PLANTES MÉDICINALES. ; PRÉPARATIONS, DOSES
Poudre {racine} : 1 gr. 30 cent. à 4 gr., comme vomitive.
— (feuilles) : 6 cent. à 1 sr. 30 cent., progressivement, comme narcotique, antispasmodique, altérante.
— [fruits] : 30 à 60 cent. et plus.
PAVOT. Papaver somniferum, L.
Pavot blanc, Pavot des jardins, Pavot somnifère,
Le Pavot (pl. ziv, 3) est originaire de l'Orient ; naturalisé dans toute l'Europe, il est cultivé dans les jardins pour l'agrément, e& dans le nord de la France pour l'huile qu’on exirait de ses graines. Genre type des Papavéracées (294, À), il présente les caractères suivants :
Plante annuelle à tige cylindrique, simple, forte, glabre , de 60 cent. à 1 mètre de hauteur et plus; feuilles alternes, amplexicaules, glauques, à dents inégales sinuées ou ondulées.
Fleurs pourpres, violettes, panachées ou blanches, grandes, terminales et solitaires, inclinées sur la tige avant leur épanouissement, qui a lieu en juin-septembre. Calice à 2 sépales herbacés et glabres; corolle à 4 pétales marqués à l'onglet d’une tache violette. Étamines très nombreuses, à filets blanes et anthères Jaunes; stigmates 8-15, disposés en rayons et soudés sur un plateau qui déborde le sommet de l'ovaire(1). Capsule globuleuse-oblongue, uniloculaire, glabre, s'ouvrant par des pores au-dessous du plateau stigmatifére lobé. Semences, petites, réniformes, blanchâtres, extrêmement nombreuses, insérées sur 8 à 14 demi-cloisons ou trophospermes.
Propriétés, usages. Le Pavot a une odeur nauséabonde et une saveur amère et âcre. On emploie ses capsules comme calmant, anodin, narcotique, pour remplacer l'opium dans les nombreux cas où ce dernier est indiqué. Les graines servent à la préparation de l'huile d'œillette, qui n’est pas non plus sans utilité en médecine. Devant parler de l'opium en particulier et de l'huile de pavot, nous pouvons passer de suite aux préparations des capsules,
(1) Ces objets se voient sur In figure détachée dépourvue de pétales,
Mais avant, un mot sur la récolte. Plus on s'approche du Midi, plus les pavots ont d'activité; le plus ou moins de chaleur et de lumière qu'ils reçoivent, la qualité de la terre, la culture, ete., modifient aussi beaucoup leurs propriétés. Dans tous les cas, il vaut mieux les récolter avant la maturité parfaite des graines. Les capsules se sèchent facilement, et il n’est aucunement nécessaire qu'elles contiennent leurs graines pour les usages de la thérapeutique.
PRÉPARATIONS,. DOSES
DisoctioMeepsules ou têtes) : 1 ou 2 têtes coupées en quatre,et dont on a jeté les graines, par kilog. d’eau, pour injections, lavements, fomentations, ete. — Les injections d’eau de pavot se font dans le vagin pour calmer les coliques utérines, les douleurs du cancer de la matrice, ete. — Les Zavements s’administrent dans les Mae de dyssenterie, de diarrhées, de coliques, ete. — Les fomentations trouvent leur application dans les irritations cuisantes de la peau, le prurit des parties génitales, l’inflammation des organes du bas-ventre, ete,
L’infusion de capsules de pavot est employée à l’intérieur, parle peuple, contre les rhumes, les douleurs d'estomac, les coliques. — Les nourrices ont la fâcheuse habitude quelquefois d’en ajouter à la bouillie des enfants pour calmer leurs coliques ou les faire dormir. Il est résulté de nombreux empoisonnements de cette pratique dictée par l’ignorance ou le désir d’être plus libre des soins de l’allaitement.
Sirop diacode ou de pavot blanc [16 p. d'extrait alcoolique de pavot dans 125 d’eau distillée, le tout mêlé à.1500 de sirop simple) : ce sirop est précieux en ce qu'il exerce une action M vie prononcée, sans donner lieu à cette excitation, cette stimulation si fréquemment observées avec les opiacés proprement dits. Onle donne à la dose de 8, 16, 32 gr. et plus, en potion, contre les rhumes, les toux nerveuses, les affections nerveuses, les douleurs d'estomac et d’entrailles, les coliques accompagnées de cours de ventre.
Extrait alcoolique : il n’est employé que pour la préparation du sirop diacode, « Nous croyons savoir, dit M. Martin-Lauzer, qu’il entre dans des préparations secrètes pour la toux, et particulièrement dans des pâtes pectorales, ce qui est une addition moins dangereuse que celle de la morphine, »
Opium.
L'opium est le suc épaissi fourni par les capsules du pavot blanc auxquelles on pratique des incisions. Cette récolte se fait en Asie-Mineure, en Perse, en Égypte et dans l'Inde.En France, néanmoins, on ne trouve guère que trois espèces commerciales de ce produit : Le l’opium de Smyrne, qui est le plus
puretle plus riche en morphine ; 2 l’opium de Constantinople ; 3° celui d'Égypte, qui a reçu le nom de thébaïque, nom que portent encore certaines préparations pharmaceutiques. Ajoutons à ces trois espèces principales l’opium indigène, qui doit nous occuper spécialement.
