‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 125 sur 177 · ANTISPASMODIQUES · texte numérisé non relu

ANTISPASMODIQUES

Les Antispasmodiques sont des médicaments légèrement stimulants, dont l’action se porte spécialement sur le système nerveux, qu'elle modifie de manière à faire cesser le trouble de ses fonctions et à calmer l'état spasmodique.

Mais d’abord qu'entend-on par spasmes ? Ce sont des désordres de l’innervation du système ganglionaire (Grand-sympathique), qui, bornés à la mobilité, aux fonctions des viscères intérieurs, constituent cette foule de maux comnus sous le nom de vapeurs ; tandis que, par opposition, on appelle convulsions les troubles de l’action nerveuse du système cérébrorachidien (Cerveau et Moelle épinière].

L'état spasmodique est primitif ou consécutif. On doit le considérer dans les trois cas ou circonstances distinctes que voici : ou il est essentiel, sans autre altération que la sienne propre, et constituant à lui seul toute la maladie; ou il com-

plique des affections aiguës ; ou enfin il se manifeste comme symptôme propre de certaines maladies. — 1° L'état nerveux primitif ou essentiel résulte ordinairement d'un excès de développement du système ganglionaire et de sa prédominance sous l'influence des passions et émotions morales, de la privation de matériaux nécessaires à la nutrition, d’une sorte de surexcitation ou d’atonie de la matrice chez la femme. Il a pour caractère essentiel, qui le diffère des convulsions, d'être précédé d’une sorte de vapeur (l'aura des auteurs) qui part des organes génitaux, abdominaux ou thoraciques. Il se présente d’ailleurs avec une très grande variété de formes et de degrés que l’on peut traduire de la manière suivante : mobilité nerveuse, impressionnabhilité excessive, anxiétés, tressaillements involontaires, pleurs et rires pour la moindre cause, bouffées de chaleurs, vapeurs et spasmes, flatuosités, gastralgies, palpitations, toux convulsive, accidents de différentes sortes. Ces troubles nerveux se rencontrent très fréquemment, combinés de diverses manières chez les femmes pendant leur existence sexuelle ; et l'oisiveté, la vie molle, les passions, les abus des bains, la diète prolongée et tout ce qui excite le moral les augmentent. Or, les antispasmodiques sont propres à les combattre ; ils ont contre eux une action que rend plus sûre l'existence d'un foyer viscéral d'où part l'aura, tandis que, au contraire, ce sont les opiacés et les solanées vireuses qui réussissent le mieux dans les convulsions, telles que la chorée, l'éclampsie, qui ont pour point de départ l'encéphale.

20 L'état nerveux qui vient s'ajouter aux affections aiguës est assez rare, par la raison toute simple que la force vitale est absorbée, pour ainsi dire, dans sa réaction organique, et qu'il y a consensus d'efforts excluant la production d'actes dont le caractère est l’aberration et l'absence de phénomènes critiques ; par la raison encore que la fièvre est antipathique aux spasmes, car Hippocrate l'a dit : febris spasmos solvit. Toutefois, les inflammations des poumons et les fièvres malignes font exception à cette loi, et contre les complications nerveuses de ces maladies, c'est le muse qui paraît être l’an-

LD

tispasmodique le plus convenable. Ces complications nerveuses se montrent plus fréquentes dans les affections chroniques, surtout chez les femmes hystériques ; elles cédent toujours d'autant plus facilement aux antispasmodiques qu’elles sont plus indépendantes de toute lésion organique.

3° Enfin, considéré comme symptôme de maladie aiguë, l’état nerveux n’anullement le caractère des spasmes. Excepté l'état ataxique des fièvres graves, où le camphre et les toniques-névrosthéniques conviennent, 1l se rattache à une lésion déterminée du système cérébro-spinal contre lequel il faut commencer par diriger les agents thérapeutiques. Les remèdes efficaces contre les spasmes sont, par conséquent, sans effet contre le trouble nerveux symptomatique dont nous parlons.

Les Antispasmodiques n’exercent qu'une action fugace, d'un effet prompt, souvent même nul. Ils n’occasionnent pas l'assoupissement comme le font les préparations d’opium et les plantes vireuses, quoiqu'ils apaisent l'agitation dans les cas que nous venons de spécifier. Il ne faut pas les abandonner trop tôt; 1l faut insister, au contraire, et les changer parce que si l’un échoue l’autre peut réussir ; si l'éther est sans effet, la valériane ou l’assa fœtida pourra accorder ce que l’on désire en obtenir. En général cependant, les médicaments antispasmodiques sont peu fidèles dans leur action, surtout lorsqu'ils sont employés, comme nous l'avons déjà dit, contre les troubles nerveux encéphalo-rachidiens ; aussi leur associe-ton fréquemment quelque substance narcotique.

Les Antispasmodiques sont fournis parles trois règnes, mais plus particulièrement par le règne végétal et par le règne animal. Ces deux dernières sources produisent des substances qui se font remarquer généralement par leur odeur pénétrante et la grande volatilité de leurs principes actifs.

Page 1