‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 129 sur 177 · MÉDICATION SUDORIFIQUE, 565 PRÉPARATIONS, DOSES · texte numérisé non relu

MÉDICATION SUDORIFIQUE, 565 PRÉPARATIONS, DOSES

Déeoction (bois) : 30 à 60 gr. par kilog. d’eau. Il est bon de l’unir au gayac ou à d’autres sudorifiques.

— (feuilles) : 60 à 90 gr par kilog. d’eau.

Poudre (idem) : 4 gr. en pilules, bols ou électuaire.

L'huile qu'on retire de la distillation du bois a été vantée contre l’épilepsie, Quels sont les remèdes qu’on n’a pas essayés contre cette maladie?

CANNE DE PROVENCE. Arundo donax, L.

Roseau à quenouille, Roseau donax,

Plante vivace (pl. xzv, 8), de la famille des Graminées (148, K), à tige creuse {chaume), ligneuse, de 3 à 5 mêtres de hauteur ; feuilles longues de 60 cent. environ, étroites-lancéolées , à nervures longitudinales.

Fleurs en panicule très grande, rameuse, terminale, composée d'épillets solitaires, se montrant en août. Calice extéricur triflore à 2 balles; glume entourée de soies persistantes; 3 étamines ; ovaire surmonté de 2 styles (1).

Propriétés, usages. Les racines, seules parties employées, et dont l'odeur est nulle et la saveur insipide ou douceâtre-sucrée, est à peu près inerte. On se demande d’où lui vient son immense réputation populaire d'antilaiteuse. Les nouvelles accouchées qui ne nourrissent pas se croiraient exposées au fantôme des maladies laiteuses, si elles n'avaient soin d'en prendre en décoction; ce que font également les nourrices qui sèvrent, et ce à quoi nous ne conseillons pas aux médecins de se refuser, pour ne pas s’exposer à des reproches dans le cas où il surviendrait quelque accident. La Canne de Provence agirait comme sudorifique selon les uns, selon d'autres comme diurétique : son action est plutôt dans l’eau de sa décoction.

Ce roseau croît et se récolte au bord des eaux, dans là Provence et le Languedoc.

{1} Au bas et à droite de la plante sont deux petites figures représentant : l’une une fleur avec ses 3 étamines et ses 2 stigmates ; l’autre, les pistils et l'o-

vaire séparés. La figure à gauche représente un épillet composé de 6 fleurs.

DOUCE-AMÈRE, Solanum dulcamara, L.

Morelle grimpante, Vigne au Vigne de Judée, Herbe à la fièvre, Loque, Bronde, Crève-Chien.

jh

La Douce-Amère (pl. xzv, 4) se rencontre dans les haïes, les bois humides, au bord des eaux, où elle grimpe souvent sur les saules, etc.

Plante vivace du groupe des Solanacées, genre Morelle (209, B), ayant 1 à 2 mètres d’élévation, des tiges ligneuses, sarmenteuses, qui se soutiennent sur les végétaux voisins; rameaux flexueux; feuilles alternes, lisses, pétiolées, entiéres, ovales-acuminées , les supérieures souvent à trois seoments, dont le moyen est très ample et les latéraux beaucoup plus petits.

Fleurs violettes assez petites, en grappes pendantes au haut des tiges sur un long pédoncule, s'ouvrant pendant toute la belle saison. Calice très petit à peine 5-denté; corolle monopétale en roue à 5 divisions ovales-lancéolées , renversées en dehors , présentant à leur base 2 taches glanduleuses vertes bordées de blanc ; 5 étamines dont les anthères oblongues et rapprochées forment une sorte d'ovoïde jaune qui laisse passer à son sommet le style (1). Baies ovoïdes pendantes, rouges à la maturité.

Propriétés, usages. La plante est peu odorante, ainsi que les fleurs ; sa saveur, d'abord douceître, devient de plus en plus amère si on continue la mastication. Les jeunes tiges, que l’on emploie en médecine, ont une odeur nauséabonde, désagréable, et leur saveur justifie le nom de Douce-Amère en transposant les deux mots, car l'amertume se manifeste la première. Leurs propriétés sont très actives, puisqu'elles sont susceptibles de produire des effets toxiques, étant employées à haute dose. Floyer assure que 30 baies de Douce-Amère ont fait périr un chien en trois heures ; mais M. Dubois, de Tournai, en à avalé jusqu'à 50 sans en être incommodé.

(1) Cette disposition esi figurée très grossie sur le petit dessin détaché, où manque seulement la corolle.

La Douce-Amère est tout à la fois sudorifique, dépurative et narcotique. On l’'emploie dans les rhumatismes et la goutte chroniques, la syphilis constitutionnelle, les dartres, les scrofules, les engorgements des viscères abdominaux, dans tous les cas enfin où il est nécessaire de modifier, de dépurer les humeurs. Chrichton à publié un travail fort important sur l'efficacité de ce médicament dans le traitement de la lèpre, et M. Gardner le conseille surtout dans lès maladies de la peau accompagnées d’une vive irritation, telles que le prurigo, le psoriasis, l’ichthyose. C’est, suivant M. Bretonneau, de Tours, le dépuratif le moins infidèle , mais ce médecin veut qu'on en continue l'usage pendant longtemps, que l'on commence son emploi par des doses faibles et qu'on les augmente progressivement jusqu'à produire un léger trouble de la vue, des vertiges, des nausées.

