‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 107 sur 177 · PLANTES ÉMOLLIENTES OU ADOUCISSANTES · texte numérisé non relu

PLANTES ÉMOLLIENTES OU ADOUCISSANTES

Acanthefeuittés.

Amandier, amandes.

Arroche, feuilles.

Avoine, semence.

Bette ou betterave, feuilles.

Bon-Henri, feuilles.

Bouillon blane, feuilles.

Bourrache, fleurs.

Buglosse, fleurs.

Carotte, racine.

Chanvre, graines.

Chiendent, racine.

Citrouille, graines.

Épinard.

Fenu-grec, semence.

Figuier, fruit.

Froment, semence.

Grémil, semence:

Guimauve, racine.

Laïtue, feuilles, suc.

Lentille, graines.

Lin, graines. Linaire, feuilles Lis, ognon,

Lupin, graines.

Mâche.

Maïs, semence.

Mauve, fleurs, feuilles.

Mélilot, sonvmilés fleuries.

Melon, semence.

Morgeline.

Mouron.

Noisetier, amandes.

Olivier, huile, feuilles

Grande Consoude, racine.| Orchis, tubercules.

Orge, semence.

Pied-de-Chat, capitules.

Plantain.

Pois, semence.

Pomme de terre, tubercules.

Potiron, graines, pulpe.

Pourpier, plante sans racine.

Réglisse, racine.

Sagittaire, bulbes de la racine.

Scorpione.

Scorsonère, racine.

Seigle, semence.

Seneçon.

Soude.

Violette, fleurs.

Il est d’autres plantes émollientes, qui sont rapportées à

d’autres classes parce qu'elles ont des propriétés particulières, spéciales, outre leur action générale adoucissante : tels sont l’Alkekenge, la Bugrane, la Mercuriale, la Pariétaire, la Saponaire, le T'ussilage, etc.

ACANTHE, Acanthus mollis, L.

Brance-Ursine, Branche-Ursine, Inerme,

L'Acanthe (pl. xxv, 1) croît naturellement dans le midi de la France, sur le bord des chemins, dans les lieux pierreux. On la cultive dans les jardins pour l'agrément.

Plante de la famille des Acanthacées (244, A), haute de 50 cent. à 1 mètre; tige droite, simple, assez forte, un peu anguleuse et pubescente. Feuilles radicales, très de. 4 pinnatifides, sinuées-anguleuses, sans épines, un peu molles, luisantes en dessus, étalées à la surface du sol. Racine épaisse, noirâtre, munie de fibres minces très vivaces.

Fleurs blanches un peu rougeâtres, paraissant depuis la fin de juin jusqu'en octobre. Elles sont grandes, sessiles, formant un long épi droit. Chaque fleur est munie d’une bractée ovale, épineuse, qui la soutient: calice de 4 divisions dont 2 latérales, petites, linéaires, la supérieure plus grande tenant lieu de lèvre supérieure à la corolle, qui a un tube court et qui s’allonge en une seule lèvre large et trilobée ; 4 étamines didynames à filets gros ; style les dépassant.

Propriétés, usages. Les fleurs ont une odeur forte, désaoréable; les feuilles sont mucilagineuses ainsi que la racine. Elles peuvent être employées comme émollientes, pour cataplasmes, fomentations et lavements ; mais on leur préférera les Malvacées toutes les fois qu'on aura le choix.

Récolte. Il faut cueillir les feuilles avant la floraison pour les conserver; mais il est préférable de les employer vertes.

PRÉPARATIONS, DOSES

Décoction (feuilles) : 15 à 30 gr. par 500 gr. d'eau.

AMANDIER. Amygdalus communs, L.

Originaire de l’Afrique septentrionale et cultivé en France, l'Amandier est un arbre de la famille des Rosacées (264-68, C) généralement connu, qu'il est inutile de décrire.

Fleurs blanches ou rosées, très grandes, presque sessiles, éparses le long des rameaux de la pousse précédente, etc. Elles se montrent des premières au commencement du printemps.

Propriétés, usages. On n'emploie en médecine que les amandes, qui sont douces ou amères selon la variété de l'arbre. Les premières fournissent une huile grasse très adoucissante, mais laxative à dose un peu élevée, qui entre dans Ja composition des loochs et des potions dites huileuses, très usités dans les inflammations de poitrine, et qui sert de véhicule pour les liniments calmants, les embrocations, ete. Mais c’est à l’état d'émulsion et de sirop (sirop d’orgeat) que s’emploient le plus souvent les amandes : ces liquides sont essentiellement émollients ; ils conviennent dans une foule de cas, parti-

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culièrement dans les fièvres, les inflammations des organes génito-urinaires, des voies gastro-intestinales, etc.

Récolte. Les amandes douces nous viennent des côtes de la Barbarie, où les indigènes en font une grande consommation pour se nourrir, et du midi de la France. On doit les choisir sèches, pesantes et récentes. L'huile doit être aussi nouvellement préparée, parce qu’elle rancit facilement, et qu'elle irrite alors au lieu d’adoucir.

PRÉPARATIONS, DOSES

Émulsion ou lait d'amandes. Pilez 30 gr. d'amandes douces, dépouillées de leur pellicule, avec une petite quantité d’eau froide dans un mortier demarbre, de manière à les réduire en une pâte très fine; délayez cette pâte avec 950 gr. d’eau ; ajoutez 30 gr. de sucre ou de sirop, et passez à travers, une étamine.

Huile. 15 à 30 gr. dans une solution ou potion gommeuse.

Les amandes amères contiennent une très petite quantité d'acide prussique qui leur communique leur saveur et une propriété calmante. IT serait dangereux de les employer à l’intérieur autrement que mélangées en faible proportion avec les amandes douces. A l'extérieur, en lotions, leur émulsion est très efficace pour calmer l’irritation de la peau et le prurit des affections dartreuses.

ARROCHE. Atriplex hortensis, L.

Bonne-Dame, Follette,

Plante de l'Inde, naturalisée dans nos jardins, famille des Chénopodiacées (185, G); 60 à 80 cent. de hauteur environ: tige dressée; feuilles alternes, pétiolées, ovales, molles, rougeñtres dans l'espèce rubra. ) :

Fleurs petites, uhisexuées, dioïques, disposées en grappes terminales et axillaires, décrites au senre.

Propriétés, usages. L'Arroche est cultivée pour l'usage eulinaire; ses feuilles, d’une saveur douce, fade, se mangent cuites, seules ou mêlées à celles d'épinard ; on les substitue à celles de la poirée, soit pour les potages, soit pour les usages de la médecine.

Les fruits (petits akènes recouverts par le calice) sont âcres, purgatifs. Ils entrent dans la poudre de Guttète qu'on a re-

MÉDICATION ÉMOLLIENTE. Ps 281

commandée contre l’épilepsie des enfants ; l'on à prétendu aussi qu'ils sont utiles à ceux qui sont noués. % #

L'Avoine est une plante annuelle, originaire d'Asie, que l'on cultive dans toute l'Europe pour la nourriture des chevaux et quelquefois de l’homme; c'est une graminée (148, 1) que tout le monde connaît et qu’il est mutile de décrire.

Propriétés, usages. En médecine, on emploie les semences de l'Avoine sous plusieurs formes. En décoction, sans être privées de leur enveloppe, elles sont diurétiques, très efficaces dans les hydropisies, selon M. F. Dubois. Dépourvues de leur pellicule, elles forment le gruau d'avoine, avec lequel on prépare des tisanes adoucissantes et nutritives très employées chez les enfants. |

Leur farine contient du gluten en très grande proportion, de la fécule, du mucilage, du sucre : on en fait des cataplasmes émollients et légèrement résolutifs. — L'eau aigrie sur la farine d'avoine, dit M. Cazin, forme avec le sucre et une petite dose de vin blanc une limonade antiseptique dont Prin-

AVOINE. Avena sativa, L.

gle a constaté les avantages pour arrêter les progrès du scorbut.

Cuite avec du vinaigre, l'Avoine entiére est souvent appliquée, dans les campagnes, pour enlever les douleurs pleurodyniques (point de côté), celles du lumbago, etc.

La balle d'avoine sert à confectionner des coussinets pour les appareils à fractures, ainsi que des oreillers pour remplacer ceux de plumes qui, dans les affections cérébrales, échauffent trop la tête.

BETTE, BETTERAVE. Beta vulgaris, L.

Bette blanche, Poirée, Carde-Poirée, Racine de disette,

Plante potagère très connue, dont les deux espèces principales sont la Carde-Poirée et la Betterave, de la famille des Chénopodiacées (185, C). Ses feuilles sont émollientes, adoucissantes. Elles servent au pansement des vésicatoires et des plaies superficielles ; mais on peut aussi en faire une tisane ra-

fraîtchissante. On préparait autrefois avecla racine de Poirée, dépouillée de son écorce, des suppositoires qu'on introduisait dans le fondement pour lâcher le ventre des enfants: on introduisait aussi dans le nez un morceau du pétiole (Carde) pour détremper, dissoudre la pituite épaissie, selon le langage des anciens.

La racine de Betterave est alimentaire. On la cultive en grand pour la fabrication du sucre indigène, dont la France produit de 40 à 50 millions de kilogr. par an.

BON-HENRI. Bonus Henricus, L.

Ansérine Bon-Henri, Ansérine sagittée, Toute-Bonne, Epinard sauvage.

Le Bon-Henri (pl. xvr, 4) croît dans les lieux incultes, humides, et dans les terres grasses.

Plante de la famille des Chénopodiacées (185, A), de 30 cent. de hauteur; tiges dressées, rameuses, grasses, glabres ; feuilles alternes, triangulaires-sagittées, pétiolées, entières, ondulées, d'un vert foncé en dessus, un peu blanchâtre en dessous.

Fleurs petites, verdâtres, en petits épis terminaux, coniques, avec des petites bractées étroites à la base; elles s’épanouissent pendant tout l'été.

Propriétés, usages. La Toute-Bonne a une odeur herbacée assez forte et une saveur visqueuse, propriétés qu'elle perd en séchant. Ressemblant à l’épinard, elle est comme lui émolliente et laxative, mais plutôt alimentaire que médieamenteuse. Elle est maintenant inusitée ; cependant, au dire de Chomel, Simon Pauli en recommande fortement le cataplasme appliqué sur le siége de la goutte, parce qu'il guérit comme par miracle, en trois jours, un consul, en lui appliquant le topique suivant :

« Prenez trois poignées de feuilles de Bon-Henri avant qu'il soit en fleur; fleurs sèches de sureau et de camomille, de chacune deux poignées: hachez-les ensemble et faites-les bouillir dans quantité suffisante d'eau de sureau, jusqu'à ce qu'elles soient en pourriture, ajoutez-v demi-once (15 gr.) de gomme cavagne, demi-gros (2 gr.) de camphre, et faites-en

un cataplasme. » — L'efficacité de ce cataplasme, si efficacité il y a, n’est certainement pas due à la Toute-Bonne, qui est presque inerte.

BOUILLON BLANC. Verbascum thapsus .

Molëne, Bonhomme, Herbe de Saint-Fiacre,

Le Bouillon blanc (pl. xxv, 3) est très commun dans les champs, sur le bord des chemins, dans les décombres; il se plaît davantage dans les départements méridionaux, du moins il y prend des dimensions plus grandes.

Plante bisannuelle, de la famille des Serophulariacées, genre Molène (212, D), de 60 cent. à 1 m. 20; tige droite, simple, épaisse, cotonneuse; feuilles très grandes, ovales-oblongues, sessiles, blanchâtres, molles et douces au toucher; racine pivotante, blanchâtre.

Fleurs jaunes, disposées en un grand épi terminal, paraissant en juillet et août : calice à 5 divisions profondes, ovales ; corolle rotacée à 5 divisions arrondies; 5 étamines inégales, inclinées; 1 style les dépassant, stigmate en tête. Capsule ovoïde, à 2 loges, bivalve.

Propriétés, usages. On emploie les fleurs et les feuilles. Les premières, qui ont une odeur légèrement aromatique à l'état frais, mais douce et agréable à l’état sec, sont émollientes, béchiques. Elles font partie des espèces pectorales, et on les prescrit en infusion dans les catarrhes pulmonaires peu intenses, le crachement de sang, les irritations des organes digestifs eturinaires.

« Les feuilles bouillies dans du lait et appliquées en cataplasme sur les hémorrhoïdes douloureuses apportent un soulagement, surtout si l’on mêle à ce cataplasme autant de feuilles de jusquiame. » Écrasées et appliquées localement, elles guérissent rapidement les plaies produites par l’action irritante des renoncules; « ce que n’ignorent pas, dit G. Hoffmann, les gueux qui se font venir des ulcères à la peau pour exciter la pitié publique. » ,

Récolte. T] faut cueillir les fleurs de molène aussitôt qu’elles sont épanouies ; on doit les faire sécher le plus promptement

possible afin d'éviter qu'elles ne brunissent. Les feuilles peuvent se récolter pendant toute la belle saison. La culture de cette plante exige une terre légère, chaude, et un lieu sec

sans ombre.

PRÉPARATIONS, DOSES

Fleurs (infusion) : 1 pincée pour 500 gr, d’eau. On doit passer cette infusion pour la débarrasser des parties lanugineuses qui irritent la gorge mécaniquement et font tousser.

Feuilles (décoction] : quantité voulue pour 1000 gr. d’eau.

BOURRACHE, Borrago officinalis , L.

Originaire du Levant, la Bourrache (pl. xxv, 5) croît naturellement dans les lieux cultivés, où elle est très commune.

Plante de la famille des Borraginées|198, A), de 30 à 80 cent. environ; tige herbacée, dressée, cylindrique, rameuse à sa partie supérieure, couverte de poils ; feuilles alternes, ridées, velues, les radicales grandes, ovales, rétrécies en un long pétiole dilaté et canaliculé, les caulinaires sessiles, ovaleslancéolées.

Fleurs bleues, longuement pédonculées, penchées, disposées en panicule terminale, se montrant tout l'été. Calice monosépale étalé, 5-fide; corolle rotacée à limbe 5-parti, divisions lancéolées, tube presque nul; étamines attachées à la gorge de la corolle, formant par leur rapprochement une espèce de cône aigu, alternant avec 5 appendices saillants et creux, situés à la base des divisions du calice.

Propriétés, usages. La Bourrache a une odeur faible, une saveur douce, mucilagineuse; elle contient un sue fade, visqueux, assez abondant. On emploie ses fleurs et ses feuilles.

