‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 5 sur 177 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

» 4 à d k. L Re ES

” 1 Pr.

Âge …

L'étude des plantes doit étre aussi ancienne que le monde, car sans doute elle est née du besoin où se sont trouvés les hommes de pourvoir à leur subsistance. Ils durent presque en même temps s'appliquer à connaitre leurs propriétés médicamenteuses, afin de remédier aux maladies qui les frappaient; plus tard enfin, ils chercherent à les mettre à profit dans les arts industriels, 1%

Dans l'origine des temps, on n’employait que les remèdes qu’on trouvait autour de soi. Mais la navigation procura, dans la suite, des substances étrangères qui furent préférées, comme tout ce qui arrive de loin avec le prestige de la rareté. è

Cependant on croit assez généralement que chaque climat produit les remèdes appropriés aux maladies qui y naissent. Cette vérité a, ce nous semble, été beaucoup trop exagérée. Nous admettons bien volontiers, avec Fernel, que l’Auteur de la nature ait voulu qu'il en fût ainsi; mais pour que la chose se réalisât complétement selon ses intentions, il faudrait que les hommes, plus sages, ne se fussent pas exposés, par suite de leurs passions et de leurs excès, à une foule de maladies devenues indépendantes du climat, et qui les ont sollicités à demander des remèdes non-seulement au règne végétal tout entier, mais encore au règne minéral. Sans doute, dans nos contrées tempérées, les plantes indigènes peuvent, dans la grande"majorité des cas, suppléer les végétaux exotiques ; mais il faut reconnaître qu’un certain nombre de substances, telles que l’opium, le camphre, le quinquina, n’ont pas chez nous de succédanés parfaits. D'ailleurs, est-ce que l'habitant des côtes septentrionales, de ces lieux stériles et désolés, pourrait se contenter: du petit nombre de produits qu'il y trouve? Et, sans aborder un ordre idées qui n’est nullement de notre objet, ne peut-on répondre aux partisans des causes finales

qu'il était peut-être dans les vues du Créateur que l'homme ajoutât

à ses peines celle de chercher dans la nature tout entière le moyen d’adoucir les conséquences de sa première faute, d'autant mieux qu’il devient ainsi un instrumént de propagation de la doctrine chrétienne ?

Quoi qu'il en soit, nous devons tirer parti de nos plantes Compatriotes, parce qu’elles’offrent des ressources beaucoup plus précieuses que ne le croient généralement les médecins ; parce qu’elles s'ogent partout à nos regards, que nous pouvons les recueillir nous-mêmes, les préparer de nos propres mains, être sûrs de leur origine et de leur pureté, etc., tandis que la plupart du temps nous É,. e très cher des substances étrangères avariées ou sophistiquées. Cela ne veut pas

“dire qu'il faille, à l'exemple de quelques enthousiastes, proscrire absolumient les végétaux exotiques; loin de nous cette pensée, car ce serait

ra

ec à

$ Le VIT # INTRODUCTION.

Va

cas graves, aurait les conséquences les plus déplorables, comme a fièvre pernicieuse,par exemple, dont le quinquina, et mieux encor son alcaloïde, est le seukremède souverain. x

Mais pour employer les plantes de nos prés et de nos champs, il … faut avant tout les connaître. Quelle confiance, en effet, peut inspirer. le conseil d’un médecin qui ne sait nommer celles qu'il a prescrite | et que lui présentent si souvent, dans les campagnes surtout, les malades désireux de s’assurer de leur bon choix ! Il est triste de voir € le plus ignorant paysan sache mieux reconnaitre les plantes vulgaires que le jeune praticien, duquel cependant on exige certaines connaissances pharmacôlogiques, pour ce qui conte tuiere nent les substances médicamenteuses étrangères. |

Le plus sûr moyen d'arriver à la connaissance des plantes, c’est d’herboriser et de composer un herbier : les descriptions les plus complètes, les dessins les plus parfaits ne sauraient remplacer les végétaux M que lamort, toutefois, n’a pas privés des caractères distinctifs de leurs familles. Mais pour former une belle collection de plantes desséchées, il faut savoir herboriser ; or, cette science a ses règles et ses exigences. D'abord elle suppose une connaissance assez précise des parties qui composent une plante; il faut ensuite se munir d’un ouvrage peu volumineux qui donne les caractères des végétaux de la localité(1), d’une loupe pour distinguer les parties de la fleur, d’un petit stylet pour les diviser, de papier pour étiqueter chaque espèce comme on ferait avec une carte fendue dans laquelle on l'y ferait entrer; enfin, d’une boîte de ferblanc pour placer momentanément les plantes et les transporter, etc.

nous priver de médicaments héroïques dont l'absence , dans ne das

“ Le choix ne devra s’arrêterque sur des individus bien venus et en plein développement ; comme les parties ne se développent pas toutes en même temps, il faut choisir plusieurs échantillons en différents états.

«La dessiccation etla conservation demandentdes précautions importantes. On étale séparément chaque plante dans des feuilles de papier non collé; on empile ensuite les feuilles de papier en les séparant l’une de l’autre par des espèces de matelas de papier également non collé et de même format. Les plantes ainsi disposées sont soumises à une pression modérée d’abord, puis un peu plus forte. On change les matelas tous les jours dans le commencement, puis on éloigne de plus en plus cette opération, qu'on n’abandonne que quand il n’y a plus d'humidité. Alors on place chaque échantillon dans une nouvelle feuille de papier, et on l'étiquette, etc. — Pour parvenir à dessécher les plantes grasses, telles que les joubarbes, on les plonge instantanément à plusieurs reprises dans de l'eau bouillante, avant de les mettre sous presse; le tissu perd alors la propriété de retenir la liqueur aqueuse dont il est gorgé.

« Un herbier doit être mis à l'abri de l'humidité. Plus souvent il sera feuflleté, mieux il se conservera. Quand le possesseur n’en fait plus usage, les insectes s'en emparent et le dévorent. On peut cependant les écarter en baignant les échantillons dans une solution de sublimé.»

Le

LA (1) Nous désignerons particulièrement le Tableau synoptique de la Œlore parisienne, par Bautier, 4 vol, in-24 ; 3 fr. 50 c.

Page 1