La Douce-Amère a été vantée dans l’hydropisie, la pneumonie , la coqueluche, la phthisie, le cancer, la jaunisse, les obstructions , ete., ete. Mais les auteurs qui ont exalté ses propriétés, tels que Dioscoride, Matthiole, Bauhin, Boerhaave, Verlhof, Hufeland, n'avaient pas bien précisé les cas, etils ont attribué au médicament des cures qu'il faut rapporter à d’autres influences, ou bien ce médicament a agi comme stupéfiant-calmant, ou comme évacuant par l'effet de l'idiosyncrasie des sujets ou des doses élevées auxquelles on l’a donné

A l'extérieur, la Douce-Amère a été appliquée sur les blessures légères , les contusions ; mais sous ce rapport, elle est beaucoup moins employée que les autres Solanées.

Récolte. Elle se fait en mai et juin. On doit choisir les tiges d'un an au moins, rejeter celles dont l'écorce est tout-à-fait verte ou qui sont trop anciennes. « Ces tiges sont de la grosseur d'une plume à écrire, rameuses-flexibles, d'un vert pistache à l'état frais, jaunâtres ou vrisätres à l’état sec; intérieur blanchâtre, canal médullaire prononcé, moelle d'un vert olive à l’état frais, jaunâtre à l’état sec.» Pour les faire sécher on les porte à l’étuve.

PRÉPARATIONS, DOSES

Pécoction (tiges) : 15 à 30 gr. par kilog. d’eau. Il est bon de concentrer la tisane par une douce ébullition prolongée jusqu'à réduction du tiers. C’est la meilleure préparation.

Extrait : 1h 4 gr.

Sirop : 30 à 60 gr.

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On peut employer les feuilles comme celles de morelle.

« Ray, savant botaniste anglais, rapporte qu'un cataplasme préparé avec quatre poignées de feuilles de Douce-Amère pilées et quatre onces de farine de lin, qu'on faisait bouillir dans du vin muscat ou avec du lard, appliqué tout chaud, a résous, dans une nuit, des tumeurs d'un volume très considérable et qu'il a guéri, par ce moyen, des contusions désespérées. »

LAICHE DES SABLES. Carex arenaria, L.

Salsepareille d'Allemagne, Salsepareille des pauvres,

Plante vivace, petite, rampante (pl. xivi, 2) de la famille des Cypéracées (146, E), ayant une souche souterraine horizontale très longue, noueuse ; des tiges de 3 à 5 décim.; des feuilles linéaires planes. — Fleurs roussätres en chaton; épillets inférieurs formés de fleurs femelles, les supérieurs de fleurs femelles et mâles mélangées [mai-juillet). |

Propriétés. La racine de la Salsepareille d'Allemagne est sudorifique. Merz, dans sa dissertation sur les succédanés de la Salsepareille , lui accorde une certaine importance et la croit propre à remplacer cette dernière dans le traitement des affections syphilitiques.

Quant à sa récolte, c’est dans les lieux sablonneux qu'il faut l'aller recueillir. Cette racineest rougeâtre en dehors, blanchàtre en dedans, d’une odeur très légèrement aromatique. —On la prescrit en décoction à la dose de 15 à 30gr. par kil. d'eau.

OEILLET ROUGE. Dianthus caryophyllus, L.

Œillet à ratufia, Œillet à bouquet,

Cette plante vivace, dont la fleur est figurée dans J'atlas

(pl. xx1, 4) comme type de la famille des Dianthacées (284, A), a subi des métamorphoses infinies dans sa couleur, sonvolume etsa forme ; elle eroît naturellement dans les lieux pierreux des contrées méridionales de la France, et est cultivée dans les jardins pour l’ornement. ä

Propriétés. L'Œïüïllet rouge est la variété usitée en médeeine ; ses pétales ont une odeur suave comparée à celle du girofle; le reste de la plante est à peu près inodore et insipide. Ces pétales sont estimés sudorifiques, toniques et cordiaux ; mais c'est un médicament peu énergique, qui a dû être abandonné à cause de cela. Il n’est resté pour ainsi dire, dans la matière médicale, que le sirop d’œillet, qui sert à édulcorer les potions cordiales.

La récolte se fait naturellement pendant la floraison, en juin-juillet. On délivre souvent dans les boutiques les fleurs munies de leur calice; mais les pétales doivent être mondés, car ce sont les seules parties employées.

ORME. Ulmus campestris, L.

Orme pyramidal, Orme commun.

Nous croyons inutile de décrire cet arbre que tout le monde connaît; disons seulement qu'il appartient aux Ürticacées (175, K); que ses fleurs verdâtres, un peu rougeâtres et très petites, s’épanouissent dés février-mars, souvent même que ses fruits mûürissent avant que les feuilles soient développées. Ces fruits consistent en des samares orbiculaires, minces, glabres, à 1 seule loge uniovulée.

Propriétés L'écorce intérieure des rameaux de cet arbre est-elle tonique-astringente ou sudorifique, ou agit-elle comme altérante? Il faudrait d'abord savoir si elle a une action réelle. Elle était tombée dans l'oubli, depuis Dioscoride, qui l'avait recommandée comme astringente, lorsque plusieurs médecins la soumirent à de nouveaux essais et prétendirent en avoir obtenu les résultats les plus heureux dans les affections dartreuses. « Alors, dit Gauthier, le débit en fut si grand que plusieurs marchands y firent fortune ; il n’y avait

pas de maladie que l’on erût capable de lui résister.» Alibert fut le premier à détruire cette réputation usurpée, et aujourd’hui, lOrme, comme médicament, est de nouveau oublié, ou à peu prés. pe,

L'écorce de l'Orme doit être détachée avant la floraison pour être conservée.

