Maïs l’endosmose elle-même a une cause; quelle est
elle? C’est la capillarité; c'est cette attraction presque insensible, de nature purement physique, peut-être même magnétique, que les molécules des corps exercent les unes sur les autres à de très faibles distances. Nous ne pouvons croire, en effet, qu'il n'y ait dans l'absorption des plantes qu'un acte physique auquel la vie ne prend aucune part (55).
Circulation.
60. La circulation est la fonction qui a pour but l'ascension de la sève jusque dans les parties les plus élevées du végétal, et son retour dans les parties inférieures. — La sève est le fluide nutritif de la plante; sa composition n’est pas toujours la même, car elle se montre presque semblable à de l’eau quand elle est nouvellement absorbée; au contraire, elle contient davantage de matériaux susceptibles de passer à l’état solide lorsqu'elle a été élaborée par le mouvement de nutrition. Il y a, par conséquent, deux sèves, comme il y a deux sangs chez les animaux : l'une ascendante, encore imparfaite, analogue au sang veineux; l’autre descendante, plus élaborée, plus riche en matériaux nutritifs, correspondant au sang artériel.
61. Nous venons de voir comment l'absorption de la sève ou des fluides qui la composent s'opère par les spongioles des racines (57, B).
À. La sève ascendante occupe, dans les Monocotylédones, les couches lisneuses de la tige; c'est par elles principalement, c'est par le centre du végétal qu'elle opère son ascension; mais elle se répand aussi par des chemins détournés dans toutes les parties constituantes de cette tige.
B. La sève descendante, au contraire, se rend des sommités de la plante à ses racines par l'écorce. L'expérience suivante donne la preuve de ce fait : si l'on fait une ligature circulaire autour d'un jeune arbre, on voit se former au-dessus d'elle, après le printemps, un bourrelet dû à l'accumulation des fluides au cours desquels on a ainsi mis obstacle. Riche des matériaux que lui a fournis la nutrition (V. Assimilation), cette sève, à son tour, fournit au végétal les matériaux nécessaires
à son accroissement et à l’évolution de ses bourgeons, etc.
C. La sève est sans cesse en mouvement, non dans un Système unique de vaisseaux; mais dans tous les éléments de la plante. Ce mouvement cependant est subordonné à l'influence des saisons : presque nul en hiver, il devient très rapide au printemps; puis il se ralentit l’été, pour reprendre encore quelque activité à l'automne.
62. Nous avons parlé des vaisseaux lacticifères (6, A): il ne faut pas confondre le suc qui y circule, avec la sève. Le latex est un liquide ordinairement coloré en jaune, souvent incolore, produit de la nutrition selon les uns, analogue au sang selon d’autres, qui contribue sans doute à la nutrition, mais dont la quantité est trop faible pour que la vie du végétal y puise tous ses éléments de réparation.
Respiration.
63. La respiration a pour but, chez les animaux, de convertir le sang noir en sang rouge, par l’action de l’air sur ce liquide dans les poumons ; dans les plantes elle consiste dans la transformation de la sève ascendante, aqueuse, en sève plus riche de matériaux nutritifs. Les feuilles sont les organes spécialement chargés d'effectuer cette fonction, quoique les Jeunes rameaux et toutes les parties vertes, herbacées, concourent à sa perfection.
À. La respiration végétale a pour résultat complexe : 1° l’absorption de l'acide carbonique de l'air; 2° l'absorption de l'oxygène de l'air par toutes les parties de la plante, etla combinaison de cet oxygène avec le carbone qu’elle lui fournit pour former de l’acide carbonique; 3° la décomposition, par la lumière solaire, de cet acide carbonique ainsi formé, et de celui que le végétal a absorbé dans l'atmosphère et le sol; 4 enfin la fixation du carbone et l'expiration de l'oxygène.
B. Quand la plante est dans l'obscurité, elle exhale de l'aeide carbonique, gaz puisé dans le sol par les racines, et qui traverse le végétal comme à travers un crible sans être décomposé; mais aussitôt qu'un rayon de soleil se montre, les feuilles le décomposent pour retenir le carbone et exhaler l'oxygène.
64. Les cellules aériennes des feuilles sont encore le siège de phénomènes respiratoires, quand, après l’entier épanouissement de ces organes, les vaisseaux spiraux, ne contenant plus de sève, se remplissent d'air, lequel, pénétrant par les stomates (7, C.) et se répandant partout, devient le principe des composés qui se forment ou se modifient dans les diverses parties du végétal, en se dépouillant de son oxygène à mesure qu'il descend dans les cellules et s'éloigne des extrémités des rAMEAUX .
« C’est à la suite de ces réactions diverses que la sève se modifie dans les feuilles et qu’elle y acquiert les propriétés et la composition qui vont la rendre capable de fournir à la plante tous les éléments de sa nutrition. Elle devient alors véritablement le fluide nutritif, car la transpiration lui a enlevé l'excès d’eau qu’elle contenait, alors qu'elle s'élevait des racines vers les feuilles. »
Excrétions.
Les végétaux se débarrassent des matières inutiles où nuisibles à leur santé, soit par transpiration ou exhalation, soit par excrétion proprement dite.
65. L’exhalation ou transpiration est la fonction au moyen de laquelle la plante laisse échapper une certaine proportion d'eau à l’état de vapeur. Celle-ci est dissoute par l'atmosphère, ou bien se condense en gouttelettes épaisses qui apparaissent à la surface des feuilles particulièrement. Des expériences démontrent que ces gouttelettes ne sont pas dues à la rosée : ainsi, par exemple, si on recouvre d'une eloche de verre un pied de pavot, celui-ci présente lemême phénomène, bien qu'il soit dans un milieu sans communication avec l'air. La plante n’exhale guère que les deux tiers de l’eau qu'elle absorbe par les spongioles radicales ; néanmoins 1l est des ciroonstances où les racines ne puisent pas des matériaux en quantité sufiisante, et alors cette plante languit, se fane, et ce dépérissement est d'autant plus prononcé et rapide que l'air atmosphérique est plus sec, plus chaud et plus agité