PLANTES SUDORIFIQUES ET DÉPURATIVES
Astragale, racine. Orme, ecorce, Scabieuse,
Bardane, racine, feuilles. | Patience, racine. Souchet long, racine. Buis, bois, feuilles. Pensée sauvage, l'herbe, | Succise.
Canne de Provence, racine. | Rosage, feuilles, fleurs. Sureau, fleurs, feuilles, Douce-amere, tiges. Roseau à balais, racine. écorce.
Laiche des sables, racine.| Saponaire, feuilles, tiges,| Vipérine.
Œillet, pétales, racine.
On trouve des Sudorifiques dans la plupart des autres classes : parmi les émollients, c’estla Bourrache, la Violette; parmi les excitants, beaucoup de plantes aromatiques ; dans les névrosthéniques, la Fumeterre, ete. ; dans les narcotiques, l'Aconit, etce., les purgatifs donnent l'Hyéble; les irritants, la Chélidoine , la Gratiole à dose altérante, etc.
Les Sudorifiques sont en même temps dépuratifs puisqu'ils purgent les humeurs par la peau. Mais les vrais dépuratifs sont les amers, tels que la Fumeterre, la Gentiane, le Houblon, ete., plus les stimulants de la famille des Cruciféres, tels que le Cresson, le Cochléaria, la Passerage, la Capucine, etc. Ils agissent sur le sang et les humeurs d'une manière tout-àfait différente des sudorifiques-dépuratifs , en stimulant les actions vitales, les fonctions de l'estomac, partant en tonifiant,
mais non en éliminant par la peau ou tout autre émonctoire les principes morbifiques.
ASTRAGALE. Astragalus exscapus, L.
Astragale sans tige.
C’est une Légumineuse (2792-73, L) qui se trouve dans les Alpes.
Plante herbacée dépourvue de tige, consistant en une touffe de feuilles à long pétiole cylindrique , portant une vingtaine de paires de folioles ovales, lancéolées, un peu velues.
Fleurs jaunes, en épi lâche au sommet d'un pédoncule, né de l'aisselle des feuilles radicales ; calice cylindrique, pubescent, à cinq dents inégales ; corolle deux fois plus longue que le calice.
Propriétés. La racine de l'Astragale, qui est pivotante, épaisse, brunâtre et d'une saveur amère, a été proposée par Quarin , puis par Winterln, et d’autres praticiens encore après lui, comme sudorifique contre les accidents de la syphilis constitutionnelle, tels que ulcères, exostoses, etc. Sa décoction serait encore utile dans le rhumatisme et la goutte. Aujourd'hui elle est inusitée, sans doute parce que l'observation n’a pas ratifié tous les avantages qu’on lui a attribués.
L'ASTRAGALE GLyCyPHvLLos (pl. xx, 6) ou Réglisse bâtarde qui est des mêmes famille et genre que la précédente, a été employée avec succès par Gilibert contreles dartres, la strangurie, les coliques et autres maladies qui exigent l'usage des adoucissants. Cette plante a des tiges de 5-10 décim., anguleuses, glabres ; feuilles à 7-13 folioles ovales-oblongues, entières, stipulées.— Fleurs d'un jauneverdâtre, en grappes portées sur des pédoneules axillaires plus courts que les feuilles ; étendard dépassant peu les ailes, etc. (juin-juillet). On la trouve dans les bois, les buissons.
BARDANE, Arctium lappa, L.
MHerbe-aux-teigneux, Grande-Bardane, Glouteron.
La Bardane (pl. x1v, 1) croît sur les bords des chemins, dans les villages, auprès des masures, dans les lieux incultes.
Plante bisannuelle de 60 à 90 centim., famille des Synanthérées (237-359, E), à tige rameuse , ferme , striée, et cotonneuse; feuilles alternes, pétiolées , ovales, terminées par une pointe, blanchâtres-tomenteuses en dessous, les inférieures très larges et longues, cordées à la base , les supérieures ovales-lancéolées, allant en diminuant de dimension. Racine grosse, longue, fusiforme, brunâtre à l'extérieur; blanche en dedans.
