‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 126 sur 177 · PLANTES ANTISPASMODIQUES · texte numérisé non relu

PLANTES ANTISPASMODIQUES

Ambroisie, sommités. Jasmin, fleurs. | Primevère, fleurs, feuilles.

Pallote. Muguet, fleurs, baies. Tilleul, fleurs, écorce, Caille-lait, sommités fleur.| Oranger, fleurs, feuilles. | Valériane, racine.

Gui, écorce, Pivoine, racine, fleurs. Vulvaire, sommites,.

ba,

Nous venons de faire l'histoire d’une foule de plantes classées parmi les stimulants, qui agissent aussi comme antispasmodiques : telles sont l'Armoise, la Matricaire, la Mélisse, le Romarin, la Sauge, la plupart des Labiées en un mot. — Les éthers, l'alcoolat de mélisse, certaines gommes exotiques qui ne sont pas de notre sujet, sont des médicaments antispasmodiques puissants,

AMBROISIE. Chenopodium ambrosioides, L.

Thé du Mexique, Ansérine,

Cette plante est de la famille des Chénopodiacées, genre Ansérine (185, A). Elle ressemble beaucoup au botrys et au bon-henry {1} par ses propriétés physiques et médicales ; elle se reconnaît à sa tige cannelée, rameuse, pubescente ; à ses feuilles oblongues ou lancéolées, entières ou sinuées-dentées ; à ses fleurs verdâtres en grappes axillaires munies de petites feuilles droites et entières, enfin à ses graines verticales. Elle est d’ailleurs beaucoup plus grande que le Botrys.

Propriétés. Son odeur est aromatique, très pénétrante. « Plenck l'a employée dans les maladies nerveuses, et notamment dans la chorée, avec succès ; il rapporte particulièrement 5 à 6 cas où la maladie avait résisté aux moyens ordinaires et céda à l’usage journalier de l'infusion de 2 gros (8 gr.) de cette plante dans 10 onces (300 gr. environ) d'eau à prendre par tasse soir et matin ; il l'associe à la menthe poivrée. M. Mick, médecin du grand hôpital de Vienne [Autriche), s’en est également servi avec succès dans le même cas ; il la donne conjointement avec le quinquina : ces deux praticiens obtinrent des guérisons dans l'espace de 3 semaines à 3 mois, et ont remarqué que son administration n’est jamais suivie d'aucun effet nuisible » (Mérat et Delens).

Récolte. L'Ambroisie est originaire du Mexique, mais naturalisée en France, où elle est cultivée dans les jardins, et où elle pousse même dans quelques champs du Midi. Séchée, elle

(1) Plantes figurées dans l'atlas.

doit être soigneusement préservée de l'humidité, qui lui fait perdre ses propriétés.

BALLOTE NOIRE. Ballota nigra, L.

Marrube noir, Marrube fétide, Ballote fétide.

Plante vivace, commune le long des haïes, des chemins, d'un vert sombre, pubescent, de 50 à 80 cent. de hauteur; tiges dressées, rameuses ; feuilles ovales, un peu cordées, pétiolées, ridées et crénelées. Famille des Labiées(219, V).

Fleurs purpurines, en verticilles multiflores, axillaires, opposés (juin-septembre). Calice nervuré, campaniforme, à limbe 5-denté, ample, à 5 plis; corolle bilabiée, à tube presque inclus dans le calice; lèvre supérieure droite, entière; lèvre inférieure à 3 lobes dont le moyen est plus grand; 4 étamines didynames saillantes, parallèles sous la lèvre supérieure. Akènes oblongs, glabres.

Propriétés. Odeur forte, désagréable, fétide, qui sans doute a fait recommander cette plante dans l’hystérie et autres affections nerveuses. Tournefort conseille de boire 3 ou 4 verres par jour de son infusion pour se garantir de la goutte. Médicament inusité de nos jours.

CAILLE-LAIT, Gallium verum, L.

Caille-Lait jaune, Gaiïllet, Petit-Muguet.

Cette plante (pl. xuv, 1), de la famille des Rubiacées (243, C), a des tiges grêles, presque carrées, rameuses, hautes de 30 à 60 cent. au plus ; dés feuilles linéaires-étroites, à bords roulés en dessous, verticillées de distance en distance par 6 ou 8, dont la face inférieure est pubescente blitohtre. la face supérieure luisante, rude.

Fleurs jaunes, petites et très nombreuses, disposées en une panicule allongée à rameaux multiflores opposés, les pédoncules étant munis à leur base de plusieurs feuilles florales pointues (juin-octobre). Calice à 4 dents, très petit; corolle rotacée, plane, à 4 lobes ovales-pointus ; 4 étamines à anthè-

* Le

res globuleuses ; style bifide à stigmates arrondis, sur un ovaire {1} qui se change en un fruit glabre, lisse.

l’ropriétés, usages. Les fleurs ont une odeur de miel qui n’a rien d'agréable ; la plante est un peu amére. On lui croyait jadis la propriété de cailler le lait (de là le nom qu'elle porte), mais Parmentier n'a pu trouver de motif légitime à cette croyance. Elle donne une teinte jaune aux fromages lorsque

l'on fait infuser ses fleurs dans le lait, ainsi que le pratiquent les Anglais pour leur fromage de Chester, etonl'emploie dans la teinture des étoffes.