PRÉPARATIONS, DOSES

Décoction {écorce intérieure des rameaux) : 60 à 125 gr. par kilog d’eau réduite à la moitié par l’ébullition. Cette préparation est la meilleure; elle agirait encore plus efficacement si on l’édulcorait avec le sirop suivant.

Sirop : M. Duvergie a voulu revenir à l’usage de l’orme; il a fait préparer un sirop composé ainsi : écorce très divisée, 500 gr.; alcool, 1 litre; après 48 heures de macération à froid, on décante l'alcool, puis on le remplace par 125 gr, d’eau dans laquelle macère cette écorce encore pendant 48 heures. On distille l’alcool jusqu’à résidu de consistance sirupeuse, on y ajoute le macératé aqueux, puis du sucre et de l’eau en quantité suffisante pour faire un sirop. — On en donne de 2 à 6 cuillerées par jour dans l’eczéma chronique, surtout chez les jeunes personnes d’un tempérament lymphatique.

PATIENCE. Rumex patientia, L.

Patience commune, Patience des jardins, Patience officinale, Grande-Patience, Parelle, Dogue.

La Patience (pl. xzvi, 3) croît abondamment dans les lieux

humides, et est cultivée dans les jardins de campagne, où elle

est en fleurs presque tout l'été. Genre de plantes des Poly-

gonacées (183, B), elle offre les caractères spécifiques suivants :

Plante de 1 m.50 environ, à tige robuste, dressée, cannelée, un peu rameuse en haut, jaunâtre; feuilles ovales-lancéolées, très grandes et allongées, minces, mais à fort pétiole engainant, entières, un peu ondulées, glabres. Kacines très grosses, longues et pivotantes.

Fleurs verdâtres, petites, disposées en faux verticilles dépourvus de feuilles bractéales, formant des sortes d'épis terminaux (juiu-août). Périanthe à 6 divisions dont les 3 internes deviennent très grandes ; les 3 externes sont réfléchies ; 6 étamines à anthères bilobées, ovaire à 3 styles capillai-

res {1}. Fruit triangulaire recouvert par les folioles du calice.

Propriétés, usages. La racine de Patience a une saveur amere, un peu äpre, une odeur faible; elle contient du soufre et de l’amidon. Elle est réputée tonique, diaphorétique et dépurative. Comme tonique, on l’administre dans la débilité des voies digestives, les engorgements lymphatiques, l’ictère, l’état cachectique produit par les miasmes marécageux et les fièvres intermittentes, ete.; mais son action est faible.

C’est comme dépurative que la Patience a été le plus employée et vantée. Elle peut être utile certainement dans le traitement des maladies dartreuses, telles que l’eczéma, la teigne, la lèpre, etc.; mais dans la paralysie, l'esquinancie, la pleurésie, la dyssenterie, elle ne peut être d'aucun secours, bien que Munting ait assuré le contraire. D’autres médecins la considèrent comme apéritive et fondante : en sorte que nous n'avions pas plus de raison de la classer parmi les sudorifiques que partout ailleurs.

Wauters est encore un enthousiaste des vertus incertaines ou mal appréciées de cette plante. « Les ulcères aux jambes, dit-il, le scorbut, les éruptions cutanées et les fièvres intermittentes sont quatre maladies auxquelles les habitants peu aisés des pays marécageux sont sujets; ils trouvent sous la main un remède très approprié à ces maux dans la Patience sauvage qu’on trouve en abondance dans les fossés, le long des ruisseaux et dans les eaux stagnantes. »

Récolte. La racine de Patience peut se recueillir en toute saison, parce quelle est vivace. Il vaut mieux l'employer fratche que sèche; mais si on veut la conserver, il faut l’arracher à l'automne et la choisir grosse au moins comme le doigt. On la reconnaît à son écorce brunâtre et ridée en travers, à sa couleur jaune rougeñtre à l'intérieur. On la coupe en rouelles et on la fend pour la faire sécher.

PRÉPARATIONS, DOSES

Décoction : 30 à 60 gr. par kilog. d’eau. « Les gens de la campagne, dit

(1) La petite figure détachée montre, en effet, ces organes, mais non les 6 divisions du calice qui sont ôtées.

Cazin, mettent de la racine de patience dans presque toutes les tisanes : ils la regardent comme propre à purifier le sang. » — Une forte décoction sert en lotions sur les ulcères et pour effacer les pustules, les squames de la peau.

Pulpe : la pulpe de cette racine s'applique utilement sur les ulcères de mauvais caractère.

On en prépare dans les cimpagnes une pommade pour guérir la gale, en mélant sa pulpe bouillie dans du vinaigre avec de la graisse de porc et des fleurs de soufre.

La PATIENCE SAUVAGE ou AIGUE (Rumex acutus) diffère de la précédente par ses petites dimensions, mais non par ses propriétés, qui sont les mêmes absolument.

La PATIENCE AQUATIQUE (Rumex aquaticus) où Herbe britannique, Parelle des marais, Oseille aquatique, à des racines fort grosses, Jaunâtres à l'intérieur;

La PATIENCE CRÉPUE où FRISÉE (R. crispus), dont les feuilles sont frisées, la racine d'un rouge-brun au dehors ;

La Parience pes Ares (R alpinus), plante bisannuelle dont les proportions sont très grandes, etc.

Toutes ces espèces peuvent être substituées à celle dont nous venons de faire l'histoire.