Gilibert et Foureroy vantèrent cette plante outre mesure dans les maladies inflammatoires ; mais, de nos Jours, elle a perdu beaucoup de son importance. Cependant elle reste encore en grand honneur parmi le peuple. On l’emploie très souvent : 1° comme béchique, émolliente dans les inflammations de poitrine; 2o comme diaphorétique dans les fièvres éruptives, la rougeole, la scarlatine, la variole, et dans les affections de nature rhumatismale ; ‘3° comme diurétique,

parce qu'elle contient une assez forte proportion de nitrate de potasse [sel de nitre). — Les anciens lui ont attribué une action stimulante, exhalirante et cordiale, qu'on lui refuse complétement aujourd'hui. En résumé, les fleurs de Bourrache n'ont pas d’autres propriétés que celles de mauve et de violette.

Récolte, On cueille les fleurs au milieu de l'été, on les monde et on les porte au séchoir, disposées en guirlandes. La plante entière se récolte pendant toute la belle saison; il ne faut choisir que celle dont les tiges florifères commencent à monter, parce qu'elle est plus riche en suc que la dessiccation y fixe.

| PRÉPARATIONS, DOSES

Fleurs (infusion) : 1 pincée pour 500 gr. d’eau.

Plante (décoction]) : 4 à 16 gr. pour 1000 gr. d’eau.

BUGLOSSE, Anchusa ofjicinalis, L.

Cette plante [pl. xxv, 2) est une Borraginée (198, D), à feuilles très aiguës ; fleurs bleues en épis imbriqués, penchés ; calice allongé à 5 divisions lancéolées, dressées au lieu d'être étalées comme dans la bourrache , corolle hypocratériforme à 5 divisions très obtuses, au lieu d’être aiguës, etc. Il y a une grande analogie de propriétés physiques et médicamenteuses entre la Bourrache et la Buglosse, qui, néanmoins, est peu employée. On trouve cependant dans Chomel le passage suivant :

« Clusius recommande, pour la palpitation de cœur, deux onces de suc dépuré de Buglosse, avec deux gros de sucre, le soir pendant plusieurs jours. Le sirop fait avec les feuilles et les fleurs soulage fort les mélancoliques. M. Ray dit que l'usage du vin où elles ont infusé guérit l'épilepsie, ete. »

CAROTTE. Daucus carota, L.

La Carotte est une Ombellifère (248-514, A), plante bisannuelle cultivée dans tous les jardins, et que, par cette raiïson, nous nous dispenserons de décrire.

Propriétés, usages. On emploie la racine, les semences et

les feuilles. La première {Carotte proprement dite) est mucilagineuse, sucrée et nourrissante : c’est un aliment plutôt qu'un médicament. On en conseille la décoction comme apéritive dans la, jaunisse, où elle n'agit pas autrement que tout autre émollient-calmant. Sultzer, en 1766, et, après lui, Bouvart, Bridault, en 1802, ont beaucoup vanté sa pulpe fraîche et râpée appliquée en cataplasme sur les tumeurs carcinomateuses ouvertes; elle calme la douleur sans doute, diminue la suppuration, modifie avantageusement l'ulcère, mais ne guérit point le cancer. Ce topique est utile contre les gerçures du sein, les brûlures, d'après M. Fr. Dubois. Selon Desbois de Rochefort, la carotte prise comme seule nourriture guérit le carreau chez les enfants. On lui a reconnu jadis des propriétés anthelminthiques auxquelles on ne croit plus aujourd'hui.

Les semences passent pour carminatives, stomachiques, diurétiques. — Quant aux feuilles, elles ont parfois été employées comme vulnéraires.

La CAROTTE SAUVAGE croît dans les prés, sur le bord des chemins et des champs. Elle a une odeur forte, aromatique, une saveur un peu àcre, par conséquent, n'est point adoucissante.

CHANVRE, Cannabis sativa, L.

Plante de la famille des Urticacées (175, B), originaire de la Perse et cultivée en Europe. Tige droite, simple, fistuleuse ; feuilles opposées, digitées, composées de 5 à 7 folioles ovalesallongées et dentées en scie, celles du milieu plus grandes, ete.

Fleurs d’un jaune pâle, en grappes, dioiques, se montrant en juin et juillet, et dont les caractères spécifiques sont indiqués au genre,

Propriétés, usages. Le Chanvre répand une odeur vireuse désagréable, qui peut causer des vertiges, une sorte d'ivresse, lorsqu'on reste exposé quelque temps à son influence, surtout dans les contrées méridionales. Ses usages domestiques nous sont connus.

En médeeine où emploie ses grames (Chèneris) pour prépa-

rer des émulsions adoucissantes et calmantes, trésutiles dans les phlegmasies des organes génito-urinaires, telles que la blennorrhagie, la cystique et la néphrite. — «Sylvius Deleboé a guéri plusieurs malades de la jaunisse par la seule graine de chénevis cuite dans le lait de chèvre presque jusqu'à la farre crever; il en donnait deux ou trois prises par jour de 5 à 6 onces. »

Les préparations exhilarantes et aphrodisiaques connues sous le nom de Haschish et de Bang, et dont les voyageurs nous font de si merveilleux récits, sont dues aux feuilles d’une espèce du genre Cannabis, ou peut-être même de notre Chanvre rendu plus énergique par l'influence du climat.

PRÉPARATIONS , DOSES

Chènevis [émulsion] : 30 à 60 gr., qu’on écrase et sur lequel on jette 500 gr. 61:34 q d’eau bouillante, en ajoutant ensuite du sucre ou du sirop.

CHIENDENT. Triticum repens, L. x Chiendent des boutiques, Froment rampant.

Le Chiendent croît dans les lieux incultes ou cultivés, sur le bord des chemins, où il se multiplie d'une manière incommode.

Plante de la famille des Graminées (148, A), de 50 à 90 cent. de longueur, vivace, à tiges droites, 3 à 4 fois articulées, à feuilles allongées, aiguës, un peu velues en dessus, glabres en dessous.

Fleurs verdàtres, disposées en épi allongé et comprimé ; épillets sessiles, alternes, sans arêtes, renfermant 4 ou 5 fleurs ; celles-e1 se montrant tout l'été, etc.

Propriétés, usages. On emploie la racine pour préparer une tisane émolliente et délayante, légèrement diurétique, qui convient dans une foule de cas, tels que les fièvres inflammatoires, bilieuses, ataxiques, les maladies du foie, la jaunisse, les calculs biliares, les coliques néphrétiques, l'inflammation des reins, de la vessie, de l'urètre, etc., tisane qui n'a pas d'autre but, comme tant d’autres, que de délayer le sang et de calmer ia soif.

Récolte. La racine de Chiendent se récolte dans le mois de septembre : elle est grêle, noueuse, rampante, blanchâtre,

On la bat pour en enlever ur puis on en fait de pe-

tites bottes que l’on porte au séchoir. Comme elle se mange facilement aux vers, il faut la renouveler souvent. Il est bien préférable de employer fraîche, et l'on peut se la procurer toute l’année pour cette destination.

PRÉPARATIONS, DOSES

Tisane de Chiendent : on verse sur 15 à 30 gr. de cette racine une certaine quantité d’eau bouillante, qui doit être jetée presque aussitôt; puis l’on verse 500 gr. d’eau que l’on fait bouillir lentement. On y ajoute de la réglisse, du sucre ou du sirop.

COURGE. Cucurbita lagenaria, 1.

Pastèque, Calebasse,

Les semences de cette Cucurbitacée (234, A) sont rafraichissantes et tempérantes : on les emploie en décoction ou en émulsion dans les phlegmasies aiguës des organes génitourinaires.

M. Brunet, médecin à Bordeaux, prétend avoir débarrassé un malade du ver solitaire en lui administrant, à diverses reprises, 45 gr. de semence de Courge pilée avec même quantité de sucre.

ÉPINARD. Spinacia oleracea, L.

Plante annuelle de la famille des Chénopodiacées (485, H, qui nous vient d'Espagne, où elle a été introduite par les Maures. Aliment léger, adoucissant. Elle n’est employée en médecine que sous forme de cataplasme.

FENU-GREC. Trigonella phœnum grœæcum, L.

Trigonelle, Senegré,.

Le Fenu-grec (pl. xxv, 4) croît naturellement sur le bord des champs dans le midi de la France ; il est abondamment cultivé dans quelques provinces, en Alsace, par exemple.

Plante de la famille des Légumineuses\272-75, H), herbacée, annuelle, de 30 cent. environ; tige simple, dressée, creuse, un peu pubescente ; feuilles alternes, pétiolées, trifoliées, munies de stipules subulées: folioles ovales, obtuses, denticulées au sommet, glabres.

Fleurs jaunes, sessiles, axillaires, géminées ou solitaires , paraissant en juin et juillet ; calice à 5 dents linéaires ; corolle papilionacée, beaucoup plus longue que le calice, comprimée latéralement : étendard obcordiforme, carène très courte et obtuse ; gousse allongée, grêle, terminée en pointe.

Propriétés, usages. Toute la plante a un peu l'odeur du mélilot et la saveur du pois. Elle est cultivée pour fourrage dans quelques départements; mais en médecine 1l n'y a d’usitées que les semences, qui fournissent du mucilage en quantité, et qui peuvent remplacer la graine de lin dans les diverses circonstances de son emploi. Elles entraient dans beaucoup de préparations officinales. Leur farine est émolliente et résolutive; elle était jadis très en vogue pour cataplasmes. En Egypte, l’on vend les jeunes pousses comme alimentaires ; les Arabes les considèrent comme stomachiques et préservatives de plusieurs maladies.

PRÉPARATIONS, DOSES

Semence (décoction) : 30 gr. par 500 gr. d’eau pour tisane (rarement employée). — 60 à 120 gr. par 1000 gr. d’eau pour lotions, lavements, in jections.

Farine. Quantité voulue en cataplasme

FIGUIER. Ficus carica, L.

Cet arbre, de la famille des Urticacées (173, G), est originaire d'Orient. Les Phéniciens, dit-on, l’introduisirent en France, où il est abondamment cultivé, dans le Midi principalement. On n’emploie que le fruit, c’est-à-dire la figue, qui n’est autre chose que le réceptacle devenu charnu et contenant les ovaires transformés en petits akènes, qui sont les vrais fruits.

Propriétés, usages. Les figues vertes ont une odeur faible qui leur est propre; leur saveur est douce, sucrée, agréable ; c'est un aliment de facile digestion, mais rarement un médicament.

C'est le contraire pour les figues grasses ou sèches, qui sont moins digestibles, mais qu’on emploie très souvent en

tisane émolliente, béchique, dans les inflammations de poi-

trine ; en gargarisme dans l’esquinancie, les irritations de la gorge; en cataplasme adoucissant, ete.

Récolte. Les figues se font sécher au soleil sur des claies pour être conservées ; les meilleures sont grosses, pesantes, sans odeur, d’une saveur sucrée, recouvertes d'une peau fine et tendre. dè

PRÉPARATIONS, DOSES

M" Décoction : 2 ou 3 figues grasses coupées par tranches pour 500 gr, d’eau: on ajoute souvent des raisins secs, des jujubes, — On les fait bouillir ordinairement dans du lait pour gargarismes.

FROMENT ov BLÉ. Trilicum sativum , L.

Sa patrie est inconnue; mais 1] est extrémement répandu. Pour toute description, nous renverrons le lecteur à la famille des Graminées (148, A), dont il est le type en quelque sorte.

Le Blé sert d’aliment principal à un grand nombre de peuples ; c'est au gluten et aux autres principes azotés qu'il contient que sont dues ses propriétés alimentaires. Quand l'homme est malade, il lui vient encore en aide à l’état de farine, de pain, de son, d’amidon et de dextrine.

La farine de froment est émolliente : appliquée sur les surfaces érysipélateuses, elle diminue l'inflammation ; sur les érythèmes suintants, elle absorbe les liquides séreux, âcres, calme la surface irritée et la dessèche. On en fait aussi des cataplasmes adoucissants.

Le pain est employé en décoction pour préparer l’eau panée , boisson rafraîchissante que l’on obtient encore en mettant tremper dans de l’eau une croûte de pain grillée, et que l'on donne quelquefois aux malades dégoûtés des autres boissons. — La mie de pain, bouillie dans de l’eau ou du lait, fait un excellent cataplasme, qui a l'inconvénient cependant de s’aigrir promptement.

Avec le son, qui est l'écorce du blé réduite en petites écailles par l’action de la meule, on prépare par décoction des lotions, des lavements, des injections, des bains et des cataplasmes émollients.

L'amidon, féeule amylacée extraite des graines céréales et

particulièrement du froment, peut être appliqué, délayé dans l'eau chaude et converti en une sorte de gelée, sur les parties enflammées, exeoriées, sur les dartres vives, les brûlures, les phleemons, ete., où il remplace avec avantage les autres cataplasmes émollients.

La dextrine, qui est une matière gommeuse résultant de la transformation de la partie interne des globules de l'amidon sous l'influence de la diastase, sert à rendre les bandages résistants et inamovibles; pour cela on mouille la bande avec le mélange suivant : dextrine, 100 ; eau-de-vie ordinaire ou camphrée, 60 ; eau chaude, 50. On exprime avec soin l’excédant du mélange qui mouille inutilement la bande, et on applique celle-ci avec précaution et en passant la main pour glacer ou vernir l'appareil, qui forme une sorte d’écorce inflexible, résistante après la dessiccation. À défaut de dextrine, on peut employer la gelée d’amidon que nous avons proposée pour cataplasmes. -

GRANDE CONSOUDE. Symphytum officinale, L.

Oreille-d'Ane.

La Consoude officinale (pl. xvi, 1) est très commune dans les prairies humides, sur le bord des ruisseaux et des mares.

Plante de la famille des Borraginées (198, C), vivace, haute de 40 à 60 cent. ; tige dressée, un peu branchue, velue, charnue, anguleuse ; feuilles alternes, grandes, entières, décurrentes, ovales-aiguës, un peu ondulées sur les bords.

Fleurs rouges, jaunâtres ou blanches, peu nombreuses, assez grandes, disposées en épis terminaux recourbés et pendants ; elles éclosent en mai et juin. Calice &5 divisions étroites ; corolle tubuleuse, un peu en cloche, à 5 lobes courts, munie de 5 appendices lancéolés aigus, alternes avec les 5 étamines ; 4 ovaires, 1 style très long ; 4 fruits lisses.

