‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 111 sur 177 · LAS · texte numérisé non relu

LAS

" Les fruits owglands torréfiés et pülvérisés sont utiles dans les diarrhées et l’engorgement mésentérique des enfants,

ette écorce.

dans les hémorrhagies passives, ete. L'infusion de cette pou-®

dre est connue sous le nom de café de gland, et très vantée dans une foule de cas, notamment dans les affections scrofuleuses, le carreau, les engorgements abdominaux, l’atonie des organes digestifs, la langueur des fonctions vitales, lirritation nerveuse et même subinflammatoire du tube digestif, la colique venteuse, ete. Ce médicament paraît surtout très utile chez les enfants.

Les feuilles de Chêne infusées dans du vin rouge, avec addition d’un peu de miel, forment un gargarisme efficace dans le relâchement des gencives et de la luette, l’angine chronique.

Récolte. L'écorce de Chêne doit être prise sur des branches de trois à quatre ans, un peu avant la floraison qui a lieu en avril-mai. Les feuilles se récoltent pendant l'été ; les glands dans l'automne.

à PRÉPARATIONS, DOSES.

Décoction écorce) : 5 à 15 gr. par 500 gr. d’eau à l’intérieur ; == 30 à 60 gr. par kil, d’eau pour l'extérieur, Cullen conseille aux personnes sujettes au mal de gorge le gargarisme suivant : décoction concentrée d’écorce de chêne, L Hi. vre ; alun, 172 gros; eau-de-vie, 2 onces.

— (tan) : 15 gr. pour 1500 gr. d’eau réduite à 1000, à laquelle on ajoute 2 gr. d’alun pour injection dans les narines contre l’épistaxis [Hoyison/.

Infusion (glands torréfiés] : 30 à 40 gr. pour 1000 &r. d'eau.

Pilrs rs 8 à 24 gr. comme fébrifuge,

— (glands) : 2 à 4 gr. dans du vin ou un électuaire comme QD tonique et désobstruant chez les enfants. oe

2 CHÈVREFEUILLE. Lonicera caprifolium, L

Cet arbuste, genre- -type des Caprifoliacées (245, A), offre plus d'intérêt sous le rapport de l'élégance et du parfum de ses fleurs que sous celui de ses usages médicaux.

On a cependant employé ses fleurs en infusion pectorale dans les catarrhes pulmonaires ; ses feuilles en décoction pour gargarismes mrnpents. Il ya, en pharmacie, un sirop de chèvrefeuille qu'on donne dans l'asthme, Ja: toux, le hoquefh

COIGNASSIER. Pyrus 51

Arbre de la famille des Rosacées, genre Poirier (264-70, B, C), originaire de l’île de Crète, mais cultivé dans nos jardins, où ses fleurs se montrent blanchâtres, solitaires, très grandes, avec un calice très velu ou cotonneux à 5 divisions rabattues, une corolle de 5 pétales, 20 étamines au moins, 5 carpelles et5 styles sur un ovaire pubescent, qui devient le coing.

Propriétés, usages. Le fruit du Coignassier est la seule partie employée en médecine. Il a une odeur forte et une saveur âpre qui l'empêche de pouvoir être mangé cru. On en prépare des marmelades et des gelées excellentes que l’on prescrit soit en nature, comme aliment, soit délayées dans l’eau pour boisson, dans les cas où ces astringents sont indiqués.

La décoction de coing coupé par morceaux, mêlée ou non à égale partie de décoction des semences, peut être mise en usage avec avantage dans les hémoptysies, les diarrhées.

Les semences de coing sont mucilagineuses, émollientes et adoucissantes, employées en décoction dans les irritations gastro-intestinales, pulmonaires et gémito-urinaires; 4 gr. de ces semences bouillies dans 125 à 150 gr. d’eau fournissent un mucilage doux et visqueux propre à calmer les irritations de la peau, les douleurs causées par les gerçures du sein, les brûlures, ete. Ce mucilage a encore un avantage aux

yeux des gens riches, c’est qu'il est plus cher, plus difficile à se procurer que celui de guimauve ou de lin.

Des diverses préparations du coing;, la plus employée est le sirop, avec lequel on édulcore les üsanes et les potions astringentes.

EUPHRAISE, Euphasia officinahs , L

2 Euphraise (pl. xxix, 4) se rencontre dans les bois taillis, les ar » Sur Jes pelouses sèches, ete.

Plante Antolle de la famille des SerophulgMarées (242, 1) (auparavant des Pédiculaires). Tige de 10 à 30 cent., dressée, simple ou rameuse, pubescente; feuilles sessiles, AE dentées, petites; racines fibreuses, petites. |

Fleurs blétèlies, quelquefois bleuâtres, marquées da lignes violettes, tachées de j jaune en dedans, axillaires et r'appro- -chées à la partie supérieure des tiges (juillet-octobre). Lèvre . supérieure échancrée au sommet en 2 lobes courts 2-3-dentés ; lèvre “inférieure 3 -lobée, à lobes émarginés bilobés; ” 4 étamines didynames plus courtes que la corolle; anthères bicornes. " Propriétés, usages. L'Euphraise estinodore, un peu amère. + Ses propriétés sont mal déterminées, ou plutôt nulles. On la suppose astringente, car elle noircit la solution de sulfate de fer; mais on l’a vantée dans des maladies très différentes, telles que la céphalée, le vertige, la jaunisse, la perte de mémoire, ete. Aujourd'hui on lui refuse presque toute vertu, même celle d'être bonne pour les yeux. Nous devons dire, en effet, que cette plante était considérée comme propre à fortifier la vue, à guérir le larmoiement, l'ophthalmie, et même la cataracte | D'où naissait cette croyance qui se conserve encore parmi le peuple! Tout simplement de la ressemblance qu'on à cru trouver entre la fleur de l'Euphraise et l'œil, en raison de la tache jaune qu’elle offre à son milieu.

