autre pile, qui donnait le courant différentiel, appartenaient à des grenouilles ordinaires.
Enfin , j'achèverai l'exposition de ces recherches sur le courant propre de la greuouille , en faisant remarquer que les contractions propres obtenues sur l'animal vivant ne persistent pas très-longtemps, quoique l'animal soit encore bien vivant. On voit ces contractions propres reparaître, en renouvelant l'expérience après l'avoir tué et préparé de la manière ordinaire. J'ai vu très-souvent des grenouilles qui ne donnaient pas de contractions propres étant vivantes, et qui les donnaient lorsqu'on les avait tuées et préparées de la manière ordinaire. J'ai vu également sur des grenouilles tuées, qu'étant devenues incapables de montrer les contractions propres, on leur rendait encore pour quelques secondes cette propriété, en leur coupant la moelle épinière ou en l'irritant d'une manière quelconque.