‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 144 sur 177 · ANS · texte numérisé non relu

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prudence dans son Pr 4

Récolte. L'Aconit se récolte dans le mois de juin, unê fois mondé et disposé en guirlandes, on le porte au séchoir. Il est plus actif dans le Midi que dans le Nord; la dessiceation Jui fait perdre de ses propriétés. à

| PRÉPARATIONS, DOSESM (| -

Poudre (feuilles, racine] : 2 cent, à 1 gr., en au mentant progressivement (rarement employée). . ‘4 Exirait : mêmes doses. — Beaucoup de praticiens ’associent : au mercure dans

le traitement des syphilides cutanées.

Teinture alcoolique : 5, 20, 30 gouttes, jusqu'à 4 gr. — Fleming a traité

44 névralgies par cette teinture : 17 ont guéri radicalement; 13 n’ont obtenu qu'un soulagement momentané, Sur 42rcas de douleurs dentaires traitées par

le même médicament, soit en fri ions sur les gencives, soit en li roduisant

dans la cavité de la dent malade, ily a eu 27 guérisons immédiates, 7 soulagements et 7 résultats nuls. Dans la migraine, ce médicament lui a procuré 10 cas de guérison sur 15 (Bouchardat, Ann. de thér., 1847).

La teinture d’aconit a été essayée dans le but de prévenir ou desguérir l'infection purulente. M. Chassaignac a repris ces essais, qui ne sont pas encore assez nombreux pour être concluants.

Aconitine [principe actif de la plante}, M. Turnbull, de Londres, l’a mise en usage sous cette forme : aconitine, 5 cent.; poudre de réglisse, 1 gr.; sirop, quantitésuflisante : faites 14 pilules, dont 1 toutes les 3 heures,

La plante, appliquée fraîche, a quelquefois réussi à M. Cazin pour apaiser

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r Li MÉDICATION NARCOTIQUE. 687

des douleurs que rien ne pouvait calmer; mais, continnée, cette application ‘is

rubéfier Lot ai

Les AUTRES ESPÈCES os “Aconir différent peu quant à l'usage médical; cependant eur action toxique est moins prononcée, à part celle de l'Aconit féroce.

BELLADONE. Atropa belladona, L.

Belle-Dame, Morelle furieuse, Morelle marine, Guignes de côtes, Permenton, etc.

"La Belladone (pt. Lu, 2), dont le nom signifie Le dame, parce que les femmes romaines employaient son suc pour s’embellir la peau, est très répandue dans toute l'Europe; on la trouve dans les bois taillis, les haïes, les jardins abandonnés, le long des murs et des décombres, surles coteaux couverts, où elle fleurit pendant tout l'été. Ses caractères l'ont fait classer parmi les Solanacées (209, A).

Plante herbacée vivace, haute de 90 ef à 1 mét. 30 c. à tige dressée, rameuse, un peu velue et d un vert MR Su 2 feuilles alternes, les supérieures géminées , assez amples, ovales-aiguës et atténuées en pétiole, entières, presque glabres ou pubescentes en dessous, d’un vert sombre.

Fleurs d'un pourpre obscur ou livide, solitaires ou géminées à l’aisselle des feuilles, péniées, assez grandes et penchées, se montrant depuis ‘1e jusqu’en août-septembre. Calice campanulé à 5 divisions; corolle en forme de cloche, allongée, . dont le limbe offre 5 divisions courtes etobtuses; 5 étamines plus courtes que la corolle ;pistil plus long qu’elles, à stigmate en tête. Baie biloculaire, prenant à sa maturité le volume d'un gros pois, noirâtre, accompagnée du calice persistant qui s'étale alors en étoile:

Propriétés, usages. La Belladone est une des plantes les plus importantes de la matière médicale, quoiqu'elles soit vénéneuse. Elle est douée d’une odeur vireuse et d’une saveur nauséeuse, un peu âcre. On emploie toutes ses parties, mais principalement la racine, dont les propriétés sont plus énergiques et plus sûres. Administrée à doses un peu fortes, elle produit des vertiges, des nausées, la dilatation des pu-

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pilles, du délire, l'injection de la face, des hallucinations visuelles, quelquefois l’aphonie, enfin le coma et la mort. Ajoutons cependant que cette dernière terminaison de l’empoisonnement par la Belladone n'est pas aussi fréquente qu'on l’a dit.