Récolte. On trouve encore l'Euphraise chez les herboristes,

qui la recueillent presque toujours en fleur. Elle est facile à reconnaître, après la dessiccation, à ses petites feuilles den-

Fr 2 36 ° 350 PLANTES MÉDICIN L telées au DE En | fleurs. #1

"4 « RON Le 7? D

Plante vivace, .de 30 à 60 ce nt. (pl. XLvIu, 1, des Rosacées, 8 nre Spirée (26 (66, A). Tige dressée, Re rameuse su rement ; feuilles pinnatiséquées, à folioles … alternes jaeafbis opposées, dont chaque côté estaincisé et — denté inégalement : entre elles en sont d'autres très petites;

ipules dentées. D 2e. 94

* s blanches ou rougeûtres en dehors,

en res terminaux, D HR. en j!

dé | nombreuses fa FH filiformes ; ; environ 12 M 4 et 4 au- , tant de styles, etc. N: ® = Propriétés, usages: On emploie les racines, qui sont compo- + sées de fibres fines présentant de distance en distance des = enflements charnus, comme des poids qui pendraient à des # fils, d’où le nom de Filipendule. Ces tubercules contiennent une fécule amylacée qui les rend nutritifs et qui procure une ressource aux pauvres dans les temps de disette. A l'état frais, leur odeur rappelle celle de la fleur d'oranger; leur saveur est # légèrement amère et astringente à l'état sec. La racine de Filipendule peut donc être employée dans les cas où les astringents sont indiqués, mais on la néglige complétement. Autrefois elle était réputée diurétique et lithontriptique (ce. qui peut légitimer la place que sa figure occupe par erreur dans l'Atlas).

Récolte. C’est à la fin de l'automne qu'on recueille les racines de Filipendule, dans les clairières des bois, les coteaux secs etsablonneux, « On ne trouve dans les boutiques que les cylindres allongés et pointus qui donnent naissance aux fibres

MÉDICATION TONIQUE-ASTRINGI 3: 351 penten l'ar-

auxquelles nt pm ceux-ci se rachant de la terre. ; PRÉEDRARIONS ,; DOSES.

Décoction (racine) : 30 à 60 Be par kilogr. d’eau.

FRÈÊNE. Fraxinus excelsior, à

C'est du Frêne ordinaire qu il est question, arbre connu de nos forêts, de la famille des Jasminacées (217), dont les feuilles et l'écorce surtout ont été mises en usage comme toniques-astringentes et fébrifuges.

Il est inutile de discuter la valeur des ässertions des aurs sur les prétendues propriétés du Frêne dans la goutte, les hémorrhagies, les dyssenteries, les obstructions, les vers,

… “les pâles couleurs, les scrofules, la syphilis, etc. : l'incrédulité naît préciséme Le tant d'éloges. — Cependantil paraît

que les feuilles de ù arbre sont TÉCSERE en S et en

que et purgative.

PRÉPARATIONS, DOSES

, Be

Poudre (écorce) : 8 à 24 gr. comme fébrifuge. On répète cette dose 3 où

4 fois par jour dans l'intervalle des accès et pendant plusieurs jéurs de suite, Décoction : 15 à 30 gr, par kil. d’eau.

# Le FRaxINUS ORNUS, qui fournit la manne, fera le sujet d’un article à part.

GÉRANION. Geranium robertianum, L.

Géranion à Robert, Herbe à Robert, Herbe à l’esquinancie, Bec-de-Grue.

Plante herbacée, annuelle (pl. xxur, 6), de la famille des Géraniacées (514, A), haute de 25 à 30 cent. environ; tiges dressées, rameuses, souvent rougeâtres, velues, noueuses ; feuilles opposées, pétiolées, divisées en trois lobes pinnatifides dentés, un peu poilues, ayant des petites stipules.

Fleurs rouges; pédoncules axillaires plus long que les feuilles, bifurqués au sommet et portant 2 fleurs, qui se

352 de PLANTES MÉDICINALES.

montrent d'avril en octobre; calice tubuleux, 5 sépales lancéolés ; 6 pétales obovales, obtus; 10 étamines ; fruit à 5 coques ridées, velues, terminé en pointe allongée.

Propriétés, usages. L'Herbe à Robert aune odeur désagréable, rappelant celle de l'urine des personnes qui ont mangé des asperges ; sa saveur est amère, astringente. On en fait usage en gargarismes dans les angines ; en décoction dans les hémorrhagies et autres écoulements passifs; en cataplasme, comme résolutive des engorgements des mamelles, etc. Elle a passé aussi pour diurétique etlithontriptique; mais, de nos jours, elle est abandonnée des médecins, quoique le vulgaire l'emploie encore dans l'esquinancie,soù, en effet, elle n’e pas toujours sans efficacité. — M. Cazin dit lavoir vu administrer avec succès aux animaux affectés de pissement d sang. — Son suc chasse les punaises.

Récolte. Cette plante, qu'on emploie tout entière, se recueille pendant la floraison : on la trouve sur les vieux murs, dans les décombres, les lieux frais et incultes. fi

vhs PRÉPARATIONS, DOSES.

) pa. » É à :

Décoction : 15 à 30 gr. pour 500 gr. d’eau, en tisane. — 30 à 60 gr. pour 500 gr. d’eau, en lotions, injections, gargarismes, ®

» Cataplasme : on pile la plante verte, ou on la fait bouillir sèche dans l’eau qu’on laisse réduire d’un quart.

JOUBARBE. Sempervivum tectorum, L.

Joubarbe des toits, Jombarde,

Plante de 40 à 60 cent. (pl. xx, 4), genre de la famille des Crassulacées (262, B), à tige simple dressée, grosse, ayant des rameaux florifères, et des rejets radicaux terminés par des rosettes globuleuses de feuilles imbriquées ; feuilles ovales-oblongues, épaisses et charnues.

Fleurs roses-purpurines, disposées en épis scorpioïdes rapprochés en un corymbe terminal au sommet de la tige (juillet, août, septembre). Divisions sépaloïdes égales, velues ; 12 pétales lancéolés, ouverts, doubles en longueur du calice, ete.

Propriétés, usages. Les feuilles de la Joubarbe, seule partie employée, ont une saveur fraiche, aigrelette, légèrement as-

MÉDICATION TONIQUE- "ASTRINGSS 353

tringente. On les a considérées comme diurétiques et antiscorbutiques ; mais principalement comme propres à combattre les brûlures, les inflammations superficielles, les coupures récentes, étant appliquées extérieurement. Leur suc mélangé $ avec de l’eau et du miel constitue un bon collutoire contre les aphthes et le muguet ; on l’a employé dans beaucoup d’autres cas où son utilité n’est rien moins que démontrée : par exemple, en application sur le front pour calmer le mal de tête, le délire, arrêter l'épistaxis; sur les hémorrhoïdes douloureuses, ete. — Selon Tournefort, rien n’est meilleur pour les chevaux fourbus que de leur faire avaler une chopine du suc de eette plante. — Il est des cantons où les paysans croient que la Grande-Joubarbe empêche les maléfices et les sortiléges.

