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celles qui ont la couleur la moins foncée. La couleur verte est si répandue, qu'elle n’a pas de valeur à cause de cela ; elle indique cependant i’acerbité dans les fruits non murs. La couleur rouge accompagne l'acidité; le rouge foncé dénote l’astringence, comme dans la rose de Provins; le rouge-brun est l'indice de propriétés astringentes et toniques à la fois, comme dans la racine de bistorte, l’écorce de quinquina. L’amertume est accusée par le jaune, ainsi que nous le voyons dans les fleurs d'aunée, d’arnica, de genêt, de matricaire, dans les racines de gentiane, de rhapontic, dans l’écorce d’orange, etc. La couleur bleue n’a pas la même signification, suivant qu’elle est fixe ou changeante : dans le premier cas, elle annonce des qualités délétères, exemple l’aconit, la mandragore, la pulsatille, etc.; dans le second cas,' elle ne s'accompagne d’aucune action malfaisante, comme le prouvent la bourrache, la chicorée, le bluet, etc. Le vert glauque appartient généralement aux plantes vénéneuses, telles que l’ancolie, la chélidoine, les euphorbes, les hellébores, la laitue vireuse. La couleur foncée ou noire est encore plus à redouter; les Solanées ont un aspect triste et sombre ; presque tous les fruits noirs ont quelque chose de malfaisant.
5° Composition. En soumettant les végétaui à ses recherches, la chimie a jeté un grand jour sur leurs propriétés. Elle ne les étudie pas seulement sous le rapport de leurs principes élémentaires (hydrogène, oxygène, carbone, etc.), qui, comme nous le verrons plus tard, varient si peu dans leurs proportions, tout en formant des produits si divers; elle fait connaître surtout ces derniers, indique la composition des principes immédiats auxquels les plantes doivent, d’après uos sens et nos moyens d’investigation, leurs propriétés. C’est ainsi que la gomme, le mucilage, la fécule, le sucre, l’huile, etc., dénotent une action relâchante ou émolliente; que le tannin et l'acide gallique communiquent l'astringence et une action tonique. Les huiles volatiles ou essentielles sont stimulantes. Le camphre est un agent tantôt sédatif, tantôt stimulant du système nerveux ; les résinés et les baumes excitent aussi certains systèmes d’organes plutôt que d'autres. Mais ce qui distingue surtout les plantes énergiques, c est la présence d’une matière crislallisable, d’un alcaloïde, tel que la digitaline, la colchicine, la vératrine, la narcotine, la quinine, etc. La matière médicale est certainement redevable de grands progrès à la chimie, mais il n’est pas douteux non plus qu on n’ait attache souvent beaucoup trop d’importance aux corps dont elle a dévoilé l'existence dans certains végétaux. La pariétaire et la bourrache contiennent un peu de mire, sont-ce pour cela des diurétiques puissants? Non. La racine de patience renferme un peu de soufre, peut-on compter beaucoup sur son action antidarlreuse V Non. D'ailleurs, l’on peut être trompe par un examen trop superficiel, car des substances très-riches en matières féculentes et mucitagineuses, comme la racine d’arum, de bryone, etc., contiennent quelquefois un priucipe vénéneux d'autant plus redoutable, que la chimie aura plus de peine à signaler sa présence.
L'appréciation des propriétés des plantes doit être subordonnée aussi à la nature du sol et du climat, à leur âge, à leur récolte, leur dessiccation, leur conservation, etc. — Les plantes qui croisent dans les lieux elevés sont soupçonnées, avec raison, posséder plus d'energie que celles de même espece lybitaul des lieux bas et humides. 11 y a cependant des exceptions à cette règle, car les Crucifères, les llenunculacées, certaines Ombellifères (les ciguës, par exemple), sont plus actives étant nées dans ces dermeres localités. — La température et le climat exercent encore une grande influence sur les propriétés des végétaux, lesquels
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sont toujours plus énergiques dans les contrées méridionales, les lieux exposés au midi que dans les circonstances opposées. — La même espèce jouit presque toujours de plus de vertus à l’état sauvage qu'étant cultivée. On sait d'ailleurs que la culture imprime des modifications jusque dans les caractères botaniques.
L'activité d’une plante se développe dans l’âge de la plus grande force de végétation : faible au début, elle augmente jusqu'au moment où 1 individu atteint l’heure de la décadence, pour diminuer ensuite, souvent même pour changer de nature, car beaucoup de végétaux émollients tendent à la propriété astringente ou tonique en vieillissant. Disons cependant que les plantes vénéneuses conservent généralement beaucoup plus de leur action au dernier terme de leur existence que dans le premier âge.
La récolte est un point important. Généralement il ne faut recueillir les plantes que par un temps sec, après le lever du soleil et la disparition de la rosée. — On doit cueillir les lteurs avant leur complet épanouissement ; cependant celles de roses, d’œillets; se coupent en boutons, parce que plus tard leurs propriétés s'affaiblissent. — Les feuilles doivent se récolter aussi avant leur entier développement, au plus tard au moment de la formation des boutons florifères, à moins qu’il ne s’agisse de plantes dont on emploie indifféremment les feuilles isolées ou les sommilés fleuries, comme beaucoup de Labiées. — Les bourgeons se récoltent au printemps, les fruits en automne, et l’on conçoit que les règles doivent varier suivant le mouvement de la sève pour les premiers, et suivant la maturité pour les seconds. — Les racines s’arrachent au printemps et à l’automne : cette dernière saison est préférable pour les racines annuelles ou bisannuelles. — Les écorces présentent cela de particulier, qu’en avançant en âge elles acquièrent plus de propriétés, pourvu cependant qu’elles soient sans altération, sans carie, bien adhérentes; néanmoins celles dont l’action est âcre, caustique, doivent être enlevées plus tôt que plus tard. Ou conseille aussi de récolter les écorces d’arbres en hiver, celles d’arbrisseaux à l’automne, les résineuses au printemps.
La dessiccation consiste à priver les plantes de leur humidité dans le but de les conserver. Elle a sur leurs propriétés une influence très-grande, puisqu’elle rend inertes quelquefois celles qui ont beaucoup d’activité, comme les Crucifères, et qu’elle développe l’arome dans quelques autres, peu odorantes à l'état frais, comme on peut en juger par le changement que subit le fourrage sous ce rapport. Pour dessécher les plantes, on les expose au soleil ou au séchoir, ou mieux encore à l’étuve, soit étendues en couches minces sur des claies d’osier ou des châssis garnis de toile, en ayant soin de les remuer souvent, soit disposées en petits paquets modérément serrés par un lien circulaire et attachés à une distance suffisante les uns des autres, de manière à former des sortes de guirlandes. — Le séchoir est une pièce situee dans la partie supérieure d’un bâtiment, exposée au midi et disposée de telle sorte qu’elle ait beaucoup d’ouvertures munies de pereiennes ou de volets à jours pour favoriser la ventilation. — L’étuve est une chambre chauffée au moyen d’un poêle ou de tuyaux calorifères, à la partie supérieure de laquelle on a ménagé une ouverture pour donner issue à l’air ambiant chargé de l’humidité provenant de la dessiccation des plantes et dont il est saturé. Dans l’intérieur de ces pièces sont disposés des supports, des tringles, des crochets, etc., pour y suspendre les claies et les guirlandes. Les herboristes, qui généralement manquent de locaux convenables, se contentent de iui-
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