Comme agent thérapeutique, la Belladone fut d'abord administrée pour calmer les douleurs, celles du cancer particulièrement, et pour procurer du calme et du sommeil. Plus tard onJJui reconnut d’autres propriétés, celles par exemple de combattre la rigidité spasmodique des muscles, l'état de spasme et de contraction des autres organes, de dilater la pupille, de préserver de la scarlatine, etc. Si bien qu'en ce moment il est acquis à la science que cette plante est utile dans les états morbides qui suivent : - +

1° Névralgies. De tous les médicaments employés contre le symptôme douleur, disent MM. Trousseau et Pidoux, il n’en est pas qui nous ait semblé plus efficace que la Belladone. Mais ici il faut soigneusement distinguer les cas: dans les douleurs internes, l'opium est évidemment plus efficace, mais iln'en est plus de même pour les douleurs externes, et eneffet tout le monde s'accorde à considérer cette plante, employée en poudre à l'intérieur, ou en extrait à l'extérieur, comme unexcellent moyen de combattre les névralgies en général, et spécialement celles de la face. %

20 Névroses. La Belladone a été préconisée dans le traitement des toux nerveuses, de l'asthme, des convulsions, de la coqueluche et de l’épilepsie. C’est dans ces deux dernières affections qu'elle a donné lieu aux essais les plus persévérants. Hufeland la considère comme un spécifique coñtre la coqueluche, et Guersant, Trousseau; ete., lui accordent aussi une très grande confiance. Comme anti-épiléptique, elle s'est acquis encore une assez grande renommée. P. Debreyne, de la Grande-Trappe, a annoncé en 1843 qu'il avait administré extrait de la Belladone à près de 200 épileptiques, et qu'il ne lui est pas arrivé peut-être de l'avoir donné sans obtenir des effets avantageux. Nous dirons que beaucoup d'autres expérimentateurs, telsque Ferrus, Leuret, Guvault, Leguy, ete.,

ont amélioré l'état de beaucoup d’épileptiques par l'emploi de ce médicament; mais de guérisons, personne n'en cite pour ainsi dire. Éÿ,

30 Constrictions spasmodiques. Aucun agent ne peut remplacer la Belladone lorsqu'il s’agit de remédier à certaines contractions de canaux ou de muscles, dues à un état nerveux ou inflammatoire ; elle est en effet d’une grande utilité pour faire cesser le spasme de l’urètre dans la blennorrhagie, le resserrement trop prononcé du col de la matrice pendant l'accouchement, la | du col de la vessie ou du corps de cet organe, ce qui cause la rétention d'urine dans le premier cas, l'incontinence au contraire dans le second; enfin pour favoriser la dilatation du canal inguinal dans la hernie étranglée, et permettre aux viscères échappé de leur cavité LAMEUe d'y rentrer.

4 Ophthalmies. La Belladone est souvent employée pour dilater la pupille, dans le but soit de détruire les adhérences de l'iris avec le cristallin, soit de rendre plusfacile et la sortie de ce dernier lorsqu'on pratique l'opération de la cataracte par extraction et les manœuvres du chirurgien dans l'opération par abaissement.

Enfin la Belladone est un remède préservatif de la scarlatine, étant administrée de la manière indiquée ci-dessous. — Il est beaucoup d'autres affections contre lesquelles on l’a mise en usage, mais, à cet égard, rien de bien constaté.

Nous ne parlons pas de ses applications externes sous forme de fomentations, d'injections, de pommades calmantes ou narcotiques, ete., employées contre les ulcères cancéreux, les douleurs névralgiques aiguës, les fissures, etc.

Récolte. On se procure les feuilles dans le mois de juin, les fruits et les sommités dans le mois d'août, les racines en septembre. Ces substances, mondées, se sèchent à l’étuve, les unes disposées en guirlandes, les autres coupées en rouelles, car les racines sont grasses et longues. Les baies ressemblent un peu à la cerise ou à la guigne, et comme leur saveur est douceñtre et sucrée, elles ont donné lieu à de nombreux empoisonnements chez les enfants.