Récolte. Cette plante croît sur les vieux murs, les toits de chaume. Il faut choisir les feuilles les plus fortes des rosettes dont la tige n'est pas encore montée. On ne les fait jamais

sécher.

* PRÉPARATIONS, DOSES

Cataplasme : feuilles pilées, quantité suffisante, sur les brûlures, les hémorrhoïdes et les coupures ; — ou feuilles dépouillées de leur cuticule, * Sue : quantité suffisante comme réfrigérant et un peu astringent ; on peut le mêler avec du beurre, de l'huile, etc. — Reichel en donne 10 à 60 gx. à l’in-

térieur comme sédatif spécifique dans les affections spasmodiques de l'utérus.

MARRONNIER D'INDE. Æsculus M à L.

Ce belarbre qui orne nos promenades et nos jardins est origlaire d'Asie, il fut introduit en Europe vers le xvr° siècle. Son port est connu. de tous, et quant aux caractères de ses organes de fructification, nous les avons indiqués en parlant des Æsculacées, dont il constitue le genre-type (319, A).

Propriétés, usages. L'écorce du Marronnier d'Inde possède des propriétés astringentes, amères et toniques : on peut donc l'employer dans la plupart des cas où les astringents sont indiqués, et aussi dans l’atonie des organes digestifs, les névroses de l'estomac, etc. Mais c’est surtout comme fébrifuge qu’elle a occupé les expérimentateurs; les uns l'ont considé-

: 4 4 = + . 1e rée comme l’un des meilleurs succédanés du quinquina; d’au-

354 ds PLANTES MÉDICINALES, :

tres n'ont obtenu que des résultats nuls ou douteux, ce qui & : prouve une fois de plus que les médicaments n’ont souventau- «

cune influence sur la marche des maladies, lesquelles cessent ou persistent en obéissant à des lois organiques et hygiéniques qui nous sont encore inconnues. Nous devons faire remarquer cependant que les faits en faveur de la propriété fébrifuge sont très nombreux et très imposants.

Le fruit du Marronnier (marron d'Inde) contient une grande quantité de fécule, qui l'emporte même sur celle de la pomme de terre, et qui, comme celle-ci, pourrait servir d'aliment à l'homme, si elle n’était accompagnée en même temps d'un principe amer très désagréable. Or, M. Flandin, dans un mémoire lu à l'Académie des sciences en 1848, a rappelé le procédé proposé par Parmentier pour débarrasser ces fruits de ce principe. Il consiste à mêler 100 kilog. de pulpe de marrons avec Lou 2 kilog. de carbonate de Rep à laisser macérer pans dant quelque temps, puis à laver et passer au tamis : 0 tient par ce moyen une fécule très pure qui peut remplacer parfaitement celle de la pomme de terre.

On peut faire avec les marrons des pois à cautères qui remplacent très bien ceux d'iris, lorsque l'irritation légère causée par ces derniers n'est pas nécessaire.

Récolte. Le Marronnier fleurit en mai; ses fruits sont en maturité à l'automne. On récolte son écorce au printemps; 1l faut la choisir saine et provenant d'arbres déjà avancés en âge, parce que le principe astringent y est plus abondant. On la monde et on la porte au séchoir.

PRÉPARATIONS, DOSES

Poudre (écorce) : 2 à 4 gr. dans du vin, comme fébrifuge, tonique.

Décoction : 15 à 30 gr. par kilog. d’eau.

Teinture : M. Jobert de Lamballe a guéri plusieurs névroses de l'estomac au moyen de la teinture d’écorce de Marronnier, à la dose d'urie cuillerée à bouche dans un verre d’infusion de chicorée sauvage.

MYRTE., Myrlus communis, L.

Arbrisseau de la famille des Myrtacées (260, A), croissant dans le midi de l'Europe, au voisinage de la mer Méditerra-

MÉDICATION TONIQUE-ASTRINGENTE. 350 née, cultivé dans nos coftrées en caisses, que l’on tentre J'hiver dans l'orangerie. Végétal élégant, consacré à Vénus chez les anciens, et qui servait à couronner les amants heureux, De là, sans. doute, les réveries que l’on à débitées sur ses propriétés merveilleuses.

Toutes les parties du Myrte répandent une odeur aromatique et, sont douées de propriétés toniques-astringentes. On le donnait dans les diarrhées, la leucorrhée, les hémorrhagies, les’faiblesses d'estomac. Garidel (Hisé, des pl. de la Provence, 1723) indique une liqueur huileuse, préparée avec les baies de myrte pilées et un peu d’eau-de-vie, comme propre à raffermir-certains organes relâchés. Cette préparation et beaucoup d’autres encore sont oubliées aujourd'hui.

+ à g NÉFLIER. Mespilus germanica, L.

Petit axbre destRosacées (264-70, D), dont le fruit, appelé nèfle, à une saveur astringente, très âpre et désagréable avant sa complète maturité, qui n'arrive qu'au milieu de l'hiver, où il est rechérché de certaines personnes, quoiqu'il ne paraisse

“pas sur les tables Somptueuses.

.+ On à fait une tisane astringente avec le bois du Néflier coupé par morceaux et bouilli quelque temps. On a cru les semences bonnes pour la gravelle, réduites en poudre et infusées dans du vin blanc. — Aujourd’hui le Néfliér est tout-àfait négligé en médecine. s |

” . NUMMULAIRE. Lysimachia nummularia, L.

Lysimaque, Monnoyère, Herbe-aux-Écus, Herbe à cent maux ou à tuer les moutons.

… La Nummulaire (pl. xxvn, 2) est une plante herbacée, vivace, de la famille des Primulacées (222, C), haute de 30 cent. environ, à tiges rampantes, couchées, simples ou peu rameuses, glabres ; feuilles courtement pétiolées, opposées, ovalesarrondies, entières, glabres. Racine fibreuse. Fleurs Jaunes, grandes, axillaires-solitaires (juin-août); ca- ‘lice à 5 divisions ovales-aiguës, cordées à la base; corolle de pétales ; 5 étamines courtes à filets soudés à la base; style

re

+ : F LU ef # 356 | PLANTES MEDICINALES. : +

= filiforme dépassant les étamines ; capsule Mbbuléusel 1Ovalves.

