‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 89 sur 187 · PARTIE I, CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

PARTIE I, CHAPITRE XV

voir les signes de la décharge, d'ébranler la table où elles sont posées. C'est surtout avec une solution de noix vomique que l'expérience réussit parfaitement. Je prends pour cela de l'extrait alcoolique de noix vomique , et je le dissous dans l'eau à l'aide de quelques gouttes d'acide hydrochlorique. Je verse à peu près une once de celte solution dans l'estomac de la torpille, et huit à dix minutes après, elle est déjà dans l'état de surexcitation. Évidemment c'est lo même phénomène qui est présenté par les grenouilles soumises à l'action des poisons narcotiques.

A l'uue de ces torpilles qui était réduite dans cet état , j'ai coupé à la moitié du dos la moelle épinière. Après cette opération , on pouvait toucher la partie du corps au-dessous du point coupé de la moelle sans avoir la décharge. En touchant au-dessus, la décharge avait lieu. Cette expérience suffit pour prou ver que l'irritation extérieure était transmise du point touché au cerveau par la moelle épinière. C'est le cas de l'action réfléchie découverte par Flourens et par Hall.

Parmi les causes extérieures qui influent sur la décharge électrique de la torpille , il faut mettre encore l'irritation qu'on produit en elle en la compri- * mant dans les différentes parties du corps. Le frottement sur les branchies est une des manières les plus sûres d'avoir la décharge , comme l'est encore la compression de l'organe dans le point qui correspond au passage des nerfs. La décharge a presque toujours lieu encore, lorsqu'on plie le poisson de manière ù ce

que le bas-ventre devienne concave. Enfin lacompression des yeux et de la cavité qui est placée au-dessus du cerveau ne manque jamais de donner lieu à de fortes décharges électriques. Si les nerfs qui s'introduisent dans cette cavité et qui traversent les muscles de l'œil sont liés ou coupés, cette compression ne produit plus la décharge.

Le courant électrique doit être encore placé parmi les causes extérieures qui déterminent la décharge de la torpille. Un courant de trente couples de zinc et cuivre, larges de 5 centimètres, chargés avec une solution nitro-sulfurique, donne lieu à de fortes décharges de la torpille, chaque fois qu'on le fait passer de la bouche aux branchies , à la peau ou dans V intérieur de l'organe. J'ai prolongé la durée du passage du courant pour voir quel effet était produit lorsqu'il cessait de circuler. Je n'ai rien aperçu dans ce cas. Inapplication extérieure du courant, telle que je l'ai décrite, soit directement, soit en sens contraire , produit le même effet.

Deuxième Section. — Causes intérieures.

J'ai déjà dit que par causes intérieures j'entends * celles qui modifient l'organisation. J'en partagerai l'étude entre trois parties du corps de la torpille.

1°. La substance propre de Voryane et les parties musculaires y cartilayineuses , etc., qui le recouvrent cl l'environnent , et les vaisseaux de, la circulation du sany. — Je rappelle ici ce que j'ai dit plus haut que , pour mieux étudier ces phénomènes, j'ai toujours eu

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