690 PLANTES MEDICINALES.

PRÉPARATIONS, DOSES

Pure (feuilles) ; 2 à 5 cent., et progressivement jusqu’à 20, 30, 40 cent et plus par jour, de manière à produire de légers vertiges, ce qui est, selon la plupart des auteurs, la condition de son efficacité ou du moins de son action la plus marquée. — La poudre de la racine peut se donner aux mêmes doses, mais il ne faut pas oublier qu’elle est plus active, — On roule les feuilles sèches dans

du papier pour préparer des cigarrettes que l’on fait fumer aux asthmatiques “et aux phthisiques.

Extrait aqueux : 5 cent. à 1 gr., en pilules ou potion. — Pour l'extérieur, l'a 2 gr soit seul, soit incorporé dans 8 à 16 gr. d’axonge en frictions sur la peau, les fissures douloureuses de l’anus ou du sein, les ulcères cancéreux,

Teinture alcoolique : 4 à 16 gouttes. — Comme art de la scaxlatine, on donne 6 à 8 gouttes par jour pendant tout le temps de l’épidémie.

fusion ou décoction |feuilles, sommités) : 30 à 60 gr. par kilog. d’eau, pour lotions, injections, etc.

Atropine (alcali végétal extrait de la belladone, principe actif de cette plante dont il représente au plus haut degré les propriétés actives] : demi-cent. par jour.

Teinture [d’atropine] : 1 goutte dans un demi-verre d’eau comme prophylactique de la scarlatine chez un enfant de 5 ans; 2 gouttes à 10 ans; 3 à 15.

CIGUE. Conium maculatum , L.

Grande-Ciguë, Ciguë maculée, Ciguë de Socrate, Grande-Cocuë, Fenouil sauvage,

La Grande-Ciguë (pl. Lun, 3) est très commune dans les lieux incultes et un peu frais, parmi les décombres, près des habitations, ete., où elle fleurit au milieu de l'été. Elle fait partie du groupe des Ombellifères (248-50, A) et présente les caractères que voici : \

Plante bisannuelle herbacte de 1 mètre et plus de hauteur, à tige robuste, arrondie, très fistuleuse, rameuse, glabre, parsemée de taches d’un pourpre violacé ou brunâtres, surtout en bas (1). Feuilles grandes, trois fois ailées, à folioles pinnatifides dentées et pointues, lisses, glabres, d'un vert peu foncé, quelquefois maculées.

Fleurs blanches, petites, en ombelles terminales de 10-12 rayons ; involucre de 4-5 folioles réfléchies, comme couchées sur le pédoncule ; involucelles aiguës soudées ensemble par eur base (juin-août). Calice très petit, entier ; corolle à 5 pé-

(1) Ofn'a figuré qu'un ramenu fleuri et une feuille de la partie inférieure de la tige.

tales en cœur, réfléchis en dessus ; 5 étamines écartées entre les pétales et un peu plus longues qu'eux; 2 styles courts sur un ovaire qui se change en un diakène globuleux, lequel offre 5 côtes saillantes, crénelées sur chacune de ses deux moitiés latérales.

Propriétés, usages. La Grande-Ciguë exhale une odeur herbacée, vireuse et désagréable, surtout lorsqu'on la froisse entre les doigts; sa saveur est peu marquée, un peu âcre pourtant. C’est un poison narcotico-âcre qui, dans la Grèce, fut employé comme supplice légal, et que la mort de Socrate a rendu célèbre. Douée de propriétés très énergiques dans les

pays méridionaux, elle est beaucoup moins active dans les

contrées septentrionales. Dans notre climat cependant, elle est encore assez redoutable, quoiqu'elle ait rarement causé la mort chez l’homme : elle produit des vertiges, de la céphalalgie, de l'anxiété, des nausées, et, à plus forte dose, l’assoupissement, la stupeur, le délire, fa syncope, etc. Certains animaux évitent de la manger, d'autres au contraire, comme les chèvres et les moutons, peuvent la brouter, dit-on, impunément.

L'emploi de la Ciguë en thérapeutique remonte à la plus haute antiquité. Cette plante était cependant très négligée, lorsque Storck fixa sur elle au plus haut degré l'attention du monde médical. Etant depuis retombée dans une sorte d'oubli, dernièrement MM. Devay et Guilliermond ont tentéde la réhabiliter. Quoi qu'il en soit, on l’a fortement recommandée pour guérir le cancer, les scrofules, les engorgements lymphatiques, la coqueluche, la syphilis, la teigne, l'ophthalmie scrofuleuse, les névralgies et d’autres maladies encore.