Propriétés, usages. La Nummulaire est à peu près sans odeur ni saveur. Cependant combien de propriétés ne lui at-on L pas accordées ! c’est au point qu’on lui a donné le nom d’Herbe a cent maux. La diarrhée, la dyssefiterie, la leucorrhée, l’hémoptysie, le scorbut, sont principalement celles qui en réclamaient l'emploi. Aujourd’hui c’est une plante abandonnée, excepté par les campagnards. 3 L

Sa récolte se fait pendant toute la belle saison dans les prâiries et les bois humides, aux bords des fossés et des mares. On la sèche comme à l'ordinaire.

La LysimacHte vuLGaIRE, dont les tiges sont dressées , les feuilles moins arrondies, lancéolées, moins grandes, en panicule terminale, la racine rampanté, etc., était employée dans les mêmes cas.

ORPIN. Sedum telephium, L. he.

Reprise, Orpin-Reprise, Joubarbe-des-Vignes, Grassette, Herbe à la reprise ou aux charpentiers,

L'Orpin (pl. xxx, 4) se trouve dans les bois élevés, less. taillis, les vignes. x

Plante herbacée, vivace, de 30 cent. environ, de la famille des Crassulacées (260, A). Tiges dressées, robustes, simples inférieurement, donnant naissance en haut aux rameaux de l'inflorescence ; feuilles sessiles, éparses, oblongues, planes, charnues, dentées, d’un vert glauque.

Fleurs roses-purpurines, en corymbe terminal, serré {juil- S. let-septembre). Caliceà 5 dents aiguës ; corolle à 5 pétales ouverts en étoile, aigus, à nervure moyenne plus foncée ; 10 étamines plus Eve que les pétales; 5 carpelles ; 5 capsules. contenant beaucoup de petites semences. sd

Propriétés, usages. L' Orpin n’a point d'odeur ; pre feuilles sont insipides, un peu visqueuses. Ses propriétés médicales sont peu connues, difliciles à classer : nous les mettons ‘au » nombre des astringents-vulnéraires ; et, en effet, cette plante Jouit d'une immense réputation populaire comme cicatrisante infaillible pour la reprise des plaies, Ce sont les feuilles qu'on

, emploie, soit fraîches, ou macérées dans l'huile d'olive, ou pilées ; ais les médecins n’y ont jamais recours.

Récolte. La Reprise s'emploie fraîche et ne se sèche point; par conséquent, on la cueille dns la belle saison, selon les besoins. On la trouve macérant dans l'huile chez les herboristes.

” ORTIE. Urtica urens, L.

Ortie brûlante, Ortie grièche, Petite-Ortie.

Plante annuelle de la famille des Urticacées (175, D),50 cent. de- hauteur, recouverte de poils dont la piqûre est cuisante. Tige dressée, rameuse, anguleuse ; feuilles opposées, ovales, profondément dentées, à pétioles munis de très petites stipules.

Fleurs verdâtres, petites, monoïques, les mâles et les fe

melles réunies dans une même grappe (maï-octobre). Calice quadriparti ; 4 étamines dans les fleurs mâles; seoments du calice 1 inégaux dans les femelles, aveë l'ovaire. surmonté d’un stigmate sessile. Akène recouvert par le calice.

Propriétés, usages. L'ortie grièche n’a qu’une odeur faible, une sayeur herbacée, légèrement aigrelette et astringente Elle a été employée à l'intérieur dans l'hémoptysie, la diarrhée, la métrorrhagie, etc. On en avait abandonné l'usage ; mais le D' Ginestet, de Cordes-Tolosane, a de nouveau fixé l'attention sur elle en publiant cinq cas d’hémorrhagies utérines arrêtées presque instantanément par l'usage de son suc. Un rapport très favorable fut fait à l’Académie de médecime sur ces observations par M. Mérat, qui depuis à employé avec un succès complet le sue d'Ortie dans un eas d’épistaxis rebelle aux autres moyens, survenue chez une jeune femme au moment d'acconcher. Ginestet lui-même a poursuivi ses essais ave même bonheur dans les autres flux sanguins et la leucorrhée atoniques, etc.

Nous avons dit que l'Ortie est couverte de poils ou aiguillons qui versent dans les piqûres qu'ils font à la peau une liqueur âcre qui cause une vive cuisson, ayec accompagnement d'une éruption vésieuleuse. On a mis cette disposition à profit

Es

358 PLANTES MÉDICINALES. n

; à L Le : : + pour agir révulsivement sur‘uné partie ducorps en la battant ?

avec une poignée de cette plante fraîche, ce qui constituait l'urlication, pratique oubliée depuis l'emploi des autres révulsifs,

tels que le sinapisme, ARTE. poix de Bourgogne, le vé: .

sicatoire, etc., mais qui peut réndre encore de grands services dans l’apoplexie comateuse, la paralysie, le choléra, le rhumatisme chronique: —L'urtication a encore été mise en usage par le libertinage pour réveiller un instant des désirs auxquels succède bientôt une atonie encore plus prononcée. —M.Cazin dit avoir vu employer quelquefois axec succès, contre l’incontinence nocturne d'urine chez les enfants, un remède populaire composé de la manière suivante : 16 gr. de semence d'Ortie

L pilée; 60 gr. de farine de seigle ; l'on mêle et l’on fait avec un peu d’eau chaude et du miel une pâte dont on forme 6 petits * n L ! À teaux qu'on fait curé au four ou au foyer sur une pierre #

plate. Tous les soirs, pendant 15 ou 20 jours, l’enfañt mange un de ces gâteaux. | | ae Récolte. On peut recueillir l'Ortie brûlante pendant toutela belle saison pour la sécher ou s’en servir fraîche. Sèche, on lui voit encore ses aiguillons, mais ils ne piquent plu auf

PRÉPARATIONS, DOSES. " F

; : : a Infusion où décoction : 30 à 60 gr. par kilog. d’eau. # Suc exprimé : 60 à 125 gr, contre la métrorrhagie. + d

La Graxve-Orris où Ortie dioique, commune, O. vivace (Urtica dioica), peut remplacer l'espèce que nous Fi d'étudier. Elle a plus d'un mètre de haut, des tiges quadrangulaires, et des fleurs mâles et femelles sur des individus séparés.” Nous en dirons autant de l'OrTie ROMAINE O. à globules (Urtica pilulifera), qui égale la précédente en hauteur, mais

dont la tige est ronde, les fleurs femelles réunies en tête, ete,

= PAQUERETTE. Bellis perennis, L..

