PERSIL
Feuilles inférieures deux fois aïlées ;
Folioles larges, trilobées, cunéiformes ;
Odeur aromatique très agréable.
: COQUELICOT. Papaver rhœas, L.
Pavot rouge, Ponceau, Coq, Coprose.
Rien n'est commun dans les moissons et les champs ceultivés comme cette plante herbacée, annuelle, de la famille des Papavéracées (294 A) (pl. xx, 2), dont la tige dressée et rameuse de 30 à 60 cent. est hérissée de poils raides ; feuilles pinnatipartites à lobes oblongs lancéolés et dentés, velues.
Fleurs d'un rouge éclatant, grandes, terminales et solitaires, portées sur de longs pédoncules hérissés de poils raides (mai-juillet). Calice à 2 folioles ovales, concaves et caduques, muni de poils ; corolle à 4 grands pétales avec une tache noire à la base. Grand nombre d’étamines à filets filiformes et anthères noirâtres ; 8-12 stigmates disposés en rayons et soudés sur un plateau qui déborde le sommet de l'ovaire dépourvu de style. Capsule subglobuleuse, glabre , s’ouvrant au sommet sous le multiple stigmate ; petites semences purpurines.
Propriétés, usages. Odeur vireuse, désagréable dans les fleurs, nulle dans le reste de la plante ; feuilles et pétales à peu près insipides. On n’emploie que les pétales qui sont émollients, sudorifiques, un peu anodins , dans les inflammations de poitrine, les toux sèches et quinteuses, la coquelu-
che, ete. On conteste la propriété sédative au Coque; e pendant les mémoires de l'Académie des sciences ont fait connaître , 1l y a plus d’un siècle, les vertus calmantes de ses capsules, et, suivant Bouldue, l'extrait qu'on en retire aurait les avantages de l’opium sans en avoir les in nicnts.
On récolte les pétales du Coquelicot pendant le temps que dure la floraison. Il faut les sécher aussitôt après les avoir cueillis, en les étendant avec soin sur du papier, sans les froisser, et les portant à l'étuve. S'ils sèchent bien, leur couleur rouge vif se change en rouge terne ; dans le cas contraire, ils noircissent. On les conserve en lieu sec dans des vases clos.
PRÉPARATIONS, DOSES
Infusion (pétales) : 4 à 16 gr. par kilog. d’eau.
Sirop : 30 à 60 gr., pour édulcorer les tisanes.
Extrait (capsules) : 2 à 4 gr.
« Chomel affirme qu’une décoction faite avec 12 têtes de coquelicot, 4 poignée d'orge et 2 onces [60 gr.) de réglisse pour 3 pintes d’eau [1500 gr.) est très utile dans les affections de poitrine ; que l'extrait qu'on en prépare, administré à la dose de 2 à 4 gr., est anodin et procure un sommeil fort doux. »
CYNOGLOSSE, Cynoglossum officinale, L.
Langue de chien.
La Cynoglosse {pl. ri, 1) croît dans les lieux secs, sablonneux, pierreux , incultes et aux bords des chemins. Elle appartient à la famille des Borraginées (198, B).
Plante bisannuelle de 40 à 80 cent. ; tige herbacée, dres-
sée, rameuse au sommet, velue et très feuillée ; feuilles alternes, entières, oblongues-lancéolées, pubescentes-tomenteuses, grisâtres sur les deux faces, les inférieures uÿ peu pétiolées, les supérieures sessiles, semi-amplexicaules, souvent étroites.
… Fleurs d'un rouge violacé, disposées en grappes non feuillées, axillaires et terminales [mai-juillet). Calice 5-fide , ouvert, pubescent ; corolle hypocratériforme presque rotacée, à limbe 5-lobé, à gorge formée par 5 écailles convexes ; 5 étamines incluses 4 carpelles déprimés , style persistant, stigmate échancré. Tétrakène aplati, hérissé de poils rudes.
