DU CHLORE
des sommets ; dièdres. Ses cristaux s sole souvent de manière à former des cannelures:
863. I1 se dissout dans quatre fois son poids d’eau à 15 degrés; l’eau bouillante en dissout quatre fois son poids.
864. Mis sur les charbons ardens, il Les fait brûler vivement. ( Voy. $ 556.)
865. L’acide sulfurique concentré, versé sur ce sel pulvérisé, le décompose à la température ordinaire , et en dégage des vapeurs d’acide nitrique blanches et peu abondantes. | |
866. L'hydro - chlorate de platine occasionne, dans la solution concentrée de nitrate de potasse, un précipité jaune serin (S 639 ).
867. La chaux en poudre ne produit aucun phénomène sensible par son mélange avec ce sel.
868. Les hydro-sulfates ne le précipitent pas. Du Chlore (gaz muriatique oxigéné).
869. Ce gaz, regardé aujourd'hui comme une substance simple par les chimistes les plus célèbres , est appelé chlore à raison de sa couleur jaune-verdâtre. Il à une saveur désagréable, et une odeur tellement suffocante, qu’il est impossible de le respirer, même lorsqu'il est mêlé à l'air, sans éprouver un sentiment de strangulation et un resserrement dans la poitrine. Sa pesanteur spécifique est de 2,470. Loin de rougir l'infusum de tournesol, comme les acides, il le détruit en le jaunissant.
870. Exposé à l’action du calorique, le chlbre ÉEbe n’éprouve aucune altération lorsqu'il a été préalablement desséché; si on introduit dans un flacon plein d’eau un mélange fait avec parties égales de chlore et d'hydrogène gazeux, et qu'on l’enflamme à l’aide d’une bougie allumée, il y a sur-le-champ détonnation et formation de gaz acide
hydro-chlorique (muriatique) qui paraît sous la forme de vapeurs blanches.
871. Le phosphore solide, l’arsenie, l’étain et l’antimoine pulvérisés se combinent rapidement , et à la température ordinaire , avec le chlore lorsqu'on les plonge dans un flacon rempli de ce gaz. On obtient constamment des chlorures solides, et il y a dégagement de calorique et de lumière : ce dernier phénomène est dû au passage du chlore de l’état de gaz à l’état solide.
872. Le chlore se dissout dans l’eau et forme le chlore liquide. Mêlé avec le gaz acide hydro-sulfurique (hydrogène sulfuré), il le décompose, s'empare. de son hydrogène pour passer à l’état d'acide hydro-chlorique, et le soufre
est mis à nu.
Action du Chlore gazeux sur l’économie animale.
Nysten, qui a publié en 181: un tès-beau travail sur l'injection des gaz dans les veines, les artères, la plèvre, elc., a fait des expériences sur le chlore que nous
avons répétées et qui nous ont paru très-exactes.
Expérience x'°. On a injecté dix à douze centimètres
cubes de chlore gazeux, à la température de.9° R., dans la
veine jugulaire. d’un a de moyenne taille. Les effets de cette injection ont été bornés à quelques plaintes. Au bout de cinq minutes, nouvelle injection de quinze à vingt centimètres cubes: du,même gaz : au, bout d’une minute, l’animal a poussé des plaintes, des cris de souffrance; la respiration est devenue difhcile:et rare; ;et il est mort trois minutes après Ja dernière injection. A l'ouverture du corps, qui fut faite quatre minutes après la mort, on trouva le
sang entièrement liquide et semblable au sang veineux dans
l'oreillette et le ventricule pulmonaires, qui ne contenaient
ni gaz ni caillots.
DU CHLORE. 129 Expérience n°. À huit heures quarante - cinq minutes, on a injecté dans la plèvre droite d’ua c'en du poids de ‘six kilogrammes, soixante centimètres cubes de chlore ga zeux, à la température de 13° R. Immédiatement après, agitation violente, éjection d'urine; P animal tombe sur le côté, se roidit un instant'et crie comme dans une extrême souffrance. Peu de temps après, il marche; mais il continue à se plaindre. À midi, il ne se plaïgnait plus: il était le plus souvent couché, À quatre heures quinze minutes, tremblement des membres; nulle plainte. Le lendemain, il était triste et restait couché. Le troisième jour, on le fit périr. Les deux plèvres étaient recouvertes de fausses mem branes, et contenaient chacune environ cent grammes de sérosité rougeâtre : par le refroidissement il s’est formé dans Je cœur des concrétions d'apparence gélatineuse, comme celles qu'on observe à la suite des maladies inflammatoires, et qui sont très - analogues à la couenné pleurétique.
