‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 88 sur 187 · PARTIE I, CU A PITRE XV · texte numérisé non relu

PARTIE I, CU A PITRE XV

du voir la torpille qui a le plus d'action sur l'oxygène et l'azote être en même temps celle qui développe le moins d'acide carbonique. Le premier résultat s'explique très-aisément par l'accélération de la respiration et de la circulation de la torpille irritée.

Je décrirai encore une expérience qui confirme le principe déjàétabli, c'est-à-dire queVactivité de la fonction électrique est proportionnelle à l'activité de la circulation et de la respiration de l'animal. J'ai pris une torpille mâle très-petite, qui était très-affaiblie : à peine de temps en temps la voyait-on opérer le mouvement respiratoire , et bien difficilement on en obtenait une décharge. J'ai introduit celte torpille sous une cloche pleine de gaz oxygène ; à l'instant même l'animal s'agita, ilouvrit la bouche plusieurs fois, il fit de fortes contorsions, et dans le même temps il me donna cinq à six fortes décharges électriques, puis il mourut.

Pour achever l'exposition de mes recherches sur les causes extérieures qui influent sur la décharge électrique de la torpille , j'ai encore à parler de l'action des poisons.

J'ai pris3 grains de strychnine, et j'y ai ajouté quelques gouttes d'acide muriatique. J'ai introduit le muriate dans la bouche et dans l'estomac d'une grosse torpille très-vivante , large de 25 centimètres et longue de 3*2. Au bout dé quelques secondes, la torpille eut de fortes contractions au dos; ensuite, avec ces contractions , il se fit quelques rares décharges très-fortes; dix minutes après , les déchargea

devinrent plus faibles, mais plus rapprochées l une de l'autre: enfin les décharges cessèrent et l'animal mourut dans de fortes contractions. Sa vie ne se prolongea certainement pas plus de dix à douze minutes. J'ai encore préparé , avec 3 graius de morphine et quelques gouttes d'acide muriatique, le muriate de morphine. La torpille que j'ai employée dans cette expérience était encore plus grosse que l'autre, mais elle était moins forte; huit à dix minutes après l'introduction du poison, elle commença à donner par elle-même, sans être irritée et sans la moindre contraction, des décharges extraordiuairement fortes; l'aiguille du galvanomètre était dans une agitation • continuelle. Dans dix minutes, elle ne donna certainement pas moins d une soixantaine de ces fortes décharges. Après ce temps les décharges spontanées cessèrent, et il fallait alors, pour les obtenir, irriter l'animal dans la bouche et dans les branchies; il vécut ainsi tranquillement plus de quarante minutes, en donnant toujours des décharges plus ou moins fortes.

Kn introduisant dans 1 estomac des torpilles vivantes des solutions d'opium ou de uoix vomique, les effets ne sont pas aussi violents. On voit, quelque temps après l'introductiou de ces solutions, les torpilles ne donner plus aucun signe de vie : on les dirait assoupies; retirées de l'eau, il suffit de les toucher légèrement sur un point quelconque de leur corps, pour voir sauter les grenouilles préparées qu'on a couchées dessus. Quelquefois il suffit, pour

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