PARTIE I, CHAPITRE X
dans ces recherches et tels que j'aurai voulu. Il s'agissait de faire parler le galvanomètre , et de voir avec cet instrument que , dans , la contraction musculaire d'un animal quelconque, il arrive sur la surface du muscle qui se contracte une espèce do décharge électrique qui agit sur les nerfs d'une grenouille préparée qui sont posés sur ce muscle. Comme ce phénomène, dû à la contraction du muscle, a lieu sur des animaux qui n'ont pas le courant propre de la grenouille, on pourrait supposer que c'est le courant musculaire qui , dans l'acte de la contraction, augmente d'intensité et ne peut plus par conséquent circuler entièrement dans les molécules mêmes du muscle où il est développé.
Cette supposition serait encore appuyée par un phénomène analogue , qui arrive pour la chaleur : on sait depuis les belles expériences de MM. Becquerel et Breschet, qu'il y a dans la contraction d'un muscle un dégagement de chaleur.
Mais comment prouver avec le galvanomètre que le phénomène que nous étudions est dû à uno décharge électrique, et que la contraction produit cette décharge? Les difficultés de l'expérience sont trèsfaciles à saisir. Il faut commencer par fermer le circuit d'une pile musculaire composée d'animaux vivants avec le galvanomètre, attendre que l'aiguillo s'arrête à une certaine déviation, et alors éveiller les contractions dans les muscles de la pile par un moyen qu'on ne puisse pas accuser d'être capable à lui seul d'augmenter directement le courant électrique
préexistant. Ajoutons encore que, pour n'être pas induit en erreur dans la conclusion qu'on veut déduire , il faut que ce moyen ne puisse pas augmenter la conductibilité de la pile : en effet, si cela n'était pas, on pourrait toujours supposer que, quand même les contractions seraient suivies d'une augmentation de l'intensité du courant, ce second effet serait dû à la meilleure conductibilité de la pile qui laisse ainsi circuler plus facilement le courant musculaire. iNous avons vu que, quand même la première déviation d'une pile musculaire de huit à dix éléments est très-grande, l'aiguille ne se fixe à la fin qu'à un angle comparativement très-petit. J'ai essayé en vain de composer des piles d'un certain nombre d'éléments, avec des pigeons vivants fixés sur une planche, et l'impossibilité de cette expérience est très-facile à comprendre. Avec des piles musculaires de pigeons ou de lapins, telles que nous les avons employées pour démontrer et étudier le courant musculaire, il n'est pas possible d'exciter des contractions. 11 me restait à tenter l'usage des grenouilles, mais il fallait pour cela agir avec le courant propre. J'ai cru qu'en parvenant à prouver que ce courant est d'une manière quelconque augmenté par la contraction , on aurait fait un pas dans l'explication du phénomène que nous étudions. Voici donc l'expérience : je prépare une pile de huit ou de dix grenouilles et je ferme le circuit avec le galvanomètre. La déviation , qui est d'abord de 40°, 50°, etc., s'arrête à 0°, à 8°; quand l'aiguille est presque fixe,