‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 57 sur 177 · DICOTYLÉDONES · texte numérisé non relu

DICOTYLÉDONES

164. Le caractère essentiel des plantes dicotylédonées repose sur la structure de leur graine, qui est divisée en deux parties, rarement en un plus grand nombre, appelées cotylédons (109). Mais ces végétaux différent des deux embranchements précédents sous tous les autres rapports. En effet, 1° les racines présentent le plus souvent un corps distinct, garni d'un chevelu abondant; 2° la tige, ordinairement rameuse, est composée de faisceaux vasculaires disposés en couches concentriques autour du canal médullaire (12, B); 3° les feuilles ont pour base une côte centrale à nervures latérales entrecroisées dans tous les sens en forme de réseau; 4° le nombre 5 domine dans les parties constituantes de la fleur, tandis que c’est 3 ou 6 dans les Monocotylédones ; 59 la radicule est nue, la gemmule est placée à la base et entre les deux cotylédons qui la recouvrent complétement.

Les Dicotylédones comprennent les cinq sixièmes environ des plantes connues ; on en a formé trois grandes divisions : les Apétalées, les Monopétalées et les Polypétalées.

Dicotylédones apétalés.

Dans cette première division des Dicotylédones se trouvent classées les plantes dépourvues de pétales, c'est-à-dire qui ont un périanthe simple, calicinal ou pétaloïde, mais pas de corolle proprement dite. On les subdivise en uniseæuées et en hermaphrodites. Les plantes unisexuées se distinguent, en outre,suivant qu'elles sont ou non en chatons, ainsi qu'il suit.

Septième classe.

Dicotylédones apétales, unisexuees.

Fleurs en chatons.

91e Famille. — CONIFÈRES.

PAIXITS 5. Pin sauvage: a cône et portion des branches ; b. chaton de fleurs mâles ; | c. chaton de fleurs femelles; 4, fleur mâle; e. écaille du chaton c portant 2 fleurs femelles.)

165. Importante famille de végétaux à haute stature ou d’arbustes et d’arbrisseaux habitant pour la plupart les contrées froides ou tempérées, les montagnes, et restant verts pendant la morte saison. En voici les caractères généraux : feuilles linéaires, subulées, solitaires, géminées ou en faisceaux ; fleurs mâles en chatons, sans calice ni corolle, dont les étamines, en nombre variable, sessiles ou portées sur des filets distincts ou soudés, sont placées à la base ou à la face inférieure des écailles qui forment les chatons ; les fleurs femelles, en chatons ovoïdes formés d’écailles imbriquées, sont appliquées et renversées sur la surface inférieure de chaque écaille; elles consistent en un pistil renfermé dans un calice adhérent, ventru, ouvert à son sommet comme une bouteille ; stigmate sessile; akène ovoïde ou anguleux. L’assemblage des fruits et des écailles qui les accompagnent constitue un cône; pour observer la fructification, on écarte les écailles, et l’on trouve sous chacune d'elles les fruits munis de leurs calices. — Trois tribus :

ABIÉTINÉES (CONIFÈRES VRAIS).

Fleurs femelles renversées, adhérentes à la face inférieure des écailles qui en portent chacune deux; fruits en cône écailleux.

À. Pin (Pinus). Fleurs monoïques : les mâles en chatons ovoïdes, composés d’écailles portant 2 anthères appliquées sur leur face interne ; les femelles en chatons simples, dont les écailles portent à leur base interne 2 fleurs femelles renversées, c'est-à-dire 2 ovaires et 2 stigmates. Cône formé d'écailles imbriquées, ligneuses, ombiliquées au sommet.

Feuilles subulées, sortant plusieurs ensemble d’une même graine.

P. maR1TIMA. Cônes obtus, d’un jaune luisant, PINUS PINEA [Pin cultivé]. V. ce mot.

P. rugrA [Pin d'Écosse). Cônes pointus au sommet; jeunes pousses rouges. #

P. syLvEsTRIS {Pin sauvage). Ecaïlles des cônes terminées en massues à 4 angles ; jeunes pousses vertes.

P. LARICO. Ecailles non anguleuses ; feuilles chiffonnées.

B. Sarin (Abies). Fleurs monoïques ; chatons mâles axillaires, à écailles planes, minces, non renflées à leur sommet; feuilles solitaires ne sortant pas d’une gaine commune.

ABIES PÉCTINATA [Sapin commun). Cônes redressés; feuilles déjetées sur deux côtés.