Propriétés, usages. La Consoude n’a que l’odeur et la saveur de la bourrache. On n'emploie guère que sa racine, qui est grosse, chaärnue, brune à l'extérieur, blanche en dedans, et dont la saveur est mucilagineuse, fade, légèrement astringente. Eile a joui d’une réputation immense comme propre à rappro-

cher, consolider les parties (de limême son'nom), à guérir leshémorrhoïdes de toute espèce, les hernies,et même les fractures sans appareil (Paracelse). —- De nos jours, cette racine, qui est très mucilagineuse, est tout simplement émolliente, adoucissante et relâchante ; on en fait un assez fréquent usage, soit en décoction, soit en sirop, dans les catarrhes pulmonaires, les crachements de sang, les diarrhées.

Suivant M. Cazin, on calme les douleurs causées par les gerçures du sein, on guérit même la maladie en introduisant le mamelon dans un morceau de Consoude creusé en forme de dé à coudre. Chomel dit avoir soulagé considérablement des goutteux en appliquant sur la partie souffrante un cataplasme bien chaud fait avec cette racine bouillie.

Récolte. On peut se procurer la racine de grande Consoude en tout temps pour l’'employer fraîche, ce qui est préférable. Pour la sécher, on la coupe par tranches sur sa longueur ; les surfaces divisées deviennent jaunes, puis brunes.

PRÉPARATIONS, DOSES

Décoction (racine) : 15 à 30 gr. par 500 gr. d'eau en tisane. Si on se sert de la racine sèche, il faut la dépouiller de son écorce. Si la décoction est trop concentrée ou a duré trop longtemps, elle devient indigeste; il ne faut point la faire dans des vases en fer à cause de l'acide gallique qu’elle contient, à la vé-

rité en très faible proportion.

Sirop : 30 à 60 gr. en potion ou pour édulcorer les tisanes.

GRÉMIL. Lithospermum officinale, L.

Herbe-aux-Perles.

Le Grémil (pl. xxvir, 1) se trouve au bord des chemins, aux lieux incultes. Cette plante, de la famille des Borraginées(198), ade35à60 cent. ; tiges droites, rameuses, rudes ; feuilles alternes, sessiles, lancéolées, rudes au toucher et d’un vert foncé.

Fleurs blanches, solitaires à l’aisselle des feuilles, paraissant tout l'été : calice à 5 divisions profondes, linéaires ; corolle un peu plus longue, à 5 lobes arrondis ; gorge dépourvue d'appendices ; 5 étamines courtes ; style plus long, stigmate bifide : 4 semences petites, osseuses, perlées. :

Propriétés. L'herbe aux perles est inodore, mais d’une sa-

veur acerbe, un peu désagréable. Les anciens lui supposaient la propriété de briser la pierre dans la vessie, par suite de la consistance pierreuse de ses graines ; mais aujourd'hui cellesei sont sans usages, quoiqu’on pourrait en faire une émulsion comme des graines de chanvre. Que penser encore de cette pratique, qui consistait à donner un demi-gros de ces semen-

ces dans du lait de femme à celles qui étaient en travail (Mathiole).

GUIMAUVE. Althæa officinalis, L.

La Guimauve (pl. xxv1, 2) est très commune dans les champs, les lieux un peu humides et bas, le long des ruisseaux ; elle est cultivée en grand pour l'usage de la médecine,

Plante de la famille des Malvacées (324, B), de 1 m. à 1 m. et demi de hauteur, à tiges droites nombreuses, vertes ou rougeâtres, pubescentes ou cotonneuses ; feuilles alternes, pétiolées, cordiformes, molles et comme veloutées, à 3 ou 5 lobes peu marqués et dentés.

Fleurs blanchâtres ou rosées, disposées en panicules axillaires, éclosant en juin et juillet sur des pédoncules courts et épais : calice double, l'extérieur à 9 divisions étroites, l'interne à 5 plus longues et aiguës ; 5 pétales subcordiformes, cachant entièrement le pistil ; étamines monadelphes, anthéres pourpres au milieu desquelles se trouve un pinceau de stigmates sétacés au haut du pistil court. Fruit orbiculare, très déprimé, relevé de côtes qui sont autant de petites coques monospermes.

Propriétés, usages. La Guimauve est inodore, d'une saveur douce et visqueuse ; la racine surtout est extrêmement riche en mucilage. Cette plante peut être considérée comme le premier médicament émollient : elle fournit à l'ébullition un mucilage abondant qui peut remplacer celui des végétaux exotiques, celui de la gomme notamment, et elle a sur celle-ci l'avantage de se trouver partout.

La Guimauve est d’un emploi général, populaire, dans toutes les inflammations internes et externes, dans les irritations gastro-intestinales, les dyssenteries, les catarrhes des bron-

ches, de la vessie, de l’urètre ; principalement à l'extérieur, dans les raideurs musculaires et articulaires, les phlegmons, les ulcères enflammés, les dartres vives, ete. Mais il y a des bornes à ces usages ; car, continuer trop longtemps la tisane, les injections ou les cataplasmes de guimauve, c’est jeter les tissus dans l’atonie ; c’est relâcher les membranes muqueuses et prolonger indéfiniment les écoulements catarrheux, rendre les fonctions digestives paresseuses, les actions vitales languissantes, etc. — La racine de Guimauve se donne à màcher aux enfants tourmentés par la dentition.

Récolte. Le mois de septembre est le moment de la faire, jorsque l’on veut conserver les racines. On les sépare de leur épiderme, on les coupe en morceaux et on les fait sécher à l'étuve et au soleil alternativement ; elles sont blanches alors et doivent être conservées dans des vases secs à l'abri de l'humidité. La racine fraîche est plus mucilagineuse et doit être préférée, quoique la sèche soit excellente aussi. — Les feuilles se récoltent au mois de juin, avant la floraison ; elles ne perdent pas de leurs qualités par la dessiccation, mais elles sont moins mucilagineuses que les racines. — Les fleurs sont les parties de la plante les moins riches en mucilage ; elles se cueillent en juillet.

Infusion (racine) : 4 à 12 gr. pour 500 gr. d’eau; — [fleurs) : mêmes doses ;

pour tisanes, qui doivent être légères.

Décoction (racine et feuilles) : 30 à 60 gr. par 1000 gr. d'eau, pour bains,

lotions, fomentations, injections.

Sirop : 30 à 60 gr. comme édulcorant,

La Gummauve-Rose TRÉMIÈRE (Passe-rose) (pl. xxrv, 5), dont les fleurs sont très grandes, roses, blanches ou rouges, et qui orne les jardins et les parterres, peut être employée aux mêmes usages.

LAITUE, Lactuca sativa, L.

Plante annuelle, de la famille des Synanthérées (237-414, B), connue de tous, parce qu'elle est cultivée dans tous les jardins. A la vérité, comme on ne l'ylaisse presque jamais fleurir, parce

qu'on veut la faire servir d’aliment, on ne peut y étudier ni son port ni ses organes floraux. Les deux principales espèces sont la Romaine et la Laitue pommée que l’on mange en salade.

La Laitue est émolliente, rafraîchissante et légérement calmante. On l’emploie sous forme de tisane, d’eau distillée ou de suc concret dans les maladies aiguës, les affections nerveuses (hystérie, mélancolie, convulsions), les irritations des organes génitaux, etc. Suétone rapporte que l’on éleva une statue à Musa, pour avoir guéri l’empereur Auguste de la mé- ‘lancolie en lui faisant manger de la laitue. Prise cuite au repas du soir, elle dispose au sommeil.

On obtient par incisions faites à la tige, à l'époque de la floraison, un suc qui, évaporé à l'air, se concrète, prend une couleur brune et répand une odeur analogue à celle de l’opium. C’est la Thridace, produit doué de propriétés hypnotiques, qui calme, diminue la rapidité de la circulation et fait dormir sans produire les accidents des opiacés. — TI ne faut pas confondre avec lui le Lactucarium, extrait beaucoup moins énergique obtenu des feuilles par expression et évaporation.

PRÉPARATIONS, DOSES

Décoction {feuilles} : 30 à 60 gr. par kilog. d’eau pour tisane, lotions, injections, etc.

Eau distillée : très employée comme base des potions calmantes.

Extrait : 2 à 8 gr. en pilules, potion.

Thridace : 50 centig. à 2 gr. en pilules, etc.

Sirop de thridace : 15 à 30 et 60 gr. en tisane ou en potion. Très employé.

Si nous avons dû placer la Laitue cultivée parmi les plantes

émollientes, quoiqu'elle soit un peu calmante, nous devons mettre au rang des narcotiques la Laitue vireuse.

LENTILLE. Ervum lens, L. à

Nous ne dirons rien de cette Légumineuse (272-735, $) que tout le monde connaît, si ce n’est que les graines bouillies et réduites en pulpe peuvent servir à préparer des cataplasmes émollients et légérement résolutifs, et que leur décoction, prise légère et chaude, passe parmi le peuple pour favoriser l'éruption de la variole et de la rougeole,

LIN. Linum usilatissimum , L.

Le Lin croît naturellement dans les champs ; mais on le cultive en grand dans plusieurs provinces de France, particulièrement dans le Nord.

Plante de 40 à 70 cent., xtipéllonle, droite, grêle, ronde et glabre ; feuilles sessiles, éparses, étroites, entières, dressées, pointues.

Fleurs d'un bleu clair, ou rougeâtres, axillaires en haut de la plante, ou solitaires et terminales, qui se montrent en juin’ et juillet. Leurs caractères sont ceux de la famille (310, A) dont le lin est le genre-type

Propriétés, usages. La plante est inodore et presque sans saveur. Les semences, quisont la seule partie usitée en médecine, ont une saveur douceâtre, mucilagineuse et huileuse. Outre le mucilage, elles fournissent environ le cinquième en poids d’une huile grasse, un peu verdâtre si elle est faite à froid, inodore, épaisse et siccative, très usitée dans les arts pour apprêter ou gommer les étoffes, pour préparer des vernis, et fabriquer les sondes, bougies, canules, prétendues de gomme élastique, etc.

Tout le monde sait que le tissu cortical du lin, préalablement dépouillé de sa gomme par le rouissage, sert à faire du fil, des toiles fines, des cordes, qui, usés, passent à la fabrication du papier, etc. Mais ce n’est pas sous le rapport de ses usages en économie domestique que nous avons à étudier cette plante précieuse.

La graine de Lin est d’un emploi général et d'une très grande utilité en thérapeutique ; c'est un émollient non moins efficace que la guimauve ; mis chaque jour en usage à l'intérieur et à l'extérieur pour combattre les inflammations des intestins, principalement celles des reins, de la vessie et de l'urètre, la dysurie, la strangurie, la chaudepisse, les phlesmons, les plaies douloureuses, ete. Tantôt on en fait une tisane ou une décoction pour lotions et injections ; tantôt on la réduit en farine pour en préparer des cataplasmes ; tantôt enfin on emploie son huile, soit comme laxative, soit comme émol-

LS

liente en potion, ou à l'extérieur en onctions, seule ou mélangée avec le laudanum, le baume tranquille, etc.

La graine de lin se réduit en poudre à l’aide d'un moulin. Cette poudre ou farine est souvent sophistiquée avec du son ou des tourteaux de lin dont on a retiré l'huile par expression. Pour être de bonne qualité, elle doit être d’un jaune brunâtre, non blanchâtre ; molle, onctueuse et grasse au toucher, non sèche et pulvérulente ; elle doit graisser promptement le papier qui la contient, avoir une saveur très mucilagineuse et être fraîchement moulue.

PRÉPARATIONS , DOSES

Infusion [graine] : 6 à 15gr. par 1000 gr. d’eau. — On peut préparer la tisane de lin par décoction; dans ce cas, on enferme la graine dans un nouet de linge, et on la soumet à une ébullition de quelques secondes.

Décoction {graine) : 30 à 60 gr. par 1000 gr. d’eau, pour fomentations, injections et lavements émollients : la décoction est visqueuse, filante, épaisse,

Cataplasme : 15 à 25 gr. de farine délayée dans 500 gr. d’eau; on fait bouillir ce mélange qui s’épaissit beaucoup au feu. Pour plus de célérité, on verse de l’eau bouillante dans un vase contenant de la farine de lin, et l’on délaie jusqu’à consistance de cataplasme. Au lieu d’eau simple, on se servira avec avantage, si on le peut, de lait ou d’une décoction de racine de guimauve, —La farine doit être récente, car en vieillissant elle devient rance et cause une petite ébullition au lieu où l’on place le cataplasme.

Le LIN CATHARTIQUE, variété du genre, aura son article à part au chapitre des plantes purgatives.

LINAIRE. Anthirrinum linaria, L.

Lin sauvage, Muflier linaire.

On trouve la Linaire (pl. xzvur, 2) sur le bord des chemins et des champs, sur les murs, dans les décombres et les lieux imcultes.

Plante bisannuelle, de la famille des Scrophulariées (249, E;, haute de 30 à 50 cent., à tiges dressées, rameuses, lisses ; feuilles éparses, sessiles, dressées, étroites, linéaires, d’un vert glauque, portant une nervure longitudinale.

Fleurs jaunes, en épis terminaux (juillet-septembre) : calice petit à 5 divisions, corolle irrégulière, ouverte en gueule au Himbe, lèvre à 3 divisions et surmontée d'une éminence au

‘mù

palais qui bouche l'ouverture. ne la corolle, laquelle est tubulée, ventrue, terminée enséperon à sa base; 4 étamines didynames, anthères bilobées placées dans la lèvre supérieure de la corolle; 1 style, Lstigmate obtus. Capsule ; semences n

Propriétés, usages. L'odeur de la binaire est peu prononcée, mais avec tendance à la fétidité; sa saveur est un peu amère et acerbe, qualités qui s’affaiblissent par la dessiccation. Cette plante a été autrefoistrès employée dans plusieurs affections, principalement en cataplasmes ou en onguent pour diminuer la douleur et résoudre les tumeurs hémorrhoïdales. On ne la considère plus maintenant que comme un émollient , un peu calmant, qui doit céder le pas à la plupart des végétaux de cette classe. On la trouve encore chez les herboristes; mais les médecins ne la prescrivent plus, peut-être à tort.

Récolte. Elle peut se faire dans toute la belle saison.