Le Caille-Lait est un léger stimulant, antispasmodique et sudorifique, à la manière du tilleul. On l’a recommandé contre l’épilepsie, les affections convulsives, mais on manque d’'observations qui démontrent son efficacité, et on n'y croit plus. On peut en dire autant de ses propriétés anti-hémorrhagiques et antiscrofuleuses, car bien que les anciens l’aient conseillé dans l’épistaxis, et que récemment Ferramosca le loue beaucoup dans le traitement des scrofules, où il le préfère même à l'iode, le Caille-Lait n'en est pas moins un médicament à peu près sans effet, à moins qu'on ne l'emploie pour favoriser la diaphorèse et calmer l'excitation nerveuse.

Récolte. C’est dans les prairies, sur les pelouses sèches, aux bords des chemins, qu’il faut aller cueillir le Caiïlle-Lait, lorsqu'il est en fleur, et par un beau temps. On le dispose en guirlandes, et on le fait sécher promptement; puis on le conserve dans des boîtes à l'abri de l'humidité. En vieillissant, ses fleurs noircissent, et il perd ses propriétés.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion [sommités) : 8 à 30 gr. par kilog. d'eau. comme diaphorétique, et contre la migraine, les vapeurs, les vertiges, l’épilepsie.

Sue : à une dose aussi élevée que le malade pourra la supporter.

Poudre : 4 à 8 gr,

CA Le Caizxe-Larr BLANC (Gallium mollugo)est plus élevé peutêtre ; ses fleurs sont blanches, sur des rameaux plus étalés,

{1} Représenté extrêmement grossi, ainsi que l’est la coralle à côté,

et s’'épanouissent un mois plus tôt; ses feuilles sont moins linéaires, ete. Quant aux propriétés, elles ne diffèrent pas de

celles du Gaillet jaune. à

GUI, Viscum album, L.

Gui de chêne, Gui blanc, Gui commun.

Le Gui est un végétal parasite qui vient sur les poiriers, les pommiers, noyers, peupliers, tilleuls, ete., plus rarement sur les châtaigniers, les noisetiers et les chênes.

Plante à tige ligneuse polychotome, c'est-à-dire se divisant en rameaux nombreux, arrondis, articulés, portant des feuilles opposées, simples, entières, oblongues, épaisses, à nervures longitudinales, d'un vert jaunâtre. Genre type d’une famille dont nous n'avons pas fait mention, les Loranthacées, elle offre les caractères spécifiques suivants :

Fleurs d’un jaune verdâtre, petites, sessiles, rassemblées par 2-3 dans les bifurcations supérieures des rameaux {marsmai). Elles sont ordinairement dioïques : aux mâles calice 4-fide, corolle nulle, 4 étamines à anthères sessiles ; aux femelles, calice très court soudé avec l'ovaire; corolle à 4 pétales charnus. Petite baie blanche monosperme, contenant une matière gluante qui favorise la reproduction de l'espèce en fixant la graine tombante sur l'arbre.

Propriétés, usages. Le Gui à été l’objet d'un ‘véritable culte chez les anciens Gaulois; les Druidesl’avaient en consécration et luiattribuaïent les vertus les plus merveilleuses. Ses usages en médecine remontent done à la plus haute antiquité, mais la plante n'en est pas plus en honneur pour cela aujourd'hui.

C'est toujours ainsi : on va d'un extrême à l'autre. Le Gui ne mérite pas l'abandon où il est, car trop d’observateurs ont parlé de ses propriétés antispasmodiques,anti-hystériques et anti-épileptiques surtout, pour qu’il n'y ait pas quelque chose de vrai dans ce qu'ils en disent. Ainsi Boerhaave affirme que ce médicament lui a souvent réussi dans les convulsions et la mobilité ; Colbatch en a fait les plus grands éloges dans le traitement de l'asthme convulsif, de la chorée et de l'épilep-

sie; Franck en a obtenu un plein succès dans un cas de toux rebelle; et depuis, plusieurs médecins ont cité des faits analogues, tandis que d’autres ont de leur côté guéri des coqueluches, des hoquets, des danses de Saint-Gui.

