‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 98 sur 177 · CLASSIFICATION DES PLANTES MÉDICINALES · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DES PLANTES MÉDICINALES

Nous avons vu combien il a fallu d'efforts, de travaux, de temps et de génie pour arriver à une classification satisfaisante des végétaux, considérés sous le rapport de leurs caractères physiques différentiels. Leur classification thérapeutique n'offre guère moins de difficultés, parce que leur action est généralement complexe,.et qu’elle varie suivant la partie de la plante employée, suivant la dose, les conditions pathogéniques que l’on à à combattre, etc. Il ne faut donc pas croire que les médicaments agissent par une force occulte, une faculté particulière en vertu de laquelle chacun d'eux devient propre à combattre une affection déterminée, sans qu’il soit

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nécessaire d'aider leur action par d’autres moyens ; niles médicaments composés, ni, à plus forte raison, les simples (nom donné par les anciens aux plantes médicinales qu’ils croyaient douées de vertus spéciales contre des affections bien définies) ne peuvent agir autrement qu'en relâchant ou en tonifiant les tissus, en excitant, en modérant ou en régularisant l’action vitale, en ouvrant ou en fermant les voies sécrétoires, ete. Mais seuls, sans le secours des précautions hygiéniques et du régime, sans l'aide surtout et l'intervention de la bonne nature, de ce que le père de la médecine a appelé natura medicatrix, ce nouvel ange gardien de l’existence physique, ces moyens sont impuissants à guérir les maladies. Nous postons du secours à l'organisme en travail d'élimination de la cause morbide, nous favorisons les crises, obvions autant que possible aux accidents ; mais ce n’est, encore une fois, ni le médecin. ni l’art qui guérit, c’est le principe vital, principe si puissant et si intelligent même, qu'il arrive à son but malgré les traitements les plus ma] dirigés et les plus contraires. Car, hélas! que nous serions effrayés des malheurs que cause l'emploi inopportun des médicaments, si la force médicatrice pouvait parler ou du moins se faire comprendre ! Elle ne demande souvent que quelques jours de repos, de calme, d’abstinence, l'usage d’une boisson délayante, l'éloignement des circonstances défavorables, et on lui refuse tout cela, parce que c’est un préjugé aussi fatal aux hommes que la guerre, que faire diète et rester dans l’inaction c’est s’affaiblir; parce que, d’un autre côté, l'on ne veut point abandonner ses affaires, et que le culte du veau d’or passe avant celui de la santé !

La classification des plantes médicamenteuses doit avoir pour base le mode d’altération des propriétés vitales dans les maladies, et leur mode d'action sur l'organisme souffrant. Or, si, comme nous avons essayé de le faire dans notre Anthropologie, l'on peut rapporter toutes les altérations de la santé à trois modifications principales de l’action vitale, l'excitation, la diminution ou la perversion, il est naturel, logique, de diviser les plantes en trois grandes classes : les débilitantes ,: les toniques et les calmantes.

CA

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