Fleurs purpurines, en capitules arrondis , solitaires et formant une panicule irrégulière feuillée. Involucre subglobuleux à nombreuses folioles 11 briquées et terminées chacune * par une pointe recourbée en crochet {1}; réceptacle hérissé de soies (juin-septembre). Fleurons égaux, tous hermaphrodites, réguliers ; corolle tubuleuse à 5 dents, sortant de l’involucre. Akènes surmontés d'une aigrette à soies courtes.
Propriétés, usages. Odeur des fleurs faible, désagréable, saveur amère; odeur des feuilles nulle, saveur très amère; odeur de la racine fade, nauséeuse, saveur mucilagineuse, douceitre.
La racine de Bardane est estimée sudorifique , dépurative et diurétique. Sa réputation comme dépurative paraît le mieux fondée, car on l’a préconisée contre les dartres et la syphilis constitutionnelle, où l'on a prétendu qu’elle pouvait remplacer la salsepareille. Ce qui paraît certain, c’est qu'un médecin, nommé Pena , guérit le roi de France Henri IT de la syphilis, en lui faisant prendre une décoction de Bardane et de Séné dans du vin blanc : le monarque avait été traité auparavant sans succès par ses médecins ordinaires. M. Cazin dit avoir guéri de la même manière un ancien militaire chez lequel étaient survenues des pustules au front | corona veneris) et des douleurs ostéocopes très vives au tibia, après un traitement mereuriel qui fut infructueux, sans doute parce qu'il ne fut pas bien dirigé.
Les feuilles de Bardane sont résolutives et cicatrisantes à l'extérieur ; elles détergent les ulcères, modifient avantageu-
(1) On a figuré une de ces folioles ou écailles.
sement les plaies de la teigne, d'où son nom d'herbe aux teigneux. Appliquées fraîches sur la peau, elles y déterminent une exhalation favorable et peuvent ainsi remplacer, chez les pauvres, le papier chimique et l’emplâtre de diachylon ou même celui de poix de Bourgogne. — Percy employait le suc de la manière indiquée ci-dessous.
Il ne faut pas compter sur l'action diurétique &e la Bardane, quoiqu'elle contienne un peu de nitrate de potasse. Les semences agissent cependant en augmentant la sécrétion urinaire, mais on ne les emploie plus.
Récolte. La racine de Bardane se recueille au mois d’octobre; on la monde, on la coupe par rouelles, puis on la fait sécher à l'étuve. Il faut rejeter celle qui est ligneuse. On peut la récolter en tout temps pour l'employer fraiche.
PRÉPARATIONS, DOSES
Décortion [racine] : 15 à 60 gr. par kilog. d’eau.
Cataplasme (feuilles pilées ou cuites) : quantité voulue.
Suc [des feuilles) : Percy le battait dans un vase d’étain avec partie égale d’huile et quelques balles de plomb; il en résultait une espèce de pommade contenant du plomb et de l’étain à l’état d'oxyde, qu'il employait dans le pansement des ulcères atoniques des jambes pour en opérer la cicatrisation.
BUIS. Buxus sempervirens, L.
Cet arbrisseau, qui croît spontanément sur les collines pierreuses et que l'on cultive pour bordures dans les jardins, est assez connu pour que nous nous bornions à renvoyer à la famille et au genre dont il fuit partie {175, C) pour l'exposé de ses caractères botaniques. Ajoutons seulement que ses fleurs, d'un jaune paille, se montrent au mois d'avril.
Propriétés, usages. On emploie le bois et les feuilles. Le bois est réputé sudorifique et peut remplacer le gayae dans la syphilis et les rhumatismes chroniques. Gilibert, Roques, Biett, etc., s'en sont servis dans ces maladies.
Les feuilles, d'une odeur peu agréable, nauséabonde et d'une saveur amère, sont purgatives. — Les brasseurs en mettent quelquefois dans leur bière, qui devient alors d'une amertume moins franche, et laxative