PLANTES TONIQUES-ASTRINGENTES
Aigremoine, feuilles, Bourse-à-Pasteur. Euphraise, Alchimille, plante entière. | Brunelle, Filipendule, racine, Argentine, feuilles. Bugle. Frêne, écorce, feuilles. Aspérule, Chêne, écorce, glands Géranion.
Aune, écorce, Chèvrefeuille, fleurs, feuit-| Joubarbe, feuilles. Benoite, racine, les. Lupin, semences.
Bistorte, racine, Coignassier, fruit, Marronnier, érorce,
Millefeuille, sommitésfleu-| Patience aquat., racine, | Rhapontic, racine.
ries, Pervenche, feuilles. Ronce, racine,
Myrte, feuilles, Piloselle, Rosier, pétales.
Néflier, feuilles. Platane, écorce, Salicaire, feuilles, fleurs.
Nombril-de-Vénus. Prunellier, fleurs, fruits, | Sanicle.
Noyer, feuilles. Potentille, racine, Sceau-de-Salomon, racine. Nummulaire. Pyrole. Scolopendre, feuilles.
+ Orpin, feuilles. Quintefeuille, racine. Sumac, fruits.
Ortie, fleurs. Raiponce, feuilles et racine.| Tormentille, racine,
Pâquerette. à Renouée, Verge-d’or, sommités fl.
Ïl est d’autres plantes qui fournissent des substances astringentes et qui font partie de groupes différents ; nous cite-
rons entre autres le Grenadier, le Hétre, le Peuplier, le Saule, l'Orme, etc.
AIGREMOINE. Agrimonia eupatoria, L.
Agrimoine, Ingremoine,
L’Aigremoine (pl. xxvur, 2) croît abondamment le long des chemins, sur la lisière des bois, dans les champs et les prairies.
Plante vivace, herbacée, de 60 cent. environ, famille des Rosacées (264-67, A). Tige dressée, cylindrique, poilue; feuilles alternes, pinnées, à folioles lancéolées, dentées, pubescentes et blanchâtres en dessous, entremêlées de folioles très petites, et accompagnées de stipules foliacées.
Fleurs jaunes, petites, disposées en grappes terminales (juin et juillet); calice à 5 divisions aiguës, garnies en dehors de plusieurs filaments, avec une stipule trifide sur le pédoncule ; corolle à 5 pétales ovales, étalés ; 12 à 20 étamines courtes; ovaire arrondi surmonté d'un style latéral, avec un très petit stigmate. Akènes 2, renfermés dans le calice persistant et hérissé.
Propriétés, usages. L’Aïgremoine a une odeur aromatique faible, assez agréable; une saveur légèrement amère et styptique. C'est un astringent peu énergique qui n’est guére employé maintenant que sous forme de gargarisme dans les inflammations de la gorge.
On trouve dans l'ouvrage de Chomel que cette plante est vulnéraire, détersive, désobstruante et résolutive ; qu'elle a été employée pour combattre les maladies du foie, les erachements et les vomissements de sang, et à l'extérieur pour résoudre les engorgements, guérir les luxations et les foulures, ete.
Récolte. On peut cueillir l'Aigremoine pour l'usage pendant tout l'été; pour la sécher, il est bon de ne la récolter qu'à l'automne; elle perd son odeur et une partie de sa saveur par la dessiccation. — L'Agrimonia odorata peut remplacer avec avantage l'A. eupatoria, parce qu’elle a une odeur et des propriétés plus prononcées.
PRÉPARATIONS, DOSES, ‘Infusion (feuilles) : 2 ou 3 pincées par 500 gr. d’eau, pour tisane. d
Décoction : 30 gr. par 500 gr. d'eau à laquelle on ajoute du miel, et du vinaigre, si l’on veut rendre le gargarisme plus astringent,
Cataplasme : on fait bouillir la plante avec du son de froment dans la lie de
vin, et on l’applique sur les tumeurs à résoudre, les foulures, ete, (Tragus.}
ALCHIMILLE. Achemilla vulgaris, L.
