‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 30 sur 177 · L'ererétion est l'acte au moven duquel beaucoup de ve · texte numérisé non relu

L'ererétion est l'acte au moven duquel beaucoup de ve

gétaux rejettent, au moment de l'élaboration de la sève, diverses matières, telles que résine, cire, huile volatile, substances mielleuses, sucrées, gommeuses, ete., dont nous expliquerons tout à l'heure la formation.

Assimilation.

67. Dans ce chapitre nous devons nous oceuper de la nutrition, étudiée, non dans ses différents actes, comme nous venons de le faire, mais dans son ensemble et dans ses résultats. On trouve dans les végétaux, lorsqu'on les décompose, des corps élémentaires, des principes immédiats et des matières salines, comme dans le règne animal. D'où viennent ces diverses substances! C’est cequ'il s’agit de rechercher. Après, nous parlerons de l'accroissement des plantes.

Origine des principes élémentaires.

68. Les végétaux se composent de carbone, d'hydrogène, d'oxygène et quelquefois d'azote, combinés dans des proportions diverses pour former les principes immédiats.

À. Le carbone provient de l'acide carbonique qui, décomposé par l'action de la lumière, ainsi que nous l'avons dit déjà, abandonne ce corps à la plante et dégage une partie de son oxygène. D'où vient cet acide carbonique ? De l’atmosphere et du sol ; ce dernier le recevant des corps organisés qui meurent et qui lui restituent les principes qui les constituent.

B. L'oxygène a pour origine l acide carbonique et l’eau que la plante décompose.

C. L'hydrogène est fourni par cette même décomposition de l'eau, et aussi par les matières ammoniacales qui existent dans l'atmosphère et surtout dans les détritus organiques que renferme le sol.

D. Quant à l'azote, il a aussi deux origines, l'atmosphère et le sol. Celui de l'air paraît être absorbé directement et en nature, celui de la terre est dû aux engrais.

69. Les végétaux qui empruntent en plus grande quantité de l'azote au sol sont naturellement les plus épuisants, telles sont les Graminées ; ceux qui l'absorbent surtout dans l'atmo-

sphère, comme les Légumineuses, le Trètle, les Topinambours, améliorent au contraire la terre. Au reste, l'azote finit souvent par disparaître par suite des progrès de la végétation.

Origine des principes immédiats.

70, Le carbone, l'oxygène, l'hydrogène et l'azote se combinent diversement pour former les principes immédiats. Ceuxci sont très nombreux ; ils peuvent être divisés en trois classes selon leur composition :

A. Dans la première sont les principes composés de carbone, d'oxygène et d'hydrogène, dans les proportions qui constituent l’eau : tels sont la cellulose, l’amidon, la dextrine, la gomme, etc.

B. Dans la seconde classe se trouvent les principes formés de carbone et des éléments de l’eau avec un excès d'oxygène, tels que les acides oxalique, tartrique, citrique, malique, ete.

C. La troisième classe comprend les composés de carbone et des éléments de l’eau, soit avec un excès d'hydrogène, et sans azote, comme les acides benzoïque, cyanhydriques, ete., les résines, les huiles essentielles, la cire, la matière ligneuse, les substances neutres (mannite, saponine, salicine, etc.), la diastase ; soit avec excès d'hydrogène et avec azote, tels que l'albumine, la caséine, la gélatine, la fibrine, la légumine, les bases végétales (quinine, cinchonine, strychnique, morphine, brucine, atropine, émétine, etc.).

74. Il n'est pas de notre sujet d'entrer dans des explications spéciales sur la formation de ces différentes matières, formation d’ailleurs aussi simple qu'étonnante, puisqu'avec quatre éléments seulement dont les proportions varient peu, la nature compose des substances tellement différentes par leurs propriétés, que les unes constituent des mets savoureux, les autres des poisons redoutables. Disons seulement que, avec 72 parties de carbone, les plantes peuvent former, en se combinant avec diverses proportions d'eau : la cellulose, qui est la trame des tissus cellulaire et ligneux ; l'amidon, le sucre de raisin et le sucre de canne ou glucose, qui sont des transfor-

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mations de l’amidon et qui deviennent la source où le végétal puise les éléments de sa nutrition et de son accroissement ; qu'avec du carbone, de l’eau et de l'ammonium, elles donnent naissance à la fibrine, à l'albumine, à la caséine, à la glutine, principes immédiats azotés qui, plus tard, vont contribuer à former la base de l’organisation animale en leur servant d’aliment.