L'opium indigène est celui que l'on récolte en France d’après le procédé usité en Asie-Mineure. L'idée première de cette récolte appartient à Belon ; Loiseleur Deslongehamps fut ensuite un des premiers à s'occuper d'expériences, et l’ôn sait que M. Aubergier se livre depuis plusieurs années, dans le Cantal, à des essais suivis qui ont donné des résultatsgtrés encourageants et un produit aussi riche en morphine que
opium de Smyrne, lequel en contient 15 à 17 pour 100. On craint seulement que les frais de culture et d'extraction ne soient tels que l’opium indigène ne puisse jamais lutter avec avantage qi place avec l'opium exotique.
Les principes trouvés dans l’opium sont très nombreux : parmi eux nous ne citerons que la morphine, la narcotine et la codéine, parce que ce sont les plus importants en thérapeutique. Nous ajouterons encore qu'en thèse générale on peut dire qu'un opium est d'autant plus pur qu'il a une odeur plus forte, plus vireuse, une saveur âcre, amère et nauséeuse.
La morphine est une matière blañéhe solide, en aiguilles prismatiques, insoluble dans l'éther et dans l'eau, inodore, d’une saveur très amère, ete., qui constitue le princrpe actif de l’opium. On l’emploie en médecine combinée avec un acide sous les noms d’acétate, d'hydrochlorate et de sulfate de morphine. Tous ces sels ont une saveur amère et agissent sur l'économie de la même manière que l'optum, mais avec beaucoup plus d'énergie.
La narcotine et la codéine sont deux autres alcalis de l'opium auxquels des praticiens ont donné une certaine importance en les employantisolés aux usages médicaux.
Propriétés, usages. L'opium est le type des narcotiques. Son ingestion à forte dose produit la somnolence, le coma, le collapsus moralet physique, parfois des nausées et des vomissements, des mouvements convulsifs, la contraction des pupilles
(la belladone, la jusquiame, le stramoine, produisent, au contraire, la dilatation), et lorsque la mort en est l'effet, on trouve à l’autopsie les vaisseaux cérébraux engorgés, les poumons engoués, rouges, violacés, le cœur plein d'un sang noir; le corps se putréfie facilement, ete. Quelquefois cependant on ne trouve aucune lésion, surtout lorsqu'on a employé quelque sel de morphine.
L'opium se consomme en très grande quantité dans tout l'Orient pour produire une sorte d'ivresse et des sensations
“agréables, comme on fait du chanvre dans l'Inde, du tabac en Europe, ete. C’est de plus un des plus précieux agents de la matière médicale. Un volume ne nous suffirait pas pour traiter de ses usages thérapeutiques avec tous les détails qu'ils comportent ; aussi nous bornerons-nous à une simple mention.
L'opium excite le système circulatoire en même temps qu'il est sédatif pour le système nerveux. S'il émousse la sensibilité, calme la douleur et produit le sommeil, il élève aussi le pouls; il l’accélère dans l'état de santé, mais le régularise, au contraire, s’il était accéléré auparavant. Par suite de cette influence sur la circulation, il favorise le mouvement des fluides vers la périphérie, et, faisant cesser le spasme de la peau, relâchant les orifices vasculaires par son action narcotiqueyil devient sudorifique. Chez les individus très excitables, al augmente souvent l'excitation, au lieu de calmer, parce que sa propriété sédative a beaucoup moins de prise sur ces idiosyncrasies que sa faculté stimulante.
D'où il suit que l’action de l’opium n’est pas aussi simple qu'on peut le croire, et que ses effets ne peuvent être sûrement déterminés a priori. Néanmoins, considérant les choses en général, on prescrit ce médicament dans les affections nerveuses, telles que les névralgies, les gastralgies, l'hystérie, l’éclampsie, les convulsions, la chorée, dans le delirium tremens, où son action est puissante, le tétanos, et dans tous les cas où l'élément douleur prédomine, que cette douleur soit purement nerveuse ou la conséquence de l’inflammation, du cancer surtout, etc. L'opium combat l'insomnie, mais à condition que cet état ne se rattache pas à une affection cé-
rébrale grave, qu'il dépend, au contraire, de la faiblesse ou d'une affection douloureuse. Il est d’uné précieuse ressource dans la phthisie, les toux quinteuses, l'emphysème pulmonaire, l'asthme, les dyssenteries et diarrhées, les maladies des organes génito-urinaires, en un mot, dans presque toute la pathologie, outre qu'il constitue le correctif presque indispensable de certains médicaments actifs que l’économie tolérerait plus difficilement, ou même pas du tout, sans son adjonction, tels que le mercure, le tartre stibié, ete. Cependant l'opium est contre-indiqué dans les inflamma-w
tions viscérales aiguës, avant l'emploi des saignées surtout; dans la tendance du sang à la putridité {fièvres malignes graves, purpura hemorrhagica, empoisonnements par les venins etles matières putrides, ete.) ; dans la vieillesse affaiblie avee tendance à la stase du sang; chez les sujets affectés d'hémorrhagie ou d'inflammation au cerveau ; chez les nouveaunés que la dentition tourmente ou qui sont agités, menacés de convulsions, ete. — Terminons ces généralités, que complètent d'ailleurs les indications du Pavot {(p. 709), par l’exposé des diverses préparations auxquelles on a soumis l'opium.