Petite Marguerite, : , blé ds Plante herbaëée, annuelle, de 5-20 cent., de la famillèsdes

Composées (2537-40, R), à tiges courtes, en touffes ; fouilles radicales, disposées en rosette, obovalés-spatulées.

Fleurs radiées, en capitulés solitaires à l'extrémité de pédoncules nus, axillaires et presque radicaux (mars-avril). Demi-fleurons de la circonférence femelles, plus longs que le calice, blanes, quelquefois rosés À la pointe; fleurons tubuleux hérmaphrodites, jaunes. Akènes un peu vélus, nus ou sans aigrette. ps

Propriétés, usages. La Pâquerette est sans odeur ; la saveur des fleurs est un peu sucrée, celle desfeuilles est amère, un peu acerbe. Elle n’est cependant pas usitée, quoiqu’on pourrait en préparer des boissons et mjections quelque peu astringentes. Elle à été prônée autrefois dans la phthisie pulmonaire, la goutte, les scrofules, etc.; mais elle est réellement sans propriétés bien marquées.

La récolte se fait pendant toute la belle saison, où on la voit en fleurs dans les prés et sur les sazons; sèche, elle ne perd rien de sa saveur ni de sa couleur.

PATIENCE AQUATIQUE. Rumex aquaticus, L.

Patience des marais, Oseille aquatique, Parélle d’eau, Herbe britannique.

Plante vivace de 1 à 2 mètres, à tige dressée, cannélée, rameuse dans sa partie supérieure, rameaux courts en une sorte de panicule; feuilles inférieures amples, oblongueslancéolées, à long pétiole sur lequel elles sont décurrentes ; feuilles supérieures plus petites.

Fleurs d’un blanc sale, en faux verticilles multiflores, dépourvus de bractées, s’ouvrant en juillet. Pour les organes sexuels, voir la famille des Polygonacées (183, B).

Propriétés, usages. On emploie la racine, qui est grosse, noire emdehors, d’un blanc jaunâtre en dedans, d’une saveur amère et styptique. Elle peut être considérée tout à la fois comme antiscorbutique et astringente. M. Dubois, de Tournai, n hésite pas à la considérer comme un des meilleurs astringents connus et à la placer à côté de la noix de galle. « Une femme, âgée de 46 ans, dit-il, avait depuis trois jours une hémorrhagie utérine des plus abondantes: elle perdait au moins 1 kilog. de sang dans les 24 heures. Nous lui prescri-

vimes une décoction de Patiencéaquatique, et dès Me

mières tasses ‘de son administration, l'écoulement sanguin s'arrêta. — Un phthisique, âgé de 50 ans, crachait du sang en abondänce depuis plusieurs jours ; nous le mîmes à l'usage de la même décoction; l’hémorrhagie disparut au bout de 24 heures. »

Récolte. La racine étant vivace, on peut la récolter en toute saison, au bord des rivières, des canaux, étangs, fossés aquatiques : c'est l’hydro-lapathum des officines.

PRÉPARATIONS, DOSES

Décoction (racine): 15 gr. par 1000 gr. d’eau.

vw à PERVENCHE. Vinca minor, L.

. Pervenche commune, Petite-Pervenche, Violette-des-Sorciers, Petit-Pucelage,

La Pervenche (pl. xxix, 5) croît spontanément dans les bois, les lieux humides et ombragés, où elle se multiplie facilement par les nombreux rejetons qu’elle pousse.

Plante de la famille des Apocynées (214, A), vivace, sousfrutescente, à tiges de 2-8 décim., sarmenteuses, glabres, les florifères courtes et dressées (1), les stériles très longues et couchées ; feuilles opposées, ovales-lancéolées, courtement pétiolées, glabres et luisantes, ordinairement 4 à la fin de la tige.

Fleurs bleues, quelquefois blanches, solitaires sur un pédoncule assez long et axillaire {mars-juin ); calice 5-fide; corolle tubuleuse à 5 lobes obliquement tronqués, tube élargi et pentagonal au-dessus de l'insertion des étamines, gorge fermée par des poils et les anthères conniventes, et couronnée par une membrane annulaire à 5 plis opposés aux lobes de la corolle. 5 étamines incluses, insérées au milieu de la hauteur du tube; style à 2 stigmates, l'un au-dessus de l’autre, ete.

Propriétés, usages. La Pervenche est sans odeur; ses feuilles ont une saveur amère qui n'est point désagréable. Elle est ré-

putée vulnéraire et astringente, employée dans le crachements

de sang non accompagné de fièvre, les flueurs blanches ; dans

{1} Elles sont figurées sur la planche dans des proportions trop grandes eu égard aux autres plantes.

V MRnncie. en er dans lepansement des plaies et des ecchymoses, et contre Îles MR RO du sein en applications topiques.

Cette plante a quelque célébrité : en Htalié on fait des couronnes qu'on dépose sur le cercueil des jeunes filles; sa vue charmait J.-J. Rousseau; madame de ÉAviné recommandait souvent à sa fille la bonne petite Pervenche contre les douleurs de poitrine dont elle se plaignaït ; enfin son nom de Violette-des-Sorciers rappelle quelques emplois mystérieux qu'on en a faits. |

Récolte. La Pervenche peut être recueillie en toute saison, parce qu'elle est vivace et toujours verte. Elle ne change pas de forme par la dessiccation. |

PRÉPARATIONS, DOSES. UE

Décoction (plante verte) :30 gr. par 500 gr. d’eau — (plante sèche) : 15 gr. pour la même quantité de véhicule, — Les femmes de la campagne ont foi dans cette tisane pour prévenir les maladies laiteuses.

Cataplasme (plante cuite}: en application sur les mamelles pour ramener le lait (remède populaire).

La GRANDE-PERVENCHE, Vinca major, peut être employée aux mêmes usages. C’est un sous-arbrisseau du midide la France, qui sert aussi à faire des tonnelles, à garnir des bas

Nù de murs.