Origine des matières salines.

72. On trouve dans les végétaux des principes minéraux salins que l'on élimine par la combustion de la matière organique. Tels sont la potasse, la soude, le fer, la silice, etc., matières anorganiques fournies par le sol, et que les plantes n’ont pas le pouvoir de former.

« En résumé, dit Richard, on peut discerner dans l'acte de l'assimilation, c’est-à-dire dans la manière dont se forment, se renouvellent, s'entretiennent toutes les matières qui constituent le végétal, trois actions différentes les unes des autres : 1° c'est par une action chimique que les éléments primitifs du végétal, carbone, oxygène, hydrogène et azote, sont isolés et absorbés par la plante ; 2° c’est par une action organiqueet physiologique que ces éléments se combinent pour former les principes immédiats ; enfin, c'est une action physique qui fait pénétrer dans la plante les matières anorganiques, métaux, alcalis, soufre, silice, etc., que l'onretrouvedans leurs cendres.»

Accroissement des végétaux .

La nutrition ne se borne pas à réparer les pertes occasionnées par le mouvement de la vie, elle a surtout pour but de fournir les matériaux nécessaires à l’accroissement des végétaux. Nous ne ferons qu'indiquer les principaux phénomènes de cet accroissement, considéré : 1° dans les tiges des plantes dicotylédonées ; 2° dans celles des monocotylédonées.

Aceroissement des liges dicotylédonées.

73. Nous l'avons dit déjà, ces tiges sont composées de couches superposées, concentriques, emboîtées les unes dans les

autres autour d'un centre commun, occupé par le canal medullaire { pl. 1, 10). Il se forme, en effet, chaque année, une nouvelle couche de bois à l'extérieur de celles qui existaient déjà, ainsi qu'un où plusieurs feuillets d'écorce à l'intérieur des précédents : or, c'est de cette manière que la tige s'aceroît en diamètre. Ces nouvelles couches sont dues à la sève descendante, qui, chaque année, forme un nouveau dépôt de matière organique, lequel, d’abord liquide et connu sous le nom de cambium, se change petit à petit en tissu utriculaire constituant la couche génératrice. Ce tissu se transforme en vaisseaux par l'allongement de ses utricules et par la résorption de ses cloisons et les modifications apportées dans la texture de ses parois sous l'influence de l’afflux des liquides séveux.

74. Quantà l'accroissementenlongueur, il est dû aux pousses successives des bourgeons terminaux. Pour l'expliquer, prenons les choses au début. La jeune tige qui sort d’une graine s'allonge par le fait de l'élongation même du bourgeon primitif ou de la gemmule de l'embryon (V. Graine) ; au bout de la première année, la petite pousse porte à son sommet un bourgeon terminal, composé d’un axe et de feuilles rudimentaires ; ce bourgeon, en se développant, donne naissance à un seion au sommet de celui de la première année, et en augmente aïnsi la hauteur. En même temps, il se forme une nouvelle couche de liquide séveux dans la tige, et il se développe une couche de bois nouvelle qui recouvre celle qui s'était organisée l'année précédente. Il résulte de ce mode d'accroissement que l'on peut compter le nombre des années du végétal par celui des couches que présente sa tige transversalement coupée (pe. 1, 10); mais eet examen doit être fait à la base du trone, car les cônes sont emboîtés de telle sorte que lg sommet le plus intérieur s'arrête à la base de la seconde pousse, celui du second cône, à la base de la troisième pousse, et ainsi de suite pour les suivants : disposition qui rend compte parfaitement de la forme plus ou moins conique du tronc des arbres dicotylédonés.

Aceroissement des liges monocolylédonces.

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