La PATIENCE SANGUINE (R. sanquineus), Oseille rouge, Sangdragon, dont les feuilles sont rougeñtres, les pétioles et les nervures d’un rouge de sang, est plutôt astringente, acerbe, qu'apéritive ou diaphorétique, comme le Rumex patientia. Quelques-uns, dit Chomel, prétendent que son extrait, mis dans le nez, rétablit l’odorat,

PENSÉE SAUVAGE. Viola tricolor, L. Viola arvensis, D. C.

Violette ou Jacée tricolore, Violette des champs.

La Pensée (pl. xxr, 5) se trouve en abondance pendant toute la belle saison dans les champs cultivés, les moissons. Espèce du genre Violette, lequel est unique dans la famille des Violacées, ses caractères génériques ont été exposés au S 266.

Plante annuelle de 15 à 25 cent., à une ou plusieurs tiges

rameuses, ascendantes, herbacées, glabres ; feuilles radicales pétiolées, ovales, cordées à la base, les caulinaires sessiles, ovales-oblongues ; stipules divisées en lobes inégaux. Racine fibreuse, chevelue.

Fleurs jaunes ou tachées de violet, solitaires, inclinées sur de longs pédoncules axillaires [(mai-octobre). 5 sépales oblongs prolongés à la base; 5 pétales irréguliers, dépassant à peine le calice, l'inférieur prolongé en éperon; 5 étamines, dont 2 entrent dans la cavité de l’éperon, et ayant toutes leurs anthères réunies; stigmate sortant entre les anthères. Capsule ovale-oblongue, trigone, glabre.

Propriétés, usages. Toutes les parties de la Pensée sauvage ont une saveur amère. Cette plante jouit depuis longtemps de la réputation d’être dépurative, très utile dans le traitement des maladies de la peau, telles que teigne muqueuse, eczéma, impétigo. Elle était cependant oubliée lorsque Strack, de Mayence, constata son efficacité dans les gourmes ou croûtes de lait chez les enfants. On parlait de ses vertus d’une manière très favorable, mais voici que d’autres expérimentateurs, Chambon entre autres, vinrent déclarern’en avoirretiré aucun résultat satisfaisant. Nous dirons pour notre compte que nous croyons à ses propriétés, mais que, pour agir efficacement, elle doit être administrée pendant un mois au moins, et à dose un peu concentrée.

La racine de Pensée sauvage est émétique, comme celle de la violette; on l’a proposée pour remplacer le quinquina, que nous devons à l'étranger.

Récolte. On peut la faire pendant toute la belle saison, si l'on veut employer la plante verte, ce qui est d’ailleurs bien préférable. Pour la conserver, il faut la sécher à l’étuve et promptement, sans quoi la végétation s'y continue.

PRÉPARATIONS, DOSES

Décoction (l'herbe avec ou sans les fleurs) : 1 petite poignée pour 1 kilog, de

lait ou d’eau,

Infusion [poudre sèche] : 2 à 4 gr. dans une tasse de lait à prendre chaque matin.

Sue {de la plante fraîche) : 60 à 125 gr.

Sirop : 30 à 60 gr. comme édulcorant, Pendant l'usage de la pensée, l'urine prend une odeur fétide, comme l'urine de chat.

ROSAGE. Rhododendrum ferruginum , L.

Rosage ferrugineux, Laurier-Rose des Alpes,

Joli arbrisseau de la famille des Éricacées (226,E), qui croît dans les lieux élevés des Alpes et des Pyrénées. — Tige de 30 à 60 cent., divisée en rameaux tortus, munis à leur extrémité supérieure de feuilles ovales-lancéolées, courtement pétiolées, entières, persistantes, d’un vert foncé à leur face supérieure, velues et comme ferrugineuses en dessous.

Fleurs rouges, assez grandes (pl. xvim, 2), disposées en bouquets à l'extrémité des rameaux, s’épanouissant dans les mois de juin-juillet. Calice court5-denté; corolleévasée, inclinée en bas, à 5 lobes un peu inégaux, etc.

Propriétés, usages. On doit à Villars de connaître les propriétés sudorifiques de cette plante. Ce qui a porté cet auteur à la soumettre à des essais, c’est qu'il avait vu que les habitants du nord de la Russie employaient, avec une sorte de succès, les feuilles du Rhododendrum chrysanthum, espèce originaire de ces contrées, dans les rhumatismes chroniques, les dartres anciennes et la syphilis.

Si l'on manquait des autres sudorifiques, on pourrait donc employer le Rosage ferrugineux en infusion (feuilles et fleurs)

à la dose de 4 à 8 gr. par kilog. d’eau,

ROSEAU A BALAIS. Arundo phragmiles, L.

Plante à tiges de 1-2 mètres, dressées, robustes; feuilles lancéolées-linéaires, engaiînantes, à stries fines, glabres. Rhizome traçant, émettant souvent des tiges stériles couchées. Famille des Graminées (148, K).

Fleurs rougeâtres, en panicule ample, composée de petits épis minces ; épillets 4-5-flores (août-septembre); glumes carénées aiguës, l'inférieure beaucoup plus petite; glumelle inférieure plus longue que la supérieure ; 3 étamines; 2 styles à stigmate simple. Semence oblongue à deux balles.

Propriétés, usages. Le Roseau à balais n’a pas d'odeur; les feuilles et les fleurs ont une saveur sucrée, ainsi que les racines qui ont des pousses succulentes. Cette racine a été conseillée comme sudorifique dans la goutte, le rhumatisme et la syphilis chroniques.