Pied-de-Lion, Manteau-des-Dames.
Le Pied-de-Lion croît dans les prés montagneux et les bois, où il est vivace.
Plante (pl. xxx, 1) de la famille des Rosacées (264-67, B), haute de 25 cent. environ; tiges rameuses, comprimées ; feuilles alternes, pétiolées etdentées, les radicales à long pétiole et à 7 ou 9 lobes, les caulinaires à court pétiole et 5 lobes, d'un vert jaune, plus pâles en dessous; racine grosse, ligneuse, noirâtre, contenant une espèce de moelle jaunâtre.
Fleurs verdâtres et petites, rassemblées en espèce de corymbes terminaux (juin, juillet et août). Calice à 8 divisions, dont les 4 intérieures paraissent constituer la corolle ; 4 étamines très courtes; ovaire surmonté par un style à 2 stigmates ; L graine nue, arrondie, jaunâtre et brillante.
Propriétés, usages. Le Pied-de-Lion est à peu près sans odeur, mais ses feuilles ont une saveur acerbe. Toute la plante peut être employée comme tonique-astringente dansles
LU
flux atoniques, les hémorrhagies passives, les flueurs blanches, etc,
Son nom d’Alchimille lui vient de ce que les alchimistes recueillaient la rosée de ses feuilles pour la préparation de la pierre philosophale. — Fr. Hoffmann prétend que sa décoction a la vertu de raffermir les chairs et de réparer les outrages du temps. « On a poussé même l’exagération, dit un auteur, jusqu’à lui accorder une faculté que la morale repousserait si la raison n’en montrait la vanité : celle de reproduire cette fleur virginale qu’un moment fait disparaître, et qui, réproduite par de semblables moyens, ne serait plus, aux yeux d'un homme raisonnable, qu'une disposition physique sans valeur, parce que, au lieu d’être la preuve de l'innocence du cœur, seule digne de la sollicitude du sage, elle laisserait plutôt voir la corruption qui veut tromper, et ne saurait, à cause de cela, être prisée que par le libertinage. »
= Récolte. Elle se fait tout l'été; on sèche la plante pendant qu'elle est fleurie.
PRÉPARATIONS, DOSES
Infusion : 30 à 60 gr. par kilogr. d’eau.
Décoction : 30 à 60 gr. par 500 gr, d’eau pour lotions, injections, etc.
ARGENTINE. Potentilla anserina , L.
Potentille ansérine, Bec-d’Oie, Agrimoïine sauvage,
Plante vivace [pl. xxx, 2), de la famille des Rosacées, genre Potentille (264-653, B), haute de 30 cent. environ. Tiges rampantes, rameuses, minces, un peu velues ; de ses stolons qui s’enracinent de distance en distance naissent des touffes de feuilles grandes, longues, pinnées, couvertes d'un duvet blanc, soyeux, argentin; racines petites, chevelues.
Fleurs jaunes, solitaires, axillaires, longuement pédoneulées, se montrant pendant toute la belle saison. Calice soyeux à 10 folioles, dont 5 internes et 5 externes ; corolle de 5 pétales ouverts arrondis: étamines nombreuses à anthères en croissant. Plusieurs petites graines fixées au réceptacle et contenues dans le calice, |
Propriétés, usages. L'Argentine est inodore ; les feuilles sont d'une saveur un peu acerbe, la racine est douceñtre et succulente. Les premières sont donc douées d’une propriété astringente plus marquée : on les emploie dans les écoulements blancs, les hémorrhagies passives, la dyssenterie. M. F. Dubois (Mat. médicale indigène) cite plusieurs faits qui démontrent l'efficacité de cette plante dans cette dernière
- maladie.
