DE LA SCILLE
de sang; le membre opéré était très-enflammé ; la rougeur s’étendait jusqu’à la cinquième côte sternale. Il n’y avait point d’escarre.
Ses 11 résulte de ces faits,
Que la semence du jatropha curcas jouit de propriétés vénéneuses très-énergiques ; 2°, Qu’elle ne paraît pas être absorbée ; et que ses effets meurtriers dépendent de l’inflammation intense qu’elle développe, et de son action sympathique sur le système nerveux. 3°. Qu'elle agit plus fortement lorsqu'on lintroduit dans l’estomac, que dans le cas où elle est t appliquée sur le tissu cellulaire.
La racine fraîche ou le suc du jatropha manthot détermine l’enflure du corps, des nausées, des vomissemens, des douleurs d'estomac, des évacuations , le ténesme, des vertiges, des douleurs de tête, lobscurcissement de la vue, le froid des extrémités, des défaillances , l’aboliüon des forces vitales, et la mort. (Prs0 , Hist. Nat., a dE an HE
Des phénomènes analogues sont produits par les semences du jatropha multifida.
De la Scille. (seilla maritima ).
854. La scille appartient à la famille des liliacées de J., et à l’hexandrie monogynie de L. |
Caractères de l'oignon de scille. Gros bulbe composé de plusieurs tuniques épaisses , charnues, blanches ou rougeñtres selon les variétés, souvent de la grosseur d’une tête d'enfant, glabres, ovales, visqueuses, garnies en dessous d’un grand nombre de fibres charnues. Cet oïgnon a une saveur âcre et amère qui s'attache à la langue et se fait long-temps sentir ; il répand une odeur subtile , fort àâcre et pénétrante comme celle du raifort. Cette plante est très-commune sur les côtes de Barbarie.
Action de la Scille sur l’économie animale.
Expérience x'°. À neuf heures du matin, on a introduit dans l'estomac d’un petit chien robuste 2 onces et demie. d'oignon de scille entière, en partie à l’état de pulpe, en partie à l’état liquide : on a lié l’œsophage. Vingt minutes après , l'animal a fait de violens efforts pour vomir, qu’il a renouvelés souvent pendant la demi-heure suivante, et il a poussé des plaintes. A dix heures et demie, on l’a trouvé mort. Ou l’a ouvert à onze heures : le cœur ne se contractait plus ; il était rempli de sang noirâtre et coagulé. Les poumons étaient roses et crépitans. Le canal digestif n’était le siége d'aucune altération sensible.
Expérience n°. À huit heures du matin, on a recommencé la même expérience sur un petit chien. Cinquante. minutes après , l'animal a commencé à faire des efforts pour vomir , et il les a continués pendant dix minutes : alors les battemens du cœur sont devenus fréquens , véguliers et assez forts; les inspirations profondes et un peu. accélérées , les pupilles très-peu dilatées et le visage étonné. L'animal n’éprouvait point de vertiges; il n’était agité d’aucun mouvement convulsif, et il cherchait à mordre lorsqu'on le menaçait. À neuf heures vingt minutes , la respiration était beaucoup plus accélérée et laborieuse ; les organes des sens et du mouvement exerçaient librement leurs fonctions. Un quart d’heure après, il s’est couché sur le ventre, etil avait une légère tendance à l’assoupissement ; il s’est écoulé de sa bouche un peu de sérosité sanguinolente. À neuf heures quarante-huit minutes, on l’a secoué ; il a cherché de nouveau à mordre, s’est levé et a parcouru le laboratoire; mais sa démarche était un peu lente : il s’est couché de nouveau, et a offert un léger tremblement convulsif des pattes antérieures qui n’a duré
DE LA SCILLr=. IOT
que quelques instans. À dix heures, la respiration était beaucoup moins accélérée, et rien n'aurait pu faire soupçonner que l'animal fût prêt à succomber. Tout-à-coup il a poussé des cris plaintifs, s’est relevé; la respiration s’est accélérée de nouveau, et il est tombé sur le côté; la tête était renversée sur le dos, et les membres très-agités et trèsroides. Une minute après, les cris ont cessé, les membres se sont relâchés, et il n’a vécu que irois minutes, pendant lesquelles on a remarqué de légers mouvemens convulsifs dans diverses parties du corps. L'ouverture du cadavre à été faite sur-le-champ. Le cœur était distendu et ne se contractait que lorsqu'on le touchait avec la pointe du scalpel ; le sang qu'il Contenait était fluide; celui que renfermait Jes cavités aortiques offrait une couleur rouge, un peu moins vive qu'elle n’est ordinairement. Les poumons étaient roses et presque comme dans l’état naturel. Le canal digestif ne présentait aucune altération. L
Experience 1°. A sept heures du soir, on a fait une incision à la partie interne de la cuisse d’un chien de moyenne taille , et on a introduit dans la plaie 2 gros de poudre de scille : on a réuni les lambeaux de la plaie. Quelques minutes après, l'animal a poussé des cris plaintifs. Le lendemain, à six heures du matin, on l’a trouvé mort. Le cadavre était froid et roïde, la plaie très-peu enflammée. Les poumons étaient livides, gorgés de sang et peu crépitans. Le canal digestif n "offrait point d’altération. :
Expérience 1v°. À huit heures du matin, on à appliqué sur le tissu cellulaire de la cuisse d’un chien de moyenne taillé, assez robuste, 36 grains de poudre de scille mêlés avec un gros d’eau, À onze heures, l’animal ne PRrAEENE éprouver aucune incommodité ; il en était de même à ApAue heures. À minuit, il a eu un accès en tout semblable à celui que nous avons décrit dans l'expérience 11e, et il est mort, Le membre opéré était très - enflammé ; il n’y avait
point de lésion remarquable dans les organes intérieurs.
Plenck fait mention d’un enfant qui eut des convulsions pour avoir pris: de la scille.