Mais, si on en croit une foule d'auteurs, parmi lesquels nous citerons Théophraste, Paracelse, Matthiole, Cartheuser, Dehaen, Georget, etc., cette singulière plante ne réussirait jamais mieux que dans l’épilepsie. Cependant voici qu'un médecin non moins célèbre, Tissot, ne lui accorde pas une très grande confiance, et nous croyons que ce qu'il en dit est le plus près de la vérité. « Ce que j'ai observé des effets du gui, dit Tissot, me persuade qu'il n’est ni tout-à-fait inutile, ni fort efficace... En le conservant comme remède, il faut bien se garder de le considérer comme spécifique et de le croire capable de guérir une maladie un peu grave. »

Dans tout cela nous n’avons pas dit comment agit le Gui : c'est un tonique amer et un excitant de l'estomac et des intestins qui peut, à dose un peu élevée, provoquer des évacuations, bien qu'il renferme un principe astringent abondant ; il est nauséeux au goût, un peu âcre, mais l’on ne voit là rien qui explique son action antispasmodique. Aurait-il été proposé contre l’épilepsie, parce que c'était une plante sacrée, senle propre à combattre cette maladie considérée aussi comme sacrée? Ce point de doute appelle de nouvelles expérimentations.

Récolte. On doit recueillir le Gui à la fin de l'automne, le faire dessécher avec soin, en séparer l'écorce, la pulvériser et la conserver dans un vase opaque placé dans un lieu sec. On croyait que celui du chêne était le plus efficace, mais c'est une erreur ; cette plante ne participe nullement des propriétés de celles sur lesquelles elle croît.

PRÉPARATIONS, DOSES

Décoction [plante sèche) : 30 à 60 gr. par kilog. d’eau.

Poudre (écorce sèche) : 2 à 12 gr.

Latrait : 4 à 6 gr.

Le gui entre dans la poudre de Guttète, célèbre amalgame de pivoine, de die-

tame, de crâne humain, de feuilles d’or, ete., ete.; {considéré comme antiépileptique.

JASMIN. Jasminum officinale, L.

Arbrisseau sarmenteux (pl. xvu, 3), à tiges faibles se divisant en rameaux grêles, munis de feuilles opposées, aiïlées, à 7 folioles, dont 6 opposées par paires, et 1 impaire très allongée.

Fleurs blanches solitaires, longuement pédonculées, formant des bouquets peu fournis à la fin des rameaux {juilletoctobre), et présentant les caractères assignés à la famille dont elles constituent le genre type (217, B).

Propriétés, usages. Les feuilles sont inodores, mais les fleurs exhalent un arôme délicieux que chacun connaît; leur saveur est amère. Ces fleurs contiennent une huile essentielle très employée dans l’art du parfumeur, et qu'on extrait au moyen de l'huile d'amandes douces, non par distillation. Elles sont données comme antispasmodiques et légèrement narcotiques ; l'essence est céphalique, cordiale : on l’emploie aussi en frictions sur les membres paralysés et dans les maladies nerveuses.

MUGUET. Convallaria maialis, L.

Muguet de mai, Lis des vallées.

Le Muguet (pl. x1, 5) vient dans les lieux humides et couverts, les bois, les taillis ; on le cultive dans les jardins.

Plante vivace de la famille des Asparagacées (156, B), composée de 2 feuilles radicales, ovales-lancéolées, amplexicaules, finissant en bas par une espèce de pétiole formé par leur engaînement, et d’une hampe grêle naissant du pied de ce bouquet de feuilles, haute de 15 à 20 cent., portant à son sommet une douzaine de fleurs.

Fleurs blanches, petites, en forme de grelot, pédonculées, alternes, regardant du même côté, munies d’une courte bractée à la base du pédoncule, et se montrant en avril-mai. Calice pétaloïde (périanthe simple), à limbe 6-denté; 6 étamines in-

sérées à sa base; style plus long qu'elles. Baie sphérique à 3 semences, devenant rouge à la maturité.

Propriétés, usages. On connaît l'odeur agréable des fleurs du Muguet, mais peut-être moins leur saveur, qui est amère, et que l’on retrouve dans les autres parties de la plante. On a conseillé ces fleurs comme antispasmodiques dans les convulsions, l’épilepsie, les vertiges, ete. Senckenberg père et fils ont préconisé les baies dans l’épilepsie idiopathique et les fièvres intermittentes.

Les fleurs de Muguet ont surtout été employées comme sternutatoires ; l'on prétend avoir guéri des céphalées, des fluxions chroniques aux oreilles et aux yeux par l'excitation que produit leur poudre prisée en guise de tabac, et l'écoulement nasal qu'elle entretient.

On récolte ces fleurs au moment où elles s'ouvrent, la racine en toute saison, car elle est vivace. En se desséchant, la plante perd de son énergie.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (fleurs vertes) : 8 à 20 gr. par kilog. d’eau.

Extrait alcoolique : 2 gr. en pilules, purgatif.

Poudre (baies) : 2 à 16 gr. comme anti-épileptique.

— fleurs) : quantité voulue comme sternutatoire. — Voici la composition d'une poudre sternutatoire : fleurs de muguet, 60; café moulu, 30; sucre blanc, 45.

ORANGER. Citrus aurantium , L.

Nous n'avons pas à refaire ici l'histoire botanique de cette plante, dont nous avons déjà parlé au chapitre de la médication tempérante, mais à étudier les propriétés antispasmodiques de ses fleurs et de ses feuilles.