Propriétés, usages. La racine de Cynoglosse est adoucis-
sante, mucilagineuse ; elle passe généralement pour jouir d'une action sédative, grâce à la réputation des pilules qui portent son nom (pilules de cynoglosse), lesquelles doivent leur propriété narcotique et calmante à l'opium qui entre dans leur composition.
On récolte cette racine, quiest grosse, longue, charnue, d’une odeur vireuse et d'une saveur fade, comme la plante entière, lorsque celle-ci est à sa deuxième année et non fleurie. Les feuilles sont préférables la première année avant l'apparition de la tige. La racine sera coupée par petits fragments et séchée promptement. :
PRÉPARATIONS, DOSES
On n'emploie que la préparation connue sous le nom de pilules de cymoglosse. Elles contiennent environ le huitième de leur poids d’extrait d’opium ; on les donne pour calmer les irritations de poitrine et d’entrailles, combattre l’insomnie, la toux des phthisiques, les diarrhées, etc., à la dose de 1 ou 2 prises le soir principalement.
Décoction (racine) : 30 à 60 gr. par kilog. d’eau.
DIGITALE. Digilalis purpurea, L.
Digitale pourprée, Gant de Notre-Dame, Gantelée, Gantelet, Doigtier, Pétrole, Gandio.
La Digitale (pl. ur, 2) est très commune dans les bois , les
pâturages, les terrains sablonneux des environs de Paris où elle fleurit au milieu de l’été. On trouve l'énoncé de ses caractères génériques dans la famille des Scrophulariacées (242, C) : voici ses caractères propres.
Plante bisannuelle à tige herbacée, simple, droite, velue, de 60 à 90 cent. de hauteur. Feuilles alternes, oblongueslancéolées, crénelées, ridées ; les inférieures très amples, pétiolées, formant touffe, à face supérieure verte, face inférieure tomenteuse.
Fleurs d'un rose purpurin, disposées en un bel épi terminal, penchées d’un côté de la tige (juin-août). Calice à 5 folioles lancéolées, pédicule muni d’une bractée ; corolle campanulée où tubuleuse ventrue , munie à l'intérieur de poils
longs et tigrée de taches brunes; limbe obscurément bilabié ayant la lèvre inférieure à 3 lobes courts, arrondis, la supérieure tronquée ; 4 étamines plus Courtes que la corolle (1), anthères à 2 lobes ; style à stigmate bifide. Gap ovale presque tomenteuse, dépassant peu le calice (2).
Propriétés, usages. La Digitale n'est pas odorante, du moins elle l’est fort peu ; sa saveur est très amère, un peu âcre. Son principe actif est la digitaline, dont nous parlerons plus bas. C’est un poison narcotico-âcre à dose élevée ; elle irrite l’estomac d'abord, puis, étant absorbée , elle cause des vertiges . des nausées, des troubles de la vue, de la somnolence ou du délire, des déyections alvines abondantes, ete.
Employée dans un but thérapeutique , la Digitale est sédative, diurétique ou contro-stimulante suivant les cas où on l'administre.
19 C’est comme sédatire qu’elle a été trouvée utile dans la phthisie pulmonaire, les catarrhes , la folie, l’épilepsie, la coqueluche, et surtout qu'elle est employée tous les jours pour modérer l’action du cœur. Elle a amélioré certaines affections de poitrine ayant les apparences de la phthis'e, mais n’a Jamais guéri celle-ci. Cox, médecin d'un hospice d’aliénés en Angleterre, l'avait employée avec tant de succès qu'il ne considérait comme incurables que les aliénations mentales qui ‘avaient résisté à son usage. M. Foville dit en avoir retiré aussi des avantages marqués dans certaines occasions.
Mais c'est dans les affections du cœur que la Digitale est employée le plus souvent. Néanmoins , il y a une distinction importante à faire : « Toutes les fois, quelle qu'en soit la cause, qu'il y à hypertrophie avec ou sans dilatation des cavités du cœur, que les contractions ventriculaires sont énergiques, ete... l'usage de la digitale est indiqué ; mais, dans ce que Corvisart appelait les anévrismes passifs par rapport aux premiers qu'il nommait actifs, toutes les fois que les ca-
{1} Cette corolle est coupée et raccourcie dans la figure détachée qui montre les étamines.
