MONOCOTYLÉDONES
441. On désigne par cette expression les plantes pourvues de cotylédon (140). Il s’agit de végétaux portant des fleurs et munis d'embryon ; mais s'ils diffèrent essentiellement, sous ce rapport, de ceux du premier embranchement, ils se distinguent du troisième en ce que la plantule n’a qu’un seul cotylédon, tandis que, dans ce dernier, elle en a au moins deux. Si ce ne sont plus de simples corps celluleux, des filaments ou des frondes, ils ne se présentent pas non plus sous l'aspect des beaux arbres dicotylédonés.
A. Dans les Monocotylédones, la tige (44, C) est le plus souvent simple, à faisceaux fibro-vasculaires épars dans la masse du tissu cellulaire; elle ne s'accroît pas par zônes concentriques distinctes, et les feuilles naissent toutes au sommet, comme nous le représentent les Palmiers. Ces feuilles sont entières, alternes, souvent engaînantes, à nervures parallèles, dirigées transversalement, longitudinalement ou dans un sens oblique. Voici les caractères généraux des fleurs : Périanthe simple à 6 sépales, 3 externes et3 internes, figurant, en quelque sorte, le calice et la corolle ; étamines 3 ou 6, disposées également sur deux rangées et alternes. Ovaire composé de 3 carpelles, rarement de 6.
B. Les 3°, 4e, 5° et 6° classes sont comprises dans cet embranchement. Elles se distinguent entre elles en ce que dans les unes la graine est pourvue d'endosperme, et que dans d'autres c’est le contraire ; de plus, dans les deux cas, l'ovaire est tantôt libre, tantôt infère.
Troisième classe.
Nonocotylédones exendospermés, supérovariés, Ainsi que ce titre l’exprime, cette classe comprend les
Monocotylédones dont les graines manquent d'endosperme, et qui ont l'ovaire supère ou libre.
# 9e Famille. — ALISMACÉES.
P1. x, 3. Plantain d’eau : a, sommité de la plante et feuille radicale ; D. fleur séparée; { c. capsule monosperme.)
142. Plantes aquatiques, herbacées, annuelles ou vivaces, ayant des feuilles alternes, pétiolées , les radicales engatnantes. Fleurs régulières disposées en épi ou en panicule ; calice à 6 divisions, dont 3 externes foliacées et vertes, 3 internes pétaloïdes ; de 6 à 30 étamines. Ovaire à plusieurs carpelles, libres ou soudés, pluriovulaires. Fruits indéhiscents ; graine sans albumen (exendospermée), dont l'embryon est gros, dressé ou recourbé. — Les principaux genres sont les suivants :
À. FiuTteau (Alisma). Calice étalé, à 6 divisions dont 3 calicinales, 3 pétaloïdes ; 6 étamines ; 6 à 25 carpelles ; capsules monospermes, indéhiscentes. Fleurs hermaphrodites.
ALISMA PLANTAGO (Plantain d’eau) [pl. x, 3). Tige droite. —Bord des eaux.
A. DAMASONIUM [Étoile d'eau). Six capsules divergentes. A. NATANS. Tige rampante ou flottante.
B. SaGiTTAIRE (Sagittaria). Fleurs monoïques : 24 étamines aux mâles ; carpelles nombreux aux femelles, placés sur un réceptacle globuleux
SAGIT. SAGITTÆFOLIA | Fléchière, Flèche d'eau). Fleurs blanches ; racine féculente, alimentaire. — Lieux aquatiques.
C. Burome (Butomus). Calice à 6 divisions : 9 étamines ; 6 carpelles, 6 styles ; capsules polyspermes.
BUTOMUS UMBELLATUS (Butome en ombelle). Fleurs rougeâtres ; racine charnue, alimentaire. — Marais. ,
D. TrocarT (Triglochin). Calice à 6 divisions, dont 3 internes pétaloïdes ; 6 étamines très courtes ; 3 à 6 carpelles soudés, sans styles ; 3 à 6 capsules monospermes.
TRIGLOCHIN PALUSTRE. Fleurs verdâtres ou rougeâtres. — Marais.
1453. Usages. — Le Butome ou Jonc fleuri, qui croît dans
nos étangs, a été regardé comme apéritif. On donne sa racine
et ses semences contre les morsures des serpents (Lémery). — Le Trocart Juncago des anciens) croît au bord des étangs. Apéritif et plante fourragère. — Le Sagittaire, qui croît dans les prés inondés, porte à ses racines des tubercules farineux remplis de fécule. — Quant au Plantin d'eau, 1 fera le sujet d’un article à part.
Quatrième classe, fronocotylédones exendospermés, inférovariés
10e Famille. — HYDROCHARIDÉES.