On sait, par un très-grand nombre d'expériences, que les animaux ne tardent pas à périr lorsqu'on les plonge dans-le chlore gazeux. MVysten dit à cet égard : « Ce gaz n'est pas absorbé quand on le respire pur ; il ne paraît agir qu’en irritant localement Îles bronches, et son action est si énergique, que l’animal meurt avant de pouvoir être «sphyxié par le sang noir. Ce qui prouve encore qu'il n’agit qu’ en irritant, c’est que, quand on le respire étendu in l'air et en trop petite quantité pour porter atteinte à la vie des poumons, il borne son acüon à déterminer une toux plus ou moins vive, et quelquefois. comme l’a remarqué Fouréroy, une phlegmasie de la membrane muqueuse des bronches ». (Recherches de Ph Drstologte et de Chimie » Pa80/144
ann, 1811),
Action du Chlore liquide sur l’économie animale.
Expérience 1°. À neuf heures, on a introduit dans l'es. iomac d’un peut chien robuste 5 onces de dissolution de chlore moyennement concentrée, et on a lié l'œsophage. Dix minutes après, l'animal a commencé à faire des efforts violens pour vomir. À midi, il était très-abattu et se plaiguait considérablement. Il est mort dans la nuit. La membrane muqueuse de l'estomac était d’un rouge noir dans toute son étendue; les autres organes paraissaient sains.
Expérience n°, On a répété la même expérience avec 2 onces de la dissolution précédente que l’on a préalablement affaiblie avec 4 onces d’eau. L'animal est mort dans j'abatiement quatre jours après l’ingestion de la substance vénéneuse, La membrane muqueuse de l'estomac, peurouge, offrait vers le grand cul-de-sac quelques petits ulcères bordés d’une aréole jaune; l’intérieur du duodénum et d’une partie du jéjunum était tapissé d’une couche jaune assez épaisse, provenant sans doute de la décomposition de la bile par l'acide hydro - chlorique formé aux dépens du chlore et de l'hydrogène des tissus organiques.
Expérience if. L'eau de javel, dans laquelle entre le chlore, a exercé sur les animaux une action semblable à celle que nous venons de rapporter.
893. Ces faits prouvent que le chlore liquide agit d’une manière analogue à celle des acides minéraux dont nous
avons déjà parlé $ 5437. j Du Gaz acide nitreux.
854. Le gaz acide nitreux est d’une couleur jaune orangée; il a une odeur forte très-désagréable ; sa saveur est âcre et caustique; il rougit l'infusum de tournesol, se,
DU GAZ ACIDE NITREUX. 13t dissout rapidement dans l’eau, et attaque le mercure. Son action sur les métaux:et sur les substances organisées est, ‘en général, plus vive que celle qu’exerce l'acide pitrique. Ces caractères sont suflisans pour distinguer ce gaz de tout autre produit naturel ou arüficiel.
Action du Gaz acide nitreux sur l’économie animale, OBSERVATIONS.