PRÉPARATIONS , DOSES. bed
Opium brut [opium du commerce} : 5 à 10 cent. et plus en pilules on Lpotion
Extrait [opium purifié, extrait thébaïque, aqueux ou gommeux|: 1, 2, 3, 4 et 5 centig. et plus. C’est la préparation la plus employée, soit en pilules, en potion ou en pommade. , e
Laudanum de Sydenham [vin d'opium composé) : 10 à 20 gouttes à l’intérieur ou en lavement ; — quantité voulue à l’extérieur sur un cataplasme émollient ou en frictions. Préparation très en vogue.
Laudanum de Rousseau [vin d'opium obtenu par la fermentation] : 4 à 10 gouttes à l'intérieur. 7 gouttes équivalent à 5 cent. d'extrait, tandis qu'il en faut 18 gouttes du laudanum de Sydenham.
Sirop d'opium (sirop d'extrait d'opium) : 15 à 30 gr. en potion. Cette dex; uière dose contient 5 cent. d'extrait, Très usité,
Sirop de karabé : c'est le sirop précédent auquel on ajoute 2 gouttes d'esprit volatil de succin par 30 gr. Assez usité.
Morphine [acétate où hydrochlorate) : 1 à 3 cent. en pilules ou potion. —5 cent. par la méthode endermique, c’est-à-dire sur la surface d’un vésicatoire.
Sirop de morphine : 15 à 30 gr. en potion.
Sirop de codéine :30 gr. Médicament cher, très employé chez les enfants.
Menrcarron NARCOTIQUE. 713
- Huile de pavot.
LA -
bi
4 " Huile d’œillet, Huile d’æillette, Huile blanche,
Cette huile se prépare avec les semences du Mot somnifére, variété à graine noire que l’on cultive en grand dans le Nord pour cet usage. On en fait un commerce considérable, soit pure, soit mélangée avec l'huile d'olive, pour la préparation des aliments. Elle est inodore, d'une saveur douce, ténue, légère, ne se coagulant qu'à 10 degrés au-dessous de zéro; l'huile d'olive, au contraire, a la saveur du fruit qui la fournit, et se congèle à 6 degrés au-dessus de zéro 4
L'huile d’œillette [mot dérivé d’olivetto ou olietto, petite huile) pourrait se donner, comme purgative pour-remplacer celle de ricin. On en met souvent 2 à 4 onces dans un lavement pour le rendre laxatif. M. Dubois, de Tournai, propose de la substituer à l’huilé de foie de morue, qui est si répugnante à prendre, pour combattre les affections rachitiques et scrofuleuses. Sur 22 enfants affectés de rachitisme qu'il a soumis à l'usage d'huile d'œillette, 12 ont été guéris après un traitement de 3 mois et demi {terme moyen); 3 ont obtenus une amélioration très grande, voisine de la guérison; 3 n'ont éprouvé qu'une amélioration passagére; chez les autres, Lu médication a été sans effet. M. Dubois ne croit pas que l'huile de morue doive son succès à l’iode, parce qu’elle n’en contient que 18 centig. par litre. « Si cela est vrai, dit-il, pourquoi recourir à cette manière dégoûtante et trois fois détestable d'admimistrer ce médicament! »
L'huile d’œillette se donne à la dose de 1, 2, 3 ou 4 cuillerées à bouche par jour.
ge STRAMOINE, Datura stramonium, L.
Pomme épineuse, Pomme du diable, Pommette, Herbe du diable, Herbe aux sorciers, Chasse-Taupe, Endormie, Stramonium, etc.
La Pomme épineuse (pl. ziv, 5) croît dans les lieux incultes, dans les décombres, aux environs des jardins et des villages,
* vert foncé, blanchâtre «
714 PLANTES tsar ‘ où elle fleurit pendant tout l'été. Elle appartient aux Solana-
Plante annuelle d’un mètre de N. 4 ehiron tige forte,
e, cylindri pe” 7 , rameuse, glabre (1); sez grandes, olié ovales- | à dents larges et aiguës, d’un
essoUus. ‘à Fleurs blanches ou violettes,
acuminées, Sinuées-à
ès grandes, axillaires et so- $ (juin-séptembre). Calice longuement er v 5 dents pointues; corolle infundibuliforme très allongée, à 5 plis longitudinaux, à 5 lobes courts brusqueément acuminés ; 5 étamines incluses; ovaire couvert de petites pointes ; Style iliforme, Stigmate en fer à cheval olanduleux. Capsule de la grosseur d'un œuf de poule, hérissée de pointes fortes aus s, offrant à sa base les
restes du calice; 4 loges contenant des semences noires. é.
Propriétés, usages. Odeur forte, vireuse, saveur un amère, àcre, nauséuse ; action nareotico-âcre sur l'ééonomie, analogue à celle de la belladone, mais plus délétère; car elle produit un délire furieux, la cécité, la paralysie, et enflamme
d'estomac, ete. On cite beaucoup d'histoires d'empoisonnements par cette plante, les uns produits par imprudence. ou
mére, les autres dus à des desseins criminels. Il y a eu des
bandits, connus sous le nom d’endormeurs, qui se servaient de ce végétal pour dépouiller le voyageurs ou violer les femmes sans obstacle. Ils mêlaient au breuvage, au vin surtout, l'infusion, ou bien offraient du tabac mélangé de leur poudre. Les sorciers et les enchanteurs en faisaient prendre aux amants et aux Ésadés pour produire chez eux des hallucinations et des plaisirs imaginaires.