PRÉPARATIONS, DOSES

Calaplasme : se fait avee les feuilles bouillies dans de l’eau on du lait, Décoction (feuilles) : 30 à 60 gr. par 1000 gr. d’eau. Onguent : on fait bouillir la linaire dans du saindoux jusqu’à ce qu'il soit d’un beau vert, et on y ajoute un jaune d'œuf quand on veut s’en servir. Cette préparation, très vantée pour les hémorrhoïdes, fut longtemps tenue secrète.

LIS. Lilium candidum, L.

Le Lis est originaire d'Orient; on le cultive dans tous les Jardins pour la beauté de ses fleurs, dont les caractères sont indiqués à la famille Liliacées (154, A), où elle occupe la première place, et sur la pl. x1, fig. 4.

Propriétés, usages. La fleur du Lis répand une odeur suave, qui fait une impression assez prononcée sur le système nerveux pour qu'on doive éviter de dormir dans une pièce où se concentrent ses émanations : on à vu même des accidents graves résulter de l’omission de cette précaution. On n'emploie guére en médecine que le bulbe ou ognon, qui est considéré comme mucilagineux, émollient et maturatif; on le fait cuire et on l’applique sous forme de cataplasme sur les tumeurs inflammatoires, telles que le phlegmon, le panaris, le furonele, l'anthrax, ete., dont il duninue la douleur, la ten-

sion, ou dont il hâte la suppuration si celle-ci est inévitable.

On a fait usage de l’eau distillée des fleurs, en potion ; des anthères , en poudre ou en infusion ; de l'huile de lis (macération des fleurs dans une huile douce). Ces préparations sont tombées en désuétude.

Récolte. L'ognon de Lis étant vivace, on peut le récolter en tout temps pour s’en servir à l’état frais. On sait que les fleurs éclosent en juin ou au commencement de juillet : c’est le moment de les cueillir.

PRÉPARATIONS ; DOSES

# Cataplasme : on fait cuire l’ognon de lis dans de l’eau, du lait, ou sous la cendre chaude, entouré de papier mouillé, et l’on en fait des cataplasmes, soit seul ou en l’ajoutant à ceux de farine de lin,

LUPIN. Lupinus albus.

Lupin bianc.

Le Lupin vient spontanément sans doute dans le midi de l'Europe et même de la France; mais il est habituellement cultivé pour engraisser les bœufs, surtout en Catalogne et en Italie.

Plante de 30 à 50 cent., de la famille des Legumineuses (272-735, C), à tige herbacée dressée, rameuse, un peu velue; à feuilles pétiolées, digitées (5 ou 7 folioles ovales-lancéolées), soyeuses et douces au toucher.

Fleurs blanches, disposées en grappes droites et terminales {juin}. Calice velu à 2 lèvres; carène presque bifide, aussi longue que les ailes ; étendard cordiforme; 10 étamines monädelphes à la base. Gousse oblongue, coriace, à 5 ou 6 graines grosses comme des pois.

Propriétés, usages. La plante est inodore, un peu amère ; ses graines, connues sous le nom de lupins et seules employées en médecine, ont une saveur plus prononcée, amère, désagréable, Autrefois on en nourrissait les esclaves dans les Gaules et l'Italie.

La farme des Lupins est émolliente par sa fécule et son mucilage, et résolutive par son principe amer. On en fait des cataplasmes qui sont légèrement maturatifs lorsque la suppu-

ration doit se faire; résolutifs, au contraire, quand l'inflammation doit se terminer sans abcès ; on les applique sur les tumeurs froides, les phlegmons indécis; et, pour les rendre plus actifs, on les à préparés quelquefois avec du vinaigre au lieu d’eau. Mais c'est un médicament complétement abandonné aujourd'hui, quoique sa décoction ait été conseillée, toujours par les anciens, comme propre «à déboucher le foie, à lever les obstructions des viscères, à pousser les mois comme les urines. »

MACHE, Varianella.

Blanchette, Doucette, Boursette, Clairette.

C’est une petite plante annuelle de la famille des Valérianacées (255, C), de 20 cent. de hauteur, qui croît dans les champs et les vignes, où elle montre de très petites fleurs violacées ou blanchâtres, réunies en petits bouquets terminaux.

La Mâche n’a pas d’odeur et sa saveur est presque nulle. On la mange en salade pendant l'hiver ; sa décoction est émolliente. -

MAIS. Zea mais.

Blé de Turquie.

Le Maïs est une Graminée (148, U) à fleurs monoïques, les mâles en panicule terminale, les femelles en gros épis axillaires; glume et glumelles à 2 écailles; ovaire terminé par 1 stigmate plumeux, filiforme, très long ; fruits gros, disposés par séries longitudinales et comme imcrustés dans l'axe de l'épi.

Le Maïs sert d'aliment dans plusieurs provinces du midi de l'Europe; on n’en fait pas du pain, parce que, manquant de gluten, sa farine est peu susceptible de lever; mais on en prépare des bouillons et des gâteaux très nourrissants. — En On a accusé le Maïs de prédisposer à la pellagre les paysans de Ja Lombardie qui en font un usage trop exclusif.

cataplasmes, cette farine est émolliente.

MAUVE. Malva sylvestris, L.

Grande Mauve, Mauve sauvage.

La grande Mauve croît spontanément dans les lieux incultes : on la trouve partout.

Plante de la famille des Malvacées (524, A) à tiges nombreuses, dressées , rameuses, pubescentes ; à feuilles alternes, pétiolées, réniformes, les inférieures présentant 5 ou 7 lobes obtus, crénelés, avec 2 stipules à leur base.

Fleurs purpurines, axillaires, avec un long et mince pédoncule, éclosant pendant tout l'été : calice double, l'intérieur monosépale à 5 divisions, l'extérieur composé de 3 petites folioles, etc.

Propriétés, usages. Cette plante est à peu près inodore dans toutes ses parties; sa saveur est herbacée , mucilagineuse. Elle est extrêmement employée, et dans les mêmes cas que la guimauve ; seulement elle se donne plutôt à l’intérieur, tandis que celle-ci sert le plus souvent pour fomentations et injections. Ses fleurs surtout sont usitées en infusion dans les catarrhes pulmonaires, les irritations des bronches et du larynx, les inflammations du poumon, etc. Elles font partie des espèces pectorales. Les feuilles et les tiges supérieures se font bouillir pour préparer des cataplasmes émollients, des lotions et fomentations de même nature.—Ce que nous avons dit de l'abus des émollients, à l’article Guimauve, est applicable ici.

La MAUvE À FEUILLES RONDES (M. rotundifolia), appelée petite Mauve, est moins élevée; tiges couchées, faibles ; feuilles arrondies, très peu lobées, plissées; fleurs blanches ou un peu rosées, peu grandes, etc. Elle jouit des mêmes propriétés absolument que la grande Mauve.

Récolte. Les fleurs de la Mauve peuvent se récolter pendant presque tout l'été. Elles se trouvent en abondance dans le commerce. On les reconnaît, quand elles sont sèches, à leurs pétales un peu grands, d’un beau bleu clair dans la Mauve sauvage, de couleur blanchâtre dans la petite Mauve; à leur calice épais et d’un vert blanchâtre, ce qui les distingue de la

violette, dont le calice est plus petit. — Les feuilles doivent être cueillies au mois de juin ou de juillet pour être conservées. — Quant à la racine, on la néglige, parce qu'elle est beaucoup moins mucilagineuse que celle de la guimauve, dont les feuilles, par opposition, sont moins émollientes que celles des Mauves.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (fleurs) : une pincée ou petite poignée par 500 gr. d’eau, Décoction (feuilles) : quantité voulue de feuilles que l’on applique cuites en guise

de cataplasme; — ou que l’on fait bouillir pour obtenir une décoction plus ou moins chargée de principes mucilagineux, pour lotions, fomentations, injections.

MÉLILOT, Trifolium melilotus, L.

Trèfle de cheval, Mirlirot.

Le Mélilot {pl. xxvi, 3) est très commun dans les prés et les bois, où il est annuel.

Plante de la famille des Légumineuses (272-735, 1), de 40 à 60 cent. de hauteur, à tiges droites, herbacées, rameuses, glabres ; à feuilles alternes, pétiolées, trifoliées, dentées, avec 2 stipules à la base du pétiole.

Fleurs jaunes, très petites, disposées en petites grappes unilatérales, un peu pendantes, se montrant presque tout l'été. Calice à 5 divisions aiguës; corolle papilionacée, deux fois plus longue que le calice; étendard réfléchi, carène plus courte que les ailes; 10 étamines diadelphes.

Propriétés, usages. Le Mélilot répand une odeur agréable, assez forte, qui se prononce encore davantage par la dessiceation. C’est une de ces plantes dont les anciens se sont plu à exagérer les vertus : pour eux, en effet, elle était émolliente, béchique, résolutive, earminative, anodine; ils l'employaient en tisane dans la colique, les vents, la dyssenterie, la dysurie, l'inflammation des viscères du bas-ventre; ils l'associent souvent à la camomille, soit pour l'intérieur, soit pour l'extérieur, en fomentations contre la colique venteuse, etc.

Aujourd'hui, on ne fait plus usage du Mélilot, si ce n'est en lotions ou en collyres légèrement résolutifs,

Récolte. On se sert des sommités fleuries, qu'on recueille

au mois de juin ou de juillet. On en fait des paquets, des guirlandes, et on les porte au séchoir; les fleurs conservent facilement et leur couleur et leurs propriétés.

L2 PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion : 15 à 30 gr. par kilog. d’eau pour tisane (rarèment employée]. Décoction : on applique le mélilot cuit en cataplasme, ou l’on se sert de sa décoction en fomentations, etc.

Eau distillée : emplogée pour collyre.

ré

2% MELON. Cucumis melo, L.

Cette plante est trop connue pour que nous la décrivions : il sufit de renvoyer à la famille des Cucurbitacées, genre Courge, dont elle fait partie (231, A). |

On sait combien son fruit est savoureux, doux, sucré. Son usage convient peu aux tempéraments lymphatiqnes et froids: mais il peut produire des effets avantageux chez les personnes irritables, bilieuses ou affectées de maladies chroniques, de dartres, de néphrite et de cystite. On peut appliquer la pulpe crue sur les brûlures, ou la faire cuire pour en préparer des cataplasmes émollients. Mais elle est généralement recherchée comme aliment. Ce sont surtout les semences que l'on emploie : on les dépouille de leur enveloppe et on les triture, comme on fait des amandes, pour obtenir dés émulsions qui sont fort utiles dans les inflammations des organes génito-urinaires.

MORGELINE. Alsine media, L.

Mouron des oiseaux.

C'est une Caryophyllée œenre Alsine (284, G) très commune aux pieds des murs, au bord des fossés ombragés, ete., qui, bien que sans saveur, pour ainsi dire, et sans odeur, était très estimée chez les anciens comme rafratchissante. On lui attribuait une foule de propriétés : celles, par exemple, de calmer les tranchées chez les enfants (Kœnio) ; de diminuer les douleurs et le flux immodéré deshémorrhoïdes, étant appliquée en poudre (Tournefort) ; d'arrêter les crachements de sang, de rétablir les forces des malades épuisés, ete. Suivant Dioscoride,

son sue apaise les douleurs d'oreilles. La Morgeline peut être employée en cataplasmes émollients, légèrement résolutifs. — Elle sert de nourriture aux petits oiseaux, aux serins de Canarie.

MOURON ROUGE. Anagallis arvensis,

Mouron des champs,

Plante annuelle de la famille des Primulacées (222, B), haute de 30 cent. environ, à tiges faibles, courbées, quadrangulaires, rameuses, tortueuses et glabres ; feuilles opposées, sessiles, pointues.

Fleurs rouges, axillaires, longuement pédoneulées, se montrant tout l'été : calice à 5 divisions ; corolle rotacée à 5 divisions ovales-rondes, 5 étamines courtes; style filiforme, stigmate en tête.

Propriétés, usages. Le Mouron rouge, qu'il ne faut pas confondre avec le mouron des oiseaux ou morgeline, est inodore, mais d'une saveur amère, un peu acerbe et nauséeuse. On lui a attribué jadis, on ne sait pourquoi, des propriétés curatives dans une foule de maladies diverses et de nature opposée, telles que les obstructions, l'hydropisie, la goutte, le cancer, l'épilepsie, la mélancolie, la rage, la peste même ! ete.; mais aucun des faits relatés n’a pu soutenir l'examen d’une observation saine et dégagée des idées hypothétiques des temps

reculés.

Le fait est cependant que cette plante n'est pas sans action ; bien au contraire, Orfila a prouvé par ses expériences que son extrait peut, à la dose de 12 gr., donner la mort à un chien, en enflammant l'estomac. Les troupeaux ne la mangent pas, et ses graines tuent les oiseaux. Quant à ses propriétés médicales réelles, on peut dire qu'elles sont encore inconnues, ce qui hous à permis de Ja rapprocher du mouron des oiseaux pour mieux distinguer les deux végétaux homonymes, mais différents.

Le Mouron bleu ne différe du rouge que par la couleur des fleurs qui varie du bleu au blanc, par des tiges plus droites et plus rameuses.

NOISETIER. Corylus avellana , L.

Coudrier, Avelinier.

Nous connaissons cet arbrisseau touffu qui forme des buissons épais dans nos haies et nos forêts ; nous avons indiqué les caractères généraux de ses fleurs et fruits en exposant ceux des Cupulifères (167, E). L’amande {graine renfermée dans le péricarpe osseux du fruit) contient une huile fixe abondante, agréable et nourrissante : on peut s’en servir pour préparer des émulsions adoucissantes.

OLIVIER. Olea europæa , L.

L'Olivier fait partie du groupe des Jasminacées (247, B). Originaire d'Asie, cet arbre de grandeur médiocre, à feuilles opposées, persistantes, oblongues, entières, vertes en dessus et blanchâtres en dessous, est naturalisé dans les contrées méridionales de l’Europe; les fleurs sont blanches, petites, disposées en petites grappes axillaires, présentant les caractères indiqués du genre.

Propriétés, usages. On emploie les fruits, les feuilles et l'écorce de l'Olivier. Le fruit [olive) contient une huile grasse abondante, qui provient de son péricarpe charnu, non de ses graines, et qui est très usitée comme assaisonnement dans l'art culinaire, et comme adoucissante, émolliente et laxative en médecine. Elle peut, en effet, remplacer l'huile d'amandes douces pour émulsions, liniments ; elle est utile dans les inflammations de poitrine et des organes génito-urinaires. On l'administre très souvent comme laxative, soit par la bouche, soit en lavement, et dans le premier cas elle est en même temps vermifuge.—Les anciens l’'employaient en onctions pour assouplir les muscles, et aussi pour combattre certaines maladies telles que l’ascite et l'anasarque ; mais aujourd'hui ces onctions sont abandonnées, quoiqu’elles guérissent la gale, sans le secours d'autres remèdes. On verse souvent de l'huile d'olive sur les cataplasmes, au moment de les appliquer, pour rendre

leur action encore plus émolliente. Enfin cette huile entre

comme principal ingrédient dans une foule d'onguents et d’emplâtres.