A. EXCELSA | Sapinepicea, noir |. Cônes pendants ; feuilles éparses en tous sens.

C. MÉLëËze (Larix). Réuni d'abord au Pin, puis au Sapin, ce genre en diffère par ses cônes latéraux et non terminaux, par ses feuilles caduques; chatons mâles non réunis en grappes;

écailles des cônes femelles minces et non épaisses au sommet. Les écailles des fleurs femelles présentent une longue pointe.

LARIX EUROPA | Mélèze ordinaire). V. ce mot.

D. CÈpre (Cedrus). Genre exotique.

CUPRESSINÉES.

Fleurs femelles dressées, placées à l’aisselle des écailles et non soudées avec elles. Cône globuleux.

E. GexÉvrier (Juniperus). Fleurs monoïques, plus souvent

dioïques ; chatons mâles petits, ovoïdes; écailles en forme de

clou, portant à leur face inférieure des anthéres sessiles ; les fleurs femelles sont réunies au nombre de trois dans une espèce d’involucre charnu, globuleux, formé par des écailles soudées ensemble. Le fruit, charnu, formé de l'involucre qui s’est accru, renferme trois petits noyaux osseux.

JUNIPERUS COMMUNIS {Genévrier commun | [pl. LV, 5). J. SABINA |Genévrier-sabine) [pl. 14, 3).

F. Cyprès (Cupressus). Genre exotique.

G. Tauia. Genre exotique.

TAXINÉES.

Fleurs femelles solitaires ; fruit simple.

H. Ir (Taxus). Fleurs dioiques; les mâles en chatons très petits, solitaires à l’aisselle des feuilles supérieures, enveloppés inférieurement d’écailles imbriquées, et composés de 6 à 14 fleurs formées d’une écaille discoïde, peltée, portant 3 à 8 anthères attachées au pivot central; fleurs femelles terminales, solitaires, embrassées par des écailles imbriquées:; ovaire dépourvu de style et de stigmate.

Taxus BUCCATA [If commun]. V. ce mot.

166. Usages. — Les Conifères offrent une importance remarquable , tant par les nombreux produits résineux qu'elles fournissent (V. Pin et Sapin) que par les usages auxquels on soumet leur bois fort et résistant, quoique léger. Les mâts les plus remarquables par leur élévation et leur solidité sont choisis parmi les Pins de l'Amérique du Nord. — Les Sapins et les Cédres fournissent un excellent bois de:charpente et de menuiserie; ils sont encore émployés à la fabrication des crayons. — Le Mélèze fournit la manne de Briançon, matière sucrée, blanche, qui suinte de ses feuilles. — Il y a assez de sucre dans les petits cônes du Genévrier pour qu'on en retire par la fermentation et la distillation un liquide alcoolique. — Enfin on emploie les feuilles et l'écorce d’un grand nombre de ConIrÈREs pour le tannage des cuirs. Nous reviendrons sur les usages de ces végétaux quand nous en ferons l'histoire particulière.

99° Familie. — CUPULIFÈRES.

{ PL. xiit, 1. Châlaignier : &. portion de chaton, fleurs mâles; &. fleur mâle grossie; c. conpe d’une fleur femelle de Povaire, grossie ; d. embryon développé, avec ses deux cotylédons.)

167. Dans ce groupe sont de grands arbres dont les feuilles sont simples, alternes, stipulées, les fleurs monoïques. Les fleurs mâles, disposées en chatons allongés, ont de 5 à 20 étamines placées sur une écaille de forme variable ou sur un calice polysépale ; les femelles sont solitaires ou réunies au nombre de 2 ou 3 dans un involuere qui se transforme en cupule écailleuse. Les involucres sont solitaires, ou groupés, quelquefois disposés en grappe ou en épi, évairé infére, c'est-

à-dire adhérent au périanthe, épais, charnu, à 2-3-6 loges, surmonté d'un style court terminé par 2 ou 3 stigmates ; gland sec, indéhiscent, enveloppé en tout ou en partie par une cupule.

A. CHÊNE (Quercus). Fleurs monoïques; fleurs mâles en longs chatons gréles, composées de 5-6 sépales étalés, de 6-8 étamines : fleurs femelles formées d’un ovaire infère, triloculaire et de 3 stigmates spatulés, environnées chacune d'un involucreuniflore composé d'un grand nombre de petites écailles imbriquées. Gland entouré à sa base d’une cupule écailleuse.