Jusqu'à Storck, qui la soumit à ses curieuses investigations, le Stramoine n'avait pour ainsi dire pas été employé en médecine. Frappé de son action sur le cerveau, ce célèbre médecin l’essaya dans les maladies chroniques de cet organe,
(1) On a représenté l'extrémité d'un rameau portant une fleur, un fruit et
des failles,
& MÉDICATION NARCOTIQUE m5
telles que la folie, l’épilepsie et la chorée. Les résultats qu'il obtint furent de nature à encourager les pratioients et de tous côtés on se mit À ré ter ses essais.; De nom uses obser-
vations furent publiées par Bergius, sa ider, Amelung, Barton, ete. “tendant à démontrer son efficacité dla manie.
Le champ de + RFE tion s’étendit bell 6 aux né yralgies, à l'asthme saur Smic À “à ique, etc. F2 Fe
Le Stramonium à pa très eflicace dans le itenent des névralgies, arte li 0 du tic, da
seau et Pidoux, qui l MS 7 su médecins en ont en iré de plus grands avantages dans les spasmes de la RE et des bi ces pécto tt dans l'asthme essentiel. Le mode d' administration qu'ils préfèrent est l'aspiration de la fumée au moyen de la pipe oumieux de la cigarrette. Dans la phthisieet les catarrhes, ces Far gares sont ds efficaces pour calmer la toux et l oppression. — La teinture de strämonium : paru très utile à Zollickoffer dans le rhumatisme chronique. Leb: eton a préconisé l'extrait de semences" à dose croissante jusqu'au délire, contre les rhumatismes articulaires aigusyhet sa méthode a eu l'honneur d'obtenir l'approbation de M. Trousseau.
dicament qui a le mieux ré ssi, ns ces Cas ar intout à l | — Ces
D’après les essais de Moreau (de hours s), ke Stramonium serait une sorte de spécifié contre l'élément hallnenation dans la folie, pourvu qu’on insiste sur son usage, et qu on en élève progressivement la dose jusqu'à éommencement d'intoxication : il agirait alors comme remède substitutif où homæopathique, puisque, dans l'état physie logique, il détermine précisément une sorte de délire sensorial. — Cette plante, à dose élevée, serait un puissant aphrodisiaque,#suivant Maly et Faber; ce qu'ily a de certain, dit M. Michéa, c’estque, chez, environ 10 aliénés auxquels j'ai fait raté depuis 5 jusqu à 25 cent. d'extrait de datura par jour, j'ai observé deux fois que ce moyen produisait une disposition extrême aux jouissances vénériennes. Cependant Maly prétend guérir la nymphomanie en donnant de 2 en 2 heures 5 gouttes de teinture
ch
« 1 % PLANTES MÉDICINALES. + alcoolique : de cette Hans : ici encore faudrait-il admettre une action homæopathique! “S
On a euilles de Stram : d mois de juillet pour en prépas l'extrait ou les soumettre à Le à la dessiccation.
RÉ ARAMOSS a , *
Fa. (de cos et de les) : ae 25 Millig. jusqu'à 40 cent. par ur, augmentant progressivement. n en prépareWune pommade (2 gr.
pour 60 pare et un diniment [2 gr. pq] 125 d'huile dgliver qu'on empe ns contre les né | :
LS fr s) :.5 à 30
re : 10 à 15, gouttes
msi
Fumigatio ins : on mêle Jes se illes sèches avec parties égales de feuilles de sauge, et l'on fume soit Fa , Soit avec une cigarrette de papier: dose de He doit êt 75 centig. pour Vuaque ri pipe ou cigarrette : on
commence par une den orrette pour aller jusqu'à deux par jotr. Si du ver-
tige s se m ifeste, il faut suspendre ce moyen si, au bout de quinze jours, ces
funigätions à ne soulagent pas, il faut les cesser dénitign ent, Pour les Rene , qui font usage a ituel du‘tabac, on mêle le datura au tabac lui-même
d On peut faire brûler les feuilles sur des r ardents , et en répandre la fumée dans la chambre du malade. né cE
+ ou décobtion : 20 F à kil, d'eaupour l’usage externe. * | TABAC. reg
Lo Nicotiane, Tabac à larges feuilles, M a reine, Herbe à l'ambassadeur, Herbe du Grand-Prieur, Herbe à tous maux, Herbe D: Herbe sacrée, Tournabone,
labacum , L, #
Petun, etc.
Le Tabac est de la famille des Solanacées (209, G; pl.1v, 1. Originaire du Mexique, il fut importé en Europe par Jean Nicot, ambassadeurmde François II, de Portugal, qui en envoya, dit-on, les ai AA à Marie de Médicis en 1560. + 4
C'est une plante 1 m: 30 à 1 m.60 c., à tige dressée, forte, rameuse, creuse, pubescente ; nil très amples, alternes, sessiles-embrassantes, ovales-allongées-pointues , “nolles, un peu glutineuses, d'un beau vert.
Fleurs jaunâtres-purpurines en panicules Tâches terminales (juillet-août). Calice ovale à 5 dents aiguës, velu ; corolle infundibuliforme, à tube renflé-allongé, limbe rougeâtre à 5lobes pointus, présentant un pli longitudinal: 5 étamines aussi
nd #
longues que la-corolle; style à stigmate échancré. Capsule embrassée par le calice, bivalve ; can très petites.