Les fleurs de l'Oranger répandent au loin une odeur aromatique des plus suaves, mais leur saveur est amère. Elles sont légèrement stimulantes et d’une action qui se porte spécialement sur le système nerveux, dont elles calment les désordres ou la tendance à l’aberration fonctionnelle. On les emploie journellement, soiten infusion, soit plus souvent sous forme d’eau distillée, dans les eardialgies, les coliques ner-

veuses, l'oppression, les spasmes, et dans cette foule de maux plus ou moins réels ou imaginaires, qui, sous le titre général de vapeurs, font le tourment des femmes hystériques et des hommes hypochondriaques.

Les feuilles d'oranger, dont l'odeur est beaucoup moins marquée, mais par compensation la saveur plus amère, ne sout pas moins usitées que les fleurs, et dans les mêmes cas, principalement en infusion, laquelle est tonique, aromatique, en même temps qu'antispasmodique. Bue avant le repas, ou même mêlée avec le vin, elle est très propre à remédier aux accidents produits par la débilité de l'estomac et des intestins ; après le repas, elle facilite la digestion, calme les maux de tête, dissipe la flatulence: enfin elle constitue une tisane très convenable dans la période algide des fièvres intermittentes, des dyssenteries et du choléra. Mais on ne doit pas oublier que cette boisson, comme l’eau de fleurs d'oranger, est un peu excitante, échauffante, comme dit le peuple, et qu'elle ne convient pas lorsque les voies digestives sont le siége d’une irritation franchement inflammatoire, ce qui, pour le dire en passant, est plus rare qu’on ne pense.

On récolte les fleurs et les feuilles d'oranger sur les arbres de nos serres, ou, ce qui vaut mieux, sur ceux qui croissent en pleine terre dans le Midi. Les premières doivent être dépouillées de leur calice, et demandent beaucoup de soins pour leur conservation; les feuilles doivent être choisies vertes, en bonne végétation; il faut rejeter celles qui sont jaunes, tachées ou tombées. On pourrait les employer fraîches, mais on les trouve en abondance séchées dans lé commerce.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (fleurs) : 4 à 16 gr. par kilog. d’eau.

Eau distillée [de fleurs) : on l’ajoute aux boissons par cuillerée, ou aux potions, soit comme aromate, soit comme véhicule,

Sirop (de fleurs] : on le prépare avec l’eau distillée et le sucre ; il sert à édulcorer les tisanes et potions calmantes.

Infusion (feuilles) : 4 à 15 gr. par kilog. d’eau.

Poudre [de feuilles) : 2 à 8 gr.

Huile essentielle (de feuilles) : 2 à 6 gouttes.

PIVOINE. Pœonia officinalis , L.

Pivoine mâle, Pivoine femelle, Péone, Pione, Herbe chaste, Rose sainte.

La Pivoine (pl. xuiv, 3) habite les prairies et les bois montueux des provinces méridionales et du centre de la France. On la cultive pour la beauté de ses fleurs, qui doublent avee une grande facilité.

Plante vivace de la famille des Renonculacées (500, O), haute de 60 cent. environ; tige dressée, rameuse, glabre, un peu glauque ; feuilles grandes, deux fois ailées, à folioles trilobées, ou simples etovales-lancéolées, glauques en dessous. Racines grosses, longues, fusiformes, réunies en une sorte de paquet.

Fleurs d'un rouge violacé, très grandes, solitaires et terminales {mai-juin). Calice à 5 sépales inégaux concaves, foliacés ; corolle à 5 pétales très grands, ovales-obtus et concaves; 30 à 100 étamines plus courtes que la corolle, et dont plusieurs se convertissent en pétales par la culture; 2 à 5 ovaires surmontés d'autant de stigmates épais, sessiles, irréguliers et de couleur pourpre. Capsules uniloculaires, polyspermes, renflées à leur base et cotonneuses; graines noirâtres.

Propriétés, usages. L'odeur des fleurs est un peu nauséuse, forte et désagréable; leur saveur est amère-acerbe. L'odeur de la racine est aromatique, vireuse et pénétrante. La Pivoine est encore une de ces plantes qui ont été chez les anciens l'objet d’une sorte de culte ; 1ls la traitaient de plante divine, d'émanation de la lune, et ils la croyaient propre à éloigner les mauvais esprits, à préserver des malheurs, etc. Ses vertus médicales n'étaient pas moins extraordinaires; car elle passait pour guérir les plaies les plus meurtrières, les morsures de serpents, l'épilepsie, ete. Galien lui-même pensait qu'il suffisait de la porter en amulette pour faire cesser cette dernière maladie, ce que Fernel et Willis n’ont pas craint de répéter après lui.