Affections cancéreuses. 11 n'était bruit dans le siècle dernier que des guérisons obtenues par le célèbre médecin de Vienne, dans les maladies cancéreuses, au moyen de l'extrait de Ciguë. Il fallait bien que tant d'heureux résultats tinssent aux qualités de la préparation ou de la plante, car les essais de Storck, répétés en. France par A. Petit, Pinel, Alibert, ete., ne répondirent pas à l'espoir qu'ils avaient fait concevoir. Il résulte en effet du travail de MM. Devay et Guilliermond que

les soins extrêmes que prenait Storck pour préparer son extrait étaient la condition principale du succès.

Scrofules. Quarin, Cullen, etc., croient que c'est surtout dans les maladies scrofuleuses et lymphatiques que la Ciguë est véritablement eflicace. D’après un relevé fait par Bayle, sur 43 cas traités par ce médicament, il y a eu 34 guérisons, 4 améliorations et 5 insuccès. Baudelocque employait, à l'hôpital des Enfants, l'extrait de Ciguë contre les scrofules, depuis la dose de 10 cent. jusqu'à un gr. et plus; lorsqu'il survenait des vertiges, il suspendait le remède, purgeait l'enfant, puis recommençait.

Engorgements divers. L'emplâtre de Ciguë est d’un emploi fréquent, presque populaire, pour résoudre les tumeurs scrofuleuses, même celles, at-on dit, de nature squirrheuse. Les engorgements des ganglions mésentériques, cervicaux, ete., ont aussi cédé à l’usage interne et externe de la plante en question.

Coqueluche, névroses. En 1781, Schlesinger employa avec succès la Ciguë dans une épidémie de coqueluche très grave qui régna en Pologne. Bon nombre ont imité son exemple, et M. Cazin dit que la poudre de feuilles {2 à 5 cent. 3 fois par jour) lui a réussi plusieurs fois ; cependant il préfère encore la poudre de belladone, comme tous les praticiens d’ailleurs. — Les névralgies, les toux convulsives, l'épilepsie, ont été combattues avec des résultats très divers à l’aide de ce médicament.

Dartres, teigne. Ce sont les premières maladies qui aient été traitées par la Ciguë, employée sous diverses formes tant à l'intérieur qu'à l'extérieur; c’est même en contestant les résultats de cette plante dans ces affections, que Storck fut conduit à la donner dans le cancer. L'idée de l’employer dans la syphilis constitutionnelle dut naître en même temps; et Bayle a réuni 27 cas d'ulcères vénériens dans diverses parties du corps, dont 20 ont été guéris, 3 améliorés, et 4 seulement sont restés sans changement.

Phthisie, La Ciguë a fait place, dans le traitement de cette maladie, à une plante voisine, le phellandre, Cependant,

MÉDICATION NARCOTIQUE. | 693 M. Trousseau en recommande encore les cataplasmes sur la poitrine. « Ce moyen si simple, dit-il, calme la toux et rend

l'expectoration plus faible, en même temps qu'il tempère les douleurs de poitrine, si communes chez les phthisiques. »

Arrétons-nous ici dans la longue énumération des maladies auxquelles on a opposé la Ciguë, parce que, en allant plus loin, nous ne lui trouverions qu'une efficacité de plus en plus contestable. Et même, en considérant les divergences d’opinions, les résultats contradictoires, la difiiculté d'obtenir de bonnes préparations, on est porté à douter de l'utilité de cette plante, maloré les nombreux travaux auxquels elle a donné lieu et les éloges qu’on lui a prodigués.

Quant à la récolte, il ne faut pas attendre que la floraison soit passée : les mois de mai et de juin sont les plus convenables pour la faire. Autant que possible, on doit employer la Ciguë verte; si on veut la conserver, la dessiccation doit s'opérer à l’étuve et à l'abri du contact de la lumière. En séchant elle perd beaucoup de son poids, reste fragile et conserve son odeur particulière, comparée à celle de la souris.

PRÉPARATIONS , DOSES

Poudre (feuilles) : 5 à 10 cent. et plus en potion,

— [racine fraîche] : depuis 20 cent. jusqu’à 8 gr, par jour.