Propriétés usages. Le Tabac (nous parlons de la plante telle qu'on la recueille et non de celle qu'on soumet dans les manufactures à des préparations qui lui communiquent des qualités irritantes), le Tabac, disons-nous, n’a qu'une faible odeur tant qu'il est vert; ses feuilles sont améres et âcres. C’est une plante déléte tt à la manière.de la belladone et du datura stramonium, sauf qu’elle a moins d'énergie comme narcotique, mais davantage comme irritante. On en retire une huile empyreumatique douée d’une activité telle, qu'une seule goutte déposée sur la langue d’ un chat le fait périr en
quelques minutes. #
Le Tabac est peu employé comme médicament ; cependant on l'a vanté dans les affections nerveuses, l'asthme, JÈ dropisie, la hernie étranglée, la gale, etc., sous forme de fumigations, de lotions, de pommades, d'applications directes des feuilles et de AREAS Rarement, on le fait prendre à l'in-
térieur. + 0 a Fr
On sait combien est répandu l'usage du Tabac à priser et à fumer , usage qui serait souvent salutaire, à titre de sternutatoire et de sialagogue, s’il était ménagé, mais qui n’a plus que des inconvénients du moment que Héonomie s'est habituée à ses effets et qu'il a émoussé la sensibilité des organes qui en reçoivent l'impression. Ce côté de l'histoire du Tabac appartient à l'hygiène,set nous nous garderons bien de nous y arrêter après tout ce qui a été écrit sur les inconvénients de cette herbe âcre, puante et sale, qui épuise la santé et la bourse de tant d'individus, en les rendant infects d'haleine et de vêtements.
PRÉPARATIONS, DÔSES.
infusion (feuilles) : 1 à 2 gr. par 500 gr, d’eau pour l’usage interne, comme vermifuge ; ou en lavement, à dose double, contre la hernie étranglée (Pott). Rarement employée. -
Teinture (Fowler) (30 gr. par 500 gr. d’eau; on laisse macérer 1 heure au bain-marie; on exprime 120 gr. de cette infusion, à laquelle on ajoute 60 gr.
#5. 6 2 F2 718 à . PLANTES M euvauEs ol reétife) : 40 un teinture plus deux tiger jour, dans Fe ropisie. %
f ne Décoction : 60 gr. par 500 gr. d’eau, pou:
la gale, les poux et mor ions : moyen d’un “emploi vulgaire dans les campagnes, et qui peut causer des : accidents si la peau est an à comme dans la
teigne, les > st etc.
Poudre : 2 gr. pour 30 d’axonge ; ue employée aux mêmes usages que
la décoction. ’
Feuilles fraîches : Bocrhaave 1 appliquait sur le t et les tempes dans les leurs névralgiques, sur des articulations de DR ges ; pour de. la douleur. &- Fumée de tabac : e a été conseillée en lavement contr hyxie par subsion, l’iléus et la hernie étranglée. Ce moyen, qui N à l'emploi d'un srl L'SE trouve Harement son application et n'est pas sans danger.
Le Tasac RUSTIQUE (Nicotiana rustica) a une tige de 60 cent. à 1 m., rameuse, pubescente, des feuilles pétiolées, ovalesob quo peu épaisse, j — Fleurs d'un jaune verdâtre ; corolle tubuleuse- by pocr iforme, à divisions ob: uses ; capsule subglobul use, etc. — Cette plante, que l'on dit ayoi été la premièr e naturalisée en Europe, et qui est subspont née cà et là sur les décombres, a une-odeur forte, vireuse, pauséabonde, e e saved âcre, piquante, qui sont pourtant moins prononcées que dans l'espèce précédente. Tout ce qui a été dit de cette dernière lui Et sPRRODES ‘e ’
im CLASSE DE MÉDICAMENTS.
° DES ÉVAQUANTS.
Les Évacuants considérés en général comprennent tous les médicaments qui sollicitent la sortie d’humeurs ou de matières étrangères hors des organes ou des vaisseaux qui les contiennent : par conséquent, les vomitifs, les purgatifs, les expectorants, les sialagogues, les sudorifiques, les diurétiques, les emménagogues, les carminatifs, les émissions sanguines, etc., constituent des moyens d'évacuation. Mais il n'est pas d'usage de donner autant d'extension à ce mot, et dans la
usage externe, en lotions contre:
+ MÉDICATION VOMITIVE, 719
pratique onentend qu. par uen substance
qui provoquent des acuations gastro-intestinales. par le . haut ou par le bas. Les vomitifs, les purgatifs et les émétocathartiquesconstituent lesagents dela médication évacuante.
à VOMITIFS.
D Les moyens N Hu pour produire le vomissement sont de deux sortes : les uns agissent mécaniquement; telle est la titillation de la gorge; d'autres exercent une action thérapeutique directe et spéciale sur la muqueuse g gastriq comme l’émétique, l'ipécacuanha et toutes les plantes ndi
gènes proposées pour suppléer ces deux substances, et que nous allons bientôt passer.en revue. Il est d autres causes encore au vomis$ement, comme la migraine, une affection mo-
rale, la gasträlgie, etc.; mais nous n'+ YONS pas à NOUS en oc cuper, non plus que du mécanisme ‘de cet acte a ogique, sujet d’ailleurs très controversé.
