CAUSTIQUES
Substances énergiques qui agissent chimiquement sur les parties
vivantes, désorganisent leur structure et les convertissent en une véritable gangrène, c’est-à-dire en une partie privée de vie que l’on nomme etchare. C’est pour cela qu’ils ont reçu le nom i’escharotiqucs, tandis qu'on les désigne sous celui de cathérétiques lorsqu’ils se bornent à produire une vive irritation et la formation d’une eschare trôs-superflcielle.
« On se sert particulièrement des cathérétiques pour détruire les chairs mollasses de certains ulcères, pour aviver les plaies indolentes, réprimer les bourgeons qui se forment à la surface des solutions de continuité, ou pour déterminer dans les kygtes une inflammation adhésive, etc.
# On emploie les escharotiques pour établir des exutoires surtout dans les cas où il convient de produire une puissante dérivation ; pour arrêter les progrès de certaines affections gangréneuses, telles que l’anthrax et la pustule maligne ; pour détruire le cancer, ouvrir certains abcès indolents; pour empêcher l’absorption du virus déposé à la surface des plaies envenimées, etc. »
En général, les caustiques bornent leur action à la partie sur laquelle on les applique, mais comme ils appartiennent presque tous au règne minéral, Il en est qui sont susceptibles d’être absorbés et de causer un véritable empoisonnement : tels sont le sublimé corrosif et les préparations arsenicales.
Les véritables caustiques ne se trouvent donc pas parmi les végétaux. Ce n’est pas qu’il n’y ait des plantes extrêmement irritantes, mais leur action, bienqu’assez puissante pour produire la vésication, ne peut déterminer la mortification des tissus, à moins de causer auparavant de graves désordres inflammatoires, ce qui manque le but qu’on se propose, car les meilleurs caustiques sont ceux dont l'effet est tellement rapide que l’inflammation ne se développe qu’après la formation de l’eschare.
En résumé, les irritants sont appliqués au corps de l’homme dans le but : soit de transporter sur un autre point une phlegmasie séjournant sur quelque organe important (révulsion) ; soit de substituer une phlegmasie thérapeutique à une autre morbide (substitution) ; soit de solliciter un flux continu aux dépens des élémentsdu sang et une sorte de dérivation ( spoliation ) ; soit de produire une réaction utile pour combattre la concentration des forces vitales (excitation) ; soit, enfin, de modifier profondément la vitalité des tissus ou de détruire les parties malades ou atteintes par la gangrène, le éàncer otiub virus (cautérisation).
INTRODUCTION
PLANTES RUBÉFIANTES ET VÉ8ICANTE8.
Anémone, feuillet, forint. I Dentelaire,rac*n», feuillet, j Per»ioaire, piaule enlrtre. Clématite, liges, feuilles. | Garou, écorce, feuilles. | Reuououle, plante enlière,
Parmi les stimulants, les évacuants, les contre-stimulants, les toniques, les évacuants et même les narcotiques, noüs pouvons rencontrer un bien plus grand nombre de plantes rubéfiantes ou vésicantes que nous ne venons d’en citer. Voici les principales par ordre alphabétique : Ail, Alliaire , Arum, Bryone, Chélidome, Euphorbes, Hellébores, Mézirion, Moutarde, Nénuphar, Ortie, Piment, Pulsatille, Raifort sauvage, Roquette, Rue, Sedum dcre, Verveine, etc.
Puisque ces plantes n'ont pas été ajoutées à la liste précédente, c’est, pense-t-on avec raison, parce qu’elles ont d’autres propriétés plus importantes, et naturellement l’on sera porté à croire que celles dont l’histoire va suivre ne sont employées qu’à l’extérieur. Ce serait pourtant une erreur de le penser : leurs usages internes sont moins importants, mais encore sont-ils assez fréquents. D’où il résulte que nous eussions pu omettre la classe des Irritants, d’autant mieux qu’elle ne se compose guère, dans la pratique ordinaire, que des vésicatoires, de la moutarde, de quelques substances chimiques et du calorique. Mais nous avons tenu à être fidèle au plan que nous avons adopté, à être complet, malgré la difficulté que nous avions prévue d’arriver à une classification thérapeutique des plantes bien nette et bien précise.