‹ Traité des poisonsChapitre 102 sur 109 · ARTICLE I · texte numérisé non relu

ARTICLE I

* De l'Empoisonnement lent.

r113. Îl arrive.quelquefois que des individus avalent pendant plusieurs jours une petite quantité de poison in= capable d'occasionner une mort prompte, maïs qui détermine des accidens plus ou moins graves qui peuvent à la longue avoir les suites les plus funestes; la réunion des accidens produits par une pareille cause consütue lemnpoisonnement lent, qu’il ne faut pas confondre avec l’empoisonnement consécutif. En effet, celui-ci est occasionné par l’ingestion en une seule fois d’une certaine quantité de poison, qui produit d’abord tous les symptômes de l'empoisonnement aigu, auxquels l'individu résiste, mais qui sont suivis d’une multitude de phénomènes consécutifs dont la durée varie considérablement.

Nous n’admettons pas que l’on connaisse des poisons

LA

ÉONSIDÈRÉ D'UNE MANIÈRE GÉNÉRALE, G4r ‘lents à l'aide desquels on peut occasionner la mort à une époque déterminée. Cette assertion, eufantée par l’ignorance et soutenue par des préjugés absurdes, est tout-2-fait contraire aux lois de la nature organique. Comment, en effet, déterrniner à priori la résistance que les forces vitales. opposeront à la cause qui tend à les détruire, circonstance sans laquelle il n’est pas possible de fixer l’époque à laquelle les accidens se développent et où ils seront suivis de la mort? Ne pourrions-nous pas saisir cette occasion pour combattre avec succès une des opinions les plus généralement reçues parmi un très-grand nombre de médecins, et qui se rapproche de celle dont nous nous occupons, savoir : que dans plusieurs espèces de maladies il y a des jours déterminés et constans où l'individu est beaucoup plus affecté ? IL suffit de réfléchir à la diversité des causes qui peuvent développer ces maladies, à leur intensité variable, au degré différent de réaction, eic., pour être convaincu que de deux individus ayant la même affection, l'un pourra offrir des symptômes graves le jour correspondant à celui où l’autre sera dans un ét stat beau coup plus satisfaisant.

Voici des faits qui peuvent servir à éclairer l'histoire de l’empoisonnement lent.

OBSERVATIONS

1°, Un matelot âgé de vingt-six ans, d’une assez bonne constitution, mais affaibli pär de longs et fréquens voyages sur mer, fut reçu à l'hôpital de Land... le 5 fructidor an 9, pour une maladie syphilitique dont il était infecté, pour la première fois, depuis trois mois. Le premier symptôme de la maladie avait été une gonorrhée, qu’une injection d’eau-de-vie étendue d’eau dans le canal de l’urètre avait supprimée au bout de hujt ou dix jours. De nouveaux sÿm-

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