‹ Traité des poisonsChapitre 11 sur 109 · IL. A · texte numérisé non relu

IL. A

50 DES POISONS ACRÉS. °

il était très-abattu , se plaïgnait ; mais il conservait lelibre exercice des sens ét des membres. Il est mort dans la nuit. La membrane muqueuse de l'estomac n’était affeciée que vers le pylore, où l’on remarquait une plaque circulairé d’un rouge écarlate, de la grandeur d’un écu desix francs, ulcérée dans plusieurs endroits : ces ulcères n’intéressaient pas les membranes soujacentes. L'intérieur du rectum présentait çà.et là des taches inflammatoires d’un rouge vif. Il n’y avait aucune altération sensible dans les autres organes. La mème expérience a été répétée, à midi, sur un autre petit chien, avec 3 gros du fruit du ricin. Sept heures après, l'animal avait fait quelques efforts pour vomir, et il avait eu une déjection alvine. Le lendemain , à midi, 1l était expirant , dans un état d’insensibilité complète, et ne pouvait plüs se tenir sur ses pattes. Il est mort un quart d'heure après, sans avoir présenté d'autre phénomène que deux ou trois inspirations profondes et un écartement des pattes postérieures , qui étaient un peu roides. On l’a ouvert surle-champ. Le cœur ne battait plus ; il contenait du sang fluide et d’un rouge assez vif dans la cavité aortique. Les poumons étaient sains. L’estomac renfermaït une assez grande quantité de matière jaunâtre, comme huileuse, mêlée de grumeaux également jaunes; la membrane muqueuse était fort peu enflammée ; l’intérieur du rectum offrait ça.et là des plaques d’un rouge vif. Il n’y avait point d’altération dans les autres parties du canal digestif, Expérience 1°. On a introduit dans l’estomac d’un chien de moyenne taille 3 gros de semences de ricin privées de leur enveloppe ligneuse : on a lié l’œsophage. Le lendemain, l'animal n'offrait aucun symptôme remarquable. Le jour suivant , à huit heures du matin, il avait des vertiges trèsforts ; il lui était impossible de marcher sans tomber ; il ne se plaignait pas. À midi, il se tenait couché sur le côté, dans un grand état d’insensibilité ; ses inspirations étaient

DU RICIN. FRE Dr rares et profondes; les battemens du cœur comme dans l’état naturel. Il est mort à deux heures. La membrane muqueuse de l'estomac, peu rouge, offrait quelques petits ulcères dont le centre était noir; le rectum, très rouge, était enflammé dans sa partie interne. Les poumons, crépitans, contenaient du sang noir. :

Bergius rapporte qu’un Ébiirnd robuste mâcha une semence de ricin qu’il avala ensuite, et qui détermina une sensaiion mordicante dans l’arrière-bouche. La nuit fut assez calme; mais le lendemain matin il cut des vomissemens abondans , et pendant toute la journée il fit alternativement des efforts pour vomir et pour aller à la selle, sans rejeter cependant beaucoup de matières.

829. Ces faits tendent à prouver que les graines de ricin déterminent une irritation locale, et qu’elles agissent sur

Lé

le système nerveux après avoir été absorbées.

De l'Euphorbe CEUPRURNE oflicinarum ).

830. De de la famille des tithymaloïdes de Jussieu, et de la dodécandrie trigynie de L. : elle est cependant monoiïque.

Caractères du genre. Fleurs composées d’un calice (regardé par quelqués botanistes comme un involucre, et par d’autres comme une corolle) d’une seule pièce, en forme de cloche, persistant, à huit ou dix lobes, dont quatre à cinq intérieurs , droits , membraneux, quelquefois rapprochés par leur sommet, ovales pointus et d’une couleur herbacée; les quatre ou cinq autres, appelés pétales par Linnæus,:sont alternes avec les premiers , un peu çolorés , étalés, charnus, ovales , ou en cœur, ou encroissant, ayant quelquefois des dents tr ès-remarquables. Fleurs mäles : au nombre de huit ou quinze, ayant un périgone caché dans l'involucre, composé de lanières fines et laci-

Fa DES PBOISONS ACRES.

* niées sur les côtés (regardées par Linnæus comme des filamens stériles) ; elles n’ont chacune qu’une seule étaniine, dont chaque filament est articulé dans le milieu. Fleur femelle : solitaire au centre du calice, manquant quelquefois ;-elle paraît dépourvue de périgone : ovaire supérieur arrondi , trigone, pédiculé, incliné ou pendant sur le côté

-de la’ fleur, surmonté de trois styles bifides, à stigmates obtus. Le fruit est une capsule arrondie, lisse, ou velue, ou verruqueuse à l'extérieur, portée sur un pivot courbé en dehors, et formée de trois coques jointes ensemble, renfermant chacune une semence obronde. Les euphorbes sont tous lactescens,

L’euphorbe officinal a la tige nue, à plusieurs angles, et les épines géminées. I] découle de sa tige un suc laiteux qui se dessèche en petits morceaux friables qui portent le nom d’euphorbe, et avec lequel nous avons fait les deux expériences suivantes.

L’euphorbe est en larmes irrégulières, souvent perforé; sa couleur est roussâtre à l'extérieur et blanchâtre à l’intérieur; il n'a point d’odeur; sa cassure et vitreuse : réduit en poudre, il irrite les narines, lors même qu'il est à une grande distance. |

Action de l'E uphorbe ‘sur l’économie animale.

Expérience v°, À une heure on a détaché et percé d’un trou l'œsophage d’un chien très-fort; on a introduit dans son estomac une demi - once d’euphorbe finensent pulvévisé, contenu dans un cornet de papier. Un quart d'heure après , l'animal poussait des plaintes cruelles et faisait des forts pour vomir. Le lendemain matin ; à sept heures, il était abattu et continuait à souffrir. Il est mort à trois heures de l’après-midi , sans avoir présenté d'autre phénomène remarquable qu’un grand état d’abattement et d’insensibilité,

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