‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 66 sur 187 · PARTIE l| CflAPITRB VIII · texte numérisé non relu

PARTIE l| CflAPITRB VIII

le filament nerveux agit comme l'intérieur du muscle dans lequel il se ramifie.

Cette même expérience réussit très-bien avec les jambes de pigeon ou de lapin. 11 faut découvrir dans ces jambes le filament nerveux ou le nerf crural qui est caché dans le muscle. On compose alors la pile en faisant tomber dans chaque élément le nerf avec la surface du muscle, au lieu de faire toucher Tintérieur du muscle avec sa surface. Des piles ainsi formées donnent le même courant musculaire, seulement ce courant est, dans tous les cas, plus faible quand le filameut nerveux entre dans le circuit.

On voit donc que, soit dans le courant propre de la grenouille, soit dans le courant musculaire, la direction du courant est tout à fait indépendante de la présence du nerf, qui n'agit que comme mauvais conducteur, représentant l'état électrique de la partic du muscle qui en est le plus rapproché.

Voici d'autres expériences qui établiront encore mieux cette même conséquence. Je suppose avoir préparé des cuisses de grenouilles comme je viens de le dire, c'est-à-dire sans jambes et avec leurs nerfs lombaires. Je coupe ces cuisses à moitié en enlevant la demi-cuisse inférieure, au lieu d'enlever la supérieure, comme on l'avait fait dans l'expérience précédente. Je compose la pile avec ces éléments en faisant toucher le nerf avec l'intérieur du muscle. Cette pile (pg. 21) me donne le courant musculaire, dirigé toujours de l'intérieur du muscle à la surface, c'està-dire de l'intérieur du muscle au nerf dans ce cas.

1 1 G DES PHÉNOMÈNES ÉLECTKO-l*UVSIOI.OGIQUES.

Voici donc la même direction dans le courant musculaire, relativement aux parties mêmes, intérieur et surface, du muscle : quant au nerf pourtant, la direction du courant vient à être renversée.

Je suppose que Ton répète toutes les expériences que j'ai décrites, en mettant au lieu du filament nerveux une petite bande de papier imbibée d'eau : on trouve, comme j'ai toujours trouvé , que la direction du courant est restée toujours la même, en employant le conducteur humide au lieu du nerf.

C'est ici que je rapporterai une expérience dont le résultat découle nécessairement de ceux que nous avons déjà déduits.

Je suppose qu'on ait préparé des demi-grenouilles et qu'on ait coupé et enlevé à ces demi-grenouilles la demi-cuisse supérieure. De cette manière , chaque élément se trouve composé de la jambe réunie à sa demi-cuisse. Une pile (fi<j. 22) composée avec ces éléments qui se touchent entre eux par la partie inférieure de la jambe et par l'intérieur du muscle de la dcini-cuisse, donne un courant qui est dirigé dans le sens du courant propre de la grenouille, mais qui est beaucoup plus faible que celui qui serait donné par une pile composée d'un nombre égal de demi-grenouilles entières.

Ce résultat est une conséquence nécessaire de l'existence dans le-même animal, la grenouille, du courant propre et du courant musculaire : rappelonsnous que la jambe seule de la grenouille donne le courant propre, et n'oublions pas que le courant

Page 1