Siles Vomitifs (encore appelés émétiques) LH des remèdes héroïques dans beaucoup de circonstances, nul doute aussi qu'ils n'offrent souvent de graves inconvénients ; , il importe donc de préciser les cas où ils sont DE où il faut les”proscrire. "
Le but principal et pour ainsi dire banal des émétiques, c'est l'évacuation de la bile, des saburres ou humeurs peccantes, selon le langage des anciens: Les saburres consistent dans un enduit pâteux qui tapisse la surface muqueuse de l'estomac et même des intestins, et qui est dû à une sécrétion vicieuse de cette membrane. Cette altération de sécrétion, qui constitue l'embarras gastrique, dépend tantôt de l'abus d'aliments grossiers ou de mauvaise qualité, de liqueurs alcooliques, de nee sons sapides, de mets trop succulents, ete.; tantôt et plus souvent encore d’une irritation inflammatoire du canal intestinal. Elle s'annonce par des éructations acides et nidoreuses, des vomituritions, de l'inappétence, un enduit blanchâtre de la langue, de la soif avec désir des boissons aigrelettes, le tout accompagné ou non de mouvement fébrile et de cépha-
+ 720 " PLANTES MÉDICINALES. # LL sus-orbitaire. Or, le moyen par excellence de dissiper l'embarras gastrique, c’est le vomitif. Comment agit celui-ci ! Ce n'est pas seulement en provoquant l'expulsion de l’enduit, en en débarrassant l'estomac, car les aliments pourraient en faire autant en l’entraînant et nettoyant les surfaces; selon MM. Trousseau et Pidoux, l'émétique (ils parlent surtout du tartre stibié) agit en même temps comme médicament substitutif, c'est-à- at qu'il provoque une iritation artificielle qui se substitue à celle dont dépend l’état saburral.
Les Vomitifs constituent des agents thérapeutiques éner- Res: par leur moyen on évacue l'estomae, on sollicite la sortie de la bile de ses canaux, l’on transforme tout l’appareil digestif en un centre fluxionnaire auquel viennent se rendre les liquides abondants provenant du foie, du pancréas, des follicules riuqueux ctdes exhalants ee 2 ete”, € qui explique l'abondance des matières vomies, et l'on épure la ER sang. Mais ce qui surtout fait leur succès, c'est le grand mouvement qu'ils impriment à l économie, d' où résulte que la circulation capillaire AVC plus libre que les sueurs et les urines sont plus abondantes, quedes selles se régularisent, l'appétit devient meilleur, ete. Pour le vulgaire lé vomitif, est le moyen d'évacuer la bile; pour le médecin, c'est unexcitant général qui produit de grands effets par une sorte de perturbation dont, à la vérité, on ne peut prévoir tous les résultats, ce qui précisément rend circonspect à son égard. Le vomitif produit encore un effet sédatif favorable à la disparition de certaines congestions, même de celles de la muqueuse gastro-intestinale, par les lipothymies et la demisyncope dont il s'accompagne. Ilconvient enfin dans toutes les maladies compliquées d'état saburral, dans la fièvre bilieuse, la fièvre intermittente, la dyssenterie, la péritonite puerpérale, la métrorrhagie, et même l’apoplexie, quand l'embarras gastrique est bien évident. L’indication des évacuants se présente encore plus souvent lorsque ces affections règnent sous forme épidémique. à
Quant aux contre-indications, ce sont les hernies, les concestions cérébrales, les écoulements critiques survenant na-
- MÉDICATION «VOMITIVE. à 721.
« turellement, et surtout l’état inflammatoire de ÉSoued ; Cependant nous dirons que cette dernière circonstance n’est pas un motif de proserire le vomitif d’une manière absolue, à moins qu'il n y ait douleurs épigastriques vives, fièvre intense ou altération organique, par cette considération que le remêde peut agir. subslitutivement, comme nous L* avons dit plus
haut, pour guérir l'irritation.
La
PLANTES VOMITIVES OU ÉMEÉTIQUES.
: ! : æ, : ë Asaret, racine, feuilles. | Narcisse des prés, bulbe.| Violette, racine.
ÿ fleurs. RE
Nous avons beaucoup d’autres plantes qui peuvent fournir, au besoin, les moyens de satisfaire aux indications vomitives. Nous citerons l'Arroche, le Colchique, le Dompte-Venin, le Genêt, la Gratiole, le Lierre grimpant, le Muguet, le Raïfort, la Roquette, la Scille, la Vermiculaire, ete. — Nous n'avons pas besoïn de rappeler que le Tartre stibié et l'E pécacuanha sont les deux vomitifs par excellence.
Là
ASARET. Asarum europœum, L.
Cabaret, Asarfne d'Europe, Oreille d'homme, Oreillette, Rondelle, Nard sauvage, Girard- Roussin, a
Le Cabaret (nom qui vient de l'usage qu'en faisaient les ivrognes pour se faire vomir) (pl. Lv, 3) habite les lieux ombragés, dans le midi de la France et même aux environs de
“Paris, où il fleurit au printemps. Ses caractères l'ont fait classer parmi les Aristolochiacées (179, B).
Plante vivace, très basse, à rhizome traçant, sans tiges apparentes ou à tiges très courtes qui se bifurquent en doux longs pétioles terminés par une feuille. Feuilles réniformes, assez amples, longuement pétiolées, coriaces, vertes et luisantes en dessus, d'un vert pâle et un peu pubescentes en dessous.