Malgré l'absurdité de ces contes merveilleux, 1l faut reconnaître que la Pivoine a quelquefois été utile dans certaines maladies nerveuses , telles que la chorée, l'éclampsie des enfants , l'épilepsie , les tremblements , l'incube ou cauchemar,

selon Chomel : du moins c’est l'opinion de Gilibert, Peyrilhe, Tissot, Roques, ete. Mais il est vrai d'ajouter que cette plante fait partie de presque tous les composés antispasmodiques connus , et que c'est ce qui empêche d'apprécier au juste ses véritables propriétés ; ear on devrait, disent avec raison Mérat et Delens, employer toujours la racine en décoction à l’état frais (on peut s’en procurer toute l’année), peut-être alors lui trouverions-nous ces vertus si prônées contre l'épilepsie et l'action sédative sur le système nerveux qu'on lui a accordée , ainsi que ses propriétés contre les engorgements des viscères, etc.

Récolte. Les racines de Pivoine, étant vivaces, peuvent s’arracher en toute saison pour l'usage thérapeutique. Nous ne sommes plus au temps superstitieux où les pratiques les plus extravagantes présidaient à cette récolte. Leurs tubereules sont assez riches en fécule. La dessiccation leur fait perdre une partie de leur saveur et les rend inodores. On trouve encore chez les herboristes les graines sèches , grosses comme des pois, enfilées en chapelets, et encore demandées par les femmes du peuple pour faire des colliers présernatits des convulsions à leurs enfants.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion ou décoction (racine, fleurs ou graines) : 15 à 30 gr. par kilog. d’eau. Mais presque toujours c’est la racine qu’on emploie.

Suc (de la racine fraîche) : 20 à 30 gr.

Poudre (racine) : 2 à 4 gr. — {Semence] : 1 à 2 gr,

PRIMEVÈRE. Primula officinalis, L.

Herbe à la paralysie, Primerolle, Coucou, Oreille-d'Ours, Brayette, Brayes-de-Coucou,

Plante vivace (pl. xvn, 6), genre type des Prémulacées (222, A), à souche horizontale et rameuse d’où naissent un grand nombre de fibres et une touffe de feuilles radicales, pétiolées , oblongues , obtuses, dentées, velues et ridées ; du centre de ces feuilles s'élève une hampe ain florifére, de 1 à3 décimètres de hauteur.

Fleurs jaunes, en sertule, à calice tubuleux 5- denté ; corolle

à peine plus longue, 5-lobées ; 5 étamines incluses; style fi forme , stigmate globuleux. Capsule uniloculaire, multivalve.

Propriétés, usages. Les feuilles et les fleurs de la Primevère sont antispasmodiques à la manière du caille-lait et du tilleul. « Comment concevoir, dit Gauthier, qu’une herbe sans odeur, dont la saveur se perd par une simple infusion, et qui ne peut produire aucune action stimulante, puisse guérir la paralvsie dont les causes nombreuses et si diverses cèdent avec tant de difficulté aux moyens les plus actifs, quand elles n'y sont pas tout-à-fait rebelles ! Cette réflexion donne la mesure de la confiance que l’on doit accorder à la Primevère dans la paralysie, explique l'oubli dans lequel elle est tombée et excuse les auteurs modernes de matière médicale qui n’en font plus même mention parmi les médicaments. » — La racine de cette plante a une odeur forte et une saveur amère et styptique : on l’emploie en décoction dans les campagnes contre la gravelle et les vers.

On récolte la Primevère dans les bois, les prés, le long des haies, pendant la floraison, c’est-à-dire en mars.

La PRIMEVÈRE-OREILLE-D'ours , variété cultivée, n’est pas douée de propriétés plus énergiques.

TILLEUL. Tilia europæa, L.

Tillau, Tillet,

Arbre connu de tous; genre type des Tiliacées (322), à feuilles alternes, arrondies-cordiformes, pétiolées, dentées en scie, glabres en-dessus, un peu pubescentes en-dessous.

Fleurs d'un jaune tendre {pl. xxiv, 4), réunies 2-6 en une petite grappe, portée sur un pédoncule commun, lequel est soudé avec une bractée foliacée, étroite, oblongue, d’un jaune pâle, que soutient une petite tige axillaire [mai-juin). Les caractères spécifiques des fleurs sont ceux du genre.

Propriétés, usages. Les fleurs sont les parties usitées; elles ont une odeur faiblement aromatique , assez agréable, due à une huile aromatique; leur saveur est comme visqueuse, un peu sucrée. On les emploie journellement en infusion théiforme,

soit comme antispasmodique dans les affections nerveuses, telles que l’hystérie et ses accidents, l'hypochondrie , la migraine , la cardialgie ; soit comme diaphorétiques et aromatiques, dans la diarrhée séreuse, le refroidissement, la première période des fièvres intermittentes. Plusieurs auteurs en ont parlé comme une sorte de spécifique contre l’épilepsie, nouvelle preuve du peu de crédit que doivent avoir les assertions des observateurs peu rigoureux.

Les feuilles et l'écorce du tilleul contiennent une assez forte proportion de mucilage; elles peuvent fournir en conséquence des décoctions émollientes propres à remplacer celles des Malvacées.

