‹ Traité des poisonsChapitre 39 sur 109 · DE L'ACIDE HYDRO-CYANIQUE · texte numérisé non relu

DE L'ACIDE HYDRO-CYANIQUE

le reste dans celle de quelques maitres de l’équipage. A quatre heures tout le monde dina. On ne tarda pas à éprouver des vertiges , des vonussemens , des convulsions, des, coliques et des selies copienses qui, frappant tout l'équipage, déterminèrent à tirer le canon et à faire tous les signaux d’usage pour rappeler les embarcations, M. Picard arriva à bord, et aperçut le deuxième canonnier Æibergue faisant mille grimaces et des contorsions très-analognes à la danse de Saint-Guy. W se fit apporter la plante dont on s'était servi, et reconnut la jusquiame blanche. {1 soutint les évacuations par haut et par bas, et il usa ensuite de boissons vinaigrées. Ceux qui n’éprouvèrent pas d’évacuations furent quelque temps dans un état maladif, et eurent uue convalescence très-longue ; les autres ne tardèrent pas à se rétablir. Il fallut cependant joindre les anti-spasmodiques les plus puissans aux remèdes évacuans pour que füibersue recouvrât entièrement la santé. » ( Médecine légale déjà citée, tom. 1v, pag. 23.)

900. Jusquiame dorée (CR ryosciamus, aureus). M. de Voilemont a fait prendre le decoctum de cette racine à dés chiens. «Il leur survient, dit-il, un tremblement et une faiblesse dans les jambes ; les vieux chiens sont cinq à six jours sans vouloir boire ni manger, et meurent ensuite. Les jeunes , au contraire, boivent excessivement, ne mangent presque rien, et, au bout de hnit à dix jours , sont bien portans. »

Les hyosciamus physaloides et scopolia. sont également vénéneux. ;

De l'Acide hydro-cyanique (prussique ).

go1, L’acide hydro-cyanique, le plus concentré que l’on ait obtenu jusqu’à ce jour, est un liquide incolore, trans-

parent et d’une odeur très-forte , analogue à celle des fleurs dé pêcher ou d'amandes amères ; sa saveur, d’abord fraiche, devient âcre , irritante et excite la toux. Sa pesanteur spécifique à 7° est de 0,70583 ; il rougit à peine! la teinture de tournesol ; exposé à l’action du calorique, il bout à 26°,5; il peut se congeler à 15° au-dessous de 0 ; Ja lisation de cet acide concentré peut même avoir lieu lorsqu'on en verse quelques gouttes sur du papier : * dans ce cas, il se volatilise en partie, absorbe du calorique à la portion non volatilisée, qui par là se trouve congelée(r). Il s’enflamme à l'air par l'approche d’un corps en combustion ; il est peu soluble dans l’eau ; il est facilement dissous par l'alcool; il précipite le nitrate d'argent en blanc. Uni à la potasse et au fer oxidé, il fournit un sel double de couleur citrine qui se dissout dans l’eau, et dont la dissolution précipite en bleu plus ou moins foncé les "sels de fer au second et au troisième degré d’oxidation, en cramoisi un peu brunûtre les sels de cuivre au maximum, en couleur de sang les sels d’urane, et en vert pomme ceux de nickel.

(1) Plusieurs de ces propriétés n'avaient pas été constatées par l’illusitre chimiste Scléele, auteur de la découverte de cet acide. On les trouvera exposées dans un irès- beau mémoire de M. Gay-Lussac, qui, le premier, est parvenu à priver l'a cide hydro - cyanique d’une très - grandé quantité d’eau avec laquelle il était uni lorsqu'on le préparait par le procédé de Schéele. (Voy. Annales de Chimie, tom. Lxxvir, pag. 128.)

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