‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 130 sur 177 · PLANTES DIURÉTIQUES ET APÉRITIVES · texte numérisé non relu

PLANTES DIURÉTIQUES ET APÉRITIVES

Ache, racine. Chardon-Roland, racine. | Petit-Houx, racine,

Alkékenge, fruits, feuilles. | Colchique, bulbe, semences. | Pimprenelle.

Arrête-bœuf, racine. Genêt, jeunes pousses fleu-| Pissenlit,

Asperge, racine, turions.

Bouleau, feuilles, écorce, Bruyère.

Busserolle, feuilles.

ries.

Genévrier, fruits, sommi- “tés, bois.

Herniaire,

Plantain d’eau, racine.

Prêle, tiges, feuilles.

Reine-des-prés , racine,

sommiles ,

Cerfeuil, herbe.

Cétérach.

Hépatique. Saxifrage, racine.

Pariétaire. Scille, bulbe.

Les classes précédentes, ainsi que celles qui suivent, renferment un grand nombre de plantes qui agissent comme diurétiques lorsqu'on emploie certaines de leurs parties, ou qu’on les met en usage dans des circonstances idiosyncrasiques particulières. Nous citerons les suivantes : Ail, Alliaire, Bardane, Cerisier, Chiendent, Epine-Vinette, Digitale, Hiëble, Linaire, Raifort, Roquette sauvage, Pin et Sapin, Saponaire, Sureau, etc. Les semences de Céléri, de Cumin, de Carotte, de Fenouil, etc., sont des diurétiques aromatiques, etc.

ACHE. Apium graveolens, L.

Céleri des marais, Persil ou Céleri odorant.

L'Ache est une Ombellifére (248-49, D) de 60 à 90 cent., à

tige dressée, ronde, glabre, fistuleuse, rameuse ; à feuilles une ou deux fois ailées, folioles larges, lobées, incisées ou dentées, luisantes, glabres. — Fleurs jaunâtres, petites, en ombelles terminales où axillaires ; pas d’involucre ni d’involucelles ; rayons des ombellules courts et inégaux (juillet.)

Propriétés, usages. L'odeur de cette plante, très aromatique et agréable, n’est que celle du céleri, lequel n’est autre que l’Ache cultivée. Les semences et la racine ont une saveur âcre. Cette dernière est la partie qui a été le plus employée, comme diurétique, fondante et apéritive, dans les hydropisies et les obstructions, sous des formes diverses et généralement complexes ; ce qui fait que ses propriétés réelles sont encore peu connues. On faisait des gargarismes et des tisanes avec les feuilles ; le suc surtout était très usité dans les maladies de poitrine, la fièvre intermittente, ete. Mais aujourd'hui on a oublié l’Ache en thérapeutique, et l’on connaît les usages du céleri comme plante potagere.

C'est sur le bord des ruisseaux, dans les lieux marécageux que se récolte l'Ache : sa racine est bisannuelle, et ses propriétés sont plus prononcées la seconde année que la première, persistant d'ailleurs après la dessiccation.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (racine) : 30 à 60 gr. par kilog. d’eau. — Cette racine entre dans le sirop des cinq racines, qui est diurétique. — On peut faire prendre une décoction d’ache dans du lait aux individus atteints de catarrhe pulmonaire humide,

Suc (de racine et de feuilles] : 60 à 90 gr. comme diurétique; — 125 à 150 gr. avant l'accès de fièvre, comme fébrifuge. — Ce suc est antiscorbutique et détersif en gargarisme. — On en bassine aussi les cancers et les ulcères.

Les feuilles ont été employées à l'extérieur pour faire passer le lait aux femmes : on en prépare un onguent en les faisant bouillir dans du saindoux avec celles de menthe par parties égales; on passe ensuite par le tamis et on saupoudre ce qui est passé avec la poudre de semence d’ache, On applique ce remède chaud sur les mamelles [Chomel).

ALKÉKENGE. Physalis alkekengi, L.

Coquerct, Coquerelle.

Le Coqueret {pl. xvn, 1) croît dans les bois, les champs cultivés et les vignes.