Récolte. On cueille les fleurs du Tilleul d'Europe dans le mois de juillet; on conserve presque toujours les bractées , mais c’est un tort, car elles n’ont aucune propriété, et unies aux fleurs, elles en augmentent le volume et le poids sans rien ajouter à leurs vertus (bien au contraire), si les doses ne sont pas modifiées en conséquence. La dessiccation se fait à l'étuve ou au soleil, et n’altère pas les propriétés médicamenteuses.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (fleurs) : 1 ou 2 fortes pincées par 750 gr. d’eau. On ajoute du sucre ou un sirop, et l’on a une boisson agréable. — Il faut 4 pincées lorsque les bractées sont conservées. On joint très souvent à l’infusion quelques feuilles d'oranger, ce qui constitue la tisane de tilleul-oranger.

Eau distillée : 50 à.100 gr. comme véhicule de potions calmantes et antispasmodiques ; action très faible.

Décoction (écorce, feuilles) : 30 à 60 gr. par kilog. d’eau.

VALÉRIANE. Valeriana officinalis, L.

Valériane officinale, Valériane sauvage, Herbe-aux-Chats,

La Valériane officinale (pl. xriv, 4) est commune dans les bois, les lieux un peu humides, au bord des eaux.

Plante vivace du groupe des Valérianacées auquel elle a donné son nom, comme genre-type (255, A); tige dressée, fistuleuse, de 1 mèt. à 1 mèc. 30 cent. de hauteur environ, simple inférieurement, striée, velue surtout en bas. Feuilles

opposées profondément pinnatifides et comme pinnées, pubescentes, les inférieures pétiolées , les supérieures sessiles. Souche verticale tronquée , à fibres épaisses.

Fleurs d'un blanc rosé, petites, pédonculées, disposées en cymes corymbiformes axillaires, les pédoncules se trifurquant par 3-4, et ayant à la base des bractées linéaires (juin-octobre). Calice roulé en dedans pendant la floraison, se déroulant en aigrette à la maturité; corolle tubuleuse, à limbe 5-lobé, dont le tube est bossu à la base, munie d'une bractée au bas de l'ovaire qui est infère (1): 3 étamines ; style grêle à stigmate trifide. Akène ovoïde, allongé, strié, couronné par une aigrette plumeuse due au déroulement du limbe du calice.

Propriétés, usages. La Valériane n'a qu'une odeur légère dans ses fleurs ; elle est inodore dans ses feuilles ; mais sa racine est nauséabonde, infecte, et d’une saveur un peu sucrée d'abord, puis âcre, amère , un peu nauséeuse. Elle contient une huile volatile, une résine, une matière particulière, de l’'amidon, etc.

Les propriétés de la racine de Valériane ont éténiées par les uns, exaltées par d’autres. Aujourd’hui son action sur le système nerveux ne peut plus être révoquée en doute. « Les effets si bizarres et si prononcés que les chats en ressentent, disent Trousseau et Pidoux, auraient dû le faire prévoir ; chez ces animaux, l'odeur seule de la valériane bouleverse la sensibilité et les fonctions musculaires; c’est aussi ce que nous avons observé chez certaines femmes et sur nous-même, mais à un degré bien moins remarquable.»

Ce médicament est un antispasmodique, tonique et sédatif, On l’administre dans les spasmes, les fièvres intermittentes, les affections vermineuses et putrides, dans l’amaurose, etc. Etudions-le sous ces différents points de vue. — Comme antispasmodique, la Valériane est extrêmement employée contre l’épilepsie, l'hystérie et autres névroses.

{1} Ces objets se voient sur les 2 petites figures, représentant l’une une co- ., .\ n ee PA n . , rolleentière, l’autre une corolle ouverte, de manière à faire voir le pistil et l'insertion d’une étamine.

lo Épilepsie. Un grand nombre d’observateurs, tels que Haller, Tissot, Sauvages, Boerhaave, sans compter les modernes, disent avoir constaté l'efficacité de cette racine dans * cette affection rebelle; mais d’autres auteurs non moins recommandables lui refusent toute action efficace. Pour expliquer ces divergences d'opinion, voici les remarques judicieuses que font MM. Trousseau et Pidoux, et que nous allons reproduire analysées ou textuelles. « Sous le rapport de la gravité du pronostic , disent-ils, et par conséquent sous celui de l'efficacité des divers traitements , il est important de bien distinguer l’épilepsie de la convulsion épileptiforme. L'épilepsie est à elle seule une maladie, une modification particulière, grave, profonde, essentiellement chronique de l'innervation cérébro-rachidienne, s’accompagnant d’une certaine forme convulsive et apoplectique qui revient par excès plus ou moins rapprochés ; c'est là le morbus sacer, affection idiopathique, essentielle, presque incurable. — La convulsion épileptiforme, au contraire, n’est que la forme convulsive et apoplectique de l’épilepsie, moins l’épilepsie ; c’est une modification nerveuse quelconque empruntant à l’épilepsie, pour se manifester, sa forme seulement et rien que sa forme.