QUERCUS ROBUR | Chéne commun]; Q. suBER | Chéne-Liége ). — Arbres connus.

Q. PUBESCENS [Chêne pubescent). Feuilles velues en dessous ; cupule recou vrant la moitié du gland.

Q. PBDUNCULATA. Fruits pédonculés.

Q. 1NFECTORIA [Chéne à Galles). Arbrisseau tortueux d'Orient sur lequel se

développe la Noix de Galles, excroissance charnue, dure, produite par la piqûre d’un insecte.

Q. coccirErRA Buisson sur lequel vit l'espèce de cochenille connue sous le nom de Kermès végétal.

B. Charme (Carpinus). Fleurs monoïques; les mâles en chatons allongés et cylindriques, écailles ciliées à la base, 8-14 étamines un peu barbues au sommet; les femelles en chatons composés de grandes écailles foliacées, biflores ; ovaire denticulé au sommet ; 2 stigmates.

CARPINUS BETULUS (Charme). Fleurs rougeñtres.

C. CHaraienier (Castanea). Fleurs monoïques etpolygames , fleurs mâles agglomérées çà et là en chatons, formées d'un involucre calicinal campanulé à 6 divisionset de 12-15 étamines ; fleurs hermaphrodites situées à la base des chatons mâles ou à l’aisselle des fleurs supérieures, réunies 2-3 dans un involucre à 4 lobes écailleux qui les cache, 12 étamines rouges et avortées : ovaire à 6 loges rétréei au sommet, couronné par les 5 petites dents du limbe calicinal, 6 stigmates subulés. Gland renfermé dans un involucre épineux qui le recouvre en totalité.

CASTANEA VULGARIS (Chélaignier commun). Fleurs verdâtres.

D. HÊêTre (Fagus). Fleurs monoïques : les mâles en chatons pendants, globuleux, denses, calice à 6 lobes, 8 étamines ; les femelles au nombre de 2 dans un involuere quadrilobé, épineux ; calice adné à l'ovaire, tomenteux, à 6 lobes ; ovaire trigone uniloculaire et disperme.

FaGus SYLVATICA. Fleurs verdâtres.

E. Couprier (Corylus). Fleurs monoïques : les mâles en chatons allongés, composées chacune d’une écaille trilobée et de 8 étamines ; les femelles, en petits groupes de 6-8, entourés d'écailles imbriquées, sont formées d’un ovaire globuleux biloculaire, de? stigmates filiformes saillants; cet ovaire s’entoure plus tard d'une enveloppe coriace, qui persiste à la base du fruit, lequel a une enveloppe propre osseuse.

CoRYLUS AVELLANA [Noisetier commun). Fleurs roussâtres.

F. PLaTANE (Platanus). Fleurs monoïques ; chatons globuleux ; étamines nombreuses, entremêlées d’écailles linéaires dans les fleurs mâles ; dans les fleurs femelles, écailles en spatule, ovaire filiforme, terminé par un stigmate erochu : fruit nu, en massue, garni de poils à la base.

PLATANUS ORIENTALIS. Feuilles à 5-7 lobes.

P. occ1pENTALIS. Feuilles à grands lobes.

168. Usages. — Ces arbres, très communs dans nos forêts, ou cultivés dans les parcs et les jardins, fournissent d’excellent bois de construction et de chauffage. Douée d’une astringence et d'une amertume très prononcées, leur écorce est employée dans les arts pour le tannage des cuirs, et en médecine comme tonique, astringente, antiseptique.

95e Famille. — JUGLANDÉES. :

PI. xin, 2, Noyer : a. chaton de fieurs mâles; 6. fleur mâle séparée ; c. groupe de 3 fleurs femelles.)

169. Grands arbres à feuilles alternes, composées, pinnées, sans stipules. Fleurs monoïques, précoces; les staminées ou mâles en chaton, périanthe simple, étamines nombreuses ; les pistillées solitaires on agglomérées en petit nom-

bre à l'extrémité des rameaux ; ovaire adhérent au calice, à ovule unique ; 2 stigmates épais. Vrape peu charnue dont le placentaire épais donne naissance à 4 lames qui forment des cloisons incomplètes ; cotylédons bilobés.

A. Noyer (Juglans). Mêmes caractères que ceux de la famile.

JUGLANS REGIA (Noyer ordinaire). Fleurs jaunâtres.

Usages. — Ils sont importants; et nous les indiquerons avec détails en faisant l'histoire du Noyer.

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