‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 41 sur 177 · Selon sa direction propre, l'embryon est droit, courbé · texte numérisé non relu

Selon sa direction propre, l'embryon est droit, courbé

af.

annulaire, roulé en spirale, ete. : Ces mots n'ont pas besoin d'autre explication. Lorsque sa direction est la même que celle du plus grand diamètre de la graine, il est dit homotrope ou dressé {pl. var, 16); quand, au contraire, sa direction est opposée, 1l est antitrope ou inverse; enfin on appelle amphitrope l'embryon qui se recourbe sur lui-même, de manière que ses deux extrémités se trouvent rapprochées et se dirigent vers le hile.

109. On distingue plusieurs parties dans l'embryon (pl. vur, 25) : 1° la radicule a, qui est destinée à produire la racine; 20 la tigelle ou plumule b, qui est le rudiment de la tige nouvelle ; 3° la gemmule c, sorte de petit bourgeon qui termine la tigelle; 4° le corps cotylédonaire, appendices latéraux 4, d, appelés cotylédons, dont l'absence et le nombre servent à poser les bases de la classification que nous allons suivre.

110. En effet, disons ici par anticipation que les végétaux se divisent en trois grands embranchements : 1° les Acotylédones, qui sont dépourvus d’embryon; 2° les Monocotylédones, qui n’ont qu'un seul embryon; 3° les Dicotylédones, qui possèdent deux cotylédons, ou plusieurs, ce qui est plus rare.

Phénomènes de la germination.

111. Pour que la germination ait lieu, il faut que la graine contienne un embryon, cela va sans dire, ensuite qu'elle soit saine et récente. La dernière de ces conditions est susceptible de très grandes différences, suivant les espèces végétales. En effet, si les graines huileuses sont susceptibles de s’altérer promptement, celles du Haricot, par exemple, peuvent conserver leur faculté germinatrice presque indéfiniment. M. Th. Desmoulins, de Bordeaux, est parvenu, dit-on, à faire germer des graines d'Héliotrope trouvées dans des tombeaux romains. |

142. La germination est soumise à l'influence combinée de l’eau, de l'air, de la chaleur, de l'électricité et de la lumière. — L'eau ramollit l'épisperme, facilite sa rupture, et pénètre l'amande, dont elle détermine le gonflement ; de plus, elle sert

de véhicule aux matières alibiles de l'embryon. — L'air est décomposé : son oxygène est absorbé par la graine, qui produit et exhale de l’acide carbonique. Par suite de cette absorption, la fécule de l’endosperme passe à l’état de dextrine, puis de sucre ; elle devient soluble et sert de première nourriture à l'embryon. — Le calorique est nécessaire à la germination, surtout celui d’une atmosphère humide; toutefois, 11 importe que la température soit dans certaines limites, qui varient d’ailleurs suivant les. végétaux. — L'électricité et la lumière ont une influence très marquée dans le phénomène en question. Cette dernière surtout est presque aussi indispensable que l'air, mais elle ne doit pas s'accompagner de chaleur ou d’ardeurs de soleil, qui dessèchent la semence.

115. Les phénomènes de la germination se résument en ceci : la graine, dès qu’elle est située dans les conditions convenables, se gonfle en absorbant l'humidité; la radicule d'abord, la tigelle ensuite, rompent l'épisperme et s’allongent en sens opposé; la première se dirige vers la terre, la seconde s'élève; puis les cotylédons s’épanouissent et prodiguent à la jeune plante unenourriture appropriée à ses organes (pl. xm, 1). Mais bientôt la plantule apparaît à la surface du sol et laisse voir deux petites feuilles, appelées séminales ; dès ce moment, l'on peut dire qu'elle commence à respirer et à absorber, c'est-à-dire à vivre de son existence propre.

114. Dans les Monocotylédones, la radicule, dégagée de l'endosperme, se déchire bientôt au-dessus de sa pointe pour laisser sortir une ou deux fibres radicales ; puis elle se détruit : c'est ce qui fait que, dans ces plantes, il n’y a jamais de souche pivotante, puisque l'axe de l'embryon se trouve tronqué à sa base.

115. Huit jours, terme moyen, sufiisent à la germination. Cependant il est des plantes, comme le Blé, auxquelles il ne faut que trente-six heures; d’autres, au contraire, telles que le Rosier, le Pêcher, qui ont besoin de plusieurs mois, jusqu'à deux années même.

La taxonomie est la partie de la botanique qui a pour objet la classification des plantes, qui pose les règles ou les bases de leurs distinctions en groupes déterminés. Nous diviserons ce sujet en deux chapitres spéciaux : 1° classification des plantes ; 2° caractères des familles. |

Page 1