‘ PILOSELLE,. Hieracium pilosella, L.

+ + Épervière-Piloselle, Oreille-de-Souris. .

L'Oreille de Souris est une petite plante des Synanthérées, tribu des Chicoracées (2357-41, D), ayant au collet d’une petite racine des rejets rampants velus feuillés. Les feuilles sont obovales-oblongues, entières, tomenteuses en dessous, vertes et poilues en dessus. ,

Fleurs jaunes, en capitules assez gros et solitaires à l extrémité de hampes, qui sont dressées, grêles, velues, de 10 à 20 e. (mai-septembre). Involucre imbriqué, pubescent, chargé de poils noirs et rudes; demi-fleurons hermaphrodites, en €or-

* nets, terminés par une languette tronquée à 5 dents.

Propriétés, usages. Présent inodore, un peu amére et acerbe. Elle d6it à la crédulité ou aux rêves des anciens d'avoir été yantée pour guérir la a l'hydropisie, la févre tierce es uléères internes, jusqu'aux herniés.

Récolte. I est préférable de l’employer verte, maison peut la cueillir toute l' ée pour la conserver; elle se trouve dans les lieux secs, les Coteaux les pazons. On la trouve

encore chez les herboristes, sèche etreconnaissable à la forme

et aux longs poils de ses feuilles.

“ PRÉPARATIONS, DOSES

Mn à décoction : une petite poignée par kilog. d’eau, L 4 |

POTENTILLE. Voyez ARGENTINE. »

Car

s . à PRUNELLIER. M na La 5 æ. é

Arbrisseau de la famille des Rosacées (264-68, A), tellement commun qu’on en fait des haies. Les fruits (PrMeNES) sont astringents, très âpres, et ñe & doter un peu que quand ils ont été attaqués par la gelée, On en préparait autrefois un extrait fort âpre, appelé acaciæ& germanica, parce qu’on le ti-

rait surtout d'Allemagne. à L'écorce de la tige ést PAT 2StEReUntE et fébrifuge, + mais sans emploi.

PYROLE. Eyrgla rotundifolia , La

Plante vivace, ho de 3 à 5 décim, (pl. xxxu, 5), de

la famillé des Me | B): tige simple, nue; feuilles arrondies, entières, cor persistantes, Me en ro- -sétte, longuement pétiolées." v

| PA blanches ou d'un blane rosé, n gr appe dressée, à péficelles recourbés, par: aissant en juin- “juillet calice à 5 divisions lancéolées : corolle de 5 pétales obovales, connivents; 10 étamines pencliées, à filets aïqués ; NT 41 réflgehi, ag qué-ascendant au sommet ;gstigmate élargi, Capsule à 5 loges ” poléperme . .

Propriétés, usages. La Pyrole, qui croît dans les endroits

cote des bois montueux ; dont la saveur est amère, acetrbe, et qui fait partie du vulnéraire suisse, est à peu près inusitée. Cependant on l'estime astringente, vulnéraire, ütile contre des diarrhées, les crachements de sang, la leucor-

rhée, etc. Fe. “ob

« « + PRÉPARATIONS , DOSES

Infusion : une pincée par tasse d’eau. | Poudre : 2 gr. fus a + s - ë QUINTEFEUILLE, pt reptans, L. è

La Potentille rampante (pl. xxxi, 4) croît dans lé us, au bord des chemins, dans les pâturages, les fossés.

Plante Moblacée: vivace, “de, la famille des Rosacées, genre Potentille(264-65, B). De sa che épaisse naissent des tives très longues, grêles, presque filiformes, rampantes, stolonifères, portant des rosettes de feuilles au niveau des nœuds, lesquelles feuilles sont pétiolées et composées de 5-7 folioles ovales-dentées, un peu pubescentes en dessous,

Fleurs jaunes, parfois blanches, solitaires, latérales, où opposées aux feuilles, dontiles pédicelles dépassent celles-ci (juin-août). Calice à 5 divisions, muni d’un calicule; 5 pétales «PAPA le calice ; le reste commé dans l afbentiné.

” Propriétés, usages. La racine est la partie employée; elle est inodore, ainsi que la plañté entière, mais d’une saveur astringente assez prononcée. On l'emploie éfgtisane dans les flux atoniques"mudueux ou sanguins ; en gargarismes dans, les , maux de gorge, les ulcérations de la bouche, etc. Sa propriété | antifébrile a été’ établie par Hippocrate, reconnue par Sénhc, Chomel, et depuis eux par les campagnards, mais elle est dé-

+ daignée pa les médecinS, qui, eneffet, ont à leur” disposition :

de meilleurs fébrifuges dndigènes. u "€

Récolte! Elle doit se faire en automne, lorsqu’ on veut

* consetver la racine, qui est de la grosseur du doigt, longue,

couverte d’une écorce brunâtre, d’uné couleur rougeâtre en dedans.

+ d » à v ñ ms LL. ' : :

nn”

PRÉPARATIONS, DOSES j

Décoction [racine) : 30 gr. par 500 gr. d’eau. Poudre (racine sèche) : 6 à 15 gr. en a" ou autrement. .£

PPAPONCE; Campanula rapuneulus , L.

Campanule, Raïponce,

La Raiponce est cultivée dans nos jardins, mais elle croît naturellement dans les prairies, sur dla lisière des bois, au bord des chemins, des fossés. #

+ Plante bisannuelle, de 60 cent. de haut environ, de la famille des Campanulacées (229, A). Tige dressée, simple, divisée supérieurement ; feuilles inférieures allongées, étalées sur le sol, velues; les supérieures étroites, lantéolées, sessilés, glabres. ss Fleurs bleues, disposées en une panicule tegfhinalé allongée, à rameaux dressés (juin-juillet). Calice glabre à 5 divisions linéaires ; corolle campanulée , 5-lobée ; 5 étamines, ete,

“Propriétés. Au printemps on fait une grande copsBiniaee de la Raiponce en salade ; sa racine est fade et mucilagineusë, sans emploi en médecine. s À 4

L'espèce CAMPANULE-TRACHÉLIE, Ganteléé, Gant de Notre-

Damelpl. xvnr, 4), est légèrement astringente, et sa racine

a joui d'une grande réputation dans letraitement,des angines,

des maladies de la trachée, ce qu'indique d'ailleurs son

nom de Trachélie. “1

. s RENOUÉE. Polygonum aviculare, L.