Fleurs d'une pourpre noirâtre, petites, solitaires, naissant à la bifurcation des pétioles près de terre et sur un court pé-
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doneule {avril-mai). Calice campanulé velu au dehors, dont le limbe est à3lobes droits et pointus: pas de corolle. Étamines 12, à filets courts, libres, insérés sur le disque qui revêt le sommet de l'ovaire; style court; stigmate à 6 lobes disposés en étoile (1); capsule surmontée.du limbe du calice persistant, à 6 lobes polyspermes, etc. ”
Propriétés, usages. L'Asaret exhale de toutes ses parties et surtout de sa racine une odeur très pénétrante, comparée à celle du poivre. Sa saveur est amère, âcre et nauséabonde. Ses propriétés vomitives sont connues depuis des siècles, et on en faisait un fréquent usage avant la découverte de l’ipécacuanha, Maintenant les médecins l’abandonnent, mais les habitants des campagnes, qui conservent religieusement les traditions populaires, continuent de l'employer pour se faire vomir et se purger.
La racine de cette plante est considérée comme le meilleur succédané de l’ ipécacuanha; l'action émétique de ses feuilles. #. n’est pas moins prononcée suivant Loiseleur- -Deslongchamps et beaucoup d’autres expérimentateurs. Ce médicament a mérité les suffrages d’'Etmuller, de Fernel, de Linné, de Rivière, de Willis, de Coste et Wilmet, etc., qui se sont presque tous accordés pour le mettre sur le même rang que l'écorce brésilienne. Il paraît, cependant, que d'autres praticiens ont eu à se plaindre de l’inconstance, de l'irrégularité et même de la violence de son action. M. Cazin, qui s’est donné pour mission de défendre nos médicaments indigènes, répond à cette attaque en disant que si cela est, c'est que le remède a été administré sans précaution, à dose trop forte ou lorsqu'il y avait contre-indication à sonemploi ; que, d’ailleurs, l'ipécacuanha lui-même n’est pas constant dans ses effets.
Le Cabaret est, de plus, anthelminthique et sternutatoire. Les vétérinaires, dans les campagnes, s'en servent pour purger les poulains farcineux. — Nous ne parlerons pas de ses
(1) Les deux figures détachées montrent : l'une, les trois lobes de la fleumétas lés pour faire voir de face les organes sexuels; l'autre, la fleur, à laquelleon a coupé le calice au niveau du disque épigyne, ce qui permet de voir les étamines
dans le sens de leux longueur et le stigmate qui les couronne,
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propriétés diurétiques et fondantes, qui n’ont jamais été bien constatées.
Récolte. Elle doit se faire au printemps avant la floraison ou à l'automne pour la racine; pendant tout l'été pour les feuilles. Cette racine est de la grosseur d’une plume, grise, marquée de distance en distance de nodosités d’où partent des fibres blanchâtres ; elle contient, entre autres principes, une matière brune vomitive et une huile volatile camphrée. Séchée à l’air libre, elle diffère peu de l’état frais ; son odeur est plus faible, et sa saveur aromatique presque agréable. Elle doit être renouvelée deux fois par an. On pense généralement qu'au bout de six mois elle devient purgatiye, puis diurétique et enfin inerte.
PRÉPARATIONS, DOSES
Poudre (racine ou feuilles) : 1 à 2 gr., comme vomitif. — « J’aïj employé cette poudre, dit M. Cazin, à la dose de 10, 15, 20 cent., comme altérante, dans la bronchite chronique, la coqueluche, et surtout dans la diarrhée. Elle m’a réussi aussi bien que l’ipécacuanha. Je la mêle quelquefois à la belladone pour combattre la coqueluche. » — La racine en poudre est un excellent remède pour le farcin des chevaux ; on leur en donne depuis 15 jusqu’à 30 gr., mêlée avec du son mouillé (Chomel).
Infusion : les paysans en font infuser 6 à 15 feuilles dans de l’eau bien pure pour prendre le matin.à jeun avec un peu de miel ou de cassonnade, — L'infusion de 4 à 16 gr. de la racine dans 500 gr, de vin blanc se donnait autrefois comme vomitif assez sûr.
Le cabaret entre dans la composition de la poudre sternutatoire de Saint-Ange.
NARCISSE DES PRÉS. Narcissus pseudo-narcissus, L.
Narcisse des bois, Narcisse sauvage, Faux narcisse, Aiïault, Porillon, Fleur de vieu) Jeannette, Clochette des bois, ( haudon,
Plante bulbeuse vivace, de la famille des Amaryllidacées (158, C; pl. xn, 2); ognon oblong, de la grosseur du pouce et luisant. Tige de 30 cent. environ, à 2 angles saillants, nue, uniflore; feuilles radicales allongées en forme de lame d'épée, au nombre de 5-6, lisses, vertes, plus courtes que la tige.
Fleurs d'un jaune soufré, grandes, solitaires et penchées sur Ja hampe, renfermées avant leur développement dans une
spathe monophylle qui s'ouvre sur le côté et persiste ensuite (mars-avril). Périanthe tubuleux jusqu'à la moitié de sa longueur où 1l se divise en deux limbes : l'extérieur à 6 languettes ovales-lancéolées ; l'intérieur { couronne) campanulé, de la longueur des divisions, d'un beau jaune, lobé au sommet d’une manière inégale ét ondulée. Étamines 6, insérées au tube audessous de la couronne; style un peu plus long qu'elles, terminé par un stygmate trifide. Capsule subglobuleuse trigone.