La Potentille a été vantée comme diurétique, antiscorbutique, fébrifuge; mais aujourd'hui on ne croit plus à ces propriétés. Peut-être même les médecins deviennent-ils trop sceptiques en thérapeutique; mais quand on voit Castor Durantes, Hartmann et Borel de Castres prétendre que l'Argentine, portée dans les souliers et'immédiatement appli- s quée sous la plante des pieds, guérit la dyssenterie; quandon »« lit que le grand Boerhaave lui-même la considérait comme l'émule du quinquina dans les fièvres intermittentes, comment ne pas se défier des éloges que les médecins des temps où l'observation rigoureuse des faits manquait prodiguaient aux plantes ?
Récolte. Elle doit avoir lieu dans la belle saison. La plante se sèche entière et facilement, et alors elle devient à peu près insipide. Ajoutons qu'il faut la chercher dans les lieux humides, incultes, sur le bord des rivières.
PRÉPARATIONS,; DOSES, Décoction (feuilles) : 20 gr. par 500 gr. d'eau. Eau distillée : employée jadis en lotions sur le visage pour enlever les taches
de rousseur, unir la peau,
ASPÉRULE. Asperula odorata, L.
Hépatique étoilée, petit Muguet, Reine des bois.
L'Aspérule odorante {pl. xix, 3) est une plante de la famille des Rubiacées (245, A), haute de 15 à 25 cent., ayant des tiges dressées, simples, presque carrées, noueuses, glabres, munies de feuilles verticillées, ovales, lisses, formant à chaque nœud des verticilles de 7 à 8.
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Fleurs blanches, petites, pédonculées, terminales, éclosant en juin et juillet. [Voir la famille.)
Propriétés, usages. Odeur agréable, plus prononcée dans la plante sèche; saveur un peu amère. Propriétés analogues à celles du eaille-lait, auquel nous renvoyons le lecteur.
L'Herbe à l'esquinancie et la Petite-Garance sont deux espèces du même genre (245, A) qui ne sont pas d'une utilité plus grande en médecine.
s AUNE. Betula alnus , L.
bre des Bétulacées (174, A), dont l'écorce, d'une saveur pre et astringente, due à une forte proportion de tannin, est employée en gargarismes dans les angines et l’esquinancie; mais surtout pour le tannage des cuirs. — Le bois de l’Aune, quoique léger, résiste parfaitement à l’eau : on en fait des tuyaux de pompe, etc.
BENOITE. Geum urbanum, L.
Récice, Gariot, Galiote, Herbe de Saint-Benoît, Caryophyllée, Herbe bénite,
La Benoîte{pl.xxvur, 4)croît dans les lieux incultes et couverts, dans les haies, les bois, où ellesemontre vivace, rustique.
Plante de la famille des Rosucées (264-65, D), de30à60 cent., à tiges dressées, grêles, un peu velues; à feuilles alternes, les radicales pétiolées, ailées, dont les folioles, au nombre de 5 à 9, sont inégales, dentées, ovales, la terminale plus large et trilobée; les feuilles caulinaires sont presque sesstles, à 3 folioles inégales, accompagnées de 2 stipules qui les rendent amplexicaules à leur base, devenant d'autant plus simples qu’elles se rapprochent davantage du sommet.
Fleurs jaunes, petites, terminales (juin, juillet, août). Calice à 5 lobes avec un calicule de 5 divisions alternes; corolle de 5 pétales arrondis, très ouverts et un peu plus grands que les sépales ; 30 étamines environ, un peu moins longues ; pistils nombreux formant un capitule serré au centre de la fleur, insérés sur un gynophore globuleux, et qui forment des graines ou petits akènes terminés par une longue pointe crochue à sa partie supérieure.