(2) On voit deux de ces capsules au bas de l’épi.
nt -
xités du cœur sont en même temps amincies, flasques, et que, presque dès le début, les infiltrations sont considérables ainsi que le froid des extrémités, l’asphyxie , la teinte violacée, etc... la digitale, en enrayant davantage les mouvements du cœur, accroît l’état pathologique, et voilà pourquoi nous avons dit plus haut que c'était surtout au début des hypertrophies qu'il convenait de l'employer » | Trousseau et Pidoux}). -— L'action sédative de la Digitale est moins sûre et moins marquée dans les palpitations nerveuses que dans celles qui dépendent d’une lésion organique du cœur. « Dans ces cas, disent les "mêmes auteurs , les palpitations ne sont pas dues primitivement à un état vital, mais à un état organique, et qu’ainsi le médicament sédatif a modéré sans peine les manifestations d'activité d'un organisme à la sédation duquel rien ne s'oppose, tant que la lésion n’est pas considérable au point de rendre presque impossible la circulation... »
2° En qualité de médicament diurétique, la Digitale est très utile dans les hydropisies, soit essentielles, soit symptomatiques, d’une hypertrophie active du cœur ; dans ces dernières, elle agit tout à la fois et en modérant l'impulsion du cœur, favorisant la libre circulation du sang, et en activant la sécrétion urinaire ; mais, du reste, tous les auteurs s'accordent à la considérer comme un remède puissant dans 1 divers épanchements séreux qui peuvent se développer, pourvu qu'ils ne soient pas enkystés.
3° Enfin la Digitale est considérée par les partisans de la méthode rasorienne comme contro-stimulante. On Va donc administrée dans les fièvres et les inflammations viscérales pour modérer le stimulus, et agir sur lui comme le ferait la saignée, sauf la déperdition du sang que l’on évite.Nous l'avons déjà dit, la théorie du contro-stimulisme trouve peu de partisans en France, en dehors de l'emploi du tartre stibié et de quelques autres sels. Cependant, le praticien éclairé ne doit pas juger trop précipitamment ; il peut fort bien essayer dans les pneumonies et les fièvres une plante qu'il sait puissante pour ralentir les mouvements du cœur, modérer la chaleur et
poussér aux urines, trois conditions très favorables, ce nous semble, à l'effet contro-stimulant.
Nous aurions encore beaucoup de choses à dire sur l'emploi de la Digitale dans les hémorrhagies, les fiévres intermittentes, les affections scrofuleuses , les engorgements des glandes, ete.; mais les résultats obtenus dans le traitement de ces affections ne sont pas tels qu'on doive préférer cette plante à une foule d’autres dont l'efficacité est mieux démontrée.
Récolte. Elle se fait en juin ou en septembre : la première est préférable. IT faut choisir la plante qui croît dans les lieux élevés et à découvert comme étant la plus active. Les feuilles sont mondées, disposées en guirlandes et portées au séchoir. Elles sont tout-à-fait inodores après la dessiccation, qui doit être faite avec soin, complète. Il faut les tenir en lieu sec et les renouveler tous les ans. éd
PRÉPARATIONS, DOSES
Infusion {feuilles} : 50 cent. à 1 et même 4 gr. par kilog. d’eau, comme diurétique ; — 4 à 12 gr., comme contro-stimulant.
Poudre : 10, 20,°40 à 50 cent., comme sédative; — 60 cent. à 1 gr. 50 c., comme contro-stimulante. — La poudre doit être verte et d’une odeur de foin. Les premières doses accélèrent souvent la circulation au lieu de la ralentir; mais bientôt la sédation succède : on évite cette excitation en commençant par des doses faibles. — On peut adjoindre le fer à la digitale dans les anévrismes passifs, les palpitations chlorotiques, etc.