Ertrait de suc non dépuré (feuilles) : Storck le donnait d’abord à la dose de 5 cent. matin et soir, et il augmentait graduellement jusqu'à 4 et 6 gr. par jour. Quelquefois il se servait de la poudre fraîche au lieu de l'extrait. Il préparait ce dernier en faisant évaporer le suc exprimé des feuilles fraîches, puis cuire jusqu'à consistance de sirop, et épaissir par l'addition de la poudre de feuilles sèches pour en former des pilules,

Infusion ou décoction [racine ou semences) : 50 cent. à 8 gr. pour 500 gr. d’eau.

Conicine, principe actif de la ciguë, d’une action toxique des plus énergiques, qui sert de base à un sirop proposé par MM. Guilliermond et Devay. Selon ces expérimentateurs, comme la conicine réside presque tout entière dans les fruits de la ciguë, et que le reste de la plante en est très pauvre, ces fruits doivent désormais remplacer toutes les préparations jusqu'ici employées en médecine : aussi proposent-ils surtout les pilules ainsi composées : fruits de ciguë récemmens pulvérisés, L gr.; sucre et sirop, quantité suffisante pour faire une masse pilulaire qu’on divise en 100 pilules, dont on donne 2 à 10, 16 et 20 par jour, en augmentant progressivement.

Pour l’usage externe :

Décoction [plante entière) : 30 à 60 gr. par kilog. d’eau pour lotions, fo= mentations, etmême pour bains, dans des affections cancéreuses (Hufeland, ete.).

Feuilles contuses : 10 à 15 gr. par kilog. de cataplasme, ou appliquées seules. On les mélange avec la pulpe de carotte, pour le cancer ulcéré des mamelles,

Suc en onguent : 1 partie sur 4 d’axonge, pour frictions, onctions, emplâtres.…

Emplätre de ciguë : résine, 470 ; poix blanche, 220; cire jaune, 320 ; huile de ciguë, 64; feuilles vertes de ciguë, 1000 ; gomme ammoniaque, 250 {Codex}. Employé comme fondant sur les tumeurs de différente nature susceptibles de résolution.

La Cicus virEusE (Cicuta virosa), Ciguë ou Cicutaire aquatique (pl. vu, 5), qui habite le bord des ruisseaux dans le nord et l’est de la France, est une plante de 70 à 90 cent., à tige dressée, rameuse, fistuleuse, arrondie, glabre; feuilles grandes, à segments lancéolés, étroits, aigus, dentés; les inférieures à pétiole très long, fistuleux. Racine grosse, de forme et de volume variables, fournissant des radicules latérales, nombreuses. #

Fleurs blanches en ombelles à rayons nombreux; involucre nul ou à une seule foliole; involucelles de plusieurs folioles linéaires, assez longues (juillet-août).

Cette Ciguë est la plus délétère. On ne l'emploie plus en médecine, quoique plusieurs auteurs l’aient préconisée comme plus efficace que la grande. Sa racine a été quelquefois recucillie en guise de celle du Panais, ce qui a été suivi d’aecidents funestes. Il paraît cependant que, par la dessiceation, elle perd toute son énergie,

La Perrre-Cicus ou Eruse(OEthusa cynapium) est une plante annuelle de 60 cent. au plus, à tige dressée, rameuse, striée, glabre, creuse, munie de feuilles tripinnées, à folioles étroites, aiguës , incisées. — Fleurs blanches en ombelles planes de 15-20 rayons inégaux étalés, ceux de la circonférence plus longs. Pas d’involucre ; involucelles de 4-5 folioles linéaires rabattues (juillet).

Cette plante jouit des mêmes propriétés que la Grande-Ciguë; et, comme elle ressemble beaucoup au persil, que d’ailleurs elle croît dans les jardins, les lieux cultivés, près des vieux murs, elle est plus à redouter à cause des méprises

auxquelles elle peut donner lieu. Du reste elle est sans usages en médecine.

On peut. donc confondre les ciguës avec le cerfeuil et le persil. Voici le résumé synoptique des principaux caractères qui distinguent ces plantes.

CIGUES. CERFEUIL.

Feuilles trois fois aïlées : Feuilles trois fois ailées ; Folioles aiguës, incisées ; Folioles élargies et courtes ;

Odeur vireuse, nauséuse , désagréable.| Odeur aromatique agréable, rappelant

celle de l’anis.

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