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Propriités, usages. La racine de Benoîte, seule partie employée, a une odeur aromatique forte, agréable, qui rappelle
celle du girofle; sa saveur est amère, acerbe, un peu âcre. %
Elle est à la fois excitante, tonique et astringente; on l’em-
ploie dans l’atonie générale, principalement di la diarrhée, ù
la dyssenterie chronique, les hémorrhagies passives de l'utérus, les pertes de semence par relâchement. Elle a joui
d’une grande réputation comme fébrifuge; sans la justifier
Dites: elle mérite d’être administrée, surtout dans les cas rares à la vérité où le quinquina échoue. "+
Récolte. La racine de Benoîte est assez grosse, ronde, de la longueur du doigt, roussâtre à l'extérieur, blanche en de-
. . ‘ Le dans, munie d’un chevelu fauve. On la recueille à l’automne
pour la conserver l'hiver; mais il vaut mieux l'employer fraiche : car sèche, elle a une odeur plus faible, qui disparaît même après une année de conservation.
PRÉPARATIONS, DOSES
Décoction (racine sèche) : 15 gr, par 500 gr. d’eau. — {racine verte) : 30 gr. par 500 gr. d’eau.
Poudre : 1 à 4 gr, comme tonique; — 8 à 16 gr. comme fébrifuge.
BISTORTE. Polygonum bistorta, L.
Grande-Bistorte, Renouée-Bistorte.
La Bistorte (pl. xxv, 5) croît abondamment dans les prés élevés, sur les montagnes du Midi; quelquefois on la cultive dans les jardins. :
Plante vivace de 35 à 50 cent. environ, de la famille des Polygonacées, genre Renouée (185, A). Tige herbacée, fistuleuse, droite, cylindrique, noueuse et glabre ; feuilles ovaleslancéolées, à limbe déeurrent sur le pétiole, glauques en dessous, vertes en dessus : les radicales portées par un long: pétiole formant une gaîne à sa partie inférieure ; les caulinaires moins grandes, engaînantes ; lessupérieurespetiteset sessiles.
Fleurs roses, petites, disposées en épi terminal ovoïde, très serré, gros comme le petit doigt et long de 5 cent. environ {mois de mai). Calice coloré à 5 découpures; corolle
nulle; 8 étamines plus longues que le calice: 3 styles courts à stigmates simples; akène pointu, recouvert par le calice persistant. L’épi est muni d'écailles sétacées, luisantes ét pointues, situées entre les fleurs, qui sont très nombreuses.
Propriétés, usages. La Bistorte est inodore; ses feuilles sont presque insipides et peuvent être mangées, étant jeunes, à la façon des épinards; mais sa racine (voir sa description plus bas) contient beaucoup de tannin et d'acide gallique qui lui communiquent une saveur acerbe, styptique, ét des propriétés astringentes. C’est un de nos médicaments indigènes les plus précieux, qui peut remplacer le ratanhia dans tous les cas où celui-ci est indiqué, c’est-à-dire dans les écoulements muqueux où sanguins atoniques, tels que les flueurs blanches, la diarrhée chronique, l’hémorrhagie passive. On s’en sert encore en gargarismes et en injections, pour combattre les maux de gorge, la fissure à l'anus, etc.; maïs on l’a totalement abandonné dans le traitement du scorbut et des fièvres intermittentes et continues.
Récolte. La racine de Bistorte se récolte au mois de décémbre et se dessèche à la manière ordinaire. C’est une sorte de tige souterraine de la longueur du doigt, épaisse, presqué ligneuse, contournée 2 fois sur elle-même, ce qui lui a valu son nom, et marquée d'interstices annulaires qui jettent cà et là des fibres radicales déliées.
PRÉPARATIONS, DOSES
Décoction (racine concassée) : 25 à 30 gr, pour un kil. d’eau, On édulcore avec un sirop astringent ou autre.
Poudre : 2 à 3 gr. dans du vin, du sirop ou du miel, comme tonique, astrin-
gente.
Extrait : 1 à 4 or,
BOURSE-A-PASTEUR. Thlaspi bursa pastoris, L.