Teinture alcoolique : 12, 24 à 36 gouttes en potion ou dans de la tisane. — Quantité voulue en frictions, pour augmenter la diurèse et combattre l’hydropisie, l’œdème
Teinture éthérée : 8, 12 à 20 gouttes.
Sirop : 30 à 50 cr. en potion ou dans une tasse de tisane, Préparation très employée.
Remède contre l’épilepsie : feuilles de digitale récentes; 3 onces et demie; broyez dans un mortier; ajoutez 500 gr. de forte bière; faites infuser pendant 7 heures et passez. —125 gr. de cette infusion [Sharkey). Méthode à surveiller.
Digitaline : principe actif de la digitale, d’une action toxique très énergique, qu'on emploie cependant très souvent dans les maladies du cœur et les hydro-
pisies, à la dose de 1 à 3 granules (chaque granule est de 1 milligr.).
$ + JUSQUIAME, Hyosciamus niger, L.
Jusquiame noire, Jusquiame commune, Hanebane, Potelée, Porcelet, Herbe-aux- Engelures, Mort-aux-Poules.
La Jusquiame noire est une plante bisannuelle d'un vert sombre, visqueuse {pl. Li, 3), qui croît aux bords des chemins pierreux, sur les décombres, autour des villages, dans les champs en friche, et qui présente les caractères des Solanacées (200, F).
Tige de 30 à 80 cent., robuste, dressée, rameuse{l), d'un vert grisätre, couverte de longs poils glanduleux. Feuilles alternes, grandes, pétiolées au bas de la tige, semi-amplexicaules en haut, molles, à découpures pointues, velues.
Fleurs jaunâtres, à gorge marquée de pourpre et à limbe veiné de lignes brunes anastomosées en réseau, assez grandes, disposées en grappes courtes, unilatérales, feuillées, roulées en crosse au sommet [mai-juillet). Calice campanulé, velu, persistant, à D divisions courtes; corolle en entonnoir, à 5 lobes inégaux, obtus, ouverts; 5 étamines un peu saillantes hors du tube {2}, à filets un peu arqués. Capsule renfermée dans le tube du calice, biloculaire, operculée; graines grisâtres.
Propriétés, usages. Toute la plante répand une odeur forte, vireuse, désagréable ; saveur fade et nauséabonde dans les feuilles, un peu sucrée dans la racine, ete. Action vénéneuse analogue à celle de la belladone ou mieux du stramoine, se manifestant principalement par des dérangements cérébraux singuliers, qui paraissent avoir été observés de tout temps, car Arétée dit que la Jusquiame rend insensé.
Storck, cet infatigable expérimentateur, a mis cette plante en honneur de son temps. Il la trouvait surtout avantageuse contre les névroses, telles que la manie, l’épilepsie et la paralysie. D’autres l'ont donnée dans les convulsions, le téta-
{1} La figure ne représente qu’une somimité fleurie, (2) La figure détachée semble indiquer le contraire; mais il faut remarquer
que les lobes sont représentés redressés,
nos, les palpitations de cœur, l'hypochondrie, les tremblements des membres; mais aujourd'hui ce n’est guère que dans les névralgies qu'on l'emploie sous forme d'extrait, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur.
L'usage externe de la Jusquiame noire a été très répandu anciennement, en cataplasmes sur les articulations goutteuses, en collyre contre les ophthalmies, en collutoire contre l'odontalgie. On faisait fumer les graines en les projetant sur des charbons ardents, pour apaiser les douleurs de dents; les feuilles fraîches étaient appliquées sur la tête pour calmer les céphalalgies, etc. %
L'école italienne emploie cette plante comme hyposthénisante, contro-stimulante dans les phlogoses des centres ner-
veux et des autres viscères.
Récolte. On doit y procéder un peu avant la floraison. La dessiccation se fera avec soin et promptement, parce que les feuilles sont épaisses, enduites d'un duvet visqueux. La racine se trouve aussi dans le commerce ; comme elle ressemble à celle de la chicorée, elle a causé plus d'une fois des accidents par suite des méprises auxquelles elle a donné lieu,
Poudre (feuilles) : 5 à 20 cent.
