‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 143 sur 177 · PLANTES NARCOTIQUES ET SÉDATIVES · texte numérisé non relu

PLANTES NARCOTIQUES ET SÉDATIVES

€ ÂAconit, feuilles, racine. Coquelicot, pétales. Jusquiame, feuilles, Belladone, racine, feuilles. | Cynoglosse, racine, Laitue vireuse, suc épaissi,

Ciguë, feuilles, racine, sem.| Digitale, feuilles. Laurier-Cerise, feuilles,

Laurier-Rose, feuilles. Parisette, feuilles, ra-| Stramoine, feuilles, se Moxelle, rameaux pourvus cine. mences.

de fruits. Pavot, capsules. Tabac, fuit, " 2 g:

ACONIT. Aconitum napellus, L. ÿ

Napel, Capuchon, Coqueluchon, Tue-Loup, Pistolets, Madriellet.

L'Aconit (pl. Lu, 1) croît dans toute l'Europe, particulièrement dans les lieux ombragés et humides des Alpes, des Pyrénées, des Vosges, du Jura. On le cultive dans les jardins pour la beauté de ses fleurs. Il appartient à la famille des Renonculacées (500, N) et présente les caractères spécifiques suivants :

Plante vivace à tiges d'environ un mètre, dressées, simples, glabres, cylindriques ; feuilles alternes, pétiolées, partagées jusqu’à la base en 5 ou 7 lobes allongés, profondément découpés en lanières-étroites et aiguës. :

Fleurs bleues, grandes, trés irrégulières, disposées en grappes allongées, terminales (1), ayant des pédoncules munis supérieurement de 2 bractéoles et s'ouvrant depuis juillet jusqu’en septembre.Calice pétaloïde irrégulier formé de 5 sépales inévaux, pubescents en dedans; un supérieur en forme de capuchon, convexe en dessus, concave en dessous ; deux latéraux plans, inégalement arrondis; deux inférieurs plus petits, ovales, entiers. Corolle formée de 2 pétales irréguliers, à long onglet, canaliculés, terminés supérieurement par une espèce de petit capuchon creux, obtus et recourbé à son sommet, offrant antérieurement à son ouverture une petite languette roulée en dessus : ces 2 pétales sont dressés et cachés sous le sépale supérieur. Environ 30 étamines d’égale grandeur, beaucoup plus courtes que le calice, à filets serrés les uns contre les autres. Ovaire à 3 carpelles surmOôntés de 3 filets. Trois capsules allongées. Racine allongée, noïrâtre, en forme de navet, d'où le nom de napel, dérivé de napus.

(1} Le dessin représente une de ces grappes à l'extrémité d'un rameau, derrière laquelle se trouve représentée une feuille dont l'extrémité pétiolée est tournée en haut,

Propriétés, usages. L’Aconit est de toutes les renonculacées la plus vé éneuse : ses feuilles et ses racines sont douées d’une extrême âcreté. Orfila a reconnu par ses expériences que le suc des feuilles, introduit dans l'estomac, le rectum où le tissu cellulaire, détermine des accidents graves suivis bientôt de mort, et que la racine agit encore avee plus de force. Cependant cette plante n’est pas généralement considérée comme irritante; elle est plutôt stupéfiante pour beaucoup d'auteurs. PP

Le professeur Fouquier n’a reconnu dans aucune de ses préparations la propriété narcotique qu'on lui a attribuée; mais nous trouvons dans l'ouvrage de MM. Trousseau et Pidoux la conclusion opposée que voici: « De tout ce que nous venons de dire, 1l résulte que l’aconit exerce sur l'économie une action stupéfiante en vertu de laquelle il peut calmer les douleurs névralgiques et rhumatismales : cette propriété toutefois, il la possède à un moindre deoré. que d’autres substances dont l'emploi est en quelque sorte trivial. » En tout cas, il est certain que l’aconitine, principe actif de la plante, découvert par Brandes, est un poison très actif, qui porte son action principalement sur le système nerveux.

On est done fort peu d'accord sur les propriétés thérapeutiques de l’Aconit-Napel, et ce qui le prouve encore, c’est qu'on l’a proposé tour-à-tour contre un grand nombre de maladies de nature bien différente, telles que Le rhumatisme articulaire aigu (Lombard), le rhumatisme non fébrile [Fouquier}, les névralgies (Hufeland, Fleming), la migraine (Burger), la syphilis constitutionnelle et les dartres (Cazenave), les affections cancéreuses {(Storek), les fièvres intermittentes (Baldinger}, l'aménorrhée (West de Soulz), la phthisie pulmonaire {Portal), etc. 1

D'après les nombreux essais de Fouquier, le seul fait constant de l’Aconit serait une augmentation de la sécrétion urinaire : de là son emploi dans l'hydropisie, le rhumatisme et la goutte chroniques. Mais dans ces deux dernières affections, suivant d'autres auteurs, ce médicament agirait en provoquant la diaphorèse : de là encore d’autres essais dans

686 | PLANTES AMÉDIGINATES, le Méionent: den nalsate da peau et des syphilides.

L'Aconit a surtout été essayé dans les + Il a été

mis en usage avec un certain succès par Kappeler pour gué-

virr épilepsie, les convulsions et l& paralysie, surtout celle qui est la suite des attaques d'apoplexie. Les douleurs qui

accompagnent la syphilis constitutionnelle ont aussi été combattues par ce médicament, etc.

Un volume ne suffirait pas pour la simple énumération des expériences auxquelles ‘a donné lieu l'Aconit comme agent diurétique, sudorifique, narcotique ou altérant, et cependant que reste-t-il d'acquis à la pratique! Presque rien, si ce n’est que ce médicament est encore mal connu, que ses préparations sont presque toujours mal faites ou altérées, que toutes les opinions sont dissidentes à son égard, qu'enfin on ne peut compter sur son action, outre qu'il commande uné grande

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