« L'épilepsie véritable est réfractaire à tous les traitements. Il faut faire une remarque cependant, c’est qu'il est commun de voir des épileptiques passer plusieurs mois, plusieurs années sans accès, bien qu'ils ne cessent de vivre sous le poids inamovible du mal qui n’était que diminué pour se réveiller plus menaçant et plus funeste: or, l'expérience apprend qu'une médication quelconque, même la plus insignifiante, peut suspéndre ainsi le mal, le plus souvent par l'impression favorable que produit sur l'esprit du malade l'espoir du succès ; mais le mal n’est que pallié, et nous ne refusons pas à la valériane ce pouvoir palliatif. »

« Quant aux convulsions épileptiformes (ici nous citons textuellement), qui, par l'appareil phénoménal de l'accès luimême, ne diffèrent en rien de l’épilepsie, elles ne sont graves qu’en raison des causes très variées dont elles dépendent. On appelle éclampsie celles qui surviennent chez les femmes en

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couches et chez les enfants; elles sont graves dans ce cas, et la valériane n’est pas alors sans action quand on peut l’administrer. Celles qui signalent l'invasion de certains exanthèmes, comme la variole, etc..., disparaissent en même temps qu'apparaît l'éruption. L'établissement des règles fait également tomber celles qui précèdent, chez quelques jeunes filles non épileptiques, le premier accomplissement de cette fonction, ete., ete... Dans certains cas de plaies de tête, de méningite, d’encéphalite, de tumeurs cérébrales, d'intoxication saturnine, etc... 1l y a des attaques épileptiformes, nous le répétons, chez des gens non épileptiques. Cette importante distinction rend assez bien raison des succès dont on fait honneur à la valériane dans l'épilepsie. Ceux qui savent combien sont identiques une attaque d’épilepsie chez un épileptique, et une attaque épileptiforme chez un sujet non épileptique, concevront très bien qu'il n’a pas toujours été possible de se défendre de l'illusion qui à induit en erreur un grand nombre de praticiens sur la valeur thérapeutique de la valériane dans l’épilepsie. Des accès d'hystérie simulant jusqu'à un certain point l'épilepsie et guéris par la valériane ont pu en abuser aussi quelques autres. On sait de même queles vers déterminent souvent dans l'enfance des convulsions épileptiformes ; or, la valériane, jouissant de propriétés anthelminthiques assez actives, a pu ainsi guérir la forme épileptique en en détruisant l’occasion. Toutefois, on pourra l’administrer dansl'épilepsie surtout récente, dans le but d'en éloigner les accès et d'en atténuer la violence : c’est là tout ce qu'on peut se flatter d'en obtenir, mais il faut l'employer à hautes doses, pendant longtemps, un an et souvent plus, ou en en suspendant l'usage de distance en distance pour ne pas fatiguer l'estomac » (loco cit. ). " 20 Hystérie. « C'est surtout aux maladies des femmes, continuent Trousseau et Pidoux, qu'habilement maniée s'adresse la valériane ; mais tellement aux maladies des femmes, que certains cas, qui chez les hommes paraîtraient, d'après les lois d’une légitime analogie, en réclamer l'emploi, y sont le plus souvent rebelles et cèdent à d'autres antispasmodiques ,

et que les affections des jeunes filles non pubeéres rentrent dans la même exception.

« Quiconque a jeté sur l’hystérie un coup d'œil véritablement médical à dû y voir une maladie mère qui empreint de son cachet et de sa nature toute la série névropathique qui s'étend depuis la vapeur la plus fugace jusqu'à l'accès effroyable qui avait mérité des anciens la dénomination si profondément vraie de passion hystérique. Cette série est composée d'accidents protéiformes, de manières d’être pathologiques propres à la femme... Ce sont ces maladies vaguement indiquées sous le nom de spasmes, de vapeurs, mieux par Tissot sous celui de maux de nerfs. Chez l’une ce sont des étouffements, des palpitations, un sentiment de strangulation, un serrement des tempes, etc., etc.; chez l’autre des battements, divers bruits dans la tête, un enchiffrènement passager, des frissons partiels, des bouffées de chaleur au visage, etc. Celleei se plaint d'impatiences bizarres, de crispations, hoquets, trop souvent préludes d'accidents plus violents ; celle-là accuse de la dysphagie, des borborygmes, des flatuosités, des brûlements d’entrailles, une tympanite, se développant toutà-coup et disparaissant de même, des anxiétés précordiales, des frayeurs paniques, de vraies susceptibilités. Quelques-uns résument ce tableau changeant en deux mots qui, aux yeux du praticien, en peignent d'une manière assez forte toutes les fluctuations : J'ai mal aux nerfs, mes nerfs sont en mouvement, etc., etc.

