PARTIE I, CHAPITRE VIII
musculaire donné par la demi-cuisse est dirigé toujours de l'intérieur du muscle à la surface dans l'animal. 11 en ressort par conséquent que dans la pile précédemment décrite (fig. 4 2ï2), il doit y avoir deux courants circulant en sens contraire, qui devront nécessairement s'affaiblir réciproquement. Et puisque dans cette même disposition on obtient un courant dirigé dans le sens du courant propre, il faut conclure que ce courant est dans les membres de la grenouille plus intense que le courant musculaire. J'ai fait cette même expérience en laissant le filament nerveux lombaire et en partie le crural réunis à la demi-cuisse et à la jambe. J'ai composé la pile en faisant toucher ensemble le nerf et l'extrémité de la jambe. Le courant que j'ai obtenu, quoique encore plus faible que celui de l'expérience précédente , a été toujours dans le sens du courant propre. Kn mettant au lieu du nerf une bande de papier imbibé d'eau, la direction du courant n'a pas changé.
La fonction du nerf se trouve donc, par ces expériences , bien nettement établie : son rôle est toujours celui d'un corps faiblement conducteur, qui représente l'état électrique de la partie du muscle dont il est le plus rapproché.
Je rapporterai enfin une autre expérience qui confirmera ce résultat. J ai préparé des demi-cuisses de grenouilles qui étaient réunies à leurs nerfs lombaires. J'avais désarticulé les jambes le mieux possible pour avoir le moins d'intérieur dn muscle découvert; j'avais fait de même pour la partie supé-
118 DES PHÉNOMÈNES ÉLBCTnO-PHYSIOLOGIQCES.
ricure de la cuisse en enlevant le bassin. Mais pour ceux qui ont un peu présente l'auatomic de la grenouille, il est facile de concevoir que, en enlevant le bassin, il est impossible de ne pas avoir à la partie supérieure de la cuisse une petite portion de l'intérieur du muscle mis à nu. Une pile composée avec ces éléments, dans lesquels le nerf est posé sur la surface du muscle de la partie inférieure de la cuisse, m'a donné des signes très-faibles de courant électrique, et il a fallu employer de quinze à vingt éléments réunis pour parvenir à un résultat bien constant. Le courant qu'on obtient ainsi est toujours dirigé comme le courant musculaire de la partie supérieure de la cuisse à la partie inférieure, c'est-àdire de l'intérieur du muscle à sa surface. L'intérieur du muscle est dans ce cas représenté par la petite portion intérieure du muscle qui est mis à nu en coupant le bassin. Le nerf entrant dans le circuit, on le voit fonctionner comme la partie intérieure du muscle avec laquelle il est en contact. Si l'on coupe ces cuisses à la moitié , de manière à enlever les demi-cuisses inférieures , on pourra composer avec les demi-cuisses qui restent réunies aux nerfs lombaires deux piles différentes. Nous avons déjà parlé dans ce Chapitre d'une do ces deux piles : c'est celle qui est obtenue en plaçant le nerf en contact avec l'intérieur de la cuisse coupée par moitié. La pile ( fig. 21 ) ainsi formée donne le courant musculaire dirigé dans l'animal, de l'intérieur du muscle au nerf lombaire , si ce nerf entre dans le