Thlaspi, Boursette, Moletteà-Berger, Tabouret.
Cette plante {pl. xxx, 3) croît dans les lieux cultivés et incultes, les décombres, vieux murs, au bord des chemins, etc. Elle appartient aux Crucifères, genre Tabouret (299, S). Tiges dressées, pubescentes en bas; feuilles pubescentes ciliées, les
radicales disposées en rosette, pinnatifides, à lobes triangulaires ou linéaires, les supérieures entières, sagittées-amplexicaules ; racines petites, blanches, fusiformes. ;
Fleurs blanches, petites, en corymbe terminal, se montrant presque tout l'été. Calice à 4 sépales dressés; 4 pétales égaux en croix ; 6étamines tétradynames, dépourvues d’appendices ; style très court; fruits triangulaires, échancrés par le haut et en cœur renversé.
Propriétés, usages. Cette plante, dont l'odeur est nulle, la saveur un peu acerbe, rappelant faiblement celle des Crucifères, passe pour astringente et antiscorbutique. On la donne en tisane dans le scorbut, l'asthme humide, l’hydropisie, principalement dans les dévoiements, la dyssenterie, les hémorrhagies. D'après le D' Lange, elle provoque les règles si leur retard dépend de l'inertie de l'utérus ; elle modère, au contraire, ou arrête leur écoulement exagéré si l’hémorrhagie est passive et due à une cause semblable. Un médecin de Verviers, le D'Lejeune, déclara à M. Loiseleur-Deslonchamps qu'il avait obtenu de bons résultats de l'emploi de la Boursette dans les maladies de poitrine, surtout dans les hémoptysies. De son côté, M. F. Dubois, de Tournai, dit avoir guéri une femme de 65 ans qui depuis plusieurs années urinait du sang en abondance et n'avait pu obtenir du soulagement par aucun des moyens employés, en lui administrant une décoction de cette plante.
On a prétendu que les fièvres intermittentes cédaient à des applications de Boursette sur les poignets. On à conseillé la plante entière, pilée, en topique sur les douleurs rhumatismales, les hémorrhoïdes, etc. — Les semences sont estimées propres à exciter la salivation.
Récolte. I faut se procurer la Bourse-à-Pasteur avant la floraison et l'employer verte, car sèche elle n’a plus depropriétés.
PRÉPARATIONS, DOSES
Décoction (plante entière) : 30 à 60 gr. par kilog. d'eau, — Le D' Lange fait bouillir une demi-poignée dans 3 tasses d’eau jusqu’à réduction d’un tiers :
la malade en prend une tasse à la fois.
Sue exprime : 8 à 16 gr,
MEÉDICATION TONIQUE-ASTRINGENTE. 345
BRUNELLE. Prunella vulgaris, L.
à Prunelle, Bonnette., Pa «
+ Plante herbacée | pl. xxix, 2) de la famille des Labiées (249, A), de 1 à 4 décim., à tige simple, couchée, puis drese, pubescente, carrée, un peu rude ; feuilles pétiolées, ovaes, entières, opposées, un peu velues en dessous.
7 Fléurs bleuâtres, violettes, verticillées, en épis courts munis d’une paire de feuilles à la base, chaque verticille présentant 2 bractées larges, cordiformes et velues. Calice tubuleux, à 2lèvres, dont l’inférieure est bidentée, la supérieure tridentée, plus large; corolle bilabiée, à lèvre supérieure entière, dentée, concave, recourbée sur l'entrée du tube, l’inférieure trilobée et penchée sur le calice; 4 étamines à filament bifurqué au sommet, cachées sous la lèvre supérieure que dépasse le stigmate bifide.