14%. Plantes aquatiques, habitant les eaux tranquilles. Fleurs ordinairement dioïques, incluses dans une spathe ; périanthe double ; 6 ou un plus grand nombre d'étamines. Ovaire infère (caractère distinctif d'avec la famille précédente) à 1 ou Ü ou 9 loges.
À. MorÈëxe (Hydrocaris). Fleurs diviques, les mâles réunis par trois dans une spathe à 2 feuilles. Calice à 6 divisions pétaloïdes , dont 3 internes plus grandes ; 9 étamines bisériées, c'est-à-dire formant deux séries ou rangées. Fleurs femelles dépourvues de spathe. Capsule arrondie, coriace.
HYDROCARIS MORSUS-RANÆ [Morrène, petit Nénuphar). Fleurs blanches.
B. VazuisNÉRIE (Vallisneria). Fleurs dioïques ; la femelle portée sur un long pédoncule en spirale (76).
Cinquième classe.
Monocotylédones endospermés, supérovarlés.
Ici se présentent les végétaux à un seul cotylédon dont
la graine est pourvue d'endosperme, et qui ont l'ovaire supère, c'est-à-dire libre.
{1e Famille. — ARACÉES.
(PL, x, 4. Gouel-pied de-veau : a. plante entière; b, spadice supportant les organes sexuels (1. étamines ; 2, carpelles); €, groupe de fruits mûrs; d, coupe d'un fruit contenant les semences, )
145, Ce sont généralement des plantes herbacées et sans
tige, dont la souche porte l'empreinte des pétioles dilatés à la base. Les feuilles sont engaïnantes, radicales et alternes quand il existe une tige. Fleurs en spadice, les unes unisexuées et sans périanthe, les autres hermaphrodites et munies d’enveloppes florales, mélangées les unes dans les autres, ou bien les mâles placées au-dessus des femelles autour de l'axe commun. Une spathe entoure le spadice : elle manque quelquefois ; étamines en nombre variable. Ovaire le plus souvent à une seule loge pluriovulée ; stigmate sessile. Petites baies globuleuses à une ou plusieurs graines. — On distingue
deux tribus :
AROIDÉES.
Fleurs unisexuées, sans calice propre, munies d’une spathe.
À. Gouer (Arum). Spathe roulée en cornet et peu ouverte. Spadice nu supérieurement, couvert inférieurement de fleurs femelles, lesquelles sont constituées par un carpelle nu, et au milieu d'étamines ou d’anthères sessiles. Baie globuleuse monosperme.
ARUM VULGARE |Gouet-pied-de-veau) (pl. x, 4}. Feuilles radicales sagittées ;
fleurs verdâtres. — Bois couverts.
ORONTIACÉES.
Fleurs souvent hermaphrodites, munies d’un calice et dépourvues de spathe.
B. Acore (Acorus). Spadice cylindrique couvert de fleurs hermaphrodites très serrées. Calice à 6 divisions ; 6 étamines. Ovaire à 3 loges. Capsule triangulaire à 3 loges.
ACORUS CALAMUS [Acore aromatique ou vrai} (pl.xxxv, 2]. Fleurs hermaphrodites très serrées les unes contre les autres. — Lieux humides,
À. DRACONCULUS (Dragonnet, Serpentaire). Feuilles composées; tige maculée ; fleurs noires, fétides.
Usages. — Les racines de ces plantes, seules parties usitées, sont, pour la plupart, tubereuleuses, charnues et remplies de fécule ; mais elles contiennent aussi un principe âcre, caustique, doué de propriétés purgatives, qui s’enlève facilement, du reste, par la dessiceation, la décoction ou les lavages répétés, ce qui les rend alimentaires,
12e Famille, — CYPÉRACÉES.
PL x, 5. Souchet long : a. plante entière ; b. épillet ; c. écaille renfermant les organes sexuels ; d. fruit.)
146. Plantes herbacées, aimant en général les lieux humides, le bord des eaux. Leur tige est un chaume anguleux avec ou sans nœuds ; leurs feuilles sont engaînantes {saîne non fendue). Les fleurs forment de petits épis écailleux ou des chatons ; chacune d'elles se compose d’une écaille, à l’aisselle de laquelle se trouvent 2 ou 3 étamines hypogynes, un ovaire uniloculaire surmonté d'un style à 3 stigmates. Dans quelques genres elles sont unisexuées, mais monoïques. Petit akène ; endosperme abondant dans la graine ; embryon en forme de toupie. — Deux tribus :
CYPÉRÉES.
Épillets multiformes comprimés ; pas de soies.
A. Soucxer (Cyperus). Fleurs hermaphrodites, disposées en épillets comprimés ; écailles imbriquées et distiques sur les côtés d’un axe commun. Petits akènes sans poils à la base.
CYPERUS LONGUS |Souchet long ou odorant) |pl.x, 5). Tige haute de 2 à 4 pieds: racines tubéreuses fortes, grandes, ligneuses. — Bord des ruisseaux.