Les feuilles de l'Olivier sont inodores, mais amères, astringentes et toniques. L'emploi le plus sérieux qu'on en ait fait, c'est pour combattre les fièvres intermittentes ; mais, bien qu elles puissent, sous ce rapport, rendre d'importants services dans la médecine des pauvres, nous conseillons.

courir plutôt, si cela se peut, aux autres succédanés du aie

quina, qui sont la gentiane, le saule, le chêne, etc.

L'écorce de l'Olivier jouit des mêmes propriétés que les feuilles.

PRÉPARATIONS,; DOSES

Décoction (feuilles, écorce) : 15 à 60 gr. par kil. d’eau.

Extrait (l'écorce) : 2 à 4 or.

Huile (d'olive) : 15 à 60 gr. et plus, soit pure, soit mêlée à l'eau par un mucilage.

ORCHIS MALE. Orchis mascula, L.

Testicule de chien.

Plante {pl. xxvn, 3) de 35 cent. de haut, croissant dans les bois où elle est vivace et fleurit au mois de mai; tige droite, simple, arrondie, glabre, nue supérieurement, munie dans la moitié inférieure de feuilles alternes, oblongues, engainantes, d'un vert clair, souvent tachetées de noir. La racine forme 2 tubercules ovales, gros comme des noisettes, surmontés au collet par quelques fibres radicales.

Fleurs purpurines, grandes, disposées en épi terminal, dont les caractères généraux sont ceux des Orchidacées (462, A1. Corolle à 6 pétales, dont 3 extérieurs réfléchis servant de calice ; 2 intérieurs plus longs, réunis en voûte ; l'inférieur en

lèvre pendante, quadrilobée au limbe, éperonnée à l'autre ex- trémité, etc.

Propriétés, usages. Les tubereules de la racine, seules parties de l'Orchis employées, sont d'une odeur nulle ou légèrement hireine, d'une saveur mucilagineuse ; ils contiennent une matière alimentaire, connue sous le nom de Salep, qu'on ên extrait en les soumettant à une préparation particulière qu'il est inutile de décrire iei, Le meilleur Salep est celui qui pro-

MEDICATION ÉMOLLIENTE. 307

vient des Orchis d'Orient, où il est usité comme un puissant analeptique, propre à réparer les forces épuisées par l’abus des plaisirs vénériens, par les maladies, et où on le croit même aphrodisiaque. En France, ce produit est considéré comme une excellente fécule, très nourrissante et légère, que l’on donne en potages aux convalescents et aux personnes affectées d’inflammation gastro-intestinale chronique.

. Comme plante médicinale, l'Orchis mâle est sans intérêt. Rappelons seulement que, dès la plus haute antiquité, l'ignorance et la crédulité lui ont attribué la vertu de ranimer les facultés viriles épuisées, par cette seule raison que les tubercules ressemblent à deux testicules.

« La solution aqueuse de Salep communique en peu d'heures au linge qui en est imbibé une raideur analogue à celle produite par la gomme arabique ou mieux la gomme adragante; ce qui s'accorde parfaitement avec l'opinion de Berzélius et de Lindley, qui considérent cette substance comme une véritable gomme ; c'est ce qui nous porte à croire que le Salep pourrait être substitué avec avantage à l'amidon et à la dextrine dans la confection du bandage pour les fractures. » (F. Dubois.)

ORGE. Hordeum vulgare.

Orge mondé, Orge perlé,

Plante céréale annuelle, genre de la famille des Graminées (148, D), connue de tous, parce qu’elle est une des plus cultivées, surtout dans le Nord et les contrées stériles, pauvres, à terrains maigres.

Propriétés, usages. Les semences de l’'Orge nourrissent le pauvre et servent à préparer sa boisson principale dans les pays où le blé et la vigne ne peuvent réussir : elles sont donc extrèmement utiles comme alimentaires, outre qu'elles rendent d'éminents services en médecine, étant employées sous les différentes formes que nous allons faire connaître.

Les graines de l'Orge peuvent être employées en nature pour préparer par décoction soit des tisanes émollientes et rafraîchissantes, dont l'usage remonte à la plus haute antiquité et qui sont très utiles dans les maladies inflammatoires,

les fièvres, les irritations chroniques, soit des gargarismes, etc. Mais, dans la matière médicale, on ne connaît que l'Orge mondé et l’Orge perlé : le premier formé par les grains dépouillés de leurs écailles florales, le second dû aux grains privés de leur tégument propre au moyen de procédés de mouture assez compliqués.

La farine d'orge fait un pain grossier, lourd, mais rafrafchissant et assez substantiel. En médecine, on en prépare des cataplasmes adoucissants, beaucoup moins usités que ceux de farine de lin.

L'Orge germée sert à la préparation de la bière, boisson saine, nourrissante, antiscorbutique quand le houblon entre dans sa composition, qui n’est jamais employée comme médicament. Cependant on en prescrit souvent l'usage aux personnes affectées de gastralgie, de gastrite légère, pour remplacer le vin aux repas.

Le malt est l'Orge fermentée et préparée pour former la bière ; sa décoction est antiscorbutique.

PRÉPARATIONS ; DOSES

Décoction [orge entière] : une poignée pour 1 kilog. d’eau. Après quelques, bouillons, on jette cette première eau, pour ensuite faire cuire le grain dans même quantité de nouvelle eau : de cette façon, la boisson est aussi douce que si on avait employé l'orge mondé.

— (Orge mondé ou orge perlé] : une cuillerée pour 500 gr. d’eau.

Cataplasme (farine) : quantité voulue.

PIED-DE-CHAT. Gnaphalium dioicum , L.

Gnaphale dioïque,

Plante vivace de la famille des Composées (2357-40, B), petite, formant gazon, à tiges simples, dressées; à feuilles sessiles, étroites, lancéolées, les radicales étalées en rosette, spatulées, obtuses au sommet, rétrécies à la base, blanches ou velues en dessous.

Fleurs diviques, blanches ou rouges, disposées en capitules réunis 3-6 au sommet de Ja tige, s’épanouissant au mois de mai, où elles figurent le pied d'un chat; les mâles sont plus

larges que les femelles, qui ont un involucre longuement cylindrique.

Propriétés, usages. Les fleurs de Pied-de-Chat ont une odeur et une saveur très faibles. Elles sont adoucissantes, béchiques à la manière de la violette, mais beaucoup moins usitées, quoique longtemps on ait vanté leur propriété astringente et incisive.

Récolte. On cueille les fleurs de Gnaphale au mois de mai dans les lieux arides, secs et sablonneux ; on les fait sécher après les avoir mondées. On les trouve encore chez les herboristes, parce que le peuple les venge de l'oubli des médecins en les demandant quelquefois : il faut les y choisir munies de beaucoup de languettes des fleurons et de peu d’aigrettes velues.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (fleurs) : 3 à 4 pincées pour 500 gr. d’eau Les herboristes mélangent souvent les capitules du Pied-de-Chat avec les autres fleurs pectorales,

PLANTAIN MAJEUR. Plantago major, L.

Grand Plantain, Plantain ordinaire.

Le Plantain (pl. xv, 2) est très commun dans toute la France, dans les prés, les champs, le long des chemins.

Plante vivace de la famille des Plantaginacées (189, A), sans tige proprement dite, ayant des feuilles grandes, larges, ovales, étalées en rosette sur la terre, des pétioles larges, creusés en gouttière en dessus.

Fleurs d’un blanc sale ou jaunes, petites, portées sur des hampes rondes, fistuleuses et fermes, disposées en long épi, et se montrant tout l'été ; calice à 4 divisions courtes, ovalesobtuses; corolle à 4 découpures aiguës; 4 étamines longues ; style moins long à stigmate simple.

Propriétés, usages. On emploie les feuilles. Elles sont d’une saveur herbacée, un peu amère, faiblement hypnotique. Cette plante pourtant contient du mucilage en plus grande proportion que les autres principes, ce qui nous l’a fait ranger au nombre des émollientes; mais il est juste de dire que c'est principalement comme astringente qu'on l'a employée dans

les diarrhées, les écoulements muqueux du vagin et de l’urètre, les hémorrhagies, et à l'extérieur en collyre, en lotions sur les ulcérations, etc. Les anciens lui ont attribué des propriétés aussi nombreuses qu'imaginaires, et cela n'a rien d'étonnant de leur part : mais faut-il prendre au sérieux l'assertion de Perret, qui croit à son efficacité dans la fièvre intermittente et la démontre par des faits; celle de Desbois de Rochefort, prônant ses feuilles en application extérieure pour combattre les ulcères chroniques et serofuleux, ete.? On peut, dans tous les cas, répéter ces expériences, mais il ne faut jamafs oublier que la nature est là qui veille et fait le plus ordinairement tous les frais de la guérison.

Récolte. Elle peut se faire pendant toute la belle saison : pendant toute l’année pour les racines, qui sont vivaces.

PRÉPARATIONS, DOSES

Décoction (plante entière verte ou sèche) : 30 ou 60 gr. par kilog. d'eau pour lotions, collyres, garg'arismes. — En infusion pour tisane.

Eau distillée : quantité voulue pour collyre.

On peut remplacer le grand Plantain par le PLANTAIN MOYEN et le PLANTAIN LAVÉ, qui ne sont ni moins communs ni moins actifs, si toutefois il y a quelque action bien marquée dans ces plantes : la premiére a des feuilles ovales, la seconde les a lancéolées, outre la différence de l’épi, ainsi que nous l'avons indiqué dans la Botanique.

Le PLANTAIN DES saBLES (Plantago arenaria) se distingue par ses feuilles opposées, sessiles, très étroites, allongées, pubescentes; par ses 4 bractées opposées en croix à la base de chaque épi, son calice de 4 sépales épais, renflés à leur partie supérieure, etc.

Le PLanTaGo PsyLuium (pl. xxv1, 5) ne diffère du précédent que par ses épis non environnés de bractées à la base, par ses feuilles un peu denticulées, et toutes ses parties moins pubescentes.

On emploie à peu près indistinctement les graines de ces deux dernières espèces, qui sont extrèmement riches en mucilage, soit dans l'industrie pour apprêter certaines étoffes ,

soit en médecine pour préparer par décoction des collyres émollients. ‘ 4 POIS. Pisum sativum.

Les graines de cette Légumineuse (272-73, X) constituent, avant leur maturité, un aliment agréable et recherché; séches, elles peuvent servir à préparer des cataplasmes adoucissants.

POMME DE TERRE. Solanum tuberosum, L.

Morelle tubéreuse, Parmentière.

Cette plante précieuse est originaire du Pérou, mais on la cultive en Europe depuis la fin du xvi° siècle. On sait combien d'efforts persévérants a dû faire Parmentier pour la répandre et la populariser chez nous.

La pomme de terre appartient à la famille des Solanacées, genre Morelle (209, B), où nous renvoyons le lecteur pour ses caractères généraux, car elle est tellement connue qu'il est superflu d'en donner une description spéciale.

Communément on entend par pomme de terre non les tiges ou les feuilles, ni le fruit, mais les tubercules qui se développent aux racines. Ils sont charnus, riches en fécule très pure et abondante, et ils constituent un aliment aussi nourrissant que salubre.

Sous le rapport médical, la pomme de terre est émolliente, analeptique et antiscorbutique. Cette dernière propriété est démontrée par la rareté du scorbut parmi les personnes qui en font usage dans les voyages de long cours : elle résulte non d’une vertu particulière, du tubercule, mais de sa salubrité elle-même et de ses principes essentiellement nutritifs, bien que Roussel de Vauzèmes avance que «le procédé le plus actif pour se traiter du scorbut, à quelque période qu'il soit arrivé, consiste à manger des pommes de terre crues. » M. Nauche assure que la décoction légère de l'espèce rouge avec la réglisse est avantageuse dans les catarrhes pulmonaires, intestinaux, et surtout utérins, ainsi que dans la gravelle.

312 PLANTES MEDICINALES.

Les usages extérieurs sont plus importants. La pomme de terre râpée constitue un topique réfrigérant excellent pour les brûlures du premier et du second degré. Ce topique a guéri, suivant Roussel, des ulcères scorbutiques très graves aux jambes. On fait avec sa fécule des cataplasmes adoucissants qui doivent toujours remplacer ceux de farine de lin dans les maladies de la peau, les éruptions douloureuses, les dartres vives, les excoriations, les gerçures, les rougeurs, etc., parce que ces derniers sont rarement faits avec une farine bien fraiche et de parfaite qualité. (V. Lin.) Cette fécule est encore très usitée, à l’état sec ou de farine, pour saupoudrer les excoriations de la peau chez les enfants et les personnes grasses.

Les feuilles et les tiges de la Morelle tubéreuse possèdent les propriétés de la Morelle noire, de la jusquiame et de la belladone, mais à un degré beaucoup moins prononcé. On peut donc, à défaut de ces dernières plantes, s’en servir pour préparer par décoction des injections, des fomentations, des lavements et des cataplasmes.

PRÉPARATIONS, DOSES

Cataplasme {fécule] : 60 gr. pour 500 gr. d’eau. — Mettez l’eau sur le feu, et quand elle entrera en ébullition, versez-y brusquement la fécule que vous aurez délayée préalablement dans 60 à 100 gr. d’eau froide; faites jeter un ou deux bouillons, et retirez du feu.

POTIRON. Cucurbita pepo, L.

Citrouille, Pepon à gros fruit.

Originaire de l'Inde, cette plante, de la famille des Cucurbitacées, genre Courge (234, A), est cultivée dans les jardins potagers d'Europe pour les usages économiques.

La chair du Potiron est rafraîchissante, un peu laxative ; elle n’est pas employée en médecine, quoiqu'on pourrait en faire des cataplasmes. Les graines peuvent servir aux mêmes usages que celles du melon et de la courge.

POURPIER. Portulaca oleracea, L.

Pourpier commun, Pourcel'ane, Pourcellaine.