C’est au bord des eaux, des marais, qu'il faut l'aller récolter. Elle se vend sèche dans les boutiques, en morceaux légers, creux, de couleur jaune-paille, et à grandes rides longitudinales.

PRÉPARATIONS , DOSES

Décoction : 30 à 60 gr. par kilog. d’eau.

On croit que cette racine entre dans la composition du fameux r0b Laffecteur.

SAPONAIRE. Saponaria officinalis, L.

Saponaire officinale, Savonaire, Savonnière, Herbe à foulon.

La Saponaire (pl. xLvr, 4) est assez fréquente sur le bord des chemins, les berges des rivières, dans les champs, les vignes, les vallées.

C'est une plante de 60 cent. environ, du groupe des Dianthacées (284, C). Tiges dressées, rondes, portant des nœuds au niveau desquels elle est gonflée, et des sillons opposés à ces nouûres. De celles-ci naissent des rameaux et des feuilles opposés; ces dernières sont ovales-lancéolées, simples, glabres, marquées de 3 nervures longitudinales. Racines longues, noueuses, traçantes.

Fleurs blanches ou rougeñtres en forme d’æillet, formant des fascicules disposées en panicule, et s’épanouissant en juillet-septembre. Calice tubuleux, cylindrique, allongé, 5-denté, sans calicule; corolle à 5 pétales longuement unguiculés, à limbe étalé un peu échancré, munis ou non d’écailles au-dessus de l'onglet; 10 étamines{1}; 2 styles droits. Capsule s’ouvrant au sommet par 4 valves.

Propriétés, usages. La Saponaire est inodore, sauf ses fleurs

(3) La petite figure de gauche représente un pétale détaché avec ses lames longitudinales, saillantes sur les côtés, et 2 étamines; celle de droite est le pistil grossi.

qui répandent une odeur assez forte et agréable; sa saveur est herbacée, amère, acerbe; la racine, d'abord douceître et gluante, finit par laisser de l’âcreté dans la bouche. Toutes les parties peuvent être employées. On ne s'explique pas très bien leur manière d'agir, mais on sait par expérience qu'elles sont avantageuses comme toniques-sudorifiques-dépuratives.

Les feuilles et les tiges sont usitées de préférence : 1° comme léger tonique, dans la débihité des organes digestifs, la chlorose; 2° comme apéritif, fondant, dans l'ictère, les obstructions du foie et de la rate à la suite des fièvres intermittentes ; 3° enfin, comme sudorifique et dépuratif, dans les dartres anciennes, les rhumatismes et gouttes chroniques, la syphilis constitutionnelle, ete.

La Saponaire a reçu de grands éloges, même de la part des modernes. Alibert, par exemple, la tenait en grande estime. « Ilarrive souvent, dit-il, que les maladies vénériennes résistent à l'administration du mercure; les symptômes, loin de diminuer, semblent acquérir une nouvelle intensité. La saponaire, donnée dans ces circonstances, produit d'excellents effets. J'ai souvent occasion de l'administrer dans le traitement des dartres furfuracées et squammeuses, et j'ai eu lieu de me convaincre, par un grand nombre d'observations, que cette plante précieuse n'était pas assez employée par les praticiens. »

La Saponaire mousse avec l'eau comme le savon, ce qui la fait employer pour dégraisser les étoffes, blanchir le linge, et ce qui, peut-être, a fait naître l'idée de ses propriétés fondantes, parce que l’on sait que le savon les possède.

Récolte. Les sommités se recueillent en juin, les racines en septembre. Les premières, disposées en guirlandes, sont portées au séchoir; les secondes, mondées, lavées et coupées en petites parties, sontétendues sur des claies dans une étuve.

Décoction [tiges avec les feuilles) : 30 à 60 gr. par kilog. d'eau. — (Racine) : mêmes quantités.

* Sue exprimé [feuilles : 50 à 200 gr. à prendre le matin à jeun,

Extrait : 2 à 8 gr. en pilules.

Les anciens trouvaient avantageux de bassiner les surfaces dartreusés avec sa décoction.

SCABIEUSE. Scabiosa arvensis, L.

Scabieuse des prés.

La Scabieuse (pl. xLvr, 5) est très commune dans les champs, le long des chemins, dans les prés.

Plante vivace de 30 à 50 cent. de hauteur, du groupe des Dipsacées (253, B). Tige dressée, rameuse, ronde, poilue et fistuleuse ; feuilles opposées, pinnatifides, velues en dessous, les inférieures à pétiole ailé, lobe terminal plus grand que les autres, allongé.

Fleurs bleues, ou d’un rose lilas, disposées en capitules solitaires sur de longs pédoncules, paraissant en juin-août. Involucre à plusieurs folioles allongées, les internes plus étroites, Chaque fleur se compose ainsi : un calice double, l'interne à 4 dents courtes, l'extérieur dû à des poils (1); corolle tubuleuse, plus grande à la circonférence du capitule qu'au centre, à limbe évasé divisé en 4 lobes inégaux; 4 étamines; style plus long que la corolle dans les fleurs du centre. Fruit environné par le calice extérieur et terminé par 8 soies longues et raides.

Propriétés, usages. Les feuilles de Scabieuse ont une saveur amére-astringente. Elles ont été très recommandées contre les maladies de la peau, particulièrement contre la gale, d’où lui vient même son nom, de Scabies. On alla plus loin : on crut à ses heureux effets dans la pneumonie, la pleurésie, la phthisie, les catarrhes; mais ses propriétés sont réellement très faibles et insignifiantes, quoiqu’on en prescrive encore très souvent l'emploi comme dépuratif, antidartreux.

