‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 68 sur 187 · PARTIE I, CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

PARTIE I, CHAPITRE VIII

circuit. Mais on peut encore disposer la pile différemment, en posant le filament nerveux sur la surfaco musculaire de la demi-cuisse. Dans cette disposition (fig. 23), l'intérieur du muscle n'intervient plus , et le courant bien plus faible que le précédent qu'on obtient est dirigé comme si la cuisse entière était dans le circuit, c'est-à-dire de la pjirtie supérieure de la demi-cuisse ou du nerf lombaire à la surface du muscle dans l'animal. Nous avons déjà dit que ce courant musculaire était dû à la petite portion du muscle qui était mis à nu en coupant le bassin.

Le courant obtenu dans la pile (fig. 21 ) est donc un courant différentiel qui circule dans le sens de celui des deux courants musculaires qui est dû à la plus grande portion de l'intérieur du muscle mis à découvert et faisant partie du circuit.

C'est à cette occasion que je dois parler des expériences faites par MM. Pacinotti et Puccinotti. Ces deux savants faisaient leurs expériences en plongeant les deux lames du galvanomètre l'une dans les muscles, l'autre dans le cerveau d'un animal vivant. Kn faisant cette expérience sur un grand nombre d'animaux, ces observateurs ont obtenu une déviation assez grande dans l'aiguille de leur galvanomètre due à un courant constamment dirigé du cerveau aux muscles de l'animal. Ils ont trouvé que ce courant n'avait pas la même intensité dans tous les animaux, et qu'en tenant le circuit fermé , il y avait, dans quelques cas très-rares , une augmentation dans

le courant, et que cela avait lieu lorsque l'animal était pris par des contractions très-fortes. J'avoue que, quand j'ai pensé à répéter ces expériences, j'aurais voulu trouver une méthode plus convenable et plus à l'abri de toute objection que celle employée par les deux observateurs pisans.

En effet , toutes les fois qu'on introduit la lame métallique dans le cerveau , il s'ensuit une grande hémorrhagie, et la lame du cerveau se trouve ainsi mouillée de sang. Il y a plus, la lame du cerveau est toujours plongée après l'autre dans le but de conserver l'animal vivant pour le moment où le circuit doit être fermé.

Or nous savons qu'il y a un courant dirigé du sang à l'eau dans l'arc liquide; nous savons également qu'en plongeant les deux lames de platine du galvanomètre Tune après l'autre, il y a un courant dirigé dans le liquide de la lame plongée la dernière à l'autre restée dans le liquide. Si l'on admet que ces deux causes interviennent dans les expériences dont je parle , on trouvera naturel que le courant soit dirigé dans l'animal delà lame plongée dans le cerveau à celle plongée dans le muscle. \e pouvant pas changer fondamentalement la méthode de ces expériences , j'ai tâché d'opérer de manière à établir la part qui était due dans leurs résultats aux deux causes soupçonnées. J'ai employé des lames de platine réunies au galvanomètre , après les avoir vernies en grande partie et ne laissant découverte qu'une surface à peine d'un demi-centimètre carré. J'ai éga-

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