DES NARCOTIQUES ET SÉDATIFS
Les médicaments connus sous ces noms, ét encore désignés par les dénominations de stupéfiants, calmants, anodins, hypnotiques, ont pour effet de modifier les centres nerveux et leurs conducteurs (cerveau, moelle épinière, nerfs, grandsympathique), de telle sorte qu'ils diminuent où même abolissent leurs fonctions. La sensibilité, la motilité et l'intellect lui-même sont frappés de stupeur lorsqu'on en fait usage à dose un peu élevée. Cependant les résultats sont. bien : " ‘rents les uns des autres, selon les quantités ingérées et substances employées. Fu 14
En effet, administrés à très faibles doses, les narcotiques n'agissent guère que localement en diminuant la sensibilité et. » l'ixritabilité des tissus avec lesquels äls sont mis en contact: À des doses un peu plus fortes, ils étendent leur action au
système nerveux; un état de calme général bientôt suivi de
sommeil, se produit; et si la quantité absorbée est plus considérable encore, on voit survenir le narcotisme, c'est-à-dire le cortége des phénomènes suivants : pesanteur de tête, obseurcissement de la vue, affaiblissement de l'intelligence et des forces musculaires, prostration, sommeil profond, tantôt calme avec ronflement, tantôt agité. Dans d’autres cas, céphalalgie, vertiges, hallucinations, mouvements convulsifs, puis inégalité du pouls et de la respiration, etc. |
D'autre part, la pratique démontre qu’à certains agents de cette classe il est donné de stupéfier telle portion du syst me nerveux, et à certains autres, au contraire, d'en augmenter l'action. Ainsi, tandis que le plan musculaire des intestins est comme frappé d'insensibilité et de contractilité par l'opium, il semble augmenter son mouvement péristaltique sous linfluence de la belladone et du stramonium; tandis que | les s0lanées provoquent un délire bruyant, expansif, et une ’agitation musculaire considérable, les papavéracées, au contraire, jettent l'esprit dans un anéantissement profond.
Toutefois, si les divers narcotiques n’exercent pas une action identique sur la contraction musculaire et l’intelligence, tous agissent sur les centres nerveux de manière à calmer la douleur; et c'est chose très heureuse et très importante, puisque l'élément douleur devient souvent une cause de fluxions, d'irritations, de spasmes, de convulsions, de maladies nerveuses de toutes sortes.
Il y atrois manières principales d'employer les narcotiques : 1° l'application directe ou locale externe; 2° l'adminis- . tration indirecte ou interne; 3° l'administration mixte. Leur usage bien dirigé est suivi des plus heureux effets dans une foule d'états nerveux, tels que le delirium tremens, la chorée, 16 tétanos, les spasmes, les toux convulsives, la coqueluche, les gastralgies; dans Fi affections douloureuses en général, les névralgies, les rhumatismes ; dans les fièvres accompagnées de symptômes nerveux; dans la dernière période de la phthisie pulmonaire, du cancefiietà des cachexies, pour procurer du
calme et du sommeil, ete. bye +
Mais les narcotiques sont: Mtré-irditues toutes les fois que
la faiblesse du malade est très grande, qu'il y a disposition
aux congestions cérébrales, à une constipation opiniâtre. On ne doit les employer qu'avec ménagement dans les inflammations aiguës des organes intérieurs, seulement quand la violence de la douleur est de nature à épuiser les forces du malade, parce que, tendant à annihiler la sensibilité, ils favoriseraient par là même la terminaison par gangrène.
La plupart des narcotiques sont des végétaux dont l'odeur estvireuse, et qui doivent leur activité à la présence d’un principe particulier de la nature des alcalis organiques ; d'autres, dont l'odeur n’est pas moins caractéristique, contiennent de l'acide hydrocyanique pour principe actif. Nous parlerons de ces divers agents.