On récolte la Scabieuse en juin ou juillet.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion : 30 à 60 gr par kilog, d’eau, Suc : 60 à 125 gr., seul ou avec d’autres dépuratifs.

Plus bas nous parlons de la Scagreuse-sucoiss. :

(1) Voir la figure détachée,

SOUCHET LONG. Cyperus longus, L.

Souchet, Souchcet odorant,

Plante vivace de la famille des Cypéracées (146, À, pl. x, 5), à tiges de 5-10 décim., dresséès, simples, triangulaires, nues ; feuilles très longues, engainantes, planes ou à peine carénées, étroites, pointues, rudes aux bords, glabres. Souche rampante.

Fleurs en épillets d’un brun rougeâtre, minces, portés sur des pédoncules longs au nombre de 5 au moins qui simulent les rayons d'une ombelle, lesquels ont à leur base un involucre de 3 à 5 feuilles beaucoup plus longues que les pédoncules florifères (juillet-septembre). Calice formé d’une écaille ovale, carénée; 3 étamines à anthères oblongues; ovaire surmonté d'un” style à 3 stigmates linéaires et poilus.

Propriétés, usages. La racine du Souchet long a une odeur aromatique agréable, une saveur amère un peu astringente, tandis que la plante elle-même est à peu près insipide et inodore. Son action sur l’économie est tonique, un peu excitante, ce qui a pu la faire considérer comme stomachique, sudorifique, emménagogue, car elle est tout cela selon l'idiosyncrasie du sujet; mais en résumé on n'a pas encore déterminé ses véritables propriétés, et d’ailleurs elle est aujourd'hui fort peu employée.

Récolte. On trouve la racine de Souchet dans les lieux de mides, marécageux, sur le bord des étangs, des canaux, etc. Il faut l'arracher à l'automne ou au printemps. Telle que le commerce l'offre, elle est de la grosseur d'uneplume de cygne, brune, etc.

PRÉPARATIONS, DOSES

Difusion : 30 à 60 gr. par kilog, d’eau.

Poudre : 1 à 4 gr.

SUCCISE. Scabiosa succisa, L.

Scabieuse succise, Mors ou Remors du Diable,

Variété de Scabieuse qui croît dans les prés un peu humides et les clairières des bois.

Plante de 60 cent. à 1 mètre et plus, à tiges dressées , rameuses en haut, arrondies, pubescentes ; feuilles pétiolées oblongues, lancéolées, opposées, sessiles, entières, velues. Racine verticale, très courte, à fibres radicales épaisses, avec une échancrure dans lemilieu qui la fait paraître comme mor due, d'où le nom de Mors du Diable.

Fleurs bleuâtres, rarement blanches, toutes égales, à corolle à 4 divisions, réunies en tête sur un réceptacle garni de paillettes, s’épanouissant en juillet-octobre, et offrant d’ailleurs les caractères assignés au genre Scabieuse, de la famille des Dipsacces (235, B).

Propriétés. La Succise s'emploie dans les mêmes cas que la scabieuse des champs, dont elle possède d’ailleurs les propriétés, sauf qu’elle est un peu plus astringente et amère et que son action est, sans doute à cause de cela, un peu plus marquée. Cependant on l’a conseillée dans moins de maladies qu’elle. Elle devrait être classée parmi les astringents, plutôt que parmi les sudorifiques, mais on la suppose dépurative et voilà pourquoi nous en plaçons l’histoire 1ci.

PRÉPARATIONS, DOSES

« Cette espèce de scabieuse est aussi fort bonne pour les femmes qui perdent leurs règles et qui sont tourmentées d’engorgements à la matrice, de coliques sourdes, d’écoulements de couleur suspecte. On prend une demi-poignée de feuilles et de racines sèches de cette scabieuse fort commune dans les bois; on la fait bouillir dans 3 demi-setiers d’eau, réduits à chopine; on en donne soir et matin un grand verre » (Chomel).

SUREAU. Sambucus nigra, L.

Sureau noir, Sureau commun, Grand-Sureau.

Le Sureau est un petit arbre qui croît dans les haïes, les bois, les terrains gras. Comme chacun le connaît, nous pensons qu'il suffit d'avoir indiqué ses caractères génériques, en parlant de ceux de la famille des Caprifoliacées à laquelle il appartient (245, C), sans entrer dans les détails d’une description toujours ingrate, sinon tout-à-fait superflue, lorsqu'on n'a ni la nature ni le dessin sous les yeux.

Propriétés, usages. Disons d'abord qu'on emploie les fleurs,

les baies, les feuilles, l'écorce intérieure et le liber de la racine, et que ces diverses parties ont des usages bien différents, qui nous eussent fort embarrassé pour classer la plante, si nous ne nous étions pas attaché à cette considération que les fleurs de Sureau sont usitées comme sudorifiques beaucoup plus souvent que toutes les autres parties ensemble.

Les fleurs de Sureau, à l’état frais, répandent une odeur nauséeuse et comme fétide; à l’état sec, leur odeur est plus faible et presque agréable. Elles sont réputées diaphorétiques, et souvent administrées, non pas dans les rhumatismes, la syphilis, ete. {elles ont une action trop faible pour cela), mais au début des rhumes et des inflammations de la gorge causés par un refroidissement; pour rappeler la transpiration cutanée, une éruption trop brusquement disparue ; pour combattre le frisson initial des accès fébriles, des diarrhées, etc. Elles doivent être employées sèches, car, à l’état frais, elles relàchent le ventre, purgent et activent la sécrétion urinaire.