Propriétés, usages. La Brunelle n’a ni odeur ni saveur bien manifestes. Elle passe cependant pour astringente , mais ses propriétés sont très faibles. Cela n’a pas empêché qu'on ne l'ait considérée autrefois comme puissante dans les hémorrhagies internes, le scorbut, les fiévres hectiques, les accidents provenant de la morsure des animaux venimeux, etc. On a prétendu que cette herbe, mangée en salade, faisait disparaître les paquets hémorrhoïdaux et les accidents qu'ils occasionnent. Quant à nous, tout au plus si nous la conseillerions en gargarismes dans les angines légères.
Récolte. Cette plante fleurit en juillet et août ; c’est le mo-
ment de la récolter avec sa fleur et même sa racine, dans les bois, les prés, au bord des chemins, où elle est assez commune.
BUGLE. Ajuga reptans, L.
Petite- Consoude, Consoude moyenne.
La Bugle (pl. xxvui, 3) est commune dans les champs, les bois, les lieux ombragés, taillis, pâturages humides.
Plante vivace de la famille des Labiées (219, E), de 15 à 20 cent., à tige carrée, droite, simple, stolonifère, c'est-à-
dire avec rejets longs et 7 à sa base; ; feuilles opposées, ovales, glabres, sessiles, les inférieures plus larges et moins dentées, disposées en rosette. & W, Le formant des verticilles rapprochés sur 1à moitié périeure de la tige, avec sfeuillesfiorales, colorées,
opposées entre les verticilles, de manière à former un 6 Li
ramidal qui s’épanouit en mai-juin. Calice à 5 divisions ; que égales: corolle tubuleuse, lèvre supérieure rémplacée par 2 dents, lèvre inférieure trilobée ; 4 étamines, ete. | Propriétés, usages. Quoiqu'étant d'uneodeur nulle, d’une saveur acerbe et amère peu prononcée, la Bugle a été préconi-
sée anciennement contre l'ictère, la phthisie, les hémorrha-
gies, les crachements de sang, la leucorrhée et d’autres maladies encore plus graves. C’est tout simplement un astringent faible à la manière de la brunelle, dont on a abandonné l'usage. Sa décoction peut être utilisée en gargarisme dans les maux de gorge. 9
Récolte. Elle peut se faire pendant tout l'été ; la planté ne pérd rien de sa saveur amère par la dessiccation. Les herboristes la confondent souvent avec l'espèce pyramidale dont nous avons indiqué les caractères différentiels (page 152); mais l'erreur est sans inconvénient dans la pratique.
CHÊNE. Quercus robur, L.
Qui ne connaît cet arbre, le plus beau, le roi de nos forêts! IT nous sufhra donc de renvoyer, pour la connaissance de ses organes fructiferes, aux caractères des Cupulifères et du genre dont il constitue le type (167, A).
Propriétés, usages. L'écorce, le fruit et les feuilles, parties du Chêne usitées, sont doués de propriétés toniques, astringentes ct fébrifuges.—L'écorce de Chêne contient une grande quantité de tannin et d'acide vallique ; aussi est-elle d’une astringence très marquée. On lemploie à l'intérieur contre la dyssenterie, l'hémoptysie, la leucorrhée, l'atonie générale; mais principalement pour combattre les fièvres intermittentes. C'est un de nos meilleurs fébrifuges indigènes, surtout si on
pe * ke .
eco TONIQUE-ASTRINGENTE. 47
lui associe la gentiane et la LACS mélange qui aété décoré dühon ( de muine français: qui à été vanté P Alp. Leroy, et ‘expérimenté avec quelque succès par le seur Foudii. — On fait un plus grand usage de @ à l'extérieur qu à l'intérieur, soit en décoction, pour | antiseptiques contre la gangrène, la pourriture d'hôpital, les ulcères de. mauvaise nature, la chute du rectum, etc., ou pour gargarismes, i in} jections et lavements contre les angines gangréneuses,, la leucorrhée, de chute duwagin, la diarrhée hronique , la Bénnorthéce la Pr nüre à l'anus, etc; soit en
| (tan) pour medifier les ulcères atoniques, putrides, ongueux. x