Traînasse, Herbe à cent nœuds, Herbe des Saints-Innocents, Sanguinaire, Centinode, * £ Langue de Passereau, Trame, Aviculaire, etc.

La Traînasse, qui appartient aux Pol yghücées (185, A), . est une plante annuelle, herbacte, À à tiges de 30 cent. de longueur, rampantes et appliquées sûr la terre, simples ou à rameuses, nouées, renflées à chaque articulation ; feuilles alternes ovales-lancéolées, entières, glabres, brièvement pétiolées. n . ” Fleurs blanchâtres ou rougeñtres, presque sessiles, solitaires ou disposées par 2-4 à l'aisselle des feuilles { juin-octo-

KE « à - L »

bre). Calice 45 découpures profondes, colorées ; corolle nulle ; 8 étamines courtes ; 3 styles courts. Fruitstrigones, pointuss longitudinalement striés.

Propriétés, usages. La Renouée-Traïnasse n'a ni odeur ni saveur, pour ainsi dire. Elle contient un principe colorant bleu, comme l'espèce indigo dont elle se rapproche par ses caractères. Dans les campagnes ôn la croit douée de beaucoup de vertus contre les dyssenteries et les hémorrhagies, ete. Les anciens l'employaient dans les crachements de sang, les flux de ventre. Poiret considère cette plante comme méritant ‘une place honorable parmi les végétaux utiles; M. Levrat- Perrotin, de Lyon, l'a administrée avec un succès complet, en décoction, dans trois cas de diarrhée qui avaient résisté à l’eau de riz, aux fécules et au laudanum. Au dire de Wilmet, les vétérinaires font un secret de l'emploi de la Traînasse contre le pissement de sang chez les vaches. — Malgré ces témoignages, nous n'avons aucune confiance dans cette plante presque inerte ou tout au plus émolliente; il faut l'abandon- -ner aux lapins, qui en sont très friands.

RHAPONTIC. Rheum rhaponticum , L.

Rhubarbe des Moines, Rhubarbe à Maquereaux ou à Tartes, Rhubarbe anglaise,

Cette plante, qui croît naturellement en Allemagne et ne vient guère en France qu'au moyen de la culture, laquelle est facile dans nos jardins, est haute d’unmétreenviron; elle a des tiges fortes, grosses, charnues, glabres, un peu rameuses, d’un vert jaunâtre; des feuilles alternes, les inférieures pétiolées, très larges, ovales-cordiformes, légèrement pubescentes en dessous et sinuées sur les bé. les supérieures petites, sessiles.

Fleurs d'un blanc verdätre, petites, en grappes formant une panicule terminale, ét paraissant en mai-juin. Pour les caractères spécifiques, voir la famille des Polygonacées (185), genre Rhubarbe, qui offre : calice à 5 ou 6 divisions, donnant attache à 9 étamines ; ovaire surmonté de 3 stigmates épais,

LA 4

%: s. | Li LE L # À 366 ü PLANTES MÉDICINALES. ns:

peltés, simples. NEA à 3 gles saillfuis et mean, | Fu $ |

enveloppé à sa base par le € de peu développé. - Propriétés, us Laratine de “Rhapontic est ET

comme tonique-astringente, sf purg#re à dose plus élevée.

Ellé peut être employée comme la rhubarbe dé Chine, danss M

l'atonie du canal digestif , les gastralgies, les obstructions, la !

chlorose ; comme astringento* dans la dyssenterie, la leucor-

rhée ; comme purgative quelquefois, en n oubliant pas que son

effet évacuant peut être sûivi d'un effet contraire, dla con-

stipation, à cause de son action styptique. + @ vs 1 Les tiges de cette plante sont d'une acidité agréable; cou

pées par morceaux et cuites, elles remplacent en Angleterre

les groseilles à maquereaux, et on en fait aussi des poudings.

— On peut préparer avec leur pulpe des cataplasmes qui se-

ront résolutifs ou maturatifs selon les cas. MF L£ Récolte. La racine de Rhapontic est grosse, épaisse, spon-

gieuse, un peu rameuse ; on la trouve sèche dans les bouti-

ques, venant d'Allemagne. Quand on la récolte dans nes jar-

dins, il faut la diviser partfragments et la faire sécher de.

l'air. Sèche, elle est moins jaune à l'intérieur, inodore, d'une

saveur un peu amère, et moins active qu'à l'état frais. . ,

Les Rhubarbes sont des végétaux de la Chine que loi a essayé de cultiver en Europe et en France. On a réussi jusqu'à un certain P'ALE mais les racines que l’on obtient sont * très inférieures à celles qui nous viennent d'Asie, et qui sont d’ailleurs que compactes et plus lourdes

PRÉPARA TIONS, DOSES

Infusion (racine) : 15 à 30 gr, par kilogr. d'eau. — En décoction, même CAL dose.

Poudre : 1 gr, comme tonique-astringente; 4 à 15 gr, comme purgative,

RONCE, Rubus fruticosus, L.

Ronce des haies ou commune, Roumi, Mûrier sauvage. Arbrisseau très commun dans les haies, les bois, les buis-

sons, à tiges trés longues, sarmenteuses, anguleuses, couchéesoudressées, munies d'aiguillons forts, erochus ou droits.

MÉDICATION TONIQUE-ASTRINGENTE. 367 Fe cuilles à à 5-7 folioles, les supérieures à 3-5 folioles, dont la face inférieure est rt ou tomenteuse, Famille des Rosacées (26465, E €

Fleurs xosées ou nn à 5 pétales étalés et 5 divisions calicinales, étalées ou réfractéespaprès la floraison, disposées en grappes terminales lâches, se montrant en juillet- septembre, etc. Le fruit se compose de carpelles nombreux, peu adhérents au réceptacle, sous forme de grains noirs, luisants, appelés müres sauvages où de renard."

Propriétés, usages. Les feuilles et les tiges tendres de la Ronce sont douées de propriétés astingentes, et constituent le remède banal du peuple pour guérir les maux de gorge. —- On les emploie en décoction, sous forme de gargarismes auxquels on ajoute ordinairement du miel rosat, quelquefois sous . forme de tisane dans la diarrhée chronique, les flueurs blanches. — Les fruits peuvent être considérés comme tempérants, parce que leur saveur est un peu acide et agréable.