Les baies de Sureau sont sudorifiques à petite dose, et purgatives à dose plus élevée : elles ne se prennent qu'en rob, ainsi que nous le dirons en parlant des préparations.

Les feuilles de cet arbre sont laxatives, mais peu usitées. Wauters dit que les paysans flamands s’en servent souvent en décoction dans le lait de beurre, pour se purger. Hippocrate en faisait usage dans l'hydropisie; mais peut-être que leur efficacité tenait à une action diurétique, car, infusées dans du petit-lait ou du bouillon, ces feuilles augmentent notablement la sécrétion urinaire.

D'un autre côté, M. Cazin dit avoir vu employer avec succès, « contre les diarrhées etles dyssenteries chroniques, les feuilles de sureau récoltées au commencement de la floraison, séchées à l'ombre, pulvérisées, et infusées à la dose de 1 à 2 gr. pendant 12 à 15 heures dans 120 gr. de vin blane, que l'on administrait chaque matin jusqu'à guérison, Ce remède que je tiens d'une dame charitable, ajoute-t-1l, m'a réussi dans trois cas de diarrhée chronique, dont l’un durait depuis six mois et avait résisté à l'emploi de tous les moyens rationnellement indiqués. La poudre de feuiiles de sureau, donnée à

petite dose, aurait-elle sur la muqueuse gastro-intestinale une action analogue à celle de l’ipécacuanha! »

La seconde écorce ou l'enveloppe verte de la tige qui se trouve sous l'épiderme a une action purgative, bydragogue, que Boerhaave, Sydenham, etc., ont mise à profit pour combattre l'hydropisie. Dans ces derniers temps MM. Daumerie et Bigot, médecins belges, ont vu, dans les campagnes, des paysans employer avec beaucoup de succès un remède composé de suc de Sureau et de vin blanc.

Le docteur Vandebergh a guéri des hydropisies avec l’écorce de Sureau agissant non pas comme drastique, mais comme diurétique. Nous donnons plus bas la formule qu'il emploie.

Enfin la racine du Sureau est purgative comme les feuilles et l'écorce. M. Martin-Solon en a expérimenté le suc qui produit des selles liquides, faciles, dont l'effet est terminé au bout de 8 à 10 heures sans vomissement ni fatigue. Il a vu des cas non équivoques d’ascite guérir par ce moyen, qu’il préfère, comme moins fatigant, aux autres hydragogues.

Un mot maintenant sur les usages externes du Sureau. L'infusion des fleurs sèches passe pour résolutive ; on l’emploie très fréquemment, en compresses imbibées, sur les inflammations superficielles de la peau, les érysipèles, l’engorgement du tissu cellulaire, l’œdème, etc. On y ajoute souvent de l’acétate de plomb {extrait de saturne) pour augmenter son action résolutive. — Les feuilles sont quelquefois appliquées soit fraîches, soit en cataplasme, cuites avec du persil, sur les hémorrhoïdes dont elles calment les douleurs, etc.

Récolte. Le Sureau fleurit au mois de juin ; c’est le moment de cueillir ses fleurs aussitôt qu’elles sont écloses; on les sèche à la manière ordinaire. Les baies serécoltent en automne, les feuilles pendant tout l'été, la seconde écorce un peu avant la floraison. On obtient celle-ci en râclant légèrement avec un couteau l'épiderme gris, puis en enlevant par lambeaux l'écorce verte qui est dessous. Il faut l'employer fraiche, car elle perd ses propriétés en séchant.

PRÉPARATIONS, DOSES. 4 -

Infusion (fleurs sèches) : 2 à 10 gr. par kilog. d’eau, comme sudorifique ; — 30 à 60 gr., pour lotions, fomentations. On ajoute quelquefois une cuillerée d'extrait de saturne par litre,

Décoction [feuilles et seconde écorce) : 20 à 30 gr. par kilog. d’eau, comme purgatif hydragogue,

M. Vandebergh vante la préparation suivante comme puissant diurétique : écorce moyenne de sureau, 8 gr.; baies de genièvre, 30 gr.; faites bouillir dans quantité suflisante d’eau ; passez et-ajoutez 350 gr. de colature ( cette décoction passée); rob de genièvre, 30 gr. — A prendre par cuillerée d’heure en heure.

Suc [de la racine) : 15 à 50 gr.

Extrait ou rob (suc épaissi des baies) : 4 à 8 er.

VIPÉRINE. Echium vulgare, L.

Vipérine commune, Herbe aux vipères,

Plante bisannuelle de 30 à 60 cent. (pl.1,5), dela famille des Borraginées (198), à tige dressée, robuste, simple, donnant naissance en haut aux rameaux de l'inflorescence, chargée de poils raides, blancs, portés sur des tubercules noirâtres. Feuilles entières, ovales-oblongues-pointues, les radicales plus grandes, atténuées en pétiole, munies de poils rudes, étalées sur la terre, les caulinaires plus étroites, sessiles-semi-amplexicaules. Racine épaisse, pivotante.

Fleurs d'un bleu tendre : grappes recourbées, foliacées, qui ont les fleurs en haut, formant dans leur ensemble une panicule feuillée {juin-septembre). Calice à 5 divisions étroites, poilu ; corolle à tube court dont la gorge est dépourvue d'appendices ; limbe à 5 lobes inégaux ; 5 étamines dépassant la corolle, ainsi que le style, dont le stigmate est bifide ; 4 carpelles très rugueux.