« Or, la valériane réussit merveilleusement à calmer ces nombreux phénomènes; et, chose étonnante, yréussit d'autant mieux qu'ils s’éloignent davantage par leur forme et leur intensité du véritable accès d’hystérie. Quant à ceux-ci, la valériane peut en éloigner les retours, en diminuer la violence, mais, nous le répétons, elle les modifie d'autant plus avantageusement qu'ils sont plus incomplets et plus bizarres. »

Les paralysies circonscrites, celle de la sensibilité surtout, les aphonies, les céphalées intenses qui succèdent aux attaques d’hystérie violentes cèdent également à l'emploi de la Valériane.

3 Chorée. L'efficacité de la Valériane contre la danse de Saint-Gui est attestée par plusieurs auteurs. M. Cazin qui l’a souvent essayée, dit qu'elle a presque toujours calmé les symptômes après l'usage des moyens généraux antiphlogistiques, les bains, etc.; mais il ajoute que cette névrose, d’après ses essais comparatifs, a toujours à peu près la même durée, quel que soit le traitement employé, comme sans traitement même. Cette racine est encore très utile dans les désordres nerveux qui surviennent soit après les grandes pertes sanguines, soit à la fin des fièvres adynamiques, etc.

4° Fièvre intermittente. Desparanches, Vaidy, Pauque, ont publié des observations qui démontrent la propriété fébrifuge de la Valériane.

59 Vers. Comme anthelminthique, ce médicament ne vaut pas à beaucoup près le semen-contra, ni même l’absinthe, malgré les éloges qu’en a faits Marchant.

6° Affections diverses. M. Rayer a guéri un jeune garçon affecté de polydipsie {sécrétion d'urine incolore, insipide, extrémement abondante, et soif inextinguible), en lui faisant prendre de la poudre de Valériane pendant trois semaines, un mois. — La Valériane a été considérée par les anciens comme possédant une action spécifique dans certains troubles nerveux de la vision. — On en a fait des amulettes contre les vénéfices, et pour augmenter les forces viriles.

Récolte. La racine de Valériane doit se récolter au printemps, avant la pousse des tiges. Il faut donner la préférence à celle qui croît dans les lieux secs ou sur les montagnes, et la choisir grosse, bien nourrie, ayant 3 ans. Lavée et mondée, on la porte à l’étuve. Par la dessiccation, son odeur devient encore plus prononcée.

PRÉPARATIONS, DOSES

La valériane s’administre surtout en poudre ; c’est, en effet, la préparation la meilleure. Viennent ensuite l'extrait et l’infusion, C’est un médicament d’autant plus précieux qu'aux doses les plus élevées il ne produit pour tout accident que des vertiges, des étourdissements, etc.

Poudre : 4 à 30 gr, et jusqu'à 60 contre l’épilepsie, les accidents hystéri-

formes et les névroses essentielles. — M. Chauffard a obtenu de très heureux résultats de la valériane à très haute dose [40 à 60 gr.).

Extrait (2 sur 7 d'alcool) : 1 à 6 gr.

Eau distillée : 50 à 100 gr. en potion.

L’acide valérianique, combiné avec le zinc, forme le valérianate de zinc, qui est tres employé en Italie surtout, où le prince Lucien Bonaparte l’a signalé comme corps nouveau, contre les névralgies faciales, à la dose de 5 à 10 cent.

La GRANDE-V ALÉRIANE | Valeriana ‘phu) (pl. xix, 1) possède des propriétés analogues , mais est rarement employée. Sa racine est de la grosseur du doigt, nue en-dessus, garnie de fibres grêles en dessous, plus grise au-dehors et moins odorante ; ses feuilles radicales sont indivises, et son fruit présente deux lignes de poils.

La VALÉRIANE DIOIQUE où PETITE-VALÉRIANE (Val. dioica) a la tige moins élevée, les feuilles glabres, les fleurs dioïques, la racine plus grêle , grise, d’une odeur moins désagréable.

VULVAIRE. Chenopodium vulvaria, L.

Arroche fétide, Ansérine puante, Herbe-de-Bouc,

La Vulvaire (pl. xuiv, 5) estune espèce d’ansérine (185, A) qui croît dans les lieux cultivés, dans les villages, au pied des murs , sur le bord des chemins et dans les jardins.

Plante de 2-5 décim., à tige rameuse-diffuse, couchée {1), feuilles pétiolées , les supérieures opposées, ovales-entières, d’un blanc-cendré et farineuses sur les deux faces.

Fleurs verdätres, en grappes axillaires et terminales dressées, rapprochées en une panicule compacte au sommet de chaque rameau {juillet-octobre). Calice à 5 sépales, enveloppant le fruit; 5 étamines ; 2 styles sessiles, etc.

Propriétés, usages. Cette plante est fétide dans toutes ses parties; elle exhale par le froissement une odeur de poisson putréfié. Elle à été employée dans l’hystérie, la chorée, les névroses en général, mais aujourd'hui on l’a complétement abandonnée. :

{1} On n’a représenté qu’une sommité fleurie,

Les cultivateurs se servent, dit-on, de sa décoction pour panser les ulcères putrides de leurs bêtes à cornes; ils y ajoutent un peu d’eau-de-vie ou de vinaigre, qui, sans doute, constitue la partie active du médicament.

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