Plante annuelle charnue (pl. xxni1, 3), de la famille des Por-

tulacées (282, A), à tige couchée, rameuse, glabre ; feuilles opposées ou les supérieures éparses, ovales-oblongues, sessiles,

épaisses, charnues, glabres.

« PN Fleurs jaunes, sessiles, réunies plusieurs ensemble dans

les aisselles des feuilles supérieures, s'ouvrant entre onze heures et midi en juillet et août. Calice comprimé, à 2 divisions inégales, rapprochées en capuchon au-dessus de la capsule qu’elles enveloppent; 5 Lo obovales, soudés inférieurement, etc. 4

Propriétés, usages. Le Pourpier a inodore, d’une saveur mucilagineuse, fade ou très peu acide. Il est rafraîchissant, calmant, beaucoup plus employé d'ailleurs comme aliment que comme médicament.

Récolte. Toute la plante est usitée, sauf la racine. On : s’en servir avant la floraison et l'aller sherchas dans les lieux gras et humides, mais surtout dans les jardins où on la cul-

tive. On ne la sèche jamais. ge vod

PRÉPARATIONS, DOSES, Le Pourpier entre dans les bouillons, de même que la laïitue, — On en fait

des décoctions, — On en donne le suc exprimé à la dose de 12 à 16 gr.— L'eau distillée sert quelquefois encore de véhicule aux potions tempérantes,

RÉGLISSE. Glycyrrhiza glabra , L.

Bois doux,

Arbrisseau qui croît naturellement en Italie, en Calabre, en Espagne, et même dans les contrées méridionales de la France.

Plante appartenant aux Légumineuses (272-735, P), de la racine de laquelle naissent des tiges dressées, glabres, hautes de 1 m. à 1 m. 60 cent., portant des feuilles alternes, pétiolées, imparipinnées à 13 folioles ovales, opposées, entières, visqueuses.

Fleurs violettes, purpurines, en grappes axillaires, fleurissant en juillet et août. Calice tubuleux à 2lèvres et 5 dents inégales; corolle papilionacée à étendard droit, lancéolé ; ca-

rène formée de 2 pétales distinets; 9 étamines réunies, et une isolée. Gousse aplatie contenant de 3à 6 graines. Propriétés, usages. La Réglisse a une odeur fade , une $ veur douce, mucilagineuse et sucrée ient amère si on prolonge la mastication. On emploie ps À ses propriétés sont rafraîichissantes, béchiques, adoucissantes et diurétiques ; elle apaise la soif et convient dans toutes les pyrexies. On en fait uwgrand usage dans les hôpitaux et dans la médecine des pauvres pour édul ” les tisanes adoucissantes ou dé- F7 Jam On en retire xtrait appelé jus de réglisse, sucre oir, qui, purifié, est util dans les rhumes. — Séchée et réduite en poudre, elle est employée par les pharmaciens pour lc des RE et leur donner une consistance convenable. Récolte. La racine de Réglisse se récolte au printemps et à nne, mais “és avant sa troisième année ; on la ait sé r au soleiliou au grenier. . Elle est brunâtre à l’extéri jaune au dedans, eus longue et rampante, car elle étend ayxec rapidi -une grande distance. La plus estimée est celle qu'on reti d'Espagne ou d'Italie.

PRÉPARATIONS : DOSES

Infusion à froid (racine) : 8 à 16 gr. par 500 gr. d’eau: Il faut la gratter, lui enlever son écorce qui donnerait de l’amertume, et la fendre en quatre ou en SX selon sa grosseur. Il faut au moins six heures de macération dans l’eau froide.

Infusion à chaud : mêmes quantités. La tisane a une saveur plus forte, qui devient même âcre si l’ébullition est prolongée.

Décoction, Elle est encore moins agréable que l'infusion, parce qu'elle contient le principe oléo-résineux âcre et amer de laracine.—Quand on remplace le miel ou leBucre par la réglisse dans les tisanes, il ne faut ajouter celle-ci qu'au moment où la décoction est terminée et presque froide,

Extrait. On le mâche et on le fait fondre dans les tisanes. — Les paysans préparent un looch domestique avec une infusion de graine de lin, 15 gr. d'extrait de réglisse, 1 cuillerée de miel; ils y ajoutent quelquefois la pulpe d'un ognon cuit sous la cendre et triturée avec le mélange.

SAGITTAIRE, Sagiltaria sagittifolia, L.

Fléchière, Flèche d'eau.

« Cette plante (pl. xxvu, 4), de la famille des Alismacées

442, B), croît au bord des eaux, dans les prés inondés, en Europe et jusqu'en Sibérie. Elle a des racines qui portent des tubercules farineux dont on in, peut "a une sorte de Fe due Martius compare | ac

ne prennent jamai ét 7 Lo rire ils vont à la chasse dans les bas-fo nds ; parce qu'ils se nourrissent de ces racines CTUeS OU cuites. On mange aussi au Japon les tubercules de cette plante, {si remarquable par la forme sagittée de ses feuilles, d’ après. gunbers, » (Dict. univ. de matière médicale.)

— On ne connait j jusqu'ici aucun us omédical de la Fléchière.

SALSIFIS SAUVAGE. Fragen pratense, L.

7 Salsifs, Cerf lerbe-de-Boue.

Genre de plantes | des Sinfdéhärées (237-4414, 1. qui « d ne 1] s pré$, prés ont une racine pivotante, simple, ch: ® ue; une tige dressée, rameuse, ‘un peu noueuse ; des fe

e ni-amplexicaules,lancéolé allo ngécs, glabres en sous, cotonneuses en dessus. — Fleur si s jaunes, grandes, : taires, semi-flosculeuses ; involucre e.simple, composé seule rangée de folioles.

La racine estemployée comme aliment; si elle a.des propriétés médicales, elles sont analogues à celles de la scorsonére.

SCORSONÈRE D'ESPAGNE. Scorsonera hispanica.

Salsifis noir ou d’Espagne.

Cette plante, de la famille des Synanthérées(257}, croît natuvellementdans les prés du midide la France, où elle est bisannuelle. Tige dressée, rameuse à sa partie inférieure, glabre ; feuilles alternes, sessiles, lancéolées, entières. — Fleurs grandes, jaunes, composées de demi-fleurons hermaphrodites ; involucre formé de deux rangées d’écailles, ce qui distingue surtout cette espèce de la précédente.

La racine de Scorsonère est pivotante, allongée, noirâtre en dehors, blanche en dedans ; sa saveur est douce et sucrée : c’est un aliment agréable. Quant à ses propriétés médicales,

elles sont insignifiantes, ou plutôt nulles, quoiqu’on l'ait vantée autrefois pour combattre une foule de maladies.

SCORPIONE. Myosotis scorpioides.

Cette Borraginée (198, F), figurée sur la pl. xxvnr, 5, est, dit-on, antiophthalmique en cataplasme sur les yeux. Suivant Gmelin, elle est employée en Sibérie contre les affections syphilitiques.

« Lémery assure que le Myosotis, sans dire lequel, est détersif, rafraîchissant, astringent, et que sa racine est bonne contre la fistule lacrymale. »

SEIGLE. Secale cereale, = .

Genre des Graminées dont nous avons donné les caractères (148, C), et qui est d’ailleurs cultivé en Europe et très Là quoiqu il soit originaire de l’Asie-Mineure. Le Seigle fournit un pain DU, un dense, nourrissant et rafraichissant. Ceux qui s’en nourrissent, prétend Cadet de Vaux, sont rarement atteints d'apoplexie.

La farine de cette céréale sert à faire des cataplasmes émollients et légérement résolutifs. — M. Cazin emploie, dit-il, avec succès le seigle concassé en décoction pour combattre les constipations habituelles et rebelles.

Wauters, dans un travail sur les plantes indigènes qui a remporté le prix de la Société de médecine de Bordeaux, rapporte plusieurs observations de fièvres intermittentes guéries par le pain de seigle torréfié. Il ne faut pas oublier que cette maladie cesse souvent d'elle-même, mais on doit aussi prendre en considération ce fait, cité par le même auteur, d'une fièvre quarte durant depuis plus de deux ans, et rebelle jusque-là au quinquina, qui céda à la décoction de 60 gr. de ce pain torréfié dans 500 gr. d'eau. « J'ai guéri par le remède de Wauters, dit M. Dubois, de Tournai, un vieux brigadier des douanes d'une fièvre tierce qui durait depuis plus de trois mois, et qui avait été infructueusement combattue par le sulfate de quinine et une foule d'autres fébrifuges. »

SÈNECON. Senecio vulgaris , L.

Plante petite, annuelle, de la famille des Synanthérées (257-40, J), très commune dans tous les lieux cultivés, haute de 30 cent. environ, à tiges rameuses, striées, fistuleuses ; à feuilles alternes embrassantes, molles, épaisses, aïlées, légèrement pubescentes en dessous.

. Fleurs flosculeuses, jaunâtres, solitaires, disposées en corymbe, se montrant tout l'été; fleurons courts, nombreux, hermaphrodites, à 5 divisions ; 5 étamines, 1 style; semences ovales, longues, brunes, aigrettées.

Propriétés, usages. Le Sènecon est à peu près inodore, et d'une saveur faible, herbacée, qui a quelque chose d'acide et d'âcre, si on le mâche longtemps. On l'estime émollient, résolutif, vermifuge ; mais les médecins le négligent complétement. C'est à l'extérieur surtout qu'on en a fait usage, soit en cataplasme sur les tumeurs inflammatoires, soit en décoction pour lotions et injections, soit cuit dans du lait ou frit dans du beurre frais pour être appliqué sur les hémorrhoïdes douloureuses, sur les mamelles engorgées, sur les articulations goutteuses, ete. On administre le suc exprimé à l'intérieur (30 à 60 gr.) pour tuer les vers. Mais, sous quelque point de vue qu'on la considère, cette plante doit céder le pas aux autres émollients, résolutifs et anthelminthiques.

La J'AcoBÉE (Senecio jacobæa), vulgairement Herbe de Saint- Jacques, est une espèce de Sènecon de plus grande dimension : plante de 60 à 90 cent., à tige simple en bas, rameuse en haut, ronde, striée, pubescente ou rougeâtre ; à feuilles alternes, pétiolées, pinnatifides, lobes inégaux, dentés.— Fleurs jaunes, plus grandes que celles du Sèneçon commun, et disposées en corymbe, se montrant en juin et juillet dans les pâturages et les bois. Cette plante a une odeur faiblement aromatique, une saveur amère un peu acerbe ; par conséquent, elle est peu émolliente. On l’a employée en décoction pour faire des gargarismes et des cataplasmes.

La Violette constitue le g nre type des Violacées (286, A). ( est une petite plante vivace, à racine fibreuse, rampante; à tige nulle ; feuilles radicales, longuement pétiolées, cordiformes, dentées, formant de grosses touffes. — Fleurs violettes, portées par des pédoncules grêles et.longs, qui naissent 4 collet de la ragine au milieu des feuilles : 5 pétales irrégulier dont l'un se termine en éperon au-delà des divisions du calice; 5 étamines, 1 style. à

"Propriétés, usages. Les fleurs de Violette, dont l'odeur suave

est connue de tout le monde, sont d’un usage vulgaire dans les inflammations de poitrine. On les prescrit journellement comme émollientes, béchiques et légèrement diaphorétiques, soit seules, soit mélangées avec les autres fleurs dites pectorales, dont elles font partie, du reste. Leur usage s'étend au traitement de toutes les autres inflammations et notamment des fièvres éruptives. "AT Les feuilles de Violette sont estimées émollientes, mais on les emploie rarement.

Les racines sont émétiques. Nous en parlerons illeurs. Récolte. On cueille les fleurs de Violette dans le mois de mars, époque où elles apparaissent et se trahissent par le parfum qu’elles répandent. Il faut choisit pour cette récolte un temps sec, et préférer la Violette des haies et des bois à celle des jardins. On les fait sécher avec leur calice, et, pour conserver leur couleur, on les soumet à la prompte dessiccation de l’étuve, ou on les expose au soleil couvertes de papier. Elles doivent être conservées dans des boîtes de bois ou dans des bocaux abrités de l’action de la lumière et de l'humidité. — Dans le commerce, on vend très souvent les eurs de la Pensée sauvage pour celles de la violette odorante. La fraude est facile à reconnaître : les premières sont de couleurs jaune, bleue e blanche mélangées ; les secondes, au contraire (Violettel, sont, à l’état sec, d'un bleu foncé uniforme,

MÉDICATION TEMPÉRANTE. 319 a à

- PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (fleurs) : une forte pincée pour 500 gr. d’eau. Décoction (feuilles). Po Sirop (fleurs) : 15 à 60 &

fomentations, lavements.

. pour édulcorer les potions et les tisanes.

La VIOLETTE DE CHIEN | Viola canina) peut suppléer la Violette odorante. Sa tige est couchée, ramifiée, longue de 30 cent.; mais elle seredresse pendant la floraison, qui a lieu

non en er, mais emsayril. Ses fleurs sont bleues ou blan-" ches, pêtites et inodores *

FA N ONE SAUVAGE (Viola tricolor) sera étudiée ailleurs.

ji: ca SA “à

LS Se S JL à a E F & DES TEMPÉRANTS. | 7, ri

Le

Les tempérants sont, à proprement parler, tous les remèdes propres à remédier à l'excès d’action d’une partie ou d’une fonction; mais habituellement on entend par cette expression les médicaments qui ont pour effet de modérer l’activité des propriétés organiques générales par leur action rafraichissante. Les substances qui passent pour tempérantes ne sont autres que les acides faibles et agréables fournis, pour la plupart, par les fruits. Ces acides ne s’emploient qu'à l'intérieur, sous forme de tisanes, appelées limonades, qui ont pour effet le plus marqué d'étancher la soif, d'augmenter la sécrétion urinaire, et de produire sur les tissus une sorte de resserrement analogue à celui des astrimgents.

Les tempérants sont, en conséquence, tres souvent employés dans les fièvres ardentes, continues, bilieuses, typhoïdes; dans les hémorrhagies, le scorbut, le purpura; en un mot, toutes les fois qu’il est nécessaire soit de tempérer l'activité de la circulation, l’exagération du calorique, l'état d'exs citation où de prédominance de l'appareil biliaire, soit de produire une sorte d’astriction sur les vaisseaux capillaires.

Ces agents ne conviennent point dans les inflammations de poitrine, les gastralgies, les lésions organiques graves, et nous devons ajouter que, dans toute circonstance, leur usage trop prolongé irrite les voies digestives, et tend à produire l'amaigrissement et la pâleur des tissus.