Extrait : 5 à 15 cent. — 50 cent. à 4 et 8 gr. par jour, comme hyposthénisant | (Rasori). — Cet extrait fait partie des pilules de Méglin, si fréquemment mises en usage contre les névralgies, le tie douloureux surtout. — M. Cazin le propose pour remplacer l'extrait d'opium, avec cet avantage qu'il ne constipe pas, pour suppléer celui de belladone lorsqu'il s’agit de dilater la pupille, ete.
Huile de jusquiame : quantité suflisante en onctions et embrocations calmantes.
Les feuilles de jusquiame servent à préparer des cataplasmes, des lotions, injections et fomentations anodines. — On les applique aussi à l'état frais.
La JUSQUIAME BLANCHE (Hyosciamus albus) ne diffère pas plus de la noire par ses propriétés médicales, qui sont cependant moins actives, que par ses caractères botaniques. Cette plante est moins élevée; ses feuilles sont obtuses, moins allongées, plus velues ; ses fleurs sont d'un blanc jaunâtre, plus petites, ne s'épanouissant qu'au mois d'août.
LAITUE VIREUSE. Lactuca virosa, L. °
Laïitue sauvage, Laitue papavéracée, Laitue fétide, Lerceron,
Elle habite les lieux arides, le long des haïes, parmi les décombres, etc.
Plante bisannuelle de 80 cent. à 1 m. 50 c. (pl. mu, 4 (1) }, de la famille des Synanihérées, tribu des Chicoracées (2357-41, 1). Tige dressée, simple, paniculée au sommet, glabre et glauque. Feuilles semi-amplexicaules, les inférieures très grandes, ovales-allongées, denticulées, glauques en dessous avec des épines sur la nervure moyenne, les supérieures plus petites, aiguës, pinnatifides.
Fleurs jaunes en panicules rameuses à l'extrémité des branches [juin-juillet). Involucre cylindrique, formé d’écailles lancéolées, imbriquées, les externes plus courtes; réceptacle plan, nu, alvéolé, recevant 20-25 demi-fleurons hermaphrodites à languette tronquée et denticulée au sommet; 5 étamines à anthères réunies; style à 2 stigmates. Fruit ellipsoïde couronné par une aigrette soyeuse formée de poils blancs nacrés et articulés (2).
Propriétés, usages. Odeur vireuse, désagréable, prononcée. La plante fournit un suc laiteux très abondant, d’une saveur âcre et amère, qui exerce une action stupéfante sur l’économie. C’est, en effet, un narcotique que l’on peut comparer à la jusquiame et aux autres Solanées. On en a préparé un extrait que l’on a préconisé dans les nombreux cas où l’opium est indiqué [V. Pavot), et que quelques auteurs ont aussi vanté dans l'hydropisie ascite, la jaunisse, les engorgements viscéraux, ete. di On récolte la Laitue vireuse un peu avant la floraison pour
en retirer l'extrait que l'on prépare en épaississant le sue au bain-marie.
(1) Elle représente le haut d’une branche chargée de fleurs et de boutons, et une feuille inférieure. .
(2] Voir la petite figure détachée,
PRÉPARATIONS, DOSES
Extrait : 40 à 50 cent. en plusieurs fois dans la journée; on bien 10 cent. toutes les 2 heures.
Vaidy s’est bien trouvé de ce médicament pour calmer les douleurs violentes de l'estomac ; il n’a point, comme l’opium, l'inconvénient d'arrêter les évacuations alvines,
Cependant il est peu employé aujourd’hui, et ce n'est pas sans raison peutêtre, car on n’est pas d'accord sur les doses. Orfila prétend, en effet, que, pour amener des résultats notables, il doit être administré à la dose de 4 gr. et même davantage.
LAURIER-CERISE. Prunus laurocerasus, L.