Propriétés. À peu près inconnues. Elles se rapprochent cependant de celles de la bourrache et de la buglosse, et conséquemment sont émollientes-sudorifiques ; mais on ne les met plus en usage aujourd'hui. Cette plante, qui doit son nom aux taches de sa tige, lesquelles ont été comparées à celles de la vipère, a été proposée, sans doute d’après cette ressemblance, pour guérir les morsures de ce reptile. Sa racine a été aussi

administrée contre l’épilepsie, à la dose de 2 gr. en poudre. Un trouve la Vipérine dans les bois, les champs, aux bords des routes, où elle est très commune.

DIURÉTIQUES ET APÉRITIFS.

Les Diurétiques sont des médicaments qui exercent une influence stimulante sur les reins, et augmentent la sécrétion de l'urine. Toutes les boissons, quelles qu'elles soient, sont susceptibles d'augmenter cette sécrétion, surtout étant prises en abondance et chaudes. Mais il faut distinguer trois effets différents : 1° ou bien l'urine est plus copieuse, sans autre modification qu'une diurèse en rapport avec ce que l’on a bu ; 2° ou bien elle est modifiée dans sa nature, elle est plus chargée de matériaux hétérogènes, mais non rendue plus abondante ; 3° ou enfin cette urine est notablement augmentée de quantité, et d’une manière qui contraste avec les boissons prises. Dans ce troisième cas il y a ce qu’on peut appeler une diurèse véritable, due à l’action spéciale de certains agents auxquels le nom de diurétiques convient particulièrement.

On entend par apéritifs les substances médicamenteuses qui facilitent la sortie des humeurs ou des principes altérés, retenus dans les voies sécrétoires. Comme les voies urinaires donnentissue à ces matières peccantes, selon le langage des anciens, en bien plus grande abondance que les autres, il en résulte que les médicaments qui favorisent leur action dans ce sens, produisent le deuxième effet que nous avons signalé, et méritent le nom de diurétiques-apéritifs; tout comme ceux, d’ailleurs, qui augmentent le flux des règles, la sécrétion biliaire, la transpiration, etc., lesquels doivent être considérés comme des apéritifs d'une autre classe.

Quant aux boissons aqueuses et plus ou moins chargées de principes mucilagineux ou acidules, qui n’augmentent la diurèse que parce qu'elles sont prises en quantité plus considérable que l’économie n’a l'habitude d’en recevoir, elles n’agissent pas comme diurétiques proprement dites, mais comme délayantes, et, sous ce rapport, elles favorisent singulièrement

l'action de la médication diurétique, quand elle ne la remplace pas complétement.

C’est qu'en effet les diurétiques ne s'administrent pour ainsi dire qu'en dissolution dans un véhicule aqueux, qui les porte sur les reins plus directement que lorsqu'ils sont pris en poudre ou en pilules; leur action se manifeste davantage quand les liquides ingérés sont à une température un peu chaude, et que le corps est dans une atmosphère ou un milieu qui ne favorise pas la diaphorèse, car généralement les urines diminuent en raison directe de l'abondance de celle-ci.

L'action des Diurétiques, dans les maladies chroniques, est analogue à celle des sudorifiques ; mais comme elle est plus énergique et plus rapide, elle n'a pas besoin de s'exercer aussi longtemps. D'ailleurs, ce sont des médicaments souvent actifs qui agissent en congestionnant les reins et en irritant d'abord la muqueuse gastrique. 11 n'en est pas de même des délayants ni même des apéritifs.

Les diurétiques-délayants ou émollients se donnent dans les affections fébriles, inflammatoires, pour rafraîchir, tempérer la chaleur du sang: ils sont fournis, pour la plupart, par les tempérants. [V. ce mot.) — Les diurétiques-apéritits conviennent dans les maladies qui paraissent dépendre ou s'accompagner de particules morbifiques que charrient le sang ou les humeurs, comme la goutte, les rhumatismes, le scorbut, un certain embarras des voies biliaires et urinaires, ete. — Enfin, les diurétiques-excitants, ceux qui stimulent les reins, causent une véritable dérivation sur ces organes en augmentant leur sécrétion; tels sont le Colchique, la Scille, les baies d'Alkékenge, ete., qui trouvent leur application dans les hydropisies. Il en est qui jouissent d'une action sédative sur le système circulatoire, comme la Digitale, la Salle, ete.

Toutefois, on ne doit espérer un succès complet de l'emploi des Diurétiques en général que dans les seuls cas où l'hydropisie est idiopathique, c'est-à-dire exempte d'inflammation mal éteinte du péritoine, des plèvres ou aux autres séreuses,

MÉDICATION DIURETIQUE. 585 selon le siége de la collection aqueuse, ou d’altérations matérielles profondes du foie, du cœur ou autres viscères. Peut-on donner des boissons abondantes dans les hydropisies? Il y a des médecins qui craignent d'en permettre l'usage. Nous sommes de l'avis de Cullen, qu'on peut en donner à volonté toutes les fois que la quantité des urines rendues est égale à celle des boissons. Mérat et Delens pensent qu'on peut les permettre même dans le cas contraire, d'abord pour satisfaire la soif qui est parfois considérable, puis « parce que l'absorption cutanée saurait bien reprendre dans l'atmosphère ce que les boissons ne lui fourniraient

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