Plante vivace de la famille des Solanacées (209, C }, ayant 30 à 50 cent. de hauteur, une tige dressée anguleuse, un peu rameuse et pubescente; des feuilles pétiolées, géminées, glabres, ovales-aiguës entières supérieurement; souche rameusetraçante.

Fleurs blanchâtres, s'inclinant en bas, solitaires sur des pédoncules axillaires et courts, s'épanouissant en juin-septembre. Calice petit, à 5 divisions aiguës, très velu; corolle campanulée assez grande (1), à tube court et limbe large veinéréticulé, à 5 lobes connivents; 5 étamines à anthères longues et conniventes. Baie globuleuse , d'un rouge vif, de la grosseur d’une cerise, renfermée dans le calice, qui l'enveloppe complétement et se referme de manière à former une grosse coque à 5 pans, terminée en pointe, d'une couleur rougeûtre (2).

Propriétés, usages. L'Alkékenge est inodore, d’une saveur amère et désagréable; ses fruits sont acidulés, d'une odeur un peu nauséeuse. Cette plante est un diurétique un peu calmant, un tonique amer, et surtout un fébrifuge, selon les parties employées.

Les baies de Coqueret, qui se servent, dit-on, sur les tables en Espagne, en Suisse, en Allemagne, etc., sont salutaires dans les maladies des reins et de la vessie, dans la gravelle et les hydropisies légères qui suivent les affections atoniques, les fièvres intermittentes ou les éruptions. Onles a proposées comme un préservatif des accès de goutte; mais les autres fruits acidulés sont probablement tout aussi efficaces dans ce cas.

Les feuilles, les tiges et les capsules, quoique amères, peuvent aussi s'employer comme diurétiques dans les circonstances indiquées ci-dessus. M. le D' Gendron, médecin à Châteaudu-Loir, leur attribue des propriétés bien plus importantes. Selon cet expérimentateur, l’'Alkékenge serait un de nos meil-

(1) La figure détachée la représente très grosse, comparée au rameau.

(2) Cette coque, si elle était ouverte, laisserait voir à sa base la baie, qui, comparativement, est très petite,

leurs fébrifuges indigènes. « Les fièvres remittentes, les névralgies périodiques, dit-il, ont toujours été combattues avec succès par l’alkékenge. Chez les malades atteints de fièvres doubles-tierces ou doubles-quartes, il faut remarquer que les petits accès ont cédé plus vite que les plus forts, à quelque adresse que fût la médication, c'est-à-dire que le médicament fût donné avant le petit accès ou, suivant le précepte de Torti, avant le fort accès. Je dois avouer, ajoute cependant M. Gendron, que la médication a subi plusieurs échecs : j'ai appris à mes dépens, ou, si l’on veut, aux dépens des malades, que de fortes doses d’alkékenge, données une fois par jour, ne valaient pas des doses moindres et répétées plusieurs fois dans les vingt-quatre heures...

« Il résulte de mes expériences que cette substance peut être employée en toute sécurité, à quelque dose que ce soit, avant comme après le repas, dans l'intervalle comme au début des accès de fièvre. Si elle n'exclut pas toujours l'usage du sulfate de quinine, elle réduit du moins son emploi trop coûteux » { GENDRON, Journ. des conn. méd. chir., 1851 ).

MM. Dessaignes et Chautard ont soumis l'Alkékenge à quelques essais chimiques, dans le but d'en découvrir le principe actif, qui leur est apparu sous forme d’une poudre blanche, légère, d’un goût d'abord faible, mais ensuite amer et persistant, ete., à laquelle ils ont donné le nom de physaline.

A l'extérieur, les feuilles de Coqueret peuvent être employées en cataplasmes comme émollientes et calmantes.

Récolte. L'Alkékenge ne doit se récolter qu'à l'époque de la maturité des fruits. On en fait des bouquets comme c'est l'usage dans les campagnes, et on les expose au soleil. Elle offre de la ressemblance avec la belladone , mais ses baies sont de couleur rouge et de saveur acide. Ces baies se dessèchent lentement , aussi est-il convenable de les séparer des capsules et de les exposer à la chaleur de l'étuve ou du four. En les broyant on en sépare facilement les graines, dont on peut faire des semis.

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