La Ronce BLEUE |Rubus cœsius) peut remplacer l'espèce dont nous parlons. Elle est moins grande, plus rampante; ses feuilles sont à 3 folioles: ses fleurs se montrent plus tôt; les divisions calicinales sont conniventes après la floraison ; fruit non luisant, composé de carpelles moins nombreux et plus adhérents au réceptacle.

ROSIER. Rosa gallica, Li

Rose rouge ou de Provins, Rosier de France. 0 v°æ

Le Rosier de France {pl. xxx1, 2) croît spontanément dans. les provinces du Midi; on le cultive dans celles du Centre et du Nord. + CL:

Arbrisseau de la famille des Rosacées (264-69, A), de 1 m. et plus, à tiges rameuses, dressées ou étalées, avec des ai guillons nombreux de forme et de volume différents; feuilles 3-5-lobées, pubescentes à la face inférieure à folioles dentées; stipules oblongues-linéaires, à oreillettes divergentes.

Fleurs d'un beau rouge pourpre, belles, grandes, solitaires sur de longs pédoncules hispides, Calice à 5 découpures allongées qui dépassent les pétales, resserré à l'orifice dans le

bouton, étalé à la maturité; corolle de 5 pétales en cœur renversé, d'un plus grand nombre dans les espèces doubles ; étamines nombreuses à filets @ourts et anthères à 3 faces, ete.

Propriétés, usages. La Rose de Provins est moins odorante fraîche que sèche. On a À ses pétales, qui sont doués de propriétés astringentes, amères et toniques : 1° à l'extérieur, en lotions, injections, collyres ; D à l'intérieur, sous forme de tisane, de conserve, etes Dans le premier cas, on l’oppose à la leucorrhée, à la diarrhée, à l’ophthalmie, à la phthisie, principalement à la blennorrhagie passive, aux ulcères atoniques et blafards ; dans le second cas, on l’administre dans les débilités de l'estomac dues aux flueurs blanches, dans les dyssenteries chroniques, les flux atoniques, etc.

Récolte. Les Roses rouges se récoltent au mois de juin, quand elles sont encore en bouton; car, épanouïies, elles ont moins de propriétés. Opoix, pharmacien à Provins, avait prétendu que celles des environs de cette ville étaient supérieures à toutes les autres; mais cette opinion a été réfutée, et l'on sait que le commerce tire surtout la Rose de France des environs de Metz, où elle est fort belle. On sépare les pétales du calice, et on les sèche promptement à l’étuve ; puis on les conserve dans des boîtes de bois garnies de leurs couvercles. Le temps les décolore un peu et diminue leur odeur. On doit rejeter tous les pétales qui seraient peu rouges, peu odorants et peu amers et styptiques. Il faut savoir, au reste, que, leur couleur rouge n’est pas générale, que l'onglet reste jaune.

PREPARATIONS, DOSES.

La Rose de Provins s'emploie de plusieurs manières et fait la base de plu- &: préparations RER ra dont voici les noms et usages.

nfusion [pétales] : 8 à 15 gr. par kil. d’eau en tisane. — 15 à 60 gr, par même quantité d’eau pour baton, lotions, collyres, — Infusion vineuse pour fomentations, injections, pansements de plaies et ulcères blafards.

Poudre : 2 à 8 gr. dans un véhicule RES

Conserve [1 partie sur 2 parties de sucre) : 4 à 30 gr, comme stomachique, tonique-astringente, et même antiphthisique, car on attribue à cette préparation la vertu de guérir la maladie de poitrine.

Sirop : 36 à 60 gr, dans un véhicule approprié.

ke

MÉDICATION TONIQUE-ASTRINGENTE. 369 Vin (1 partie de pétales sur 16 de vin rouge) : quantité suffisante pour lotions, injections, Miel rosat : 30 à 60 gr. comme édulcorant pour gargarismes astringents.

Les espèces et variétés de Rosiers sont très nombreuses ,

LOT] Là Là = di .

leurs fleurs sont douées de propriétés émollientes, astringentes, quelquefois laxatives. Nous citerons les principales.

Rosier 4 CENT FEUILLES (R. centifolia). Ses fleurs sont magnifiques, mais moins odorantes que celles de l'espèce suivante. On en prépare une eau distillée très employée pour collyres astringents, soit seule, soit à titre de véhicule de médicaments plus actifs, tels que le sulfate de zine, l'acétate de plomb, le nitrate d'argent.

RosIER DES QUATRE-SaIsoNs où DE Damas (Rosa damascena, R. bifera). Ses fleurs répandent une odeur délicieuse, due, comme dans les autres espèces, à une huile volatile connue sous le nom d'essence ou huile essentielle de rose, qui sert principalement dans l’art du parfumeur, et qui est susceptible de se solidifier (beurre de rose).

Rosrer DE Cnien (Rosa canina). Ilest champêtre, et ainsi nommé parce que l’on a vanté sa racine contre la rage. Ses fleurs ont peu d'apparence; mais ses fruits, appelés cynorrhodons, ont servi à préparer une conserve qui a été très employée comme astringente et tonique dans les diarrhées, l'affaiblissement intestinal.

#Roster pu BEnGaze (Rosa indica]. Cette jolie espèce, à feuilles luisantes persistantes, fleurit toute l’année en pleine terre. Une de ses variétés a des pétales qui sentent le thé (Rosier à thé).

RosIER SAUVAGE OU DES HAIES | Rosa eglanteria), Églantier (pl. xx, 5). Arbrisseau formant un buisson épais ; feuilles à pétioles pubescents, 5-9-foliolées, doublement dentées ; fleurs d'un beau jaune, etc. — Une variété de cette espèce ales pétales d’un rouge éclatant (Rose ponceau).

Le nom d'ÉGLanTieR s'applique aussi au Rosier de Chien,

dont les feuilles sont à 5-7 folioles, les fleurs blanches ou : 24

d'un blanc rosé, ete., et dont nous avons fait mention plus haut.

Au reste, le nombre des espèces du genre Rosier est si considérable qu'il devient impossible au plus savant botaniste de se reconnaître dans ce dédale. Linné n'était pas éloigné de croire qu'il n’y avait qu'une espèce de rose, variable à l'infini sous l'influence d’une longue culture et des greffes successives, espèce qui serait l'Eglantier.

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