‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 90 sur 187 · PARTIE 1, CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

PARTIE 1, CHAPITRE XV

soin de détruire la- fonction de l'un des organes ; j'indiquerai bientôt de quelle manière on peut y parvenir.

On peut enlever toute la peau de l'organe , celle du dos ou celle du bas-ventre, sans que la décharge électrique souffre de diminution dans l'intensité. J'ai coupé l'organe à la moitié, soit horizontalement , soit verticalement, j'ai introduit une lame de verre pour séparer les deux tranches coupées, et la décharge électrique continuait encore à se faire. J'ai coupé l'organe de manière à en laisser une moitié attachée à l'autre par une petite tranche : la décharge arrivait encore de l'une à l'autre, pourvu qu'elles communiquassent encore entre elles par une branche nerveuse intacte. J'ai vu une petite torpille mâle très-vivace, large de 12 centimètres, dont j'ai coupé à plusieurs reprises les trois quarts de l'organe, donner toujours des décharges et chaque fois qu'on recommençait à couper, les décharges arrivaient avec une intensité toujours croissante.

Ce n'est que par deux moyens que je suis parvenu à détruire la fonction électrique, en agissant sur la seule substance de l'organe. Ces deux moyens sont le contact des acides minéraux concentrés et la chaleur de l'eau bouillante. Après avoir enlevé la peau supérieure de l'organe , j'ai mouillé la substance interne avec de l'acide sulfurique, et à l'instant j'ai obtenu de fortes décharges. Au bout de quelques minutes, la substance de l'organe est devenue blanche et coagulée. Alors il m'a été impossible d'en tirer de

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nouvelles décharges. Ce mémo rffet est produit par l'acide muriatique. Si Ton plonge dans de l'eau bouillante une torpille à laquelle la peau dorsale de l'un des organes a été enlevée, on a, à la première impression de la chaleur, des décharges très-fortes. Mais si on prolonge cette immersion pendant quelques secondes seulement, la décharge cesse, et la substance de l'organe est encore coagulée. 11 faut faire cette expérience de manière que la torpille ne plonge dans l'eau bouillante que par l'organe qu'on a écorché. C'est ainsi qu'on parvient à la sauver. Opérant de cette manière, il m'est arrivé de faire une observation curieuse que je crois utile de rapporter. Une desiorpilles , qui avait perdu la fonction électrique dans l'un de ses organes, après avoir été tenue plongée pendant quelques secondes dans l'eau bouillante, fut remise dans de l'eau do mer où elle vécut presque deux heures. La substance de l'organe n'était plus ni blanche ni coagulée, elle avait presque repris ses propriétés ordinaires, sans être pourtant devenue capable de donner la décharge. J'ajoute enfin que j'ai coupé en deux ou trois points l'arc cartilagineux qui est sur les branchies, que j'ai détruit complètement la cavité, pleine d'une substance analogue à celle de l'organe qui est au-dessus du cerveau, sans avoir obtenu le moindre affaiblissement dans la force de la décharge électrique. J'ai obtenu le même résultat en coupant tous les muscles et les tendons qui environnent l'organe.

Un des organes électriques de la torpille rapide-

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