DU PROTOXIDER D'AZOTE. ES
vitale du cœur, action qui est indépendante d’une autre entièrement mécanique qu'il a sur ce même organe. Expérience ru°. Le même physiologiste a injecté dans la plèvre d’un chien 150 centimètres cubes de ce gaz, qui a été absorbé et n’a produit aucun effet nuisible, M. Dupuytren a prouvé que ce gaz est une des causes du plomb ou asphyxie des fosses d’aisance. |
Du Protoxide d’Azote (oxidule d'azote).
gro. Ce gaz est invisible et inodore; il a une saveur douceàtre; sa pesanteur spécifique est de 1,5204. Il est soluble dans l’eau, Lorsqu'on le met en contact avec une bougie qui présente quelques points en ignition, celleci se rallume et brüle avec éclat : dans ce cas le gaz est décomposé et l'azote est mis à nu.
913. Les effets de ce gaz sur l’économie animale n’ont pas été les mêmes chez les différens individus qui l'ont respiré. M. Æ. Davy éprouva d’abord des vertiges, des picotemens à l'estomac; vers la fin de l'expérience la force musculaire augmenta , et il se déclara une sorte de délire gai qui finit par des éclats de rire. M. Proust ressentit seulement des étourdissemens et un malaise inexprimable. Les essais tentés à Toulouse par une société d'amateurs confirment les résultats obtenus par M. Davy ; cependant quelques personnes, loin d’éprouver de la gaîté, ressentirent une grande dilatation , accompagnée de chaleur de. poitrine; leurs veines se gonflèrent , le pouls devint accé2 léré , les objets paraissaient tourner autour d'eux. M. Psaff, en rendant compte des expériences faites récemment à Kiel , dit: « Une des personnes qui ont respiré ce. gaz a été enivrée très-vite et mise dans une extase très-extraordiuaire et très-agréable ». Nous nous sommes soumis aussi à une épreuve de ce genre ; le protoxide d’azote sur les quel nous opérions était parfaitement pur, et nous avons
été bientôt obligés de suspendre l'expérience :.des vertiges, un malaise inexprimable, une vive chaleur dans la poitrine : tels sont les symptômes que nous avons éprouvés , et qui ont amené une syncope qui a duré six minutes. M. Nysten a conclu d'une multitude d'expériences faites en injectant ce gaz dans les veines, 1° qu’il se dissout avec la plus grande promptitude dans le sang veineux des animaux où il est injecté; 2° qu’injecté par quantité de 30 à 4o centimètres cubes, il ne donne lieu d’abord à aucun effet primitif notable; mais que si on multiplie les injections, surtout si on augmente les doses , il finit par phare sur.le système nerveux des phénomènes analogues à ceux qu Ag détermine lorsqu'on le respire en grande quantité, et ‘que ces phénomènes peuvent être suivis de la mort, qui commence alors par le cerveau; 3° que, malgré la solubilité du gaz oxidule d'azote, si on en injecte à-la-fois une très-grande quantité, par exemple, 200 à 300 centimètres Cubes, il détermine sur-le-champ la distension du cœur pulmonaire et la mort, qui, dans ce cas, commence par le cœur; 4° qu'injecté en quantité considérable , mais insuffisante pour produire des phénomènes nerveux mortels, et avec les précautions nécessaires pour ne pas donner lieu à la distension du cœur, il peut occasionner du chancellement dans la marche; mais que cet effet cesse promptement, et qu'il n’est suivi d’aucun accident consécutif grave; 5° qu’il n’occasionne aucun changement apparent dans le sang artériel. (Ouvrage
cité, page 77.) Symptômes produits par les poisons narcotiques.
914. Les symptômes développés par les poisons de cette classe sont à-peu-près les mêmes, soit que la substance vénéneuse ait été appliquée sur le tissu cellulaire, soit qu'elle ait été introduite dans l'estomac ou injectée dans
BES POISSONS NARCOTIQUES, 225 les veines, caractères qui les distinguent de la majeure partie de ceux dont nous avons parlé dans les trois classes précédentes. L
915. Ces symptômes peuvent être réduits aux suivans : stupeur, engourdissement , pesanteur de tête, envies de dormir, légères d’abord, puis insurmontables; vertiges, sorte d'ivresse, délire furieux ou gai, quelquefois douleur ; mouvemens convulsifs légers. ou forts dans toutes les parties du corps ; paralysie des extrémités postérieures, dilatation de la pupille, sensibilité diminuée des organes des sens, état comme apoplectique , pouls fréquent ou rare, plein et fort, principalement dans la première période de la maladie ; respiration presque comme dans l’état naturel, quelquefois cependant un peu accélérée; nausées, vomissement, surtout lorsque le poison a été appliqué sur le tissu cellulaire ou qu’il a été injecté en lavement ; les symptômes nerveux acquièrent plus d’intensié, et les animaux succombent. La mort est très - prompte dans le cas où le poison a été injecté dans les veines ; elle l’est moins lorsqu'il a été appliqué sur Île tissa cellulaire ; enfin elle arrive plus tard lorsqu'il a été introduit dans l'estomac.
Lésions de tissu développées par les Poisons narcotiques.
1°. On ne découvre aucune altération cadavérique dans le canal digestif des individus qui ont avalé une des substances vénéneuses de cette classe; et si l’on trouve dans les auteurs des faits contraires à cette assertion, cela dépend de ce que l’on a administré des substances irritantes capables de produire une inflammation.
2°, Appliquées sur le tissu cellulaire ou sur le derme, elles produisent une légère irritation analogue à celle qu'occasionnerait tout autre corps étranger.