‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 77 sur 187 · PARTIE I, CHAPITRE X · texte numérisé non relu

PARTIE I, CHAPITRE X

il faut faire contracter les grenouilles. Voilà encore des difficultés. La première idée qui se présente pour faire contracter dans le même temps les grenouilles qui composent une pile, c'est de les faire traverser par un courant électrique; mais on ne tarde pas à s'apercevoir qu'une partie du courant de la pile prend la voie du galvanomètre et qu'il faut, par conséquent, abandonner entièrement ce moyen.

J'ai tenté de faire contracter les grenouilles en irritant, à peu près dans le même temps pour toutes, leur moelle épinière. J'ai varié cette expérience bien des fois, et je n'ose pas malgré cela affirmer que le résultat auquel je suis parvenu soit définitif. Les grenouilles dont on irrite la moelle épinière subissent en général des contractions si violentes, qu'il est presque impossible que le circuit n'en reste pas interrompu, auquel cas on voit l'aiguille revenir vers le zérô et osciller ensuite. Toutes les fois que l'interruption n'a pas eu lieu, j'ai vu, pendant les contractions des greuouilles de la pile, la déviation augmenter de 2°, de 3 9 et même de 4°.

Un autre moyen auquel j'ai eu recours pour faire contracter les grenouilles d'une pile, a été l'application d'une solution alcaline sur leurs nerfs lombaires. J'attends, comme je l'ai déjà dit, que l'aiguille soit fixe avant de toucher avec l'alcali les nerfs des grenouilles, et j'ai soin de ne pas toucher les deux grenouilles extrêmes, dans la crainte que l'alcali puisse parvenir jusqu'aux lames du galvanomètre. Les contractions qu'on obtient par ce procédé ne

sont pas aussi violentes que celles obtenues par l'irritation mécanique de la moelle épinière , et elles persistent plus longuement. Voici ce que j'ai vu bien des fois : aussitôt l'alcali appliqué, les contractions commencent et l'aiguille, dans le même temps, s avance de 5°, f>°, et quelquefois de 10° au delà de l'angle où elle était Fixée. Quelques secondes après les contractions cessent, et l'aiguille revient à sa position pour descendre ensuite lentement vers le zéro, comme elle l'aurait fait sans la déviation extraordinaire. Il faut avouer que l'apparition de deux phénomènes, c'estr-à-dire la production des contractions et la plus grande déviation de l'aiguille, se correspondent exactement. 11 faut dire encore que , si l'on touche les nerfs des grenouilles de la pile avec l'alcali pour une seconde ou troisième fois, les deux phénomènes ne reparaissent pas.

Est-il maintenant bien exact de conclure que le courant propre augmente par la contraction du muscle? Peut-on expliquer différemment le résultat de nos expériences?

L'alcali appliqué sur les nerfs des grenouilles de la pile peut augmenter la conductibilité des surfaces en contact entre chaque grenouille. On pourrait d'abord opposer à cette interprétation, que l'effet de l'alcali n'aurait pas dû manquer immédiatement à la seconde application. On pouvait encore essayer d'employer des solutions acides ou salines au lieu de l'alcali. Ces solutions, convenablement choisies, doivent augmenter la conductibilité des surfaces en

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