Propriétés, usages. Les bulbes et les fleurs de Narcisse sont employés en médecine : ils n’ont presque aucune odeur; mais la saveur est amère, un peu âcre dans les premiers, comme sucrée et assez agréable dans les secondes. Bien que classée parmi les vomitifs, cette plante est plus souvent employée comme antispasmodique, antidiarrhéique, etc.
La propriété vomitive du bulbe de Narcisse a été reconnue par Pline, Dioscoride, Galien, Clusius. Niée depuis, elle s’est manifestée ensuite par l'effet d'une méprise : l'ognon en question ayant été pris pour un poireau et mis dans la soupe, les personnes qui en mangérent eurent des vomissements considérables. Loiseleur-Deslongchamps trouva cette propriété faible et jeta encore une fois le médicament dans le diserédit.
Les fleurs de Narcisse jouissent aussi de la faculté de produre le vomissement, ainsi que l’ont constaté Veiïllechèze, Armet, Lejeune, Orfila, Cependant, Loiseleur la croit encore très peu énergique, et M. Caventou, qui a expérimenté la poudre et l'extrait sur lui-même, n’a pu obtenir d'effet vomitif. En présence d'assertions si contradictoires le jugement reste en suspens : les préparations ont-elles été mal faites, la plante varie-t-elle de propriétés suivant le, sol oùrelle croît !.. En tout cas de nouveaux essais doivent être tentés.
Mais ces mêmes fleurs paraissent exercer une action prononcée sur le système nerveux dont la découverte est encore due au hasard : Une demoiselle de Valenciennes, vaporeuse, et attaquée de convulsions, ayant passé la nuit dans une chambre où se trouvaient un grand nombre de fleurs de Narcisse, sé réveilla calme et sans avoir été prise de ses attaques. Le D'Dufresnoy fit recommencer l'expérience, qui répondit
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à son attente, et lorsque, trois jours après, les fleurs ayant été retirées, il vit les accidents se renouveler chez la malade, il ne put douter alors des effets.
Dufresnoy fit préparer un extrait qu'il administra , comme antispasmodique, à des épileptiques. Depuis, le Narcisse a été souvent employé par d’autres médecins dans la coqueluche, la chorée, l’épilepsie, où ses succès, du reste, n'ont pas été très convaincants.
On doit encore au hasard de connaître la propriété antidiarrhéique du Narcisse. Loiseleur-Deslongchamps, à qui l’on doit un travail complet sur cette plante et ses variétés, ayant donné comme vomitif 2 gram. 60 cent. de la poudre de fleurs à une femme qui avait une diarrhée depuis.huit jours, celle-ci n'eut aucun vomissement, mais son dévoiement cessa pour ne plus revenir. Ce médicament a été mis en usage avec avantage par Lejeune, dans une épidémie de dyssenterie. — Enfin, Loiseleur à constaté dans le Narcisse une propriété f6brifuge qui n’a guère été mise à profit, que nous sachions, depuis les expériences de ce savant médecin botaniste.
Pour ne pas laisser le lecteur dans une indifférence trop grande, terminons en disant que M. Cazin, dont l'opinion est généralement basée sur des expériences, a adopté dans sa pratique le Narcisse « comme vomitif doux et expectorantanalogue à l'ipécacuanha; » il s'en est très bien trouvé dans les affections catarrhales pulmonaires ; dans l’asthme et dans quelques diarrhées chroniques.
On récolte les bulbes en tout temps, les fleurs pendant la floraison naturellement. On trouve le Narcisse dans les prés et les bois. $
PRÉPARATIONS, DOSES
Infusion (fleurs] : 1 à 3 gr. par 125 gr. d’eau, par cuillerées dans la coqueluche.
Poudre (feuilles et fleurs) : là 8 gr. dan$ de l’eau, contre la diarrhée, la fièvre intermittente. à
— (bulbes) : 1 gr. 50 cent. à 2 gr., comme vomitif. |
Extrait : 10 à 30 cent. et plus, dans l’épilépsie, la coqueluéhe, la chorte.
— À la dose de 4 à 6 gr., cet extrait tue les chiens en enflammant l’estoac (Orfila},
VIOLETTE. Viola odorata , L.
Nous n'avons pas à revenir sur la description de cette plante, que nous avons placée parmi les émollients (V. p. 318). Nous, voulons signaler ici les propriétés vomitives de sa racine, dont l analogie, vec celle de l’ipécacuanha s'étend aux caractères physiques comme aux vertus thérapeutiques. Cette racine agirait, suivant Linné , Coste et Wilmet, comme vomitive et comme purgative en même temps; elle serait, par conséquent, éméto-cathartique. Mais les expérimentateurs ne sont guère d'accord sur les doses, ce qui prouve que le médicament n'a pas une action bien sûre. æ
Les racines des autres espèces, telles que la VIoLETTE DE CHIEN (Viola canina), la VioLETTE TRICOLORE ou Pensée sauvage (pl. xx1, 5), ont des propriétés analogues à celles de la Violette odorante, Ces racines n’ont besoin que d’être étendues à l'air pour sécher en peu de jours. — Leur principe actif est la violine, alcaloïde doué d’une action émétique très prononcée.
PRÉPARATIONS, DOSES
Poudre [racine) : 2 à 4 gr. selon les uns, 4 à8 gr. selon d’autres. Décoction (racine entière) : 8 gr. pour 150 gr. d’eau réduite du tiers. La Violine se donne à la dose de 30 à 60 centig.