Laurier-à-Lait, Laurier-Amandier,
Arbrisseau du groupe des Rosacées (264-68, B) de 5 à 8 mètres, originaire des bords de la mer Noire, réussissant bien dans le midi de la France, Trone rameux, lisse, noirâtre ; feuilles persistantes, luisantes, coriaces, etc.
Fleurs blanches en grappes axillaires, dressées et longues, auxquelles succèdent des fruits ovoïdes ressemblant à des guignes, mais plus petits (pl. Lu, 5).
Propriétés. Les feuilles, les fleurs et les noyaux du Laurier- Cerise répandent un arôme particulier dû à la présence de l'acide hydrocyanique et d'une huile volatile qui sont de violents poisons stupéfiants. On à cependant recommandé l'infusion et l'eau distillée des feuilles dans la phthisie, l'asthme, les engorgements du foie, les maladies nerveuses, les toux quinteuses, les palpitations du cœur; et à l'extérieur dans les inflammations cutanées, le prurit des affections dartreuses, les brûlures, l’engorgement laiteux des mamelles, etc.
Quant à la récolte des feuilles du Laurier-Cerise, c'est pendant le mois de juillet que, sous le climat de Paris, elles paraissent posséder la plus grande proportion de principes actifs.
PRÉPARATIONS, DOSES
Eau distillée (feuilles) : 4 à 16 gr. en potion, A cette dose, on avait eru lui trouver une action toxique; mais de nouvelles expériences, tentées surtout par M. Robert, pharmacien à Rouen, et Fouquier, ont démontré qu'on pouvait
en donner jusqu'à 120, 250 gr. et plus dans un seul jour, sans que les ma-
lades en éprouvassent aucun effet marqué. Son usage est donc incertain ; aussi
l’abandonne-t-on de plus en plus. — On s’en sert pour aromatiser le lait. Huile essentielle : 1 à 5 gouttes. — 50 cent, à 1 gr. mêlée à 15 gr, d'huile d'olive ou d'amandes douces pour onctions. ‘
LAURIER-ROSE. Nerium oleander , L.
Nérion,
* Le Laurier-Rose appartient aux Apocynées, où sont indiqués ses caractères génériques (204, B; pl. ur, 5). Croissant spontanément dans la partie méridionale de l'Europe, on le trouve dans le midi de Ja France, aux environs d'Hyères, et cultivé en caisse dans tous les jardins.
Propriétés. L'écorce et les feuilles de cet arbrisseau ont une odeur désagréable, une saveur âcre et amère. Toutes les parties de la plante sont vénéneuses : ses seules émanations ont sufh pour occasionner des accidents graves de la nature de ceux que déterminent les poisons stupéfiants. Il serait donc très dangereux de coucher dans une pièce renfermant un Laurier-Rose.
On a administré ce végétal à l'intérieur dans les dartres, la syphilis; mais son action délétère et peu utile d’ailleurs l’a fait abandonner. La décoction des feuilles dans l’huile est
quelquefois employée contre la gale et certaines affections dartreuses.
MORELLE, Solanum nigrum , L.
Morelle noire, Morelle officinale, Morette, Mourette, Crève-Chien, Herbe aux magiciens Raisin de loup.
La Morelle (pl. ziv, 1) est commune dans les lieux cultivés, les décombres, au bord des chemins, le long des murs, etc. Ses caractères génériques ont été indiqués aux" Solanacées (209, B). Voici maintenant les spécifiques.
Plante annuelle de 20 à 60 cent.; tige rameuse, glabre, dressée; rameaux diffus, rudes sur les angles ; feuilles ovalespointues, pétiolées, sinuées ou lâchement dentées, molles et succulentes, d'un vert foncé, un peu plus pâles en dessous,
Fleurs blanches, petites, en petites ombelles pendantes,
La
3-G-flores, sur un pédoncule commun {juin-oetobre). Calice petit à 5 dents, persistant; corolle à 5 divisions ovales-aiguës qui s'ouvrent en rosette, puis se recourbent sur le calice{1), 5 étamines; style filiforme à stigmate obtus. Baies globuleuses, luisantes, d’abord vertes, jaunâtres, puis rouges et noires.