1°. Un homme de quarante-cinq ans environ, d’une constitution assez forte, mais sujet à une oppression habituelle, faisait, depuis plusieurs années , le commerce d’'eau-forte. Au mois de mai 1804 , la chaleur étant considérable et le thermomètre étant monté jusqu'à 26°, il fat réveillé un jour, à quatre heures du matin, par les hurlemens d’un gros chien de garde qu'il avait enfermé dans son magasin. [1 y descend aussitôt, accompagné d’un voisin, ouvre la porte, et est frappé à l'instant de l'odeur du gaz acide nitreux qui se fait sentir (1). Le chien sort avec précipitation, ayant les pattes brûlées, court au premier ruisseau pour s’y désaltérer ; joue avec quelques autres chiens sur la place voisine, et revient deux heures après périr à la porte de son maître, en vomissant des matières épaisses et de diverses couleurs. Celui-ci néanmoins pénètre dans son magasin pour en ouvrir les fenê-
(1) M. Desgranges , auteur de cette observation, et tous ceux qui l'ont copié, ont attribué cet empoisonnement au gâs -nitreux ; mais il suffit de se rappeler que ce gaz ne peutpas rester un instant en contact avec l’air atmosphérique sañs lui enlever de l'oxigène et le transformer en gaz acide nirenx , pour être convaincu que € est le gaz acide qui a produit les accidens rapportés dans celte dervatlote
tres ; mais à peine y est-il resté cinq minutes que, mé« nacé de sufloquer, il est obligé d’en sortir; il y rentre cependant un peu après, et en retire la caisse qui contenait ses cantines brisées. Vers six heures, il va prendre du Jait dans un café, puis il boit une demi-bouteille de vin ; et ayant fait une course dans la ville, il rentre chez lui avant huit heures, se plaignant d’une grande faiblesse, d’une chaleur sèche et âcre au gosicr, d'une irritation dans l'estomac et la poitrine, et d’un sentiment de constriction à l’épigastre; sa gêne habituelle de respirer n'avail pas augmenté proportionnellement. On lui conseilla de boire abondamment du lait. Son médecin, qui arriva peu après, approuva cette boisson, et preserivit en outre des fomentations sur le ventre et de la moutarde aux bras. Ces deux moyens parurent être très-fatigans pour le ma- Jade et augmenter ses angoisses ; il continua seulement le lait, et vers une heure après midi il dit qu’il souffrait moins. Il eut alors spontanément une selle jaunâtre, et deux autres encore dans l’espace d’une heure, toutes d’une couleur citrine ; l’urine était rare, et, sur le soir, le malade fut iourmenté d’envies fréquentes et vaines d’uriner. À quatre heures, il commença à expectorer une matière jaunâtre et qui ranima l'espérance ; il reprit l'usage du lait, qu'il avait discontinué depuis quelques heures, et il le fit alierner avec de l'orgeat ; il eut ensuite un peu de toux, quelques. nausées. et un léger vomissement. On lui donna des lavemens qu’il rendait sur-le-champ, et qui cependant étaient teints en jaune. À neuf heures.du, soir, Ja figure du malade devint bleuûtre, la poitrine s’embarrassa, il y eut un peu de râlement, on entendit quelques hoquuis, de grandes douleurs se faisaient sentir à la résion du diaphragme ; il y eut aussi quelques mouvemens convulsifs et un léger délire. Vers le matin , l’anxiété augmenta, les angoisses devinrent inexprimables; cependant
DU GAZ ACIDE SULFUREUX. 133 le malade but encore du lait à cinq et à six heures, ayant toute sa connaissance. À sept heures , il n'existait plus. Peu après la mort son ventre se gonfla et s’étendit d’une mauière fort remarquable; son visage dévint pourpre, ses lèvres noires ; ét il s’écoula quelques gouttes de sang par le nez et par la bouche. L'ouverture du corps n’a pas été faite (tr).
M. Nysten, qui a fait un grand nombre d'expériences sur le gaz nitreux, s’est convaincu qu'il déterminait la mort en très-peu de temps, et qu'il brunissait le sans. Le gaz acide nitreux dont nous faisons l’histoire, et qui est composé de gaz nitreux + d’oxigène, nous parait agir, 1°en irritant fortement les bronches et les petits vaisseaux pulmonaires; 2° en faisant subir au sang une altération analogue à celle du gaz nitreux.
835. L’acide nitreux liquide exercé sur nos tissus la même action que celle dont nous avons parlé à l’article Acide nitrique ( eau-forte ), Ç 566.
Du Gaz acide sulfureux.
86. Le gaz acide sulfureux sé dégage constimment lorsque le soufre brûle à l'air libre ou dans le gaz oxigène; on le reconnaît aux propriétés suivantes : 1° il est incolore; 4° il 4 une odéur piquante qui est la même que celle du soufre qui brûle ; 2° il rougit la teinture de tournesol, qu'il change énisuite en jauné RU 49 il eet rôi-20 Rubi dti P'éu!
. 877. D'après M. allé, il fait périr les cabiais qui le respirent en moins d’une minute et un quart. Sés effets dépendent de l’irritation qu'il exerce sur les poumons.