PLANTES TEMPÉRANTES.

Airelle, fruit. Épine-vinette , fruit. Oranger, suc du fruit. Alleluia, plante. Fraisier, fruit. Oseille, feuilles. Cassis, fruit. Grenadier, suc du fruit. | Pommier, fruit. Cerisier, fruit. Groseillier, fruit. Vigne, fruit. Citronnier, fruit. Mâûrier, fruit.

Les plantes de la classe précédente sont toutes tempérantes par leurs propriétés émollientes et rafraîchi$kantes ; mais parmi elles, il en est qui fournissent des préparations plus particulièrement rafraîchissantes ou propres à tempérer l'activité des fonctions organiques : telles sont l'Amandier, la Citrouille, le Melon, la Courge, la Laitue, le Pourpier ; tel est le Nénuphar parmi les sédatifs, etc.; toutefois, ce ne sont plus des tempérants dans l’acception rigoureuse du mot.

AIRELLE. Vaccinium myrtillus, L.

Myrtille, Raisin des bois, Moret, Mouretier, Lucet, Brinballier, Brinbelle, Gueule de lion noir, Cousinier.

L’airelle {pl. xvin, 3) croît naturellement dans les bois, les lieux ombragés, sur les hautes montagnes ; on la cultive quelquefois dans les jardins.

Sous-arbrisseau de la famille des Vacciniacées (228, A), haut de 30 à 60 cent. Tige courte à nombreux rameaux anguleux, grêles, flexibles; feuilles alternes, ovales, aiguës, glabres, finement dentées.

Fleurs blanches ou rosées, solitaires et pendantes, à l'aisselle des feuilles, paraissant en avril; calice globuleux, petit, à 4 dents ; corolleen grelot, renfermant les étamines au nombre de 8, mais que dépasse un peu le style simple; baies d'un rouge foncé ou noires, de la grosseur d'un pois. On en connaît une variété de couleur blanche.

Propriétés, usages. On n’emploie que les fruits : mûrs, ils ont une acidité agréable qui les fait rechercher des enfants. Dans quelques cantons on en fait des confitures ; dans d’autres on s’en sert pour colorer le vin ; dans le Nord on en obtient par fermentation une liqueur vineuse faible, ete.

MÉDICATION TEMPÉRANTE. 321

Considérées sous le rapport médical, les baies d’Airelle sont rafraichissantes et astringentes, propres à combattre les affections scorbutiques, les maladies bilieuses, et surtout les dévoiements opiuiâtres. M. Bergasse a rapporté l'observation d’une diarrhée extrêmement grave guérie par l'administration de 30 gr. de ces baies. Avant lui, M. Reiss avait publié plusieurs faits qui prouvent l'efficacité de l'extrait d’Airelle dans la diarrhée chronique la plus rebelle Journ. de médecine, avril 1843).

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (baïes] : 30 à 60 gr. par kil. d’eau.

Extrait : 1 à 2 gr. en pilules.

Suc. On en fait une limonade, un sirop.

L'AIRELLE PONCTUÉE |Vaccinium vitis idæa), qui a les fleurs en grappes penchées, terminales, produit des baies d’un beau rouge que l’on à conseillées en cataplasme avec le sel commun pour résoudre les engorgements des seins.

La Canneserce | Vaccinium oxycoccos), qui croît dans les marais et dont les fleurs sont rouges, ponctuées de pourpre, solitaires, fournit des baies rouges aussi et ponctuées, qui

jouissent des mêmes propriétés que celles de l’Airelle.

ALLELUIA. Oxalis acetosella, L.

Oxalide, Surelle, Pain de Coucou.

La Surelle (pl. xxm, 5) se trouve le long des haies, dans les lieux couverts, principalement dans le nord de la France.

Plante vivace de la famille des Oxalidacées (312, A), ayant une tige souterraine rampante, avec renflements d’où partent des fibres qui sont les véritables racines. Ses feuilles, nées de. l'extrémité de la souche par 5 ou 6, longuement pétiolées et formant gazon, sont trifoliées, pubescentes surtout en dessous, où leur couleur est blanchâtre.

Fleurs blanches, solitaires sur des hampes dressées et un peu moins longues que les pétioles, s’épanouissant en mars et avril : calise campanulé, court, 5-fide; corolle campani-

forme beaucoup plus longue, à 5 pétales obovales présentant

3 appendices à leur base; 10 étamines, dont 5 longues et 5 courtes, hypogynes et réunies par la base de leurs filets; ovaire surmonté de 5 styles divergents: capsule à 5 loges et 5 angles.

Propriétés, usages. L'Alleluia n'a pas d'odeur, mais sa saveur est acide, agréable, due à l'oxalate de potasse{sel d'oseille) qu'il contient. On emploie toute la plante, soit à l'intérieur en décoction, comme rafraîchissante, tempérante, antiscorbutique et antiputride; soit à l'extérieur, en cataplasme, pour hâter la suppuration des abcës froids. — Les calculeux, observe Chamberet, feront bien de s'abstenir de l'emploi de l'Alleluia, puisque très souvent leurs calculs sont composés d'oxalate de chaux. — En Suisse, en Allemagne, on en extrait en grand le sel d’oseille. Cent livres de Surelle donnent vingt-cinq livrés de sue, qui produit ertviron cinq onces de ce sel. Celui-ci est employé pour la confection des limonades rafraîchissantes, pour enlever les taches d'encre, parce qu'il dissout le fer, et pour d'autres usages dans les arts.

Récolte. Le moment de la faire est celui de Ta floraison, vers le temps de Pâques. Séchée, la plante perd une partie de sa saveur acide; mais on peut se la procurer pendant toute la belle saison, si l’on veut l’employer à l'état frais, ce qui, du reste, est bien préférable.

PRÉPARATIONS, DOSES

Décoction : 30 gx. par 500 gi. d'en ou de petit-Jait.

Suc exprimé: 30 à 80 gr.

Plante fraiche On peut en manger les feuilles en salade contre le scorbut ; on les fait entrer dans les bouillons comme l’oseille.

L'OxazidEe cornIcuLéE | Oxalis corniculata) remplace ovdinairement la Surelle dans les boutiques. Elle en diffère sous plusieurs rapports que voiei : elle est plus abondante dans le Midi que dans le Nord; elle fleurit l'été, et elle est annuelle ; ses tiges nombreuses ont environ 30 cent. de longueur ; feuilles trifoliées avec un pétiole filiforme ; fleurs petites, Jaunes, 3-5 sur un pédoncule axillaire muni de quelques petites brac-

MÉDICATION TEMPÉRANTE. 323

tées disposées en collerette. Quant à ses propriétés, elles sont moins actives que celles de l’Alleluia.

CASSIS. Ribes nigrum, L.

Groseillier noir.

Arbrisseau de la famille des Ribésiacées (281, A), originaire du nord de l'Europe, et cultivé dans tous les jardins, où chaeun peut l’étudier sur nature. Il est doué d'un arôme très prononcé, sui generis ; les feuilles ont une saveur un peu acerbe; les fruits ou baies sont peu acides; elles renferment une huile volatile amère que l’on considère comme tonique et stomachique, et qui réside principalement dans l'enveloppe, car le suc de Cassis obtenu sans pression se rapproche beaucoup de celui de la groseille (V. Groseillier), tandis que s'il subit avec l'enveloppe une préparation quelconque, il se charge de l'arôme et devient légèrement tonique et stomachique.

Des feuilles de Cassis ont été employées en infusion chaude et sucrée, comme astringentes et toniques dans la diarrhée chronique ; comme diurétiques dans l'hydropisie ; comme sudorifiques dans le rhumatisme, ete. La diversité de ses propriétés prouve la lésèreté avec laquelle on les a admises.

CERISIER. Cerasus vulgaris, L.

Cet arbre appartient aux Rosacées, tribu des Amygdalinées (264-68, B), auxquelles nous nous bornons à renvoyer le lecteur pour l'indication de ses caractères spécifiques.

Genre qui comprend plusieurs variétés, le Cerisier à été introduit en Europe par Lucullus, qui lapporta à Rome du royaume de Pont. Les fruits ou cerises sont rafraîchissants, tempérants, un peu laxatifs , leurs pédoncules ou queues sont réputés apéritifs ou diurétiques, en infusion à la dose de 15 gr. pour 500 gr. d'eau. L’écorce de l'arbre est amère, non fébrifuge, quoi qu’on en ait dit ; et c’est une coupable sophistication que de la mêler à celle de quinquina. La gomme qui en découle pourrait remplacer la gomme arabique, si celle-ciman-

quait, quoiqu'elle soit visqueuse, difficile à dissoudre dans l'eau. — On prépare une liqueur de table (kirschenwaser) avec les fruits fermentés et distillés de l'espèce Merisier.

CITRONNIER. Citrus medica , L.

Arbre du groupe des Citracées (528), originaire de la Médie, commun dans le midi de l'Europe, en Provence même, et qu'on cultive dans les jardins, moins toutefois que l’oranger, quoiqu'il soit plus élevé, plus robuste, mais parce que ses fleurs sans doute sont moins belles et moins suaves. On emploie son fruit {citron ou limon) en économie domestique, dans les arts et en médecine.

« Le suc de citron est employé comme vermifuge, antiseptique, rafraichissant, astringent, ete. On en fait des limonades, boisson très agréable, qu'on donne dans une multitude de maladies.On le prescrit contre le vomissement, le scorbut, la putridité, ete. On l’ajoute parfois à des médicaments désagréables pour leur ôter cette saveur, comme dans les potions purgatives, etc. Mêlé au muriate de soude, Wright l'a vanté comme un moyen d'une grande eficacité dans la dyssenterie, les fièvres rémittentes, les angines gangréneuses, et presque comme un spécifique dans le diabète et la lienterie. En chirurgie, on à parfois arrosé certains ulcères sanieux, putrides, vermineux, avec le sue du citron. » (Mérat et Delens, Düict. univ. de mat. médic.)

L'huile essentielle ou essence de citron, qu'on extrait de l'écorce et qui est très suave, sert dans la parfumerie, au dégraissage des étoffes, ete.

Limonade : se prépare en exprimant dans 500 gr, d’eau un citron coupé en deux ; on édulcore avec sucre ou sirop de groseilles.

Limonade cuite : on fait infuser pendant une heure un ou deux citrons cou: pés par tranches imenues, dans 500 gr. d’eau bouillante, et on sucre. Elle est

moins acide, mais aussi moins agréable que l’autre.

MEDICATION TEMPÉRANTE. 325

ÉPINE-VINETTE. Berberis vulgaris, L.

Berberis, Vinettier,

Cette plante (pl. xx, 1) croît dans les haïes, dans et sur le bord des bois, aux lieux incultes.

Arbrisseau de 1 à 2 mètres, famille des Berbéridacées 1504, A); tiges dressées, jaunâtres, à rameaux diffus, de couleur cendrée; feuilles alternes, ovales-obtuses, pétiolées, à bords munis de dents très aiguës, formant d'abord des espèces de petites rosettes accompagnées d'aiguillons.

Fleurs jaunes, un peu fétides, en grappes pendantes d'un même côté, pédicellées et accompagnées d’une petite bractée, se montrant en mai; 6 sépales sur 2 rangs; 6 pétales bifides au sommet; 6 étamines d’une contractilité telle qu'elles se rapprochent vivement lorsqu'on les touche avec la pointe d'une aiguille : anthères comme bifurquées ; stigmate épais, sessile. Petites baies allongées d’un beau rouge contenant 1 à 3 graines.

Propriétés, usages. Ces baïes ou fruits ont une saveur aigrelette, agréable; on en prépare des boissons, des gelées, un sirop; ete., qui sont humectants, tempérants. Elles peuvent remplacer le citron pour limonade, et conviennent dans les mêmes cas que lui, quant à l'usage interne.

Les feuilles, dont la saveur est analogue à celle de l'oseille, ont été employées en décoction dans le scorbut, les dyssenteries, ete. — La seconde écorce est considérée par Gilbert comme un bon’ fondant. M. Cazin dit avoir eu à s’en louer dans l’hydropisie. — La racine est amere.

Récolte. Baies, feuilles, écorce et racine d'Épine-Vinette se trouvent encore dans quelques officines; les premières Surtout, que l’on récolte à la fin de l'été, pour les conserver entières ; elles ne perdent presque rien de leur saveur ni de leur volume par la dessiccation.

PRÉPARATIONS, DOSES

Baies : on les mange entières.

Suc exprimé : mélangé avec l’eau jusqu’à agréable acidité; ou pur à la dose

de 15 à 30 gr.

Décoction [seconde racine) : 4 gr. pour 3 verres d'eau qu'on porte à l’ébullition On sucre et on administre 3 fois par jour dans l'hydropisie [Cazin).

FRAISIER. Fragaria vesca, L.

Fraisier des bois.

Les caractères de la famille et du genre de cette Rosacée, que nous ayons indiqués ailleurs (264-65, A), joints à la connaissance que chacun a de cette plante, mous dispensent de nous étendre davantage sur sa description. On en cultive un grand nombre de variétés dans les jardins ; mais elle croît spontanément à l'état sauvage dans les forêts, où l’on va le plus souvent arracher sa racine vivace, soit pendant l'hiver pour la conserver, soit pendant toute l'année pour l’employer de suite. Elle fleurit au printemps et pendant toute la belle saison.

Les fruits du Fraisier (fraises) ont une saveur et un parfum délicieux, mais ne conviennent qu'aux estomacsqui digèrent avec facilité : 1ls sont adoucissants, tempérants, étant surtout écrasés dans l’eau sous forme de limonade. Linné déclare, ” d'après son expérience personnelle, que l'usage des fraises prévient les attaques de goutte, dissipe les concrétions tophacées produites par cette affection dans les articulations ; suivant d'autres, elles guériraient les maladies calculeuses, les obstructions du foie, la phthisie, la manie elle-même: mais il y a exagération ou défaut d'observation rigoureuse dans ces futs.

Les feuilles et les racines du Fraisier sont xéputées astrinsentes, et on les emploie en décoction dans les diarrhées chroniques, les dyssenteries, et pour gargarismes.

GRENADIER, Punica granatum , L.

Balaustier.