Propriétés, usages. La Morelle a une odeur vireuse et une saveur douceâtre. Les opinions ont varié sur son mode d’action : cela tient à ce qu'on n’a pas assez tenu compte des parties qu'on a employées. En effet, les feuilles et les tiges ne sont guère qu'émollientes, tant qu'elles sont jeunes surtout; on les a même fait servir d'aliment. Plus tard on y remarque une propriété narcotique, qui est surtout prononcée dans les fruits ; mais ceux-ci n’ont jamais occasionné la mort, comme ceux de la belladone, avec lesquels Ë peut les confondre. |
a Morelle n’est usitée qu'en décoction (30 à 100 gr. par kil. d'eau), pour lotions, injections, fomentations, cataplasmes, ete., dans le traitement des phlegmasies, des cancers de matrice, des dartres vives, des hémorrhoïdes, des ulcères douloureux, ete.
La récolte doit se faireà l'automne et lorsque les fruits sont “en maturité, si l'on veut obtenir de cette plante une action calmante, narcotique. On la fait sécher à l’étuve; ses propriétés sont plus manifestes après la dessiccation.
MOURON ROUGE. Anagallis arvensis, L.
Cette plante a déjà fait le sujet d’un article {(V. p. 304). Si nous y revenons, c’est d'abord pour compléter sa description en renvoyant à la figure qui lareprésente (pl. xxvu, 1), figure qui montre une extrémité de tige munie d'une fleur ouverte, de boutons et de fruits portés sur des pédoncules arqués réfléchis, tandis que les pédoncules florifères sont redressés ;
(1) Le dessin représente une ombelle de 6 fleurs, dont 4 en boutons et 2 on-
vertes de manière à montrer le dernier degré de l'épanouissement dans l’ue.
ensuite, c’est parce que le Mouron, donné à certaine dose, exerce sur l'économie une action analogue à celle des poisons narcotico-âcres, et qu'il peut donner la mort.
+ PARISETTE, Paris quadrifoha, L.
Herbe à Paris, Pariette, Raisin de renard, Etrangle-Loup, Morelle à 4 feuilles,
Plante herbacée de 30 cent. au plus (pl. ziv, 2), de la famille des Asparagacées (456, C). Racine en souche horizontale, traçante, soutenant une tige unique, dressée, simple, arrondie, ferme, feuillée au sommet seulement. Feuilles au nombre de 4, sessiles, disposées en croix au haut de la plante, ovales, entières, glabres, à 3 nervures ramufices.
Fleur verdâtre, assez grande, solitaire sur un pédoncule terminal (juillet-août). Périanthe à 8 divisions presque libres ; 4 externes calicinales ovales-allongées ; 4 internes plus étroites, alternant dans l'intérieur des premières ; étamines 8 à anthères allongées et attachées à la partie moyenne du filet; ovaire supère de 4 carpelles, 4 styles et 4 stigmates. Fruit noirâtre, tétragone à 4 loges{1).
Propriétés, usages. La Parisette a une odeur vireuse, narcotique et désagréable. C’est un poison pour certains animaux, notamment les chiens et les poules. On l’a employée dans les fièvres intermittentes, l’aliénation mentale, l'épilepsie, la coqueluche, mais tout reste encore douteux dans l’appréciation de ses propriétés. Ce qu'on remarque de plus tranché dans ses effets, c'est son action vomitive, à laquelle on devrait sans doute ses faibles succès dans les fièvres intermittentes. Si elle a été utile dans l’épilepsie, la coqueluche, c'est comme narcotique et antispasmodique, à moins quon ne l'ait administrée à doses altérantes. 1
De nouveaux essais doivent donc être entrepris sur cette plante médicamenteuse, que l’on trouve d’ailleurs assez rarement dans les bois et les lieux ombragés, où elle est vivace.
{1} Ce fruit occupe le centre dela fleur sur la plante figurée ; la fleur détachée donne une idée plus exacte des proportions de l'ovaire.