DES IRRITANTS
Nous comprenons dans cette classe les végétaux qui, appliqués sur les tissus vivants, y déterminent l’irritation, la rubéfaction, la vésication et même la cautérisation. Ils se distinguent par conséquent en rubéfiants, en vésicants, et en caustiques. Ces trois sous-classes ne désignent point des médicaments qui diffèrent de nature, elles n’expriment, au contraire, que des différences de degré dans le mode d'action; aussi, avant de faire l'histoire de chacun de ses agents thérapeutiques, croyons-nous devoir commencer par celle des indications générales qu'ils remplissent.
RUBÉFIANTS,
Ce sont des agents thérapeutiques que l'on applique sur la surface cutanée pour y produire de la rougeur, c’est-à-dire une augmentation de calorique et l'appel d’une plus grande quantité de sang et de vitalité. On les met en usage dans le but de déplacer, par l'irritation qu'ils causent , une irritation morbide fixée sur un organe important, ou de remplacer un état d'excitation interne par une stimulation externe plus prononcée mais infiniment moins grave.
Les rubéfants s’emploient, par conséquent, pour détourner les congestions sanguines , réchauffer la surface cutanée
dans la période algide des fièvres et du choléra, pour combattre la prostration des forces et les autres symptômes qu caractérisent l’état adynamique. Quelquefois on a pour but en s'en servant, de guérir, par leur application directe, d phlegmasies locales, en déterminant une inflammation analogue qui se substitue à l'irritation primitive, ce qui constitu le genre de médication connue sous le nom de substitutive.
ÉPISPASTIQUES OÙ VÉSICANTS.
On nomme ainsi les agents de révulsion qui, irritant d’abord la peau à la manière des rubéfiants, exercent bientôt une action plus puissante et déterminent une inflammation vive accompagnée d'une sécrétion desérosité, laquelle s'amasse sous l’épiderme, le soulève, et donne naissance àdes vésicules ou ampoules appelées phlyctènes, analogues à celles des brûlures légères. Outre l'irritation locale qu'ils produisent et les effets révulsifs qui en sont la conséquence, ces agents modifient la masse des humeurs ; ils tendent à la diminuer et à la débarrasser des mauvais principes qu’elle peut contenir, ce qui donne lieu à la médication spoliative; de plus, ils exercent une action stimulante sur divers appareils organiques plus ou moins éloignés du point d'application, quelquefois même sur toute l'économie, soit par l'effet des connexions sympathiques, soit par suite de l’absorption de leurs principes actifs.