Le Grenadier (pl. xx, 3] est originaire de l'Afrique; introduit en Italie par les Romains à l'époque des guerres de Carthage, il s'est répandu d'abord dans le midi de l'Europe, où il se montre à l'état d'arbre et où son fruit mûrit; puis dans le centre de la France, où il ne forme qu'un arbrisseau rabou-

MÉDICATION TEMPÉRANTE. 327

sri, stérile, qui ne peut être cultivé en pleme terre. Nous avons caractérisé ce genre ainsi que la famille des Myrtacces à laquelle il appartient (260, B}.

Propriétés, usages. Is varient suivant la partie de la plante employée. En effet, le suc du fruit est rafraîchissant, tempérant, à la manière des précédents fruits; étendu d'eau, il forme une limonade fort agréable et très utile dans les maladies fébriles, les complications bilieuses, etc.

Les fleurs (balaustes) sont douées de propriétés astringentes très prononcées ; elles s’emploient en décoction dans les diarrhées et les écoulements chroniques. —— L’'écorce du fruit (malicorium) est d'une astringence encore plus prononcée, due à une forte proportion de tannin et d'acide gallique. Son usage est indiqué dans une foule de cas que nous ferons connaître en traitant des plantes astringentes. — La racine de Grenadier constitue un des meilleurs remèdes à opposer au ver solitaire. Nous en reparlerons au chapitre des Anthelminthiques.

Récolte. Le Grenadier fleurissant en juin, Juillet et août, c’est l’époque de recueillir ses fleurs. Simples dans le Grenadier sauvage, ces fleurs sont doubles dans l'espèce cultivée pour l’agrément.Ce sont ces dernières qui se vendent ordinairement dans les boutiques, sous le nom de balaustes, quoique ” les premières ne soient pas moins bonnes pour l'usage médical. Les fruits nous viennent des provinces méridionales; leur écorce se trouve dans le commerce de droguerie.

PRÉPARATIONS, DOSES

Suc de grenade : quantité voulue étendue d’eau, Décoction (fleurs) : 15 gr. par 500 gr. d’eau pour tisane; — 30 gr par 500 gr. d'eau pour gargarismes, injections, etc. — {écorce du fruit) : 30 à 60 gr. par kil. d’eau.

GROSEILLIER ROUGE. Ribes rubrum, L.

Le genre Groseillier constitue à lui seul la famille des Ribésiacées (281) : nous y renvoyons pour les caractères spécifiques de cette plante généralement connue (pl. xxr, 2). Cet arbrisseau

croît naturellement dans les haies et les bois, mais on le cultive dans tous les jardins.

Ses fruits, appelés groseilles, contiennent de l'acide malique et citrique, plus un principe mucilagineux. On prépare avec leur suc des boissons, un sirop, une gelée, qui sont rafraichissants, tempérants, nutritifs. Mangés en grappes bien mûres, 1ls sont très salutaires, utiles dans les inflammations intestinales chroniques, les maladies du foie, les dartres, le scorbut, le purpura. Le sirop ou la gelée délayée convient, comme boisson ordinaire, dans les fièvres inflammatoires et bilieuses. Il est bien entendu que, dans tout état de choses, il faut consulter la susceptibilité de l'estomac, l'idiosyncrasie individuelle, car il est des personnes auxquelles les plus légers acides ne réussissent Jamais.

MURIER NOIR. Morus nigra, L.

Arbre originaire de la Perse, naturalisé en Europe, offrant des branches longues, irrégulièrement disposées et entrelacées ; des feuilles alternes, cordiformes, pointues, dentées, rudes en dessus, pubescentes en dessous, d'un vert sombre.

Fleurs monoïques, les mâles en épis presque globuleux, pendants, caractérisées comme il est dit au genre Müûrier, famille des Urticacées (173, A). Le fruit, composé d'un grand nombre de petits akènes soudés et entourés du calice devenu charnu, est de la grosseur d’une petite prune, ovoïde, d'un rouge vineux qui passe au noir lors de la maturité : on l’appelle mûre.

Propriétés, usages. On emploie le fruit et l'écorce de la racine du Mûrier. Les müres ont une saveur aigrelette, sucrée; elles sont alimentaires, mais dédaignées, parce que, d'une part, leur parfum est moins agréable que celui des fraises et des framboises, et que, d’un autre côté, leur couleur noire tache le linge et les doigts. On peut en préparer des boissons rafraichissantes qui conviennent dans les mêmes cas que les groseilles. Mais c'est principalement sous forme de sirop qu'on les emploie en médecine. Le sirop de mures est, en effet,

MÉDICATION TEMPÉRANTE. 329

un remède populaire, banal, contre tous les maux de gorge ; il sert ätédulcorer les tisanes et les gargarismes astringents, dont il augmente l’action, vu qu’il est préparé avec des fruits qui n’ont pas atteint leur maturité.

L'écorce de la racine du Mürier a une saveur acerbe et amère. Outre ses usages comme tonique-astringente, on prétend qu’elle est anthelminthique, et même qu'elle fait rendre le ver solitaire. On peut donc en essayer l'emploi comme succédané du grenadier et du kousso, qui sont plus difficiles à se procurer.

Récolte. Le Mûrier fleurit en avril, ses fruits sont mûrs au mois d'août; mais il faut les récolter avant leur maturité pour en faire un sirop, ainsi que l'écorce de la racine, qu'on emploie en décoction à la dose de 15 gr. par 500 gr. d’eau.

ORANGER. Citrus aurantium, L.

Cet arbre, originaire de l'Inde, a été introduit d'abord en Arabie, en Égypte, de là en Italie et en Provence, où 1l se cultive en pleine terre. Dans l'intérieur et le nord de la France, on le place en caisse pour en orner les jardins l'été, on le rentre en serre pendant l'hiver, où 1l végète, manque de vigueur et ne produit pas de fruits mûrs.

Il n’est personne qui ne connaisse le port de l'Oranger; quant à ses caractères spécifiques, nous renvoyons à la famille des Citracées, dont il constitue un genre (328).

Il n'y a de rafraîchissant et de tempérant dans ce végétal que le suc du fruit appelé orange. Les fleurs et les feuilles sont des antispasmodiques, dont nous étudierons les propriétés ailleurs. Les oranges nous sont envoyées d'Espagne, de Portugal, de Nice, de Malte et d'Afrique. Bien mères, leur suc rafraîchit, désaltére, adoucit les âcretés de la gorge. On en prépare une limonade agréable, appelée orangeade, utile dans les maladies fébriles et inflammatoires, en général, un sirop très employé pour édulcorer les tisanes et les potions.

Puisque c’est du fruit de l'oranger que nous nous occupons, parlons de l'écorce d'orange, connue dans le Codex sous le nom

de flavedo. La plus fine est la plus estimée et celle qui dénote le meilleur fruit. Elle estcomme criblée de petites vésicules qui la rendent transparente et qui contiennent une huile essentielle, appelée néroli. Celle-ci s’en échappe par la pression, et si elle traverse la flamme d’une bougie, elle s’enflamme en répandant une odeur agréable. L'écorce d'orange est tonique. stomachique, et, dit-on, vermifuge et fébrifuge. On en prépare un sirop considéré comme cordial, des liqueurs de table réputées digestives, etc. Le curaçao de premier choix est préparé avec l'écorce très odorante et chaude de l'orange amère, fruit du Bigaradier |[Aurantium amarum), de beaucoup la plus estimée.— Le zeste, ou partie blanche de l'orange, est amer, et a été conseillé dans la dysurie.

OSEILLE. Rumex acetosa, L.

Oseille commune, Patience acide, Surelle,

L'Oseille croit naturellement dans les prés, mais on la cultive dans les jardins. C’est une espèce du genre Rumex de la famille des Polygonacées (183,B), que chacun connaît d'ailleurs. Elle fleurit en juin et juillet, et ses fleurs sont petites, verdâtres, disposées en panicule rameuse et terminale, ete.

Les feuilles d'Oseille ontune saveur aigrelette due à l’oxalate de potasse qu'elles contiennent en notable quantité, et qu’elles fournissent aux arts comme la surelle. Leurs propriétés sont analogues à celles de cette dernière [V. Alleluia); elles entrent dans la préparation des sucs d'herbes antiscorbutiques ; on en fait des bouillons rafraîchissants et laxatifs, et pour l’extérieur des cataplasmes maturatifs sur les tumeurs scrofuleuses. Elles sont l’antidote des substances âcres, dont elles neutralisent très rapidement les effets. C'est au docteur Missa qu’on doit la connaissance de cette propriété; ayant voulu goûter un jour de la racine d'arum, il ressentit bientôt dans la bouche une douleur forte, avec gonflement intense des parties, contre lesquelles les adoucissants avaient été sans effet ; mais le hasard ayant voulu qu'il mâchât quelques feuilles d'oseille, tous les accidents se dissipèrent comme par enchantement.

MÉDICATION TEMPÉRANTE. 331

On a beaucoup vanté la racine d'Oseille comme diurétique et désobstruante:; mais aujourd’hui elle est abandonnée.

POMMIER. Pyrus malus, L.

Arbre fruitier dont on cultive un grand nombre de variétés. Genre de la famille des Rosacées, tribu des Pomacées(264-70, A),

“à fleurs d'un rose pâle, pédicellées, disposées en sertules au sommet des jeunes rameaux, etc.

té.

On emploie le fruit et l'écorce du Pommier. La pomme est très acide avant sa maturité, propriété qu’elle doit à l'acide malique : alors elle est indigeste, engendre des vers, des coliques, la dyssenterie. Mûre, au contraire, elle est alimentaire, agréable et saine ; cuite et sucrée, elle constitue un aliment léger pour les convalescents. — On prépare par décoction de la pomme de reinette une tisane rafraîchissante, utile dansles inflammations gastriques, pulmonaires, rénales, ete. — On fait une gelée, un sucre, dits de pomme, un sirop qui est laxatif. — La pulpe cuite sert quelquefois pour cataplasmes anti-ophthalmiques.

Mais le principal usage des fruits du Pommier est d’en préparer, par fermentation, le cidre, boisson saine et agréable qui remplace le vin dans la Normandie, la Picardie, la Bretagne, où la nature a refusé la vigne. On a remarqué que, dans cescontrées, il y a moins de calculeux que dans celles où l’on fait usage du vin.

‘écorce du Pommier passe pour tonique et astringente ; on peut l'employer en décoction pour combattre la fièvre intermittente.

La phloridzine est un principe nouveau retiré de l'écorce de la racine du Pommier, du Poirier, du Prunier, etc.; c’est une matière cristalline blanchätre, d’une saveur amère et astringente, que plusieurs médecins qui l'ont expérimentée regardent comme un fébrifuge excellent. Suivant le prince Louis- Lucien Bonaparte, elle n’agit d'une manière énergique que là où les sels de quinine échouent, et elle s’est montrée sans effet dans les cas où le sulfate de quinine a réussi.

PRÉPARATIONS, DOSES

La phloridzine s’administre à la dose de 25 à 75 cent. — On peut se la procurer en faisant bouillir pendant trois heures environ une partie d’écorces fraîches de racines de Pommier dans 8 p. d’eau de pluie; on décante, on verse sur le résidu une quantité d’eau égale à la première, et on fait bouillir de nou veau pendant deux heures. Le produit de ces deux décoctions, évaporé jusqu’à réduction d'un tiers, laisse déposer, au bout de vingt-quatre heures de repos,

une grande quantité de cette substance sur les parois du vase.

VIGNE. Vitis vinifera, L.

La Vigne est originaire d'Asie, mais il y a plus de deux mille ans qu'on ia cultive dans toutes les contrées tempérées de l'Europe. Ellé constitue le genre type de la famille des Vitacées, dont nous avons indiqué les caractères (305). ;

La Vigne fournit à la thérapeutique sa sève, ses feuilles, son bois et ses fruits : de ces derniers on retire le verjus, le moût, le vin, l'alcool, le vinaigre, qui ont aussi des usages importants. Cette plante précieuse donne des produits rafraichissants, laxatifs, diurétiques, astringents, toniques et excitants, en sorte que si nous plaçons ici son histoire, c’est afin d'y renvoyer le lecteur au fur et à mesure qu'il étudiera ces diverses classes de médicaments.

La sève qui s'écoule des rameaux après la taille (pleurs de la Vigne) est fréquemment employée dans les campagnes pour guérir les maux d’yeux, les ophthalmies chroniques ; mais ce liquide ne mérite pas la confiance qu'on lui accorde, bien qu'il contienne de l'acide acétique et de l’acétate de chaux.

Les feuilles de Vigne sont astringentes; elles peuvent rendre des services dans le traitement des diarrhées chroniques et des hémorrhagies passives. On les cueille en août, on les fait sécher à l'ombre, et on en administre la poudre à la dose de 4 à 8 gr. Le docteur Fenuglio, de Turin, a guéri plusieurs hémorrhagies utérines rebelles à l’aide de ce moyen.

Le bois (sarment), réduit en cendres, est réputé diurétique. Cette cendre est aussi utile, en lessive, dans les divers cas où les bains alcalins sont indiqués

Les raisins mûrs constituent un fruit délicieux, rafraichis-

sant, hourrissant et un peu laxatif ; il faut en conseiller l’usage aux personnes de constitution vébhe et irritable, ow qui sont affectées de maladies inflammatoires, bilieuses, dartreuses ou nerveuses, ete. Ondit que, mangés en grande quantité, ils ont fait disparaître des obstructions, des hydropisies, ler. scorbut. Il va sans dire qu'il faut éviter qu'ils ne causent des coliques et la diarrhée.

Le sue extrait des raisins mûrs (mot) est très sucré, nutritif, adoucissant et laxatif; il ne convient pas aux personnes tourmentées par les flatuosités. On en prépare des gelées et des confitures. — Le suc des raisins non en maturité {verjus) est acide, astringent ; étendu d’eau, il fait une boisson aigrelette,.tempérante, utile dans les fièvres, les complications bilieuses, ete. On en prépare aussi des gargarismes détersifs.

Les raisins secs font partie des fruits rafraîchissants et béchiques : on les prescrit en décoction dans les maladies inflammatoires.

Les pepins des raisins contiennent une huile grasse et douce qui pourrait être employée pour l'éclairage, car elle est abondante et donne une lumière vive, sans fumée. On estime que 100 livres de pepins peuvent fournir de 10 à 16 livres d'huile

En traitant des Toniques et des Stimulants, nous parlerons du vin, du vinaigre, et de l'alcool, considérés comme médicaments. Nous ne terminerons pas cependant l’histoire des Tempérants sans dire que le vinaigre étendu d'eau constitue une boisson saine, antiseptique, tempérante.

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