‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 127 sur 177 · SUDORIFIQUES ET DÉPURATIFS · texte numérisé non relu

SUDORIFIQUES ET DÉPURATIFS

On appelle Sudorifiques les médicaments dont l’action excitante se porte, d'une manière spéciale, constante, ou favorisée par des circonstances particulières, comme l'idiosyncrasie des sujets, vers la membrane cutanée. La plupart des exeitants généraux et un grand nombre de substances diverses peuvent produire ce résultat, mais moins sûrement que les sudorifiques proprement dits.

La médication sudorifique, qui a aussi pour agents beaucoup de pratiques externes, telles que les bains chauds ou de vapeur, les frictions, etc., est surtout indiquée dans les maladies constitutionnelles, le rhumatisme, la goutte, les serofules, la syphilis et les dartres chroniques, ete. En favorisant la tendance des courants vitaux vers la surface cutanée, elle présente à chaque instant le sang au plus vaste émonctoire de l’économie, et chaque jour, à chaque instant, un peu des produits morbides ou de la cause morbifique quelconque est éliminé.

Les Sudorifiques sont donc'des dépuratifslents, dont l'emploi doit durer trois, six, dix mois et plus dans les maladies constitutionnelles que nous venons de nommer. Nous parlons des sudorifiques vrais, car les excitants généraux, qui n’activent la diaphorèse que parce qu'ils excitent l'économie tout entière, ne pourraient être continués aussi longtemps sans donner lieu à des inconvénients, qui seraient encore plus grands s'il y avait habituellement de la fièvre. Les sudorifiques, quels qu'ils soient, ne sont donc point indiqués lorsqu'il y a surexcitation fébrile, parce qu'alors ils excitent davantage sans diriger les forces vitales vers la peau. Nous exceptons les cas de maladies exanthémateuses, dont la erise naturelle est un mouvement fluxionnaire cutané, mouvement

qu'on peut favoriser par quelques remèdes diaphorétiques administrés à propos et avec discernement.

Les médicaments sudorifiques sont fournis par le règne minéral et lerègne végétal. Le premier ne donne guère que le soufre et l’antimoine diaphorétique ; encore le soufre agit-il sur la peau d'une façon toute particulière et sans provoquer une véritable transpiration. Quant aux végétaux réputés sudorifiques, ils sont extrêmement nombreux. Ils s’administrent ordinairement en infusion ou en décoction, etl’onpeutdire alors quel’eau qui sert de véhicule à leurs principes actifs devient l’agent le plus puissant de la médication ; car l'eau simple, prise chaude, est un puissant sudorifique, pourvu que le corps soit placé dans le repos, le calme, et à l'abri du froid. ;

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