‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 69 sur 187 · PARTIE I, CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

PARTIE I, CHAPITRE VIII

lement tâché de découvrir le cerveau sur le pigeon le mieux que je pouvais, et d'y enfoncer la lame en répandant le moins de sang possible : quelquefois l'expérience réussit presque parfaitement. J'ai, dans d'autres expériences, plongé dans le cerveau une des deux lames du galvanomètre avant celle qui doit être introduite dans les muscles ; enfin , au lieu d'introduire une des deux lames dans les muscles, je me suis borné à en toucher 1& surface. Je dois dire que, malgré ces différences dans la manière d'opérer, la déviation obtenue dans la première immersion a été toujours dans le même sens, c'est-à-dire que le courant a été dirigé du cerveau aux muscles dans ranimai. L'intensité du courant est très-variable : j'ai obtenu quelquefois 80° et même davantage , et quelquefois 10° à 15°, et toujours dans la première * immersion. J'ajouterai encore que ce courant ne persiste dans sa direction que pour la première immersion. A la seconde ou à la troisième immersion, le courant est Irès-af faibli, et très-souvent le sens en est renversé. J'ai également vu en laissant le circuit fermé, que pendant les contractions de l'animal, quelquefois la déviation devenait plus grande ; mais il est difficile de ne pas rapporter ce résultat au frottement des lames dans l'intérieur des blessures. En effet, sans les contractions de l'animal, si l'on fait un peu mouvoir les deux lames dans l'intérieur des blessures, la déviation est presque toujours rendue plus grande.

Pour admettre les mêmes conséquences que

MM.Pacinotti etPuccinotti ont tirées de leurs expériences, il faudrait dire que le système nerveux réuni dans le cerveau fonctionne comme la partie intérieure des muscles dans lesquels ce système est ramifié. Il ne serait pas moins difficile pourtant, malgré cette hypothèse, de concevoir comment la direction du courant est la même en touchant avec l'une des lames indifféremment l'intérieur du muscle ou sa surface.

De nouvelles expériences éclairciront ce point.

A part les expériences dont nous avons parlé en dernier lieu, il est bien établi par mes recherches, que la fonction des nerfs dans le courant musculaire et dans le courant propre de la grenouille se réduit simplement à celle d'un corps très-peu conducteur, qui représente l'état électrique de la partie du muscle, intérieur ou surface, avec laquelle il est le plus rapproché.

Le système nerveux doit vraisemblablement exercer sur ces courants une autre action plus détournée que celle précédemment établie. C'est celle de l'influence du svstème nerveux dans la nutrition des

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muscles; mais il